28 mars 2007

De la rue Rampal à la Gare du Nord

Les faits qui se sont déroulés à une semaine d’intervalle à la sortie de l’école maternelle de la rue Rampal dans le 19ème arrondissement de Paris et à la Gare du Nord, ce mercredi soir, sont significatifs de la situation en France.

Certes au regard des plus de 60 millions d’habitants que compte ce pays, les quelques dizaines de personnes dans la rue Rampal, et les quelques centaines à la Gare du Nord sont une poignée. Néanmoins, dans ces deux cas, sans la moindre préparation, sans la moindre concertation préalable, des gens se sont opposés spontanément à l’arbitraire policier et ont provoqué un effet politique qui vise directement le pouvoir en place.

Ni les mères de famille venant chercher leur progéniture à une sortie de maternelle, ni les banlieusards harassés par une journée de boulot ne sont des révoltés par destination. Et pourtant, il a suffi d’interventions policières musclées pour provoquer des réactions spontanées de la part de gens qui, au préalable, n’étaient nullement liés par un projet commun et qui avaient bien d’autres soucis en tête en quittant leur domicile ou leur travail que d’aller s’opposer à la police.

« Laisser les grandir ici », « Sarkozy enculé », « transports gratuits », « non aux expulsions », en quelques slogans, beaucoup de la politique gouvernementale se retrouve massivement vomi par un échantillon de la population.

Malgré les dissimulations et distorsions de la grande presse, on finit par comprendre que la Gare du Nord a été le lieu d’affrontements ou d’une grande tension pendant plus de trois heures. Le candidat Schivardi, entendu sur France Inter ce jeudi soir, a dit que la Gare d’Austerlitz était anormalement bourrée de flics ce même mercredi soir, alors que, provincial, il était de passage dans la capitale.

Le reportage sonore de France Inter rapportant le passage de Sarkozy dans la même Gare du Nord ce jeudi matin, sous les huées, pour aller prendre le TGV Nord apporte un supplément à ce tableau. Le pouvoir actuel est largement, majoritairement impopulaire mais tous les partis d’opposition de gauche n’en tirent rien. Pire, les sondages donnent la gauche, tous candidats confondus, à un niveau terriblement bas.

Les déclarations de Royal, suite aux incidents de la gare du Nord, ont consisté à se lancer dans la course sécuritaire. Et la gauche hors PS se contente de dénoncer les actes du régime et de sa police mais n’appelle pas à s’en débarrasser.

Le communiqué de la LCR, paru le 28 mars, en est un exemple typique. La politique gouvernementale est stigmatisée, mais aucune issue politique n’est indiquée. Pourtant, la seule façon de mettre un coup d’arrêt aux actuelles pratiques policières consiste tout simplement à virer ce gouvernement qui est le chef de cette police.

PS, PCF, LO, LCR, PT, Collectifs anti-libéraux, chacun à leur manière, chacun dans son registre, tous ont le regard porté sur la même ligne bleu horizon du pouvoir UMP. Ligne indépassable, ligne destinée à demeurer éternellement sous nos yeux tandis que « les luttes, les luttes » se suivraient pour « résister » jusqu’à la fin des temps.

Aujourd’hui, en France, le pouvoir UMP, ses hommes, sa politique, son candidat sont discrédités mais Sarkozy ..ou Bayrou sont donnés vainqueurs au deuxième tour. Ce paradoxe doit être combattu en réunissant les conditions d’un passage de la mobilisation défensive à la recherche offensive d’une issue se fixant comme objectif conscient d’en finir avec Sarko, Bayrou, Le Pen et de Villiers, et de se débarrasser de la majorité UMP-UDF à l’assemblée.

Il faut aider ce rejet massif et spontané de cette politique et de ce régime à se transformer en une force irrésistible. A défaut, les conditions pourraient être réunies par ce pouvoir minoritaire pour museler impitoyablement toute révolte, toute opposition à sa politique. Il est encore temps d’inverser le cours des choses.

Pour discuter et s’organiser sur cette orientation, plusieurs groupes (CLSRD, Le Militant, le CCI(T), La Commune* ) appellent à une réunion le samedi 21 avril de 14h à 18H, à l’AGECA à Paris. APS invite ses lecteurs à y participer.

* La Commune n'est pas signataire de l'appel référencé ici mais cherche à poursuivre avec les trois autres groupes, comme avec tous les militants disponibles à cet effet, dans la recherche d'un débouché politique qui vise à virer la droite et aller vers un gouvernement des travailleurs.

Un nouveau blog en soutien aux travailleurs d'Irak

Allez visiter et mettez dans vos favoris le site suivant :

IRAQ UNION SOLIDARITY SCOTLAND

Ce blog est réalisé par la campagne écossaise de soutien aux travailleurs et aux syndicalistes irakiens en butte à l'occupation impérialiste et aux attaques des forces réactionnaires islamistes (aussi bien gouvernementales que de "résistance").

24 mars 2007

Les Irakiennes sont les cibles n°1 des milices

Les Irakiennes sont les cibles n°1 des milices

Houzan Mahmoud, porte-parole de l’Organisation pour la libération des femmes en Irak. Elle vit à Londres depuis 1996 et a été menacée de mort en février par un groupe lié à Al-Qaida.

Interview parue dans l'édition du 15 mars 2007 du journal gratuit "20 Minutes" distribué en région parisienne.

A quoi peut ressembler la vie quotidienne des femmes en Irak ?

Elles n'ont pas de vie quotidienne à proprement parler. Elles ne peuvent pas se réveiller le matin en se disant : « Je vais faire ça et ça », car il peut y avoir un attentat à tout instant. Elles doivent batailler pour réussir à tenir leur foyer, vu la pénurie de ressources comme l'eau ou l'électricité. Et elles redoutent d'envoyer leurs enfants à l'école, parce qu'ils peuvent se faire enlever contre une forte somme d'argent, que les parents n'ont pas la plupart du temps.

Vous dénoncez la dégradation de leur condition depuis 2003...

Les femmes ont été les cibles privilégiées des milices islamistes dès le début de l'occupation américaine en 2003. La guerre et la criminalité ont favorisé la multiplication de ces milices armées, dont le premier message fut : « Les femmes doivent rester à la maison, s'occuper des enfants, faire la cuisine et le ménage. Elles ne peuvent pas travailler et doivent sortir voilées. » Aujourd'hui, les femmes sont victimes de viols, d'enlèvements, d'assassinats, parfois en public, et de crimes d'honneur.

Qu’advient-il des femmes violées ou kidnappées ?

Elles seront tuées de toute façon pour ces questions d'« honneur ». Je me souviens d'une femme qui avait été kidnappée. Ses ravisseurs avaient demandé une rançon au père pour la relâcher. Il leur a répondu : « Vous savez, il vaut mieux la tuer, parce qu'on devra le faire de toute façon pour laver l'honneur de notre famille. » Non seulement les femmes sont victimes, mais elles sont punies au lieu d'être soutenues. Environ cent femmes sont victimes chaque mois de crimes d'honneur à Bagdad. Imaginez à l'échelle du pays. C’est aussi pour ça que les familles ne viennent pas chercher ou reconnaître les corps des femmes retrouvées mortes, souvent décapitées, mutilées, et déposées à la morgue. Elles ne veulent pas que cela se sache. Nous avons ouvert deux centres d’accueil, à Bagdad et Kirkouk, pour accueillir ces femmes menacées de crimes d’honneur.

Vous avez découvert que de nombreuses femmes peuplaient les prisons…

En 2006, notre organisation a effectivement révélé, grâce à une enquête menée dans des conditions difficiles dans la prison de Al Kazamiah, que des femmes et leurs enfants sont détenus en prison soit parce qu’elles ont un lien, même très vague, avec des insurgés, soit sans aucun motif. Elles n’ont aucun avocat ni recours légal. Certaines nous ont montré des marques de tortures qu’elles ont subies pendant leur enfermement, où elles sont maltraitées et violées par des gardiens ou des soldats irakiens.

Qu’en est-il des mariages dits « de plaisir » ?

Ils ont été initiés par l'Armée du Mehdi, du milicien chiite Al-Sadr, dans le sud de l'Irak. Sadr a demandé ouvertement à des femmes chiites de rejoindre son armée pour quelques jours pour distraire ses hommes. C'est de la prostitution version islamique. Humiliées, elles risquent là encore d'être tuées si la famille l'apprend. Mais ces miliciens ont la force et les armes, donc ils peuvent imposer ce qu'ils veulent. Sous Saddam Hussein, ce n'était évidemment pas idéal, mais au moins les femmes ne subissaient pas toutes ces violences arbitraires. Avant, nous avions un seul dictateur, donc on savait contre qui on luttait. Désormais nous en avons des centaines.

Comment était-ce sous Saddam Hussein ?

Les femmes pouvaient travailler, aller à l’école, divorcer, des droits acquis grâce à un mouvement de défense des femmes datant des années 1950. Aujourd’hui, elles peuvent se faire tuer pour rien. Nous assistons à une « brutalisation » de la société, à laquelle participe l’Etat.

Le président américain Bush avait notamment argué de la situation des femmes en Irak pour justifier l’invasion en 2003…


Bush ne s’est jamais préoccupé de la situation des Irakiennes. C’était un prétexte. Aujourd’hui, les femmes sont encore plus cloîtrées chez elles. Mon opinion, c’est que l’administration américaine est responsable des violences qui leur sont faites, car les miliciens terrorisent les femmes sous la supervision des Etats-Unis. Les Irakiennes pâtissent d’une radicalisation de la société et d’un virage réactionnaire, tribal et sectaire qu’accroît la présence des troupes étrangères. Il faut que les Etats-Unis partent. J’étais contre la guerre, je suis contre l’occupation.

La société civile tente-t-elle de résister aux violences des milices ?

Oui. La solidarité du peuple est capitale. Par exemple, quand en 2005 le pont que traversaient des milliers de chiites en pèlerinage s’est effondré, les sunnites du voisinage ont accouru pour les sauver de la noyade. Le problème, c’est que les milices et le gouvernement tentent de politiser les religions. Je m’élève contre cela. Je suis athée, je veux avoir le droit de critiquer la religion. Les gens essayent de lutter contre l’islamisation. C’est pour ça que les milices nous persécutent.

Cette lutte vous a valu des menaces de mort…

Au Kurdistan (nord de l’Irak), d’où je viens, un projet de loi visait à introduire la charia. Je m’y suis opposée. Cela rendrait la situation plus difficile encore pour les femmes. En février dernier, j’ai reçu un mail, intitulé « kill » (« meurs ») du groupe djihadiste Ansar al-Islam, lié à al-Qaida. Il me menaçait de mort pour « faire campagne contre l’islam ». Mais ce n’est ni une surprise, ni un obstacle pour nous empêcher de poursuivre notre combat.

Recueilli par Faustine Vincent

18 mars 2007

Appel de militants trotskistes "historiques"

Nous reproduisons à titre de document cet appel de vieux militants du trotskisme en France. Bien que doutant que le problème de la présidentielle de 2007 soit réductible à de l'échec de la candidature Bové, nous pensons que cet appel illustre en quoi la LCR est devenue plus préoccupée par sa boutique que par les intêrets supérieurs des travailleurs.

L'issue politique en France pour commencer à résoudre les problèmes des travailleurs est d'en finir avec ce régime, de battre Sarkozy, Bayrou et Le Pen et de virer la majorité UMP-UDF de l'Assemblée nationale. APS appelle les militants et électeurs de Royal, Bové, Besancenot, Buffet, Laguiller, Schivardi à agir ensemble selon l'orientation de l'appel référencé ici.
La rédaction.



Rappel à l’unité de classe !

Nous sommes des "vétérans" du trotskisme qui n’ont jamais quitté la lutte pour " transformer le monde”, ayant dans le passé appartenu à des tendances différentes et se retrouvant dans une compréhension commune du caractère de la crise mondiale du système capitaliste qui est entré, avec le libéralisme, dans une nouvelle barbarie menaçant jusqu’à l’existence de l’humanité elle-même.

De même nous nous retrouvons dans l’engagement pour l’altermondialisme, qui s’est largement développé en France à l’occasion de la lutte contre le projet de Constitution libérale de l’Europe en 2005.

C’est un large mouvement de collectifs, avec un haut niveau de démocratie et d’organisation, qui, avec d’autres forces, a permis de réaliser une victoire dans la lutte contre le libéralisme.

Ces collectifs se sont retrouvés en avant-garde pour les élections présidentielles en posant d’emblée la question de l’unité des forces antilibérales et plaçant ainsi les enjeux de cette bataille à un niveau supérieur.

Ils se sont maintenus en dépit de ceux qui les niaient et des diverses manœuvres pour les instrumentaliser ou pour réduire leur indépendance et la démocratie qui s’y manifestait. Ils ont ainsi révélé l’espoir que l’on peut mettre en eux.

Malgré ces réactions de santé politique, ils sont l’objet de diverses menaces. A l’échelle d’un tel enjeu, les calculs politiciens sont dérisoires et misérables.

De ce point de vue, l’engagement de toute notre vie nous rend particulièrement et douloureusement attentifs au rôle que la LCR a joué cette dernière année.

À l’inverse de la politique d’unité dans la lutte de classes, qui est celle de l’enseignement de Léon Trotski, et que nous pensions acquise, la LCR s’est tout à coup retirée sur elle même devant l’échéance de l’élection présidentielle.

Elle tenta de justifier son refus d’être partie prenante du mouvement pour des candidatures unitaires par l’ambiguïté des textes adoptés quant à la nécessité d’un engagement net à ne participer en aucun cas à une alliance et à la participation de nos futurs élus à un gouvernement social-libéral du PS.

Cette exigence était juste, mais se placer en marge du mouvement ne lui permettait pas de l’imposer.

Ce sont les collectifs eux-mêmes qui ont empêché l’opération "hégémonie" du PCF. En bloquant ce hold-up organisé par le PCF et en appelant à la candidature de José Bové, ils ont reconstruit une perspective unitaire et déjoué les opérations de ceux qui tentaient de les manipuler.

La LCR, après son refus de prendre une part active dans le rassemblement unitaire des Collectifs post-29 mai et son retrait complet de ce rassemblement en décembre 2006 (après St Ouen) et après son refus de revenir au sein de la nouvelle Coordination nationale (après Montreuil en janvier 2007), la LCR apparaît, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, comme le parti qui :

  • a déserté le champ de bataille sans combattre ;
  • a divisé le Front uni des antilibéraux lorsque ceux-ci refusaient de se soumettre à l’OPA du PCF sur le mouvement des Collectifs ;
  • comme le PCF, a cherché seulement à renforcer sa propre organisation, dans une stratégie aux antipodes d’une volonté proclamée de recomposition à la gauche du PS et de construction à terme d’une Force nouvelle.
En engageant la campagne de son porte-parole Besancenot, elle a durcit sa position, manifestant à la fois un mépris suicidaire pour le mouvement des collectifs, leur déniant leur caractère politique et la netteté de leur rejet radical du social-libéralisme, et en niant la représentativité unitaire de José Bové.

Cette politique de division place la LCR sur le même plan que le PCF. Nous ne pouvons l’accepter.

La construction d’un appareil qui met de côté les éléments essentiels du programme ne peut qu’aboutir à un échec comme appareil.

Ce n’est pas ici le lieu d’expliquer le pourquoi d’une telle dérive. Ce qui importe est d’en montrer les possibles conséquences désastreuses.

Si la candidature de José Bové échouait, le mouvement des collectifs, privé d’un pôle, risquerait une dispersion pour toute une période, dont les conséquences s’étendraient jusqu’au-delà de nos frontières françaises.

L’espoir serait mis à mal par cette dispersion et par les combinaisons politiciennes, régionales et locales, qui déjà esquissent leur mise en place.

Nous sommes dans une de ces époques où chaque succès propulse en avant tandis que chaque erreur se paie très cher. Les responsabilités de la division sont donc énormes.

La pratique du Front unique combiné à une stratégie transitoire adaptée aux réalités de l’époque a été l’apport majeur de notre mouvement.

De ce fait nous en appelons à tous les militants, et d’abord à ceux de la LCR, de ne pas se laisser entraîner dans des voies sans issue mais à faire montre du courage politique en préférant l’intérêt général que manifeste l’ampleur sociale du mouvement des collectifs à celle des cocons partidaires, ou au repli sur les causes partielles.

Jean-René Chauvin (ex-déporté à Mathausen, Auschwicz, Buchenwald), Michel Lequenne, Pierre Avot-Meyers, Jean Baummgarten, Gilbert Dalgalian, Claude Koval, Roland Vacher.

15 mars 2007

8 mars 2007 : tract commun

Le 8 Mars Journée internationale des femmes

Depuis le 19eme siècle, les femmes se battent pour acquérir le droit de travailler, le droit de se syndiquer, le droit de vote, le droit de faire de la politique.

En février 1917, ce sont les ouvrières russes de Saint-Pétersbourg qui en manifestant en masse pour le pain et la fin de la guerre ont déclenché la première étape de la révolution russe. On a cependant souvent oublié le caractère révolutionnaire de ce jour particulier, en en faisant une manifestation uniquement féministe.

Aujourd'hui le capitalisme déclinant s'attaque dans le monde entier aux travailleurs des deux sexes, mais ce sont les femmes, au travail et dans leur vie privée qui en souffrent le plus.

Dans les pays “ avancés ” comme la France, les gouvernements qui se sont succédés ces dernières années, en s'attaquant à TOUTES les conquêtes sociales ont mis à mal particulièrement celles qui touchaient les femmes : travail de nuit pour les femmes comme pour les hommes, destruction progressive des centres de Protection Maternelle et Infantile, des crèches, 83% des emplois à temps partiels sont occupés par des femmes qui ne les ont pas choisis, les femmes représentent 57¨% des chômeurs non indemnisés, 60% des emplois aidés ou en CDD, 80% des salariés pauvres (en dessous du SMIC).

Dans le même temps, les femmes subissent des violences conjugales ( 20 000 femmes en France vivent dans la rue pour fuir un conjoint violent), des viols, des mariages forcés, des mutilations sexuelles. Le développement du chômage et de la misère entraînent la violence, la prostitution, le retour en force du machisme, de l'obscurantisme religieux dont les premières victimes sont toujours les femmes et les enfants.

Dans les pays où règne l'islamisme politique, c'est un véritable apartheid sexuel qui est imposé aux femmes qui sont interdites d'études, de travail, de droits élémentaires, dans ces pays la résistance des femmes rencontre la répression la plus barbare : lapidations, projections d'acide...

Cette journée a lieu cette année en France moins de deux mois avant les élections : le représentant direct de la bourgeoisie, Sarkozy, l'a annoncé, son élection (ou celle de Bayrou ou de LePen) signifierait des coups redoublés contre les salariés, les chômeurs, les immigrés.

Le combat pour les revendications des droits des femmes est inséparable du combat pour chasser les représentants des partis bourgeois et de l'organisation des travailleurs pour un gouvernement ouvrier.

En effet nous voulons :

  • un emploi stable à plein temps pour tous ceux et celles qui le souhaitent
  • la défense de l'IVG, de plus en plus mise en cause dans les hôpitaux publics
  • un service public de la petite enfance, le développement des crèches et leur gratuité.
  • le remboursement par la sécurité sociale de tous les moyens de contraception
  • le droit d'asile pour les femmes persécutées dans les pays sous la domination de l'islamisme politique en raison du seul fait d'être femme

    Le combat pour ces revendications est inséparable du combat de l'ensemble des travailleurs pour défendre leurs droits au travail, au logement, à des salaires décents, à la santé, aux études pour leurs enfants, à vivre où ils le souhaitent.

    Ce combat nécessite de s'attaquer au capitalisme, en France comme dans les pays où il a pris la forme d'états religieux pour mieux combattre les masses.

    Seule la prise du pouvoir par la classe ouvrière rendra aux femmes leurs droits, leur liberté, leur dignité.

    Signataires :
    CCI (T) – Comité Communiste Internationaliste (Trotskiste)
    PCOI-H – Parti Communiste Ouvrier d’Iran - Hekmatiste
    CLSRD – Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie
  • Iran : échos du 8 mars 2007

    Rapport de l’Organisation pour la Libération des Femmes – Iran (Extraits)

    Un 8 mars historique en Iran
    Les forces de sécurité attaquent les rassemblements de la Journée Internationale des Femmes
    Assemblées dans différentes villes pour la liberté et l’égalité en 2007

    Les gens ont accueilli favorablement la journée du 8 Mars cette année en Iran en organisant de nombreux événements dès avant le jour même à travers tout le pays. Cela a culminé par des rassemblements le jeudi, Jour International des Femmes. Les gens se sont passionnés par cette journée, ont préparé des manifestes, des résolutions, des banderoles, demandant l’égalité, condamnant l’apartheid de genre et l’oppression des femmes. Comme d’habitude, le régime islamique a tout essayé pour arrêter et prévenir ces initiatives. En dépit de la présence massive des paramilitaires et de la police secrète, de nombreux piquets et rassemblements ont eu lieu.

    Téhéran
    Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées autour de l’Université de Téhéran vers 16H pour commencer le rassemblement appelé par le comité d’organisation pour le 8Mars, soutenu par l’OLFI. Néanmoins, ce rassemblement fut empêché par les forces de sécurité. La République Islamique avait décidé d’empêcher toute célébration ici du 8 Mars. La présence massive des flics dans et autour de l’Université et du Parc Daneshjoo, là où ce rassemblement devait se clore, a entravé toute tenue de meeting. Toute personne qui tentait de lancer des slogans était immédiatement attaquée et arrêtée. Des témoins ont rapporté au siège de l’OLFI avoir vu près de 25 personnes ainsi arrêtées à l’Université ou au square Vali-e-asr.

    Certains des manifestants ont alors décidé de tenter à un autre endroit. Vers 18H, on rapporte qu’il y a eu un grand rassemblement au square Mohseni au nord de Téhéran, Les forces de sécurité l’ont attaqué aussi.

    Un autre meeting pour le 8 Mars a été organisé près du Parlement pour 14H. Environ 200 personnes ont tenté de se rassembler avant de subir l’attaque des forces de sécurité, quelques personnes ont été arrêtées. Les organisateurs du rassemblement ont cherché à lire leur déclaration. La foule rassemblée a exigé la libération des militantes féministes arrêtées le dimanche 4 Mars.


    Université de Téhéran, 8 Mars 2007
    Environ 1000 à 1500 personnes se sont rassemblées dans l’université pour protester contre la ségrégation et l’apartheid, basés sur le genre, contre la dictature et l’Etat policier. Les gens chantaient « le socialisme viendra ». Quelques orateurs ont pris la parole pour les revendications des femmes et lu une résolution clarifiant celles-ci. Des portraits de Mansoor Hekmat, le dirigeant du Parti Communiste-ouvrier, ont été exhibés, et les participants ont clos le rassemblement en chantant l’Internationale.

    Environ 300 personnes se sont rassemblées au square Vali-Asr. Elles furent empêcher de démarrer la célébration du 8 Mars par les services secrets qui étaient massivement présents dans la foule. Les manifestants durent attendre pour trouver une occasion de lire leur déclaration mais ils furent stoppés.


    Université Allameh, 4 Mars 2007
    Plus de 700 personnes se sont rassemblées pour s’opposer au niveau code vestimentaire pour les étudiantes qui a été introduit à l’université. Les étudiants chantaient des slogans condamnant les méthodes fascistes de contrôle de l’université. Une étudiante a déclaré « nous ne vous laisserons pas transformer l’université en une arène du fascisme et de la réaction ». Un étudiant a déclaré « ce nouveau code vestimentaire encore plus contraignant n’est pas seulement dirigé contre les femmes, mais aussi contre nous (les hommes) et l’humanité entière ». Les principales revendications portaient sur les restrictions aux libertés individuelles.

    Tout en chantant des chants protestataires, les étudiants sont sortis du campus. Les slogans étaient « Non à la réaction ! », « Ils veulent nous habiller encore en noir ! ». Les paramilitaires étaient tout le temps présents dans la foule et filmés la scène. Une certaine tension régnait.


    Cinéma et Thêatre de la faculté, 5 Mars2007
    Les étudiants rassemblés à la faculté pour protester contre les limitations imposées par le nouveau code vestimentaire au moment des inscriptions. En dépit des conditions imposées aux étudiantes refusant de se soumettre au code vestimentaire revu à la hausse, de ne pouvoir être réinscrites à l’université, les étudiants ont cherché à lui résister. Ils ont porté leurs vêtements habituels (à l’opposé du code vestimentaire) à l’université.

    Université de Sharif, 4 Mars 2007
    Cet événement à l’université a été rempli de banderoles. Les protestataires ont chanté des chansons progressistes et déployé des banderoles proclamant « Liberté, Egalité », « La liberté des femmes est celle de la société », « Les femmes sont les principales victimes de la guerre, de la pauvreté et de la violence », « Non à l’apartheid de genre ! », « Nous défendons les luttes de enseignants et des travailleurs ! », « Le mouvement étudiant uni aux cotés du mouvement des femmes et du mouvement ouvrier ! ».

    Des discours ont été prononcés par des étudiants et des étudiantes dénonçant la menace de guerre et soulignant l’importance de s’unir avec les autres mouvements sociaux pour une société libre et égalitaire. La cérémonie s’est déroulée en dépit de la pression policière. Les espions dans la foule tentaient d’interrompre les discours mais ils ont été isolés. Un des organisateurs du rassemblement leur a dit qu’ils ne pouvaient ramener l’horloge de l’histoire aux années 80’ quand des dizaines de milliers de personnes étaient exécutées.

    Un manifeste en défense des droits des femmes a été lu à la fin et ainsi 150 ans de lutte internationale pour les droits des femmes et pour la liberté et la libération de l’humanité ont été célébrés.


    Esfahan, 8 Mars2007
    Deux initiatives se sont déroulées dans la ville d’ Esfahan. L’une au « Parc Boostan » et l’autre à la principale bibliothèque. Des femmes ont enlevé leur voile pendant plusieurs minutes pour exprimer leur haine des lois islamiques. Elles ont exprimé leur revendication d’obtenir la liberté vestimentaire et ont condamné l’apartheid de genre.

    Sanandaj, 8 Mars 2007
    Historiquement, Sanandaj est connue comme une « ville rouge » en raison des traditions du mouvement radical et progressiste. Chaque année, des séminaires sont organisés le 8 Mars. Cette année, la police et les services secrets ont attaqué la cérémonie et arrêté de nombreuses personnes. Un rassemblement au principal centre de la ville a été attaqué par les Gardes islamiques, des personnes ont été arrêtées et certaines blessées.

    Les noms des personnes arrêtées : Asoo Saleh, Peyman Nemati, Akoo Kord-Nasab, Sooran Hoseini, Voorya Tdayon, Parviz Poorrezaee, Fateme Zamani, Soraya Mohamadi, Sima Alikhani, et Salah Zamani. Il a été rapporté au siège de l’OLFI que tous les arrêtés d’hier ont été relâchés à l’exception de Peyman Nemati and Salah Zamani.

    Kamyaran, 8 Mars 2007
    Dans cette ville aussi, la présence policière était forte. Des dizaines de personnes se sont rassemblées pour célébrer cette journée, autour des tombes des femmes victimes des crimes d’honneur ou suicidées, proclamant leur résolution à défendre les droits des femmes.

    Sagez, 8 Mars 2007
    Dans cette autre ville du Kurdistan, il y avait beaucoup de monde pour célébrer cette journée internationale des femmes. Des femmes ont pris la parole pour dénoncer leur condition et exprimer le besoin de changement. La lutte pour les droits des femmes et l’abolition de l’apartheid de genre ont été les thèmes principaux des cérémonies.

    Université de Tafrash, 6 Mars 2007
    Un rassemblement s’est tenu à la faculté du génie électrique auquel de nombreux étudiants ont pris part. Une étudiante a parlé au sujet des limites imposées par la société aux femmes, en particulier à l’université. L’assemblée a adopté une résolution stipulant notamment : « la liberté dans une société se mesure à celle accordée aux femmes », « Nous continuerons dans la tradition du 8 Mars jusqu’à que toutes les discriminations soient abolies », « Je suis un être humain avant d’être une femme » et « Liberté, égalité ».

    Le lundi 5 mars, environ 100.000 enseignants ont fait grève. Le 8 mars, 10.000 enseignants ont participé à un piquet autour du Parlement pour exiger la justice et de meilleurs salaires. Le régime a refusé de satisfaire leurs revendications. Le 8 mars, de nombreux étudiants et le mouvement des femmes ont exprimé leur solidarité avec les enseignants. De nombreux tracts consacrés au 8 Mars ont été distribués parmi les manifestants. Il y a eu des discussions au sujet du 8 Mars parmi les manifestants à l’Université de Téhéran.

    Le lundi 5 mars, plusieurs milliers de salaries d’entreprise ont rejoint les enseignants pour exiger le versement des salaries impayés. De nombreux comités de travailleurs ont publié des messages le 8 mars pour célébrer la Journée Internationale des Femmes.

    Traduction reprise du Numero 210 de la Lettre de Liaisons

    05 mars 2007

    Solidarité avec Houzan Mahmoud !

    Houzan Mahmoud, militante socialiste et féministe irakienne, représentante à l’étranger de l’Organisation pour la Liberté des femmes en Irak, a reçu des menaces de mort des fondamentalistes islamistes.

    Le 26 février 2007, Houzan a reçu un e-mail signé de Ansar al-Islam, le célébre groupe jihadiste notoirement brutal, basé au Kurdistan d’Irak. Cette menace de mort contenue dans ce mail disait :
    « Avec la permission de Dieu Tout puissant, nous te tuerons aussi bien en Irak qu’à Londres à la mi-mars car tu fais campagne contre l’Islam. Tu recevras le châtiment de Dieu ».

    Houzan Mahmoud, 34 ans, qui réside à Londres, est originaire du Kurdistan irakien où elle a récemment dirigé une campagne contre l’instauration de la Sharia, la loi islamique, dans le projet de constitution. Houzan est déterminée à poursuivre son travail, en dépit du fait d’être une cible désignée par Ansar al-Islam.

    Houzan déclare : "Je continuerai à faire ce que je fais maintenant, à aller à travers le monde pour développer le soutien aux femmes d’Irak et du Kurdistan comme pour dénoncer la violence et l’apartheid basé sur le genre que les Islamistes imposent à des millions de femmes de cette région du monde."

    La camarade Houzan a besoin de notre soutien. Adressez-lui vos messages de soutien et de sympathie à l’adresse suivante: houzan73@yahoo.co.uk



    La rédaction d'APS appelle tous les militants et organisations ouvrières, laïques, démocratiques ou féministes à manifester leur sympathie auprès de la camarade Houzan Mahmoud et à s'opposer à ces menaces d'assassinat en prenant publiquement position pour les droits de femmes en Irak comme ailleurs, pour le respect des libertés démocratiques fondamentales.

    La survie et la croissance d'un mouvement ouvrier, féministe, laïque et démocratique en Irak, capable de faire face aux forces d'occupation comme aux forces intégristes réactionnaires, sont conditionnées par l'appui qu'il pourra trouver auprès du mouvement ouvrier international



    A l’invitation de l’association Nisaba (www.nisaba.eu), Houzan Mahmoud, représentante internationale de l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak sera présente au colloque Genre et développement à Lille les 30 et 31 mars 2007.
    Vendredi 30 mars 9 h 30 à 11 h30 : Table ronde Genre et développement, quels enjeux ?

    Voir aussi sur le site de Solidarité Irak l'article suivant

    27 février 2007

    Préparation du 8 mars en Iran

    Alors que vous lisez ce blog, des dizaines de femmes attendent en prison d’être exécutées en Iran.

    Les femmes en Iran constituent une réelle force en faveur d’un changement radical et progressiste. Leurs droits humains et civils les plus élémentaires sont violés par le régime islamique en Iran. Elles demandent l’égalité, la liberté, l’abolition de l’apartheid fondé sur le genre, la fin des discriminations et l’établissement d’une société laïque.

    Aidez-nous à réaliser ces buts ! Soutenez notre blog et nos revendications. Envoyez-nous vos lettres de soutien ! Ensemble, nous pouvons faire la différence. Les droits des femmes sont universels. L’humanité ne connaît pas de frontière !

    A l’occasion du 8 Mars, le mouvement pour la libération des femmes en Iran revendique :

    1. Abolition de toutes les lois discriminatoires dans les domaines économique, social, politique et culturel.
    2. Une complète égalité des droits économiques, sociaux, politiques et culturels entre les hommes et les femmes.
    3. Les droits égaux pour les femmes dans les domaines de la famille, du mariage, du divorce, de la garde des enfants et d’héritage.
    4. La liberté de l’habillement.
    5. Abolition de l’apartheid de genre.
    6. Le droit de participer à tous les sports aux niveaux national et international.
    7. Combattre la violence domestique et étatique contre les femmes.
    8. Non à la guerre, non aux bombes nucléaires !

    Nous cherchons à organiser des meetings publics pour lever la bannière de la liberté et de l’égalité. Soutenez-nous ! Rejoignez-nous !

    Sources :
    En langue anglaise : http://8march-ir.blogspot.com/
    En langue farsi : http://8march.blogfa.com/

    Bon anniversaire à l'APE !

    10ème ANNIVERSAIRE DE L’ASSOCIATION POPULAIRE D’ENTRAIDE

    SAMEDI 10 MARS
    Salle de l’Indépendance
    48 rue Duhesme 75018 Paris
    Métro Jules Joffrin

    20h : MEETING
    avec Alexis CORBIERE (PRS Pour la République sociale), Raymond DEBORD (secrétaire de l’Association populaire d’entraide), Stéphane FUSTEC (secrétaire adjoint de l’US CGT commerce et services de Paris), John REIMANN (ouvrier charpentier, Chicago – USA), Ali TOLU (ouvrier du bâtiment syndiqué CGT, militant de l’immigration)...

    22h : SOIREE CONVIVIALE
    Buffet, musique orientale avec DJ Farid

    L’Association populaire d’entraide a été fondée en 1997 dans le prolongement du Comité de soutien aux résidents du 61 rue Myhra, un immeuble « réquisitionné » par des mal-logés du 18ème.

    Aidant principalement les mal-logés, l’association a élargi ses préoccupations à toutes les injustices : situation des sans-papiers, conflits du travail, violences institutionnelles subies de la part de l’école, des services sociaux etc.

    Depuis sa création et malgré sa taille modeste, l’association a un bilan impressionnant dans les divers secteurs dans lesquels elle s’est investie : relogement de dizaines de mal-logés, régularisation de sans-papiers, etc.

    Elle a développé un grand nombre d’initiatives visant à tisser du lien social dans les quartiers populaires : distribution de livres aux enfants, distribution de vêtements aux parents d’enfants en bas âge, repas conviviaux, journées à la mer en été. En juillet 2006 encore, elle emmenait 55 personnes des quartiers populaires parisiens passer une journée à Trouville.

    Toutes ces activités ont été menées de manière totalement indépendante, en refusant tout assistanat et en étant financées par les contributions volontaires de ses membres et de ses amis. L’Association a également développé un certain nombre d’initiatives d’éducation populaire et organisé de nombreux débats publics où la parole n’était pas confisquée par des spécialistes.

    Mais elle n’a jamais oublié que des résultats tangibles ne peuvent être obtenus que par la mobilisation : elle l’a prouvé par ses cortèges dans les manifestations pour le droit au logement, la régularisation des ouvriers sans papiers, le 1er mai, etc. Souhaitant agir sur les causes des inégalités, elle refuse l’approche caritative et s’inscrit dans le mouvement global pour un changement social radical. Aujourd’hui plus que jamais la misère est en hausse dans notre pays.

    L’association fait face, dans la limite de ses moyens matériels mais surtout humains. Les animateurs de l’Association populaire d’entraide sont particulièrement fiers d’avoir sû résister, y compris dans des moments difficiles et des périodes de creux où les gens étaient démoralisés.

    Ils sont également fiers d’être entièrement restés sur une base de solidarité de classe, refusant d’un côté les sirènes de l’ethnicisme et de l’autre celles de l’intégration dans les dispositifs institutionnels et de la dé-politisation. Venez les rencontrer à l’occasion du 10ème anniversaire !

    http://www.le-militant.org/ape/assopop.htm




    APS souhaite un bon anniversaire aux camarades de l'APE et du Militant et leur adresse le voeu de rencontrer plein de succés dans l'oeuvre de mobilisation, d'organisation et d'auto-éducation de ceux d'en bas dans la lutte pour l'émancipation humaine.

    20 février 2007

    L’autre histoire du trotskisme américain

    Workers' Liberty Numéro 3/8

    L’autre histoire du trotskisme américain

    (Introduction du numéro 3/8 de novembre 2006 de la revue Workers’ Liberty qui reproduit quatre textes de Max Shachtman : Quel est le rôle de l’organisation révolutionnaire ? paru dans New International d’Avril 1945, Vingt ans du trotskisme américain et La fondation du Workers’ Party, parus dans New International de janvier - février 1954, L’accusa tion de Natalia Trotsky contre la Quatrième Internationale de Cannon de 1951. Ce numéro reproduit aussi la lettre de rupture de Natalia Sedova Trotsky du 9 mai 1951 adressée au comité exécutif de la QI et au comité politique du SWP.)

    La photo en première page de ce numéro de Workers’ Liberty montre James P. Cannon et Max Shachtman posant à l’entrée d’une impasse en cul-de-sac, dénommée Impasse des Deux Anges (1). Ce cliché fut pris au moment de la conférence de fondation de la Quatrième Internationale à Paris, en septembre 1938. Ainsi est illustré habilement, même si involontairement, le rôle que les deux dirigeants trotskistes joueront dans la « narration » de ses propres origines proclamées par le « Trotskisme Orthodoxe » post-Trotsky.

    Dans ce conte mythique, Shachtman a joué le rôle de l’ange maléfique, Lucifer, le lieutenant autrefois lumineux qui s’est révolté contre Trotsky, et contre « le programme de la Quatrième Internationale » ; et qui fut expulsé du mouvement trotskiste « officiel » pour mener une vie d’apostat, de pêcheur et de renégat.

    Cannon se vit attribuer le rôle de l’Archange fidèle, le Gabriel du trotskisme, le combattant incorruptible en faveur de Trotsky et de la classe ouvrière, le parangon de Cannon a écrit une telle histoire ! Cannon a attribué le rôle de Lucifer à Shachtman, et à lui-même le rôle de Gabriel, le mauvais et le bon anges de Trotsky et du trotskisme. Cannon a fait plus que quiconque pour façonner le « trotskisme » après Trotsky.

    Ses ouvrages, la Lutte pour le Parti Prolétarien et Histoire du Trotskisme Américain(2), et la sélection partiale et trompeuse des articles de Trotsky, publiée dans En Défense du Marxisme (1942) et inspirée par Cannon, sont les textes fondateurs du « trotskisme après Trotsky ». Ils sont le Nouveau testament du « trotskisme » post-Trotsky

    Cannon et ceux qu’il a influencés ont aussi façonné le “Trotsky” du trotskisme après-Trotsky. Ce « Trotsky » qui a été révélé à une vaste audience mondiale par Le Prophète Hors la Loi d’Isaac Deutscher – Trotsky, le tragique dirigeant soviétique injustement banni, le patriote soviétique inflexible et inébranlable qui « défendit l’Union soviétique » jusqu’à son dernier souffle de vie.

    Il y a une plus grande part de mythe que de vérité dans ce portrait.

    La part de vérité dans ce portrait est qu’effectivement, il y a eu une lutte fractionnelle dans l’organisation trotskiste américaine, le SWP, sur la question de savoir si la Quatrième Internationale devait continuer à être pour « la défense inconditionnelle de l’URSS en toutes circonstances ». Ce qui voulait dire se ranger du coté de l’URSS sans tenir compte de la politique qu’elle poursuivait, « malgré Staline ».

    La lutte fractionnelle fut déclenchée par l’invasion russe et nazie de la Pologne, puis l’invasion ultérieure de la Finlande par la Russie.

    La Pologne fut occupée par l’Allemagne et la Russie à la suite d’actions foudroyantes. L’Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939 ; l’URSS envahit la Pologne le 17 septembre. La guerre fut terminée à la fin septembre. Politiquement, cela constitua très vite un fait accompli. Le 30 novembre, la Finlande fut envahie après avoir rejeté des demandes soviétiques de cession de territoires finlandais. Les finlandais résistèrent, au début avec un succès inattendu. La guerre s’éternisa sur quatre mois avant que les finlandais consentent à suffisamment de concessions pour apaiser Staline.

    Le secteur de l’organisation trotskiste américaine dirigé par Shachtman (environ la moitié des adhérents plus l’organisation de jeunesse) refusa de se ranger du coté de l’URSS contre la Finlande.

    Trotsky dénonça nettement l’invasion de la Finlande par la Russie, comme il avait dénoncé l’invasion de la Pologne. Néanmoins, il expliqua que l’invasion de la Finlande ne pouvait pas être considérée comme un incident isolé, en relation duquel une orientation politique pouvait être basée uniquement sur les enjeux locaux entre l’URSS et la Finlande. Elle devait être considérée comme un élément de la guerre mondiale en cours. Et dans cette guerre, en dernière instance, les trotskistes devaient être pour la défense de l’URSS, tout en travaillant simultanément à la préparation d’une révolution ouvrière contre la bureaucratie staliniste.

    La polémique fractionnelle au sein du parti américain fut aussi alimentée par le conflit sur le « régime [organisationnel] de Cannon ».

    Contrairement à la version arrangée de l’histoire qui fut racontée (entre autres par Isaac Deutscher), cela ne prit pas la forme d’une discussion sur la nature de classe de l’URSS, entre Trotsky et des gens qui soutenaient que l’URSS était une nouvelle forme distincte de société de classe exploiteuse. Shachtman et une très grosse majorité de ceux qui se rangèrent de son coté dans la lutte fractionnelle, continuaient d’être d’accord avec Trotsky sur le fait que l’URSS était un « Etat ouvrier dégénéré ». Seule une petite poignée de personnes parmi l’opposition pensait que la Russie n’était pas un Etat ouvrier dégénéré, et ils restèrent silencieux.

    Pour autant que l’on puisse dire que cela a été une discussion sur la nature de classe de l’URSS, en 1939-40, celle-là avait été menée par Trotsky lui-même. Il exposa les deux points de vue, tout en rejetant l’un d’eux provisoirement !

    Trotsky argumenta contre le seul Bruno Rizzi. Rizzi ne disait rien de neuf (et politiquement, il était partisan d’une unité entre fascisme et stalinisme pour créer une nouvelle forme « progressiste » de société de classe qu’il dénommait « collectiviste bureaucratique »). Trotsky utilisa Rizzi comme un contradicteur commode dans cette polémique. Dans l’Urss dans la guerre – septembre 1939- (3), Trotsky présenta l’affaire pour considérer l’URSS comme une nouvelle forme de société de classe.

    Il acceptait, pour la première fois, de considérer que l’URSS, telle qu’elle était, sous la direction présente des staliniens, en l’absence d’une contre-révolution anti-stalinienne ultérieure, pourrait être réinterprétée comme une forme distincte nouvelle et historique de société de classe exploiteuse, le « collectivisme bureaucratique ». C’était une rupture majeure avec le point de vue qu’il avait défendu jusqu’à présent.

    Il argumenta contre le fait de procéder à cette réinterprétation immédiatement. Il serait ridicule, soutenait-il, d’apposer à l’URSS le label d’une nouvelle forme de société de classe à seulement un an ou deux avant qu’elle ne s’effondre sous les coups d’une invasion militaire ou qu’elle ne soit « régénérée » par une révolution ouvrière qui renverserait la bureaucratie.

    Essentiellement, Trotsky argumenta qu’il était trop tôt pour réinterpréter la nature de l’URSS. Il affirma que le test pratique des points en discussion, Etat ouvrier dégénéré ou nouvelle forme de société de classe, serait tranché par le destin de l’URSS dans la guerre mondiale.

    Plus que cela ! Contre ses propres supporters au sein du SWP américain, qui répondirent d’une façon caractéristique à l’évolution ébauchée par Trotsky dans l’URSS dans la guerre, en s’écriant que l’idée même de soutenir que l’URSS puisse être une nouvelle forme de société de classe était « anti-marxiste », Trotsky soutint qu’une théorie qui postulait que le stalinisme en tant que nouvelle forme de société de classe, «collectivisme bureaucratique », si elle était en accord avec la réalité, était entièrement compatible avec le marxisme. (Encore et encore une fois sur la nature de l’URSS, 18 octobre 1939). Ce n’était pas “anti-marxiste”, contrairement à ce que ses supporters avaient soutenu.

    Cannon et ceux qu’il éduquera vont soutenir pendant des décennies que les théories du stalinisme comme Collectivisme bureaucratique, développées par Shachtman et d’autres, étaient “révisionnistes”, “anti-marxistes”, et “contre le programme de la Quatrième Internationale ».

    Envers ceux, comme Shachtman, Martin Abern (deux des trois fondateurs du mouvement trotskiste américain, le troisième étant Cannon) et d’autres, qui s’opposèrent politiquement à lui sur la question de l’URSS, tout en partageant sa position théorique que c’était un « Etat ouvrier dégénéré », Trotsky fut plus violent dans sa polémique.

    Il dit que les “doutes” admis ouvertement par Shachtman, sur la caractérisation de l’URSS comme “Etat ouvrier dégénéré”, indiquaient une évolution irresponsable de son ancienne position …vers une nouvelle qui était encore, pour l’instant, non développée. Mais il en allait de même pour les « doutes » de Trotsky lui-même, tels qu’il les avait exprimés dans ses spéculations dans l’article l’URSS dans la guerre.

    Shachtman décida finalement, en décembre 1940, que l’URSS était une forme distincte de société de classe (voir l’article La Russie est-elle un Etat ouvrier ? dans le recueil Fate of the Russian Revolution). Trotsky était mort alors et ne pouvait pas commenter cette prise de position.

    Après la mort de Trotsky, Cannon et ses camarades firent de la position finale de Trotsky sur ces questions un dogme rigide. Trotsky lui-même avait insisté contre les amis de Cannon que pour un marxiste, qui ne soit pas un dogmatiste, toutes ces questions devaient être soumises au test de l’expérience pratique. Cannon, en tant que dirigeant le plus autorisé de la Quatrième Internationale affaiblie, soutint que l’opposition aux vues de Trotsky à la date du 20 août 1940, quand l’assassin aux ordres de Staline le frappa mortellement, était le fait d’un renégat « anti-trotskiste », « révisionniste » et « anti-marxiste ».

    Cannon inspira en 1942 la production d’une sélection non représentative et partiale des écrits polémiques de Trotsky sur l’URSS en 1939-40. Ils créèrent un « Trotsky » très différent du vrai Trotsky à la fin. (Essayez de lire les écrits de Trotsky sur l’URSS de 1938, 1939, 1940, y compris ceux repris dans En défense du marxisme, dans un ordre séquentiel. Le Trotsky qui apparaît est très différent du « Trotsky » fourni par Cannon et ses amis pour les trente années suivantes, durant lesquelles les articles de Trotsky autres que ceux repris dans En défense du marxisme, furent inaccessibles en dehors de quelques librairies spécialisées.)

    Ils transformèrent leur compte-rendu de la lutte fractionnel de 1939-40 en un mythe qui glorifiait leur propre “Trostkisme orthodoxe” (qui, sur des questions clés, était à l’opposé de Trotsky). Les anges maléfiques « petit-bourgeois » dirigés par Lucifer-Shachtman s’étaient révolté et les légions « orthodoxes » des « meilleurs disciples » de Trotsky les avaient mis en déroute.

    Un culte de la personnalité fut bâti autour de Cannon. (Dans l’encart publicitaire reproduit en page 5 de ce numéro de Workers’ Liberty, la triste histoire de la naissance du « Trotskisme Orthodoxe » est comptée par cette illustration. Les trois livres (Histoire du Trotskisme américain de Cannon + La Lutte pour le Parti Prolétarien de Cannon + En défense du Marxisme de Trotsky) sont vendus en un seul lot.)

    Cannon était persuadé de faire du mieux qu’il pouvait pour nourrir le “trotskysme”. En fait, il créa un « trotskisme » de secte (4) qui, certes, a préservé certains éléments de politique et de culture marxistes, mais qui devint à moitié aveugle politiquement et stérile sur le plan théorique.

    The History of American Trotskyism, comme prélude à l’histoire de la grande lutte fractionnelle de la fin de la vie de Trotsky, racontée par Cannon dans La Lutte Pour un Parti Prolétarien et puis par Défense du Marxisme, a eu une influence à travers le monde entier partout où il y avait des trotskistes. Ces livres furent utilisés comme sources politiques premières, et Cannon et ses camarades comme des modèles et des sources d’inspiration, par des gens débutants en politique, des gens qui possédaient une bien moindre culture politique que celle de Cannon et de son Trotskisme Orthodoxe.

    The Other History of American Trotskyism de Max Shachtman devrait être rendu plus connu aussi, comme élément du travail de refaçonnage d’un « trotskisme » valide pour le 21ème Siècle. Dans leurs écrits, comme dans certains aspects de leurs vies, évalués et assimilés de façon critique, aussi bien Cannon que Shachtman peuvent encore beaucoup contribuer à ce travail.

    Sean Matgamna

    Source URL:
    http://www.workersliberty.org/node/7234

    Notes:
    1) Ce cliché figure aussi en page de couverture de l’ouvrage “Dog Days: James P. Cannon vs. Max Shachtman in the in the Communist League of America, 1931-1933”, publié chez Prometheus Research Library.
    2) L’Histoire du trotskysme américain, 1928-1938, rapport d’un participant, de James P. Cannon a été publié pour la première fois en français en 2002 par Pathfinder, la maison d’édition liée au SWP américain devenu depuis pro-castriste.
    3) L’Urss dans la guerre, 25 septembre 1939, Léon Trotsky Œuvres Tome 22.
    4) Nous signalons la difficulté de traduction du terme anglais « sectist » qui ne doit pas être confondu avec « sectarian ». Ce dernier donne sectaire en français, par opposition à unitaire. Tandis que le premier renvoie à la vision du monde, étroite et propre à elle d’une secte.
    5) Les textes de Max Shachtman auxquels il est fait référence ici sont disponibles pour partie en langue anglaise sur le chapitre Shachtman des Archives Internet des Marxistes ou dans le chapitre New International de ce même site. Le recueil des textes de Trotsky, En défense du marxisme, fut conçu par Joseph Hansen.

    17 février 2007

    Arrêter les déportations vers l'Irak !

    COALITION TO STOP DEPORTATIONS TO IRAQ

    Communiqué de presse du 13 février 2007

    Plusieurs informations sont au moins parvenues sur le sort des demandeurs d’asile renvoyés de force en Irak le 12 février depuis la base de la RAF de Brize Norton.

    Nous comprenons d’après des sources en provenance d’Erbil que l’avion a atterri non pas au terminal habituellement destiné aux voyageurs mais dans une zone destiné au fret et que les journalistes ainsi que la plupart des employés de l’aéroport ont été tenus à l’écart de cette zone.

    Dashty Jamal, représentant de la Fédération Internationale des Réfugiés Irakiens, a téléphoné à deux des déportés ce soir. Les déportés ont dit qu’ils avaient été accueillis à leur arrivée par de nombreux agents de la police spéciale du PDK (Parti démocratique du Kurdistan) (les Asayish) qui cernaient l’avion. Plusieurs des déportés ont été frappés par les gardes présents dans l’avion lors de leur descente puis dans le car où ils sont montés. Ils ont ensuite été emmenés dans un hôtel qui était sous le contrôle des Asayish. Quelques uns ont été autorisés à quitter l’hôtel avec leur famille, mais ceux qui n’avaient pas de familles les attendant à l’arrivée sont toujours consignés dans l’hôtel. On nous a rapporté que les agents des forces spéciales du PDK interdisent à quiconque de rendre visite aux déportés présents dans l’hôtel.

    La Fédération Internationale des Réfugiés Irakiens et la Coalition pour l’arrêt des déportations en Irak sont très inquiets de la volonté du gouvernement britannique de maintenir les déportations de personnes vers le Kurdistan où celles-ci seront renvoyées de force par des avions militaires. Les familles de ces personnes à Erbil n’ont pas su pendant plusieurs heures où se trouvaient leurs proches. Nous sommes aussi inquiets que le Gouvernement Régional du Kurdistan a facilité l’atterrissage de cet avion et a permis que les déportés soient battus, même si la presse au Kurdistan est remplie de démentis de l’UPK et du PDK depuis plusieurs jours, ces derniers niant avoir passé un accord avec le gouvernement britannique pour accepter le retour de personnes renvoyées de force.

    Nous craignons que ces démentis, en plus du secret et de l’embargo à l’encontre des médias à l’aéroport d’Erbil, soient destinés au moins pour partie à décevoir le peuple du Kurdistan sur la politique vraiment suivie concernant les personnes rapatriées de force. Nous comprenons aussi d’après une lettre du Home Office adressée aux juges le 2 février, que le Home Office s’est en fait inquiété d’une possible attaque terroriste à l’aéroport d’Erbil, ce qui contredit leur affirmation que les trois provinces du nord de l’Irak sont des endroits surs permettant le renvoi de personnes.

    Pour plus d’informations au fur et à mesure de leur arrivée, prendre contact avec
    Dashty Jamal au 0785-603-2991 ou d.jamal@ntlworld.com, ou Sarah Parker au 0208-809-0633.

    Lire le tract de compte-rendu des manifestations en Grande Bretagne des 9 et 10 février contre les déportations ici

    14 février 2007

    La Seconde Guerre Mondiale et l’Union Soviétique

    The New International, mars 1940

    La Seconde Guerre Mondiale et l’Union Soviétique
    (Résolution soumise le 1er mars 1940 par la Minorité du Comité Politique du SWP)

    Tiré de New International, Volume 6 Numéro 2, Mars 1940, page 64.
    Traduction à partir du texte en ligne : http://www.marxists.org/history/etol/newspape/ni/vol06/no02/minority.htm


    1. La présente guerre, qui a commencé avec l’invasion de la Pologne par l’armée allemande le 1er septembre de l’année dernière, est une nouvelle lutte entre les grandes puissances pour le re-partage de la Terre ; pour l’hégémonie sur le continent européen, et en particulier pour la domination sur la majorité de l’humanité opprimée, vivant dans les colonies et semi-colonies d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, et d’Amérique Latine. Ainsi, dans ses aspects décisifs, la présente guerre a le même caractère général que la guerre de 1914-18, en apparaissant cette fois sur la base d’un conflit et d’une dégénérescence sociale bien plus aiguës et désespérés. Toutes les tentatives de décrire cette guerre, du point de vue d’un quelconque des participants, comme étant menée pour les droits à l’autodétermination nationale (Pologne, Finlande), dans l’intérêt de « la démocratie contre le fascisme »(Grande Bretagne, France), pour « briser la mainmise de la ploutocratie capitaliste » (Allemagne), pour « la libération socialiste » ou « la défense de la révolution prolétarienne russe » (Union Soviétique), sont seulement des moyens social-patriotiques pour cacher aux masses le caractère véritable de la guerre, pour enrôler les masses dans le soutien à l’un ou l’autre participant ou groupe de participants.

    2. Du caractère socialement réactionnaire de la guerre, il découle la stratégie que les socialistes révolutionnaires ont l’obligation d’adopter en ce qui la concerne. L’orientation révolutionnaire peut être résumée comme LA STRATEGIE DU TROISIEME CAMP. Cette stratégie envisage la lutte à l’échelle mondiale contre la guerre, contre tous les gouvernements belligérants et toutes les armées belligérantes, et pour la révolution socialiste internationale. Les troupes de l’armée potentielle du troisième camp se trouvent parmi les travailleurs et les paysans pauvres, les femmes et les jeunes, dans tous les pays, parmi la population asservie des colonies, semi-colonies, nations soumises, à travers le monde, tous ceux qui n’ont que la souffrance, la faim et la mort comme perspective dans la guerre, et pour lesquels seule la révolte socialiste contre la guerre peut offrir la solution.

    Les rangs de l’armée du troisième camp seront forgés par le rejet de tout soutien à l’un quelconque des gouvernements et armées en guerre, par la poursuite résolue de la lutte de classe dans tous les pays, sans tenir compte de son influence sur la fortune des fronts militaires, et par le combat pour la libération des peuples des colonies et semi-colonies.
    Les slogans qui guident le troisième camp peuvent se résumer ainsi :
    CONTRE LA GUERRE !
    POUR LA PAIX PAR LE SOCIALISME !
    POUR L’INDEPENDANCE NATIONALE DES PEUPLES OPPRIMES PAR LE MOYEN DES ETATS-UNIS SOCIALISTES D’EUROPE !
    POUR DES ETATS-UNIS SOCIALISTES DES AMERIQUES !
    POUR UNE AFRIQUE LIBRE !
    POUR UNE ASIE LIBRE !
    POUR UNE FEDERATION MONDIALE DES REPUBLIQUES SOCIALISTES !

    3. L’Union Soviétique participe intégralement à la guerre impérialiste mondiale pour le re-partage de la planète. Les révolutionnaires russes et les masses russes en général ne désirent ni n’accueillent favorablement la guerre de Staline. Les travailleurs et les paysans soviétiques et les peuples opprimés nationalement d’URSS exprimeront leur mécontentement et leur haine de la bureaucratie contre-révolutionnaire et de sa guerre prédatrice par un mouvement d’opposition contre la guerre – la seule base réelle pour le renversement révolutionnaire de Staline dans la guerre actuelle. Le caractère réactionnaire de sa participation à la guerre est également démontrée par :
    - la politique et les buts du gouvernement et de l’armée soviétiques- l’expansionnisme bureaucratique- qui, en aucune façon, ne font pas avancer ou défendre les intérêts du prolétariat russe ou mondial, mais au contraire sont uniquement dans l’intérêt de la préservation et de l’extension des pouvoirs, privilèges et revenus de la bureaucratie ;
    - le caractère de l’alliance avec l’Allemagne ;
    - et par les effets de cette participation qui ne favorisent aucunement les conditions préalables à la révolution socialiste – par-dessus tout, la lutte indépendante du prolétariat et des peuples coloniaux pour le pouvoir, la liberté et le socialisme- mais qui, au contraire, éliminent ces conditions.

    La guerre actuelle de Staline n’est pas plus une « guerre de défense de la propriété nationalisée » que celle de Daladier n’est en « défense de la démocratie ».

    4. Les socialistes révolutionnaires sont donc obligés de réviser leur conception antérieure de « défense inconditionnelle de l’Union Soviétique » qui, dans les conditions de la guerre actuelle, mène à une stratégie qui est en opposition directe avec les intérêts de la révolution socialiste mondiale. La stratégie générale du troisième camp s’applique au gouvernement et à l’armée soviétiques comme aux autres puissances belligérantes. Dans certains cas concrets comme, par exemple, celui de l’invasion de la Finlande, nous mettons en avant des slogans tels que « Retrait de l’Armée Rouge de Finlande !», « Stop à la guerre ! » etc. …Les slogans POUR UNE UKRAINE SOVIETIQUE LIBRE !, et pour la liberté des autres nationalités non russes au sein de l’Union soviétique qui le souhaitent, POUR LE CONTROLE OUVRIER SUR L’INDUSTRIE ! POUR LA DEMOCRATIE OUVRIERE ! A BAS LES PRIVILEGES ! POUR LE RENVERSEMENT DE LA BUREAUCRATIE ! et la lutte pour telle ou telle autre revendication économique ou sociale des travailleurs et des paysans, sans égard pour ses effets sur les opérations militaires, combinés avec l’orientation internationale proposée par les mots d’ordre généraux appliqués à la guerre, cette orientation seule répond aux besoins des masses russes, y compris la défense véritable de la propriété nationalisée et son utilisation pour un développement socialiste, et elle fusionnera leur lutte avec celle des masses du monde entier pour la PAIX PAR LE SOCIALISME.

    5. Il n’est pas possible de donner par avance une réponse détaillée à toutes les hypothèses variées sur les développements futurs de la guerre. Mais, par exemple, si les ennemis actuels de l’Allemagne devaient affronter l’Armée Rouge sur le sol russe ou non russe, comme extension de leur opposition à l’aide russe fournie à l’Allemagne et à l’expansion bureaucratique stalinienne – c'est-à-dire, si le caractère de la participation de la Russie à cette guerre devait rester le même (tel que décrit au point 3), notre position présente resterait inchangée. Néanmoins, si le caractère de la guerre change d’un conflit inter impérialiste, dans lequel l’Armée Rouge agit comme un pion au service de l’une des puissances impérialistes et comme l’instrument de l’expansion bureaucratique, à une guerre déterminée par une politique impérialiste et capitaliste de destruction de la propriété d’Etat soviétique et par la réduction de la Russie au rang de colonie – c'est-à-dire, si elle est déterminée par l’antagonisme mondiale entre l’impérialisme capitaliste et l’économie nationalisée soviétique- notre position devrait changer en accord avec le changement dans le caractère de la guerre. Dans une telle guerre, la bureaucratie stalinienne, en dépit du fait qu’elle continuerait à défendre, à sa manière propre, son pouvoir et ses revenus, mènerait une guerre progressiste.

    La classe ouvrière révolutionnaire devrait dans ce cas adopter la position de défense de l’Union Soviétique. Notre position serait dictée par les intérêts du prolétariat mondial qui coïncident avec la lutte pour la défense de la propriété nationalisée soviétique contre sa liquidation par une quelconque puissance impérialiste. La défense de l’Union Soviétique serait menée par nous d’une manière indépendante, sans abandonner à aucun moment la lutte politique contre la bureaucratie contre-révolutionnaire.

    6. Aux Etats-Unis, notre ennemi principal demeure chez nous. La tache spéciale du Socialist Workers Party est celle de la résistance à toutes les tentatives de la bourgeoisie et de son gouvernement, et de la bureaucratie ouvrière et des social-patriotes, d’exploiter les crimes du stalinisme pour l’identifier au socialisme révolutionnaire, et pour stimuler un état d’esprit en faveur de la guerre impérialiste parmi les masses et entraîner le pays dans la guerre.


    For english speaking comrades

    Introduction
    The following political platform was written and agreed by 3 little left groups in France in last January. Translation realised by Raymond Debord .


    For a programme to defend workers and youth

    For a government truly representing the workers

    We must begin by beating Sarkozy and throwing out the the UMP-UDF* members of the National Assembly.

    Starting with the mobilisation to defend the pensions of public employees and against decentralisation, in the regional elections of 2004 and the No-victory in the referendum on the EU constitution right up to Spring 2006 against the CPE legislation*, the working class and the youth have shown that they wanted to throw Chirac, Sarkozy, Villepin and their allies out of power, to rout their deputies and so finish with their policies at the service of capital.

    On each occasion, the leaders of the PS - Socialist Party - and of the PCF - French Communist Party - have refused to fight with this perspective, raising instead the presidential election of 2007. This election will take place in April/May 2007 and will be followed by the legislative elections. Everyone understands the importance of the impending battle:

    How to defeat Sarkozy, the candidate of capital, whose declared programme is to redouble the fight against wages, the unemployed, the youth, immigrants.

    How to block the road to the bosses' parties?
    But how also, if we do defeat Sarkozy, to prevent a government presided over by S. Royal from retaining all of those reactionary laws which we have been fighting against all these past years and from trying to pursue the same antisocial policies in the same way as the "Gauche plurielle" did?

    Is it actually possible without taking steps which are radically opposed to capitalism and which struggle against it to do any of the following:
    - raising millions of workers out of poverty
    - preventing all redundancies, factory closures and decentralisations which set worker against worker the world over
    - raising wages for a decent standard of living, recreating those tens of thousands of jobs which have been destroyed in order to ensure the efficient running of schools, hospitals and public services
    - giving decent jobs to millions of unemployed, youth in deprived districts, graduates dooomed by the tens of thousands to work in dead-end jobs and suffer loss of skills.
    - housing homeless families
    - putting an end to the ravaging of our environment etc etc.

    The capitalist will always find arguments justifying the cruellest attacks on workers and youth in the name of profit and competitiveness.

    It is impossible to prevent these attacks without breaking with the principle of the system and the state which defends it. It is essential to begin by defeating Sarkozy, his party and his UMP majority in the Assembly.

    How?

    It is perfectly legitimate for every group to defend its own programme. But all the parties which have emerged from the historical struggle of the workers' movement - the PS, the PCF, LO, LCR, PT*** - and including all the trade unions since they are in daily conflict with the government, must clearly declare as from today: Do everything to defeat Sarkozy and the UMP majority in the Assembly!

    To achieve this :
    - vote for the workers' party of your choice in the first round of the elections
    - unite behind the best-placed candidate in the second round against the bosses' candidate.

    For the legislative elections, follow the same procedure.

    The Socialist Party candidate, probably the best placed for the second round, expressly declared her intention of retaining reactionary laws and thus to pursue, even sharpen, the orientation which we have experienced under Mitterand and Jospin, even going so far as to embrace some of Sarkozy's ideas.

    What is to be done?

    Organise for an immediate mobilisation of the working class and the youth around a programme to defend wages, defend the youth, defend other layers of the population including tradesmen, farmers, small shopkeepers whose fate is closely bound up with theirs.

    Whatever the outcome of the elections, this defence will demand in effect
    - the repeal of the laws brought in by Balladur, Juppé, Fillon and Douste-Blazy against the social security system and pensions, Raffarin's decentralisation laws, Sarozy's anti-immigrant laws, the LOLF****, all of the decrees, administrative measures and reactionary laws passed by preceding governements on pensions, social security, labour laws, education, privatisations and immigrants etc.
    - regaining purchase power and pay linked to the inflation index; a stop to redundancies, to "social plans" to ease sackings, to production plants moving away; an opening of public offices to examinations, credits for public education according to need, reopening of classes and essential jobs, repeal of anti-secular laws; requisition of empty dwellings and a rent freeze; an amnesty for illegal immigrants; withdrawal of French troops from Afghanistan, Lebanon and sub-Saharan Africa; rejection of all measures, directives, laws and treaties of capitalist Europe.

    These demands can only be met by :
    A government representative of the working class, that is, consisting only of the parties and organisations of the working class movement and controlled by the workers and the youth.

    These demands can only be met by putting on the government agenda a programme of breaking with the capitalist system on the basis of:
    - the expropriation of the big industrialists, financiers and bankers;
    - control by the workers themselves of the accounts and financial movements of the capitalists;
    - democratic organisation and control of a plan of production which meets social needs, needs of labour and consumption, a rational and conscious management of the environment, the only remedy for the damages wrought by the profit system;
    - active support for workers and the exploited of the whole world in their struggles and an appeal to unify our common struggle against the oppression, pillage and barbarism of the imperialist system.

    Let us immediately organise for such a government and raise discussion about its programme!

    CCI-T, CLSRD, Militant


    Notes
    *UMP Chirac's conservative party
    http://encyclopedia.thefreedictionary.com/Union+for+a+Popular+Movement
    UDF a more liberal grouping
    http://encyclopedia.thefreedictionary.com/Union+for+French+Democracy
    ** CPE - Le Contrat Première Embauche - was intended to abolish safeguards for youth first entering employment
    *** LO - Lutte Ouvrière, LCR - the Mandelist Ligue Commmuniste Revolutionnaire, PT - Parti des travailleurs - these groups won three million votes in 2002.
    ****LOLF (Organic Act on Finances) The LOLF divides expenses according to identifiable "missions" (which can be subdivided into sub-missions etc.). The performance of the administration and public bodies will be evaluated with respect to these missions.
    http://en.wikipedia.org/wiki/Government_of_France

    Un logement accessible, pour tous !!!

    La loi pour le Droit opposable au Logement est présentée à l’Assemblée nationale le 15 février. La version actuelle ne règle pas le drame quotidien enduré par les 3 millions de mal-logés et de sans logis du pays, ni les difficultés de plus en plus importantes que rencontrent tout ceux et celles qui ne peuvent se loger convenablement car les loyers et l’immobilier n’ont jamais été aussi chers ...

    Pour :
    - Un vrai droit au logement opposable, pour tous ;
    - Un service public du logement doté de moyens financiers et juridiques pour le mettre en œuvre ;
    - Contre le logement cher : baisse et contrôle des loyers et de la spéculation immobilière ;
    - La production massive de logements sociaux, y compris dans les villes bourgeoises ;
    - L’arrêt de la marchandisation du logement social ;
    - Des mesures d’urgences ;
    - Application de la loi de réquisition ;
    - Arrêt des expulsions sans relogement ;
    - Arrêt des démolitions de HLM à caractère spéculatif.


    Tous ensemble devant l’Assemblée nationale,
    Jeudi 15 février, à 17h Place Edouard Herriot
    Métro Assemblée nationale – ligne 12


    Premiers signataires : Comité des Sans Logis, DAL, MACAQ, Solidaires, CGT Paris, Association Bagagérue, coordination anti-démoltion des quartiers populaires HLM, jeudi noir, Ministère de la crise du logement, ATF, IPAM France, AITEC, ANECR ...
    Avec le soutien de : LCR, PCF, AL

    Qui veut faire taire les MIA ?

    En janvier 2007, à plusieurs reprises, les serveurs des Marxists Internet Archives / Archives Internet des Marxistes ont subi des attaques dont l’origine a pu être formellement identifiée (voir à ce sujet l’article http://www.marxists.org/incidents.htm ). Il s’agit d’une tentative venant de services de l’Etat chinois. On comprend aisément que les staliniens chinois reconvertis en ardents businessmen n’aient de cesse de maintenir la classe ouvrière de leur pays dans un état de soumission et de domination absolue pour continuer à jouir de l’avantage concurrentiel que leur procure le régime totalitaire de la dictature du parti unique.

    Le formidable développement de la classe ouvrière chinoise, en nombre et en qualification, aménera nécessairement celle-ci à se rebeller et à entrer en conflit avec cette classe d’exploiteurs qui usurpent le drapeau rouge et tous les symboles du mouvement ouvrier. Dans la préparation de ce soulévement, les éléments les plus avancés recherchent les outils théoriques et politiques permettant à tous les salariés de s’éclairer, de s’orienter, de réfléchir par eux-mêmes.

    Dans cette quête, ces militants (re)trouveront les textes du marxisme, les débats et les combats du mouvement ouvrier depuis 1848. Ils pourront ainsi s’aider pour démasquer la supercherie du prétendu “marxisme” des tyrans staliniens.

    Le développement depuis plusieurs mois du chapitre chinois des MIA a du procurer suffisamment d’inquiétudes aux capitalistes staliniens de Pékin pour pousser ces derniers à tenter de faire taire cette institution remarquable, patrimoine de tout le mouvement ouvrier internationale. Ce faisant, les capitalistes staliniens ont dévoilé leur peur du colosse enchaîné qui finira par exiger son du et sa liberté. Ce faisant, ils ont aussi démontré qu’ils faisaient partie du camp des exploiteurs aux côtés des Bush, Blair, Merkel, Poutine, Chirac.

    Pour les contrer : soutenez les Archives Internet des Marxistes, achetez les CD des compilations des textes déjà en ligne, apportez votre contribution pratique : traductions, compétences informatiques. Apportez vos dons financiers selon vos possibilités.
    http://www.marxists.org/francais/index.htm un signet à mettre dans vos favoris !

    31 janvier 2007

    Appel Politique Commun - Janvier 2007

    POUR UN PROGRAMME DE DEFENSE DES TRAVAILLEURS ET DE LA JEUNESSE
    POUR UN GOUVERNEMENT REPRESENTANT REELLEMENT LES TRAVAILLEURS
    IL FAUT COMMENCER PAR BATTRE SARKOZY
    ET CHASSER LES DEPUTES UMP-UDF

    Depuis 2003 avec la mobilisation en défense des retraites des salariés du public et contre la décentralisation, jusqu’à celle du printemps 2006 contre le CPE, en passant par les élections régionales de 2004 et la victoire du Non au référendum de 2005, la classe ouvrière et la jeunesse ont montré qu'elles voulaient chasser Chirac, Sarkozy, Villepin et consorts du pouvoir, chasser leurs députés aux ordres et en finir ainsi avec leur politique au service du capital.

    A chaque fois les dirigeants du PS, du PCF, des centrales syndicales ont refusé tout combat sur cette perspective en renvoyant la question aux élections présidentielles de 2007.

    Celles-ci vont avoir lieu en avril mai 2007. Elles seront suivies d’élections législatives.

    Chacun comprend l’importance de la bataille qui s’annonce :
    Comment battre Sarkozy, candidat du capital, dont le programme déclaré signifie des coups redoublés contre les salariés, les chômeurs, les jeunes, les immigrés, et barrer la route aux partis du patronat ?

    Mais comment aussi empêcher, si Sarkozy est battu, qu'un gouvernement présidé par S.Royal garde toutes les lois réactionnaires contre lesquelles nous avons combattu ces dernières années et tente de poursuivre, comme l’a fait la « gauche plurielle », la même politique anti-sociale ?


    EST-IL POSSIBLE AUJOURD’HUI…
    • de sortir de la misère des millions de travailleurs,
    • d’empêcher tous les licenciements, les fermetures d’usines et les délocalisations qui organisent la concurrence entre les travailleurs du monde entier,
    • d’augmenter les salaires pour vivre correctement, de recréer les dizaines de milliers de postes supprimés pour faire fonctionner les écoles, les hôpitaux, les services publics,
    • de donner un travail décent aux millions de chômeurs, aux jeunes des banlieues, aux étudiants diplômés voués par dizaines de milliers aux petits boulots et à la déqualification,
    • de loger les familles à la rue,
    • d’en finir avec le saccage quotidien de notre environnement etc., etc.

    …SI L’ON NE PREND PAS DES MESURES
    QUI S’OPPOSENT RADICALEMENT AU CAPITALISME ET LE COMBATTENT ?

    Les capitalistes trouveront toujours tous les arguments pour justifier au nom du profit et de la compétitivité indispensables que les attaques les plus dures soient portées contre les salariés et les jeunes.

    On ne peut l’empêcher sans rompre avec ces principes, c’est à dire avec ce système, ses lois et l’État qui le défend.


    POUR CE FAIRE, IL EST INDISPENSABLE DE COMMENCER PAR BATTRE SARKOZY, SON PARTI ET SA MAJORITE UMP A L'ASSEMBLEE.
    COMMENT ?

    Il est légitime pour chacun de se présenter pour défendre son programme, mais tous les partis issus du combat historique du mouvement ouvrier (PS, PCF, LO, LCR, PT ) et même tous les syndicats puisque les revendications des travailleurs se heurtent chaque jour au gouvernement, doivent dès aujourd’hui annoncer clairement la couleur : tout faire pour battre Sarkozy et la majorité UMP de l'Assemblée !

    POUR CELA
    • Au premier tour vote pour le candidat du parti de son choix issu du mouvement ouvrier.
    • Au second tour, on fait bloc derrière le candidat du parti le mieux placé, contre le candidat du patronat. Pas une voix ne devra manquer.
    • Aux législatives, même démarche.

    La candidate du PS, vraisemblablement la mieux placée pour figurer au second tour, affiche clairement sa volonté de garder les lois réactionnaires et donc de poursuivre, et même d’aggraver, l’orientation qui fut celle des gouvernements Mitterrand, Jospin, en allant jusqu’à reprendre certaines des idées de Sarkozy.


    ALORS QUE FAIRE ?

    S’organiser dès maintenant en vue de la mobilisation de la classe ouvrière et de la jeunesse pour un programme de défense des salariés, des jeunes, des couches populaires (y compris les petits artisans, paysans, commerçants, dont le sort leur est étroitement lié).

    Quel que soit le résultat des élections, cette défense exigera en effet :
    • L’abrogation des lois Balladur, Juppé, Fillon, Douste-Blazy contre la Sécu et les retraites, des lois Raffarin de décentralisation, des lois anti-immigrés de Sarkozy, de la LOLF ... de tous les dispositifs, mesures et lois réactionnaires prises par les précédents gouvernements sur les retraites, la Sécurité sociale, le Code du travail, l’Ecole, les privatisations, les immigrés, etc.

    • Le rattrapage de la perte du pouvoir d’achat et indexation des salaires sur l’évolution des prix ; l’arrêt des licenciements, des "plans sociaux", des délocalisations ; l’ouverture massive de places aux concours de la fonction publique ; des crédits pour l'instruction publique autant que de besoin, la réouverture des classes et des postes nécessaires, l’abrogation des lois anti-laïques ; la réquisition des logements vides et le blocage des loyers ; la régularisation massive des sans-papiers ; le retrait des troupes françaises d'Afghanistan, du Liban, d'Afrique noire ; le rejet de toutes les mesures, directives, lois et traités de l’Europe des capitalistes.


    Satisfaire ces revendications exige :
    UN GOUVERNEMENT REPRESENTATIF DES TRAVAILLEURS,
    DONC UN GOUVERNEMENT DES SEULS PARTIS ET ORGANISATIONS ISSUS DU MOUVEMENT OUVRIER ET CONTROLE PAR LA MOBILISATION DES TRAVAILLEURS ET DES JEUNES.

    Satisfaire ces revendications met en même temps à l’ordre du jour l’exigence pour ce gouvernement d’un programme de rupture avec le système capitaliste, sur la base de :
    • l’expropriation des grands groupes industriels, financiers et bancaires ;
    • le contrôle par les travailleurs eux mêmes des comptes des entreprises et des mouvements bancaires des capitalistes ;
    • l’organisation et le contrôle démocratique d’un plan de production permettant à la fois de répondre aux besoins sociaux, en travail et en consommation, et une gestion consciente et rationnelle de l’environnement, seul remède aux dégâts engendrés par le système de profit ;
    • le soutien actif des travailleurs et exploités du monde entier dans leurs luttes et l’appel à l’unification de notre combat commun contre l’oppression, le pillage et la barbarie du système impérialiste.


    ORGANISONS NOUS DÈS MAINTENANT
    POUR UN TEL GOUVERNEMENT
    ET ENGAGEONS LA DISCUSSION SUR SON PROGRAMME !

    Premiers Signataires :
    CLSRD - Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie
    Le Militant
    CCI(T) - Comité Communiste Internationaliste (Trotskiste)


    Le bulletin APS appelle tous ses lecteurs et amis à se joindre à cet appel et à le mettre en pratique en regroupant le maximum de militants et de travailleurs sur cette orientation. A cette fin, prenez contact avec les groupes initiateurs de cet appel.

    23 janvier 2007

    Sur l'abbé Pierre

    L'abbé Pierre.

    Aujourd'hui même l'abbé Pierre est décédé. Au risque de choquer, disons nettement que cette forte personnalité n'était pas des nôtres et ne l'a jamais été. Non pas en soi parce qu'il était catholique : il y a des militants ouvriers catholiques (ou adeptes d'autres religions), et aussi des combattants démocratiques et humanistes sincères mus entre autres par leur catholicisme, comme François-Xavier Verschave, inlassable dénonciateur de l'ordre post-colonial et de la responsabilité de la France et du ... Vatican dans le génocide commis au Ruanda, que nous pouvons considérer comme « des nôtres », ce « nôtre » étant le camp, le monde, la sphère, de ceux qui dans la lutte des classes se situent parmi ou avec les exploités, pour renverser les exploiteurs et abolir l'exploitation.

    En ce sens, l'abbé Pierre n'était pas des nôtres car son combat reposait sur une pensée politique et religieuse cohérente et ancienne qui s'oppose clairement, et consciemment, à la lutte des classes : la doctrine sociale de l'église qu'il défendit d'abord comme député démocrate-chrétien dés 1946 puis, de manière plus efficace, comme défenseur des sans-abri et fondateur de l'association Emmaüs à partir de 1954.

    L'abbé Pierre était un frère capucin, un ordre de « frères mineurs » se réclamant de François d'Assise, dit « saint » François. François d'Assise aurait pu, au début du XIII° siècle, être brûlé comme hérétique, mais un pape intelligent, Innocent III, le récupéra pour l'église : les thèmes de la communion universelle des créatures et l 'apologie de la pauvreté constituaient l'axe de sa prédication, et le pape en fit une milice -c'était le terme consacré- de conversion et d'encadrement des pauvres des villes montantes, et au besoin de répression des hérésies par l'Inquisition. Le mouvement franciscain occupe une place fondamentale dans l'histoire du catholicisme. De l'avis de l'historien Georges Duby, si l'Italie urbaine médiévale n'avait pas été sauvée pour l'Eglise et pour l'ordre féodal et marchand par les franciscains, elle serait toute entière devenue cathare et républicaine. L'ordre franciscain pour assumer son rôle de flanc-garde et de soupape (c'est le cas de le dire !) fut souvent aux lisières de l'hérésie et de la contestation sociale. Les capucins de l'abbé Pierre sont une aile franciscaine constituée au XVI° siècle après que le courant soit une fois de plus en grande partie passée aux hérétiques, en l'occurrence protestants. L'apologie de la pauvreté et sa pratique ostentatoire par les prédicateurs a pour fonction sociale et symbolique de leur donner l'autorité nécessaire pour encadrer les pauvres et moraliser les riches, de façon à ce que tous vivent ensemble dans une société réconciliée à l'image du corps mystique du Christ, les riches restant riches et les pauvres restant pauvres.

    Tel fut bien le combat de toute sa vie de l'abbé Pierre. Des militants ouvriers pouvaient se retrouver avec lui sur l'exigence immédiate de loger des sans-abri, pas sur ses objectifs fondamentaux qui se sont toujours situés aux antipodes de tout combat émancipateur. Le fond d'antisémitisme qui produisit, voici quelques années, une chute de sa popularité, est en cohérence avec cette vision doctrinale dans laquelle la « bonté » est avec les « pauvres » et où de méchants « riches » font du mal aux chrétiens : les Juifs !

    La trame franciscaine -et la logistique de l'ordre- se retrouve encore derrière le Forum Social Mondial qui se déroule en ce moment même à Nairobi. L'apologie de la pauvreté, réélaborée en termes de « libération » par le franciscain brésilien Frei Betto et l'intellectuel Leonardo Boff, fournit la trame idéologique de la « théologie de la libération » dont on oublie toujours qu'elle empêche bien des mouvements latino-américains, dont dernièrement les sandinistes vainqueurs des élections au Nicaragua, ou comme une partie de la direction du PSOL brésilien, de combattre pour le droit des femmes à disposer de leurs corps, donc à l'avortement ; et dont on oublie aussi de dire qu'elle a exercé directement le pouvoir dans un pays : la république haïtienne du père Aristide ... Ce ne sont plus les « prolétaires » qui doivent s'émanciper, ce sont les « pauvres » avec lesquels il faut communier. Sous une forme sophistiquée, cette antienne franciscaine se retrouve dans les théories de l'ultra-gauchiste italien Toni Negri avec le thème faussement machiavélien de la « multitude ».

    Assurément, les pauvres en Amérique latine par exemple sont nombreux et ont des revendications, mais ils sont une armée de réserve du capital mondial, et à ce titre forment la classe de ceux qui pour vivre n'ont que leur force de travail à vendre, même quand ils ne peuvent pas la vendre : les prolétaires, et c'est en tant que tels qu'ils peuvent se libérer, par la prise du pouvoir, la socialisation des moyens de production et leur union internationale. Assurément aussi, bien des militants d'inspiration chrétienne, voyant le Christ dans la classe ouvrière et ne voulant pas la catéchiser de l'extérieur, sont devenus d'authentiques militants ouvriers, ou paysans. Mais les responsables et les idéologues de l'ordre franciscain, eux, n'ont jamais perdu le Nord : la communion des pauvres est toujours restée pour eux l'alternative à la lutte des classes. A ce poste de combat prenait position Henri Groués, alias l'abbé Pierre. Pour ce combat sera orchestrée sur sa tombe l'union nationale pour la bonne cause des bonnes âmes qui font des bonnes oeuvres. Nous compatissons au vieil homme décédé, mais nous n'en sommes pas !

    Article paru dans la Lettre de Liaisons Numéro 204 du 22 janvier 2007