30 mai 2007

Unison: boycott avant le boycott

L’exécutif du syndicat des services publics UNISON [0] a rejeté une proposition d’une instance appropriée du syndicat de donner de l’argent au site Web syndical international LabourStart, sur la base qu’une des personnes impliquées dans le fonctionnement de Labourstart est un « sioniste ».

Cela constitue une sorte de “boycott avant le boycott”, une application préemptive de la motion 54 pour la conférence de l’UNISON [1], qui propose un boycott de toutes les institutions israéliennes.

Labourstart fournit une source incomparable d’informations sur les lutes des travailleurs et sur les organisations de travailleurs à travers le monde, y compris dans les Territoires Occupés [2].

A la réunion de l’Exécutif, personne n’a fait d’objection sur la couverture médiatique réalisée par Labourstart. L’objection était dirigée contre l’éditeur fondateur du site, Eric Lee. Eric est maintenant l’un seulement parmi les 79 contributeurs à l’échelle internationale de Labourstart.

Mais – et cela était suffisant pour condamner le projet tout entier aux yeux de l’Exécutif – Eric est un sioniste. Il est et a été associé avec des partis sionistes de gauche en Israël, comme le Mapam et le Meretz.

Personne n’a proposé de se pencher sur les opinions des 78 autres contributeurs de Labourstart.

L’argument de base est que le syndicat ne peut pas apporter de soutien à des projets, quelque soit leur intérêt, si les gens qui les animent sont Juifs. Des partisans du « boycott » de Labourstart répondront que l’objection ne porte pas sur le fait que des gens comme Eric Lee soient Juifs mais qu’ils sont « sionistes ». Mais marquer ainsi au fer rouge des sionistes de gauche comme Eric, comme extérieur au cercle des personnes avec lesquelles on peut travailler, revient à « boycotter » presque tous les Juifs à travers le monde.




Source URL:
http://www.workersliberty.org/node/8555


15 mai 2007

Appel unitaire d’organisations de jeunesse à manifester le 16 mai

* * *

Appel unitaire d’organisations de jeunesse :

Préparons dès maintenant la riposte à Sarkozy et son projet

Nous, organisations de jeunesse, nous opposons à Nicolas Sarkozy et à son projet. L’expulsion massive de sans-papiers, le projet d’un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » nourrissent le racisme et font passer les immigrés pour responsables de tous les maux. Le projet de mise en place d’un contrat unique de travail sur le modèle du CNE ne ferait que généraliser la précarité. Le renforcement de l’autonomie des universités et la sélection à l’entrée des facs seraient une nouvelle attaque contre l’éducation. L’objectif de Sarkozy est de remettre en cause l’essentiel des droits sociaux et démocratiques acquis depuis des dizaines d’années.

Face à ces attaques programmées contre les salariés et les jeunes, nous appelons les jeunes à s’organiser pour préparer la riposte, qui sera nécessaire. Nous nous battons pour une éducation ouverte à tous, quelle que soit l’origine sociale et quelle que soit la nationalité. Nous nous battons pour que chaque jeune ait un emploi, un droit à l’avenir, un droit à un environnement vivable. Nous nous opposons à la criminalisation des mouvements sociaux et nous demandons l’amnistie des jeunes arrêtés arbitrairement alors qu’ils étaient descendus dans la rue contre Sarkozy et son projet. Des milliers de jeunes ont manifesté dès le dimanche soir et des centaines d’étudiants et de lycéens se sont réunis en Assemblées Générales à Nanterre, Tolbiac, Toulouse…

C’est pourquoi nous exigeons :

- L’arrêt des expulsions et la régularisation de tous les sans-papiers

- Non au Contrat Unique et abrogation du CNE : un CDI pour tous

- Pas touche au droit de grève !

- Non à la sélection et à l’augmentation des frais d’inscription à l’université

Nous appelons à la constitution de Comités de Résistance ouverts à tous, dans toutes les facs, tous les lycées et quartiers, et nous appelons à des Assemblées Générales et à des réunions dans tous ces lieux.

Nous appelons à des manifestations dans toutes les villes de France le Mercredi 16 mai.

Nous invitons les organisations de salariés, les organisations politiques et associatives, à une réunion unitaire le Mardi 22 mai à 19 h à la Bourse du Travail à Paris, pour discuter de la perspective d’une grande manifestation.

Signataires :

Alternative Libertaire (AL) ; Confédération Nationale du Travail (CNT) – secteur Supérieur/Recherche RP ; Fédération Syndicale Etudiante (FSE) ; Jeunesses Communistes Révolutionnaires (JCR) ; Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) ; SUD-Etudiants.

Le 12 mai 2007

13 mai 2007

Les travailleurs irakiens du pétrole en grève contre la loi de privatisation

Le plus grand des syndicats des travailleurs du secteur pétrolier d’Irak appelle à la grève pour ce jeudi 10 mai afin de protester contre la loi controversée sur le pétrole qui vient en discussion au parlement irakien.



Piquet de protestation organisé par Hands Off Iraqi Oil (Bas les pattes du pétrole irakien !) lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires de Shell : Mardi 15 mai 2007 de 8h30 à midi à l’hotel London-West et Convention Centre, 1 Shortlands, Hammersmith, London W6 8DR.

Le projet de loi sur le pétrole propose de donner aux compagnies multinationales le premier rôle dans l’exploitation des importants champs pétroliers jusque là non forés, avec des contrats d’une durée pouvant aller jusqu’à 30 ans. La production de pétrole en Irak, comme dans la plupart des pays du Moyen Orient, a été dans le secteur public depuis les années 70.

Le syndicat qui représente 26.000 travailleurs du secteur pétrolier, a lancé précédemment 3 grèves depuis 2003, coupant à chaque fois les exportations jusqu’à 2 jours consécutifs. L’annonce de cette nouvelle grève a relancé les négociations avec le Ministère du pétrole, qui sont toujours en cours.

Imad Abdul-Hussain, président délégué de la Fédération IFOU a déclaré : “Le gouvernement central [de l’Irak] doit être propriétaire en totalité et avoir la maîtrise complète de la production et de l’exportation du pétrole ».

Il a mis en garde contre les très controversés Production Sharing Agreements (Accords de Partage de la Production), très appréciés par les compagnies étrangères, indiquant que d’autres formes de coopération avec des firmes étrangères pouvaient être acceptables mais pas à ce niveau de contrôle et de profitabilité tel qu’indiqué par la présente loi sur le pétrole.

Hassan Jumaa Awad al Assadi, président de la Fédération, a déclaré : « La loi sur le pétrole ne représente pas les aspirations du peuple irakien. Elle abandonnera le secteur pétrolier aux compagnies étrangères et entérinera la privatisation sous couvert des soit disants Accords de Partage de la Production. La Fédération appelle au retrait de cette loi sur le pétrole, parce qu’elle ne sert pas les intérêts du peuple irakien ».

Le syndicat n’est pas seul dans sa condamnation de cette loi sur le pétrole. Les opposants à cette loi comprennent aussi tous les autres syndicats d’Irak, un certain nombre de partis politiques et un groupe d’une soixantaine d’experts irakiens confirmés de l’industrie pétrolière.

Hassan Jumaa a ajouté : “La Fédération appelle tous les syndicats dans le monde à soutenir nos revendications et à mettre la pression sur les gouvernements et les compagnies pétrolières pour ne pas mettre les pieds sur les champs pétroliers irakiens ».

Les membres du syndicat réclament aussi une amélioration de la grille salariale et une distribution de terrains pour la construction de logements pour les travailleurs.

Ewa Jasiewicz of Naftana, représentante du Comité de soutien britannique à l’IFOU [Iraqi Federation of Oil Unions], a déclaré :

« L’IFOU, comme n’importe quel syndicat, a le droit de s’engager dans des négociations collectives sur toute questions importantes pour ses adhérents. Dans le cas présent, l’enjeu est de savoir qui va contrôler le pétrole d’Irak et l’avenir économique du pays est une question importante pour tous les Irakiens. Le syndicat a appelé à plusieurs reprises à la prise en compte de la société civile dans la rédaction de la loi sur le pétrole et ces demandes ont été ignorées. Le syndicat va maintenant affirmer le droit d’avoir son mot à dire dans le processus de prise de décision concernant son secteur industriel et le développement économique futur de l’Irak. Leur courage et leur engagement pour la démocratie doivent être soutenus ».

Au lieu de recevoir un accueil favorable à la participation syndicale, les dirigeants syndicaux ont été accusés de fragiliser la sécurité et sont menacés de poursuites judiciaires.

Farouq Al-Asadi, le secrétaire de la Fédération, a déclaré : “Le Ministre du pétrole choisit d’oublier que le droit de grève est garanti par la Constitution, nous avons choisi de suivre la voie légale”.

Les dirigeants syndicaux ont déjà reçu nombre de menaces de mort qu’ils prennent au sérieux. « Aussitôt que la Fédération appelle à la grève, de nombreux syndiqués et militants sont menacés physiquement par des partis politiques actifs dans ce processus, dans le but de déjouer la grève et de saper le message des organisateurs de la grève ».

Communiqué par Ewa Jasiewicz, Naftana UK Support Group for the IFOU and Hands Off Iraqi Oil Campaign Contact : 0044 7749 421 576 ou freelance@mailworks.org

Site web : www.handsoffiraqioil.org

TELL SHELL - HANDS OFF IRAQI OIL!


Source : http://www.workersliberty.org/node/8409

06 mai 2007

Déclaration du CLSRD du 6 mai 2007 à 23H

Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie.

La victoire électorale de Nicolas Sarkozy est une défaite pour la classe ouvrière française. Ce n'est pas "la" défaite absolue, durable pour toute une période : celle-là, c'est celle pour laquelle Sarkozy est mandaté par le capital financier, il sait qu'il ne nous l'a pas infligée, il sait, comme il faudrait que le sachent et le comprennent un maximum de militants ouvriers, que l'affrontement principal est devant lui, devant nous. Il est donc nécessaire de ne pas nier la défaite, et de ne pas non plus la grossir démesurément.

La V° République a un président qui veut la remettre sur ses pieds, qui est mandaté par le capital financier et soutenu par de larges couches sociales pour frapper le salariat, la jeunesse, les immigrés, les fonctionnaires. Ne nous payons pas de mots, c'est une défaite ouvrière qui va peser à l'échelle européenne.

"Ni rire, ni pleurer, comprendre", disait Spinoza. Il est d'ailleurs permis de pleurer un peu avec les centaines de milliers de sans-papiers pour lesquels l'élection de Sarkozy est une menace physique immédiate, à condition de comprendre pour se préparer au combat.

Cette victoire, le capital ne la doit qu'aux directions des partis de gauche et des centrales syndicales, qui ont tout fait pour maintenir en place Chirac et son gouvernement dont Sarkozy était une pièce centrale, désavoués et battus à plusieurs reprises aux élections de 2004, lors du référendum de 2005 et dans la rue contre le Contrat Nouvelle Embauche en 2006. Par la synthèse au PS et la division orchestrée à la gauche du PS, la négation de la représentation politique de ce mouvement social majoritaire a créé les conditions politiques de ce qui vient de se produire. L'orientation de Ségolène Royal, adaptée aux institutions de la V° République, tournée vers la négation des valeurs du socialisme et du mouvement ouvrier, a construit une confusion politique qui, en faisant reculer brutalement le total des candidats issus du PS, du PCF, de la LCR et de LO au premier tour au profit du candidat bourgeois François Bayrou, a du même coup construit les conditions politiques de la victoire de Nicolas Sarkozy au second tour.

Il faut prendre la mesure de ce qu'a été la résistance de la classe ouvrière, de l'électorat de gauche, de la jeunesse, à cette confusion. Les votes Royal et Besancenot au premier tour traduisaient (en dépit de l'orientation de Royal) la recherche du regroupement de classe sur le terrain électoral, malgré des conditions très défavorables. Le rapport de force même électoral (et nous savons qu'un rapport de force électoral est déjà en lui-même l'expression déformée d'un rapport de force social) ne doit pas être résumé par la formule "53-47" (plutôt d'ailleurs 52,5-46,5 à l'heure où sont écrites ces lignes). Il doit intégrer le fait que sans le vote des plus de 65 ans -une réalité dramatique- Nicolas Sarkozy serait battu, ainsi que le fait que des couches de la classe ouvrière qui lui sont très hostiles, celles des immigrés, n'ont pas le droit de vote, et le fait que des couches militantes, démoralisées par la campagne de Royal et la division orchestrée à sa gauche, se sont abstenues. Il faut surtout prendre en compte le fait que la polarisation sociale, malgré l'orientation de S. Royal, la "confrontation gauche-droite" comme disent les journalistes, l'opposition de classe, s'est imposée massivement dans ces élections faites pour la nier. Il est frappant que toutes les déclarations -de S. Royal elle-même et de l'ensemble des dirigeants du PS- donnent acte de sa victoire à N. Sarkozy sans en souligner ces limites objectives. Dans cette situation, Sarkozy doit en fait, de son point de vue, à la fois aller tout de suite de l'avant et se montrer prudent.

Son discours de ce soir est un discours bonapartiste classique, qui tend la main à "tous les français" tout en rappelant qu'il est là pour promouvoir le "travail", c'est-à-dire l'exploitation capitaliste, et rétablir l' "autorité", c'est-à-dire la répression, et tout en comportant un message d'alliance à mots couverts en direction de Georges Bush, qui l'a félicité dans l'heure, en prévision d'une guerre contre l'Iran. Ce soir, la foule bourgeoise et petite-bourgeoise va tenir le pavé à Paris, ce qui arrive rarement, chantant ce chant qui n'est plus depuis longtemps une "Marseillaise", mais une Versaillaise -c'était arrivé le 30 mai 1968 et lors des manifestations pour défendre le détournement des fonds publics vers les écoles catholiques, en 1984, cependant que dans la police, même les fonctionnaires en congé paternité sont réquisitionnés ce soir pour intimider les banlieues et les cités ouvrières. Il est possible que Sarkozy doive "calmer ses troupes" -et sa flicaille qui sera tentée de cogner- pour tenir compte du rapport de force réel, qui n'est pas pour lui celui d'une victoire large et massive.

En clair, pour continuer d'avancer sur la voie qu'il a commencé à tracer -celle de la construction d'une droite française organisée, avec une base populaire, intégrant l'extrême-droite sur le modèle de Berlusconi- Sarkozy doit encore compter sur l'organisation de la confusion dans la "gauche", dans le mouvement ouvrier. Ou si l'on veut : en France, Thatcher a besoin de Blair tout de suite. Il a déjà autour de lui une nuée de "petits Blairs" qui ne sauraient lui être d'une grande utilité, les Besson, les Allègre, les Tapie ... mais ceux-là n'inspirent que mépris à la population à droite comme à gauche d'ailleurs. Alors il faut aller plus loin : il faut que dans le PS le concert redouble pour la rupture avec les origines socialistes de ce parti, il faut achever, comme l'a expliqué Dominique Strauss-Kahn, la "rénovation" que S. Royal est censée avoir commencée, en évitant autant que possible un débat réel prenant en compte la réalité, à savoir que la première conséquence de cette "rénovation" a été de faire élire Sarkozy.

Mais oui, il faut "refonder toute la gauche" mais pas comme le disent DSK ou Chevènement en faisant table rase de son contenu social pour jouer la partition du "rassemblement des françaises et des français", car cette partition, c'est celle qui a fait gagner Sarkozy et dans laquelle il est d'ailleurs un meilleur bonimenteur. Il faut construire, pour la majorité sociale de ce pays, celle des salariés, parce que c'est une question vitale, un parti qui la représente réellement.

Dans cette voie, les trois taches immédiates qui nécessitent discussion et organisation sont les suivantes :
1. L'unité ouvrière, l'unité syndicale pour ne pas collaborer avec le gouvernement Sarkozy, pour monter la garde auprès des sans-papiers, pour défendre le code du travail et le contrat à durée indéterminée, la Sécurité sociale et les régimes de retraite par répartition, les services publics, la laïcité, la fonction publique et l'Hôpital public.

2. Le regroupement pour défaire le plus possible de candidats sortants ou non de l'UMP, de l'UDF et du FN aux législatives. Le rapport de force induit par la victoire de Sarkozy, renforcé par l'inversion du calendrier entre présidentielles et législatives opérée par L. Jospin, rend difficile une défaite de ces partis aux législatives de juin. Ce serait là une mise en cause immédiate et de l'élection de Sarkozy et du régime de la V° République. Est-ce possible ? A une condition : des candidatures unitaires de gauche partout contre Sarkozy, autrement dit, exactement le contraire de la démarche d' "ouverture au centre" qui a engendré sa victoire.

3. Le débat sur les mesures d'urgence et le programme à plus long terme, rompant avec le capitalisme, réalisant la démocratie, se tournant vers les travailleurs et les peuples du monde, qui devrait être celui d'un gouvernement qui nous représente réellement.
Des milliers de jeunes sont, ce soir, inquiets et déçus, mais disponibles pour le combat et l'organisation.
Ce n'est qu'un début, le combat continue !
Dimanche 6 mai 2007 – 23 H.


05 mai 2007

Communiqué du 4 mai 2007 du CCSA

Expulsions aux Alouettes

La municipalité jette froidement à la rue deux familles avec des
enfants en bas âge


Ce jeudi 3 mai, la municipalité a envoyé la police et les huissiers pour déloger deux familles de salariés, habitant en HLM à la cité des Alouettes de longue date. Motif invoqué : « occupants sans droits, ni titres »

L’une des familles s’est présentée à la mairie dès que l’expulsion a été « exécutée » . Les représentants qualifiés du maire, présents à l’hôtel de ville, ont refusé de recevoir la famille et l’ont fait chasser de la mairie.

Quant à l’autre famille, son expulsion s’est faite en son absence. En rentrant de l’école, les enfants ont trouvé porte close et recouverte d’un épais blindage. La mère de famille a appris qu’elle était à la rue lorsqu’elle est rentrée de son travail. Là aussi, motif invoqué : « occupants sans droits, ni titres »

Cette nuit, des enfants en bas âge, (6 ans, 4 ans, 2 ans) et un nourrisson de 6 mois malade dorment dehors avec leurs parents, dans le square Camélinat, aux abords de la Mairie. Des riverains leur ont apporté des tentes et des duvets pour qu’ils puissent s’abriter tant bien que mal.

Ce n’est pas acceptable ! En aucun cas !

Comment est-il possible de prendre des décisions aussi inhumaines ?

Aidons ces familles à rentrer chez elles, là où elles vivaient jusqu’à maintenant. Ces familles doivent être réintégrées dans leurs appartements.

Elles veulent un vrai bail. Est-ce trop demander ?

Nous appelons tous leurs voisins, tous leurs amis, tous les habitants d’Alfortville attachés au droit au logement, à la protection des enfants, à venir se rassembler devant la mairie, ce vendredi 4 mai à 17 heures pour demander aux autorités municipales leur réintégration immédiate dans leur logement !

Comité Chômeurs - Salariés Alfortville (CCSA)
Conseiller municipal : Daniel Petri

01 mai 2007

Battre Sarkozy ! Une référence historique pour nos amis sectaires...

"Un marchand menait des boeufs à l'abattoir. Le boucher s'avance, un couteau à la main. "Serrons les rangs et transperçons ce bourreau de nos cornes", propose un des boeufs. "Mais en quoi le boucher est-il pire que le marchand qui nous a conduits jusqu'ici avec sa trique ?", lui répondirent les boeufs qui avaient reçu leur éducation politique au pensionnat de Manouilsky(*). "C'est qu'ensuite nous pourrons régler son compte au marchand ! - Non, répondirent les boeufs à principes à leur conseilleur, tu es la caution de gauche de nos ennemis, tu es toi-même un social-boucher." Et ils refusèrent de serrer les rangs."

Léon Trotsky 1932

Cette courte citation est tirée des écrits de Trotsky sur l'Allemagne au moment où l'Internationale Communiste et les Partis Communistes, sous les ordres de la bureaucratie stalinienne, menaient un cours ultra-gauche diviseur de la classe ouvrière, cours selon lequel l'ennemi principal était le social-fascisme, c'est à dire le SPD, les sociaux-démocrates, les socialistes réformistes. Cette orientation allait mener à l'arrivée au pouvoir - sans coup de force, par les urnes - des nazis.

On sait ce qu'il en advint par la suite ...

Manouilsky était l'un des dirigeants de l'IC, responsable et concepteur de ce cours gauchiste catastrophique pour les travailleurs du monde entier.

27 avril 2007

BARRONS LA ROUTE A SARKOZY !

Après les résultats du 1er tour, rien n’est encore joué.

Aucune voix de bourgeois, aucune voix de patron ne va manquer pour faire élire le candidat Sarkozy, pour porter les coups les plus durs aux salariés, à la jeunesse, aux chômeurs, aux immigrés. Aucune de leur voix ne va manquer pour organiser le renforcement de la police et la restriction des libertés publiques en vue de l’affrontement contre la classe ouvrière.

En face, aucune voix de salarié, de jeune, de tous ceux que la crise du capitalisme entraîne dans la misère ne doit manquer pour barrer la route à Sarkozy.

Pour cela, tous les partis se réclamant du mouvement ouvrier, tous les syndicats, toutes les organisations défendant les droits et libertés publiques doivent appeler clairement, sans hésitation et dans l’unité à la mobilisation générale et au vote pour la candidate du Parti Socialiste.

Ce n’est pas en passant des accords avec l’UDF, en donnant des garanties à la bourgeoisie, mais en dressant le front uni de tous les travailleurs, de toute la jeunesse, avec leurs organisations, que l’on pourra l’emporter.

Malgré l’orientation et malgré le programme défendus par Ségolène Royal, battre Sarkozy signifiera le rejet clair et net de la politique de la bourgeoisie par la classe ouvrière et la jeunesse.

Battre Sarkozy signifiera la volonté de la classe ouvrière, de la jeunesse et de larges couches de la population d'arrêter les attaques et d'obtenir satisfaction sur toutes les revendications.

Parce qu'aucune de ces revendications ne pourra être durablement satisfaite, aucun problème ne sera réglé tant que toute la société sera gérée dans l'intérêt d'une minorité amassant les profits capitalistes contre l'intérêt de la majorité, satisfaire ces revendications exige de s’attaquer au capitalisme qui nous conduit à la misère.

Seul un gouvernement qui représente réellement la classe ouvrière pourra le faire, contrôlé et appuyé par la mobilisation des travailleurs et des jeunes.

POUR UN PROGRAMME DE DEFENSE DES TRAVAILLEURS ET DE LA JEUNESSE !
POUR UN GOUVERNEMENT QUI S’ATTAQUE AU CAPITALISME !

TOUS DANS LA RUE LE 1ER MAI :
A BAS SARKOZY !


Comité Communiste Internationaliste (trotskiste)

Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie

Le Militant

Le 26 avril 2007

25 avril 2007

A bas Sarkozy !

Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaurès.

A BAS SARKOZY !
Brève analyse et perspectives après le vote du 22 avril.

LA PARTICIPATION.
Ce dimanche 22 avril, les différentes classes et couches sociales ayant le droit de vote en France se sont toutes fortement mobilisées, engendrant le taux de participation le plus élevé de l'histoire de la V° République.

Celui-ci est pour partie du à la mobilisation de la classe ouvrière (les salariés, actifs, chômeurs, retraités) et des jeunes qui se sont inscrits sur les listes électorales après les émeutes des banlieues de l'automne 2005 et le mouvement contre le CPE du printemps 2006. Mais il est aussi causé par la mobilisation du ban et de l'arrière-ban de l'électorat bourgeois et de l'électorat populaire de la droite, de l'extrême-droite et du "centre".

DEUX VOIES ...
Toutes les classes, toutes les couches de la population, sentent que les enchères montent, que les enjeux sont lourds, qu'il va falloir trancher, en France, dans un sens ou dans l'autre :

- dans le sens des intérêts de la majorité, le sens de la démocratie, abrogeant les lois antisociales des dernières décennies : cette direction a été indiquée par les grèves de 2003, par les élections de 2004, par la victoire du Non à la constitution capitaliste européenne en 2005, par le mouvement contre le CPE en 2006 : s'y engager signifierait rompre avec le capitalisme. C'est la voie de l'intérêt réel de la majorité, la voie du réalisme et de la vraie rupture !

- ou alors on va dans le sens des besoins de l'ordre capitaliste existant, en brisant le Code du travail par le contrat précaire et le licenciement tout au long de la vie, brisant ce qui demeure debout des régimes de retraites par répartition, de la fonction publique et des services publics, maniant la matraque, l'expulsion et le racisme pour constituer des couches surexploitées et effrayer les autres couches de salariés.

... MAIS UNE SEULE CLAIREMENT FORMULEE : CELLE DU CAPITAL, CELLE DE LA DROITE.
La seconde voie, à "droite", la voie de Bush et de Thatcher, a été clairement indiquée par Nicolas Sarkozy, donnant ainsi une perspective à sa classe, la classe capitaliste, malgré une grande inquiétude dans ses propres rangs sur les risques d'affrontement au cas où il serait élu, inquiétude qui a initialement nourri la candidature de F. Bayrou.

Par contre, à "gauche" la première voie, celle de l'issue pour la majorité, allant vers un gouvernement qui représente réellement celle-ci, n'a pas été dessinée ni par S. Royal, candidate investie par le Parti socialiste mais sur une orientation d'union nationale proche de celle de F. Bayrou, ni par les autres candidats de la LCR, du PCF, de LO, de la Gauche antilibérale ou du PT.

Dans ces conditions, la confusion entretenue a favorisé un transfert de voix vers F. Bayrou de secteurs de l'électorat du PS et même de la "gauche de la gauche". Ces électeurs plongés dans la confusion peuvent constater qu'ils ont involontairement fait le jeu de N. Sarkozy qu'ils croyait contrecarrer : en effet, la faiblesse du total "gauche" apparaît comme le principal facteur susceptible de faire gagner celui-ci (précisons que nous ne confondons naturellement pas ces électeurs qui ont été, en somme, trompés, avec les dirigeants tels que Rocard, Kouchner et compagnie qui recherchent sciemment la coalition PS-Verts-UDF).

LA VOIE DE LA VICTOIRE EST TRACEE MALGRE TOUT !
Néanmoins, le fait majeur pour la classe ouvrière, pour l'électorat populaire, pour l'électorat "de gauche", est sa capacité de résistance et de contre-attaque qui s'est manifestée malgré tout avec puissance dans les conditions politiques défavorables de ce premier tour.

En effet, le vote Royal ne correspond pas, ni sociologiquement ni politiquement, à ce que recherchaient à l'origine les promoteurs de sa candidature : ce fut un vote "ouvrier" clair et net, contre Sarkozy, contre Le Pen, contre Bayrou. Alors qu'elle perdait les voix des "bobos" dont l' "opinion" dans les sondage avait servi à la faire investir par le PS, un regroupement de classe s'opérait qui seul lui a permis et d'être au second tour et de réaliser un score conséquent à plus de 25 % :
- celui de l'électorat socialiste traditionnel, composé de travailleurs, de fonctionnaires, d'enseignants, de retraités ...
- celui d'électeurs qui auraient bien aimé pouvoir voter "plus à gauche" mais qui, devant le danger Sarkozy et aussi le danger Bayrou, ont voté Royal dés le 1° tour,
- et celui des jeunes et des familles issues de l'immigration, à Argenteuil, dans le 18°, à Clichy, dans le 93 ... qui considèrent que voter Royal c'est se défendre contre la brute qui veut matraquer leurs enfants et expulser leurs parents et amis.

A ce mouvement, à ce regroupement, s'ajoute le vote d'une partie de la jeunesse pour Olivier Besancenot dont le score, en nombre de voix, dépasse nettement celui de 2002.

La voie de la victoire est ainsi dessinée par le comportement du coeur de la classe ouvrière, de la jeunesse anti-CPE, de l'électorat de gauche.

LA VICTOIRE EST POSSIBLE, EN AVANT !
La victoire contre Sarkozy est naturellement nécessaire : Sarkozy tentera de briser le salariat, de précariser totalement la jeunesse, de rétablir pleinement le régime de la V° République. Sans soutenir le programme de Royal, tous les travailleurs qui savent où est leur intérêt doivent élargir le début de regroupement opéré au 1° tour. Au lieu de se rapprocher de Bayrou, comme S.Royal semble essayer de le faire, la voie de la victoire est celle de la confrontation claire et nette, classe contre classe, "gauche" contre "droite". Les électeurs "de gauche" qui ont voté Bayrou au 1° tour, mais aussi d'autres électeurs du même Bayrou et des électeurs de Le Pen, notamment parmi les ouvriers et employés des petites entreprises et les travailleurs indépendants, agriculteurs et petits commerçants, rejoindront ce regroupement si et seulement si ils sentent une force montante.

PAS DE MAIN TENDUE AU CENTRE, PAS DE GRANDE COALITION AVEC LA DEMOCRATIE-CHRETIENNE !

La voie de la victoire c'est la voie du combat social : que le 1° mai soit une journée anti-Sarkozy, que les organisations syndicales prennent leur responsabilité en indiquant clairement qui il faut battre : ils nous ont bien dit de voter Chirac en 2002, alors qu'ils s'engagent contre Sarkozy cette fois-ci, explicitement, et il sera battu.

A BAS SARKOZY !
Déclaration du 24 avril 2007.

Retrouvez la Lettre de Liaisons et nos publications sur : http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/index.html

Paris : appel à la grande marche de l'amitié...

CONTRE SARKOZY, CONTRE LA GUERRE ENVERS LES ETRANGERS, LES JEUNES ET LES HABITANTS DES QUARTIERS POPULAIRES

TOUS A LA GRANDE MARCHE POUR L’AMITIE AVEC LES ETRANGERS ET LES GENS DES CITES


Paris - Samedi 28 avril 2007 à 15 h métro Belleville

Voir le tract d'appel de l'Association d'Entraide Populaire

Déclaration du 20 avril 2007 du CLSRD

Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie.


A tous les travailleurs, actifs, en formation, au chômage ou à la retraite,

le 22 avril, VOTEZ pour les candidats soutenus par les partis et organisations issus du mouvement ouvrier (Royal, Laguiller, Besancenot, Buffet, Bové, Schivardi).


Nous le savons : aucune de ces candidatures n'est pleinement satisfaisante par les perspectives qu'elle offre et par son programme. Toutes se situent peu ou prou dans le cadre imposé par la V° République qui est toujours le plus malfaisant à l'occasion des élections présidentielles, antidémocratiques par nature.

Mais nous le savons aussi : NOUS SOMMES LA MAJORITE à rejeter massivement la politique des Chirac, du MEDEF, de Sarkozy, de Bayrou, de Le Pen (candidat tout aussi institutionnel que Sarkozy et Bayrou) et NOUS L'AVONS PROUVE :

- par les grèves de 2003,

- par notre vote, déjà, en 2004,

- par le Non à Chirac et à la constitution capitaliste "européenne" en 2005,

- par le mouvement contre le CPE dont nous imposions à Chirac la non-mise en oeuvre voici un an exactement.

Au moyen de l'orientation d'union nationale "gagnant-gagnant" que cherche à imposer Ségolène Royal et de la division des candidatures situées à sa gauche, on veut nous convaincre que nous serions en minorité, que nous serions battus, que nous n'aurions plus qu'à voter tout de suite pour la droite et le patronat en votant Bayrou, etc. Depuis des semaines, cette tentative d'intoxication est à l'oeuvre pour essayer de transformer le souhait du patronat et des médias en réalité ce 22 avril.

Les ouvriers de Citroën à Aulnay qui ont fait grève pendant deux mois pour une hausse de salaires de 300 euros pour tous, les caissières des supermarchés qui vomissent le temps partiel imposé avec des salaires partiels eux aussi, les femmes, les jeunes et les hommes issus de l'immigration dans la classe ouvrière en ont assez du racisme policier et des expulsions, les professeurs qui veulent le retrait des lois et décrets du gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy et le rétablissement des postes supprimés, savent où est leur intérêt :

balayer la droite, toute la droite, tous les candidats du patronat, de la réaction et de la discrimination.

Donc, ce 22 avril, deux objectifs :

1) faire que Ségolène Royal, en tant que candidate présentée par le Parti socialiste et malgré l'orientation qu'elle a cherché à développer tout au long de la campagne, soit au second tour, forte d'un bon score battant Sarkozy, Le Pen et Bayrou dés le 1° tour !

2) faire que le total des voix des candidats présentés par des partis ou organisations issus du mouvement ouvrier fasse mentir les sondages et dépasse le total des voix des candidats que le patronat veut voir en tête.

Ces deux objectifs ne se contredisent pas à partir du moment où les travailleurs, la jeunesse des cités et des quartiers pauvres, la jeunesse qui a manifesté il y a un an contre le CPE, la population laborieuse, vont massivement voter !

C'est au contraire dans le même mouvement que nous placeront Ségolène Royal en tête et Sarkozy-Le Pen-Bayrou-De Villiers en minorité, de façon à écraser l'ennemi Sarkozy, l'homme du licenciement tout au long de la vie, l'homme de la chasse au faciès, l'homme de la pédophilie héréditaire et génétique, le 6 mai, puis à balayer l'assemblée UMP-UDF en juin et engager le combat pour notre programme à nous, nos revendications, à commencer par :

- l'abrogation de toutes les lois anti-sociales de la droite et celles qui lui ont frayé la voie,

- la hausse générale des salaires, l'arrêt des licenciements et le rétablissement des postes supprimés dans la fonction publique,

- la régularisation de tous les sans-papiers.


22 avril 2007

Une introduction à Max Shachtman

Max Shachtman a été l’un des deux plus éminents porte-parole et représentants du mouvement trotskiste aux Etats Unis de la fin des années 20’ au début des années 60. L’autre était James P. Cannon. Mais Shachtman est plus connu pour son rôle dans la scission qui survint dans le mouvement trotskiste au début de la Seconde Guerre Mondiale.

Tandis que les historiens académiques et les journalistes rabaissent de façon routinière les opposants au New Deal de Roosevelt et en particulier à la politique vers la guerre de celui-ci, au rang de « conciliateurs », d’« isolationnistes », de profascistes ou tout simplement de fêlés, en ce temps-là, l’opposition la plus ouverte et la plus efficace à cette administration est venue de la gauche.

Les Partis socialiste et communiste, nouvellement revigorés par la catastrophe de la Grande Dépression, les militants des nouveaux syndicats d’industrie du CIO, les dirigeants de la campagne pour les droits civils des Afro-américains, et même de nombreux libéraux de gauche virent le New Deal comme seulement une tentative pour sauver le capitalisme de la banqueroute en faisant le minimum de réformes nécessaires pour décapiter la révolte. Et les préparatifs de guerre de ce même régime furent vus par ces mêmes forces comme une sinistre tentative de détournement de la révolte anticapitaliste croissante en une répétition sanglante et démoralisante de la Première Guerre Mondiale.

Les trotskistes, bien que peu nombreux, exercèrent une influence considérable sur la gauche parce qu’ils combinèrent un engagement féroce pour la révolution avec un rejet méprisant des chants et de la brutalité du régime de Staline, comme de ses tentatives évidentes de parvenir à des accommodements avec les états capitalistes au moment même où il liquidait non seulement les gains réalisés par la Révolution d’Octobre mais aussi les révolutionnaires eux-mêmes. Les talents de polémiste et d’écrivain deShachtman contribuèrent grandement à cette cause. Son exposé des Procès de Moscou fut l’un des moments phares de la campagne contre la chasse aux sorcières déclenchée contre les dirigeants de la Révolution d’Octobre.

Le pacte Hitler-Staline de 1939 jeta la confusion parmi toutes les tendances politiques mais il fut dévastateur pour le mouvement trotskiste. Trotsky lui-même avait anticipé la possibilité d’une telle alliance avec l’un ou l’autre des grands blocs. Savoir si Staline choisirait l’Axe ou les Alliés serait déterminé par des considérations du moment mais pas de principe. Mais Trotsky avait aussi espéré que cette alliance s’accompagnerait de concessions majeures envers le capitalisme quelque soit l’allié choisi parStaline. Néanmoins, le pacte Hitler-Staline fut accompagné d’une campagne agressive contre la classe capitaliste en Pologne et des tentatives de faire de même en Finlande.

La question devint alors : devons-nous, nous les trotskistes, soutenir ou non ce régime qui exproprie la classe capitaliste et incorpore de nouvelles régions au sein du nouvel ordre collectiviste. Ce régime est-il encore, d’une certaine façon, de «notre côté » ? Shachtman se mit à la tête de ceux qui optèrent pour un «Troisième camp » de la classe ouvrière et des opprimés en général à la fois contre les vieux états capitalistes et contre la nouvelle classe exploiteuse engagée dans la lutte pour la puissance.

Shachtman lui-même n’était pas un innovateur ou un éclaireur dans ces développements politiques. Le vieux trotskiste Joseph Carter et le dirigeant des Jeunesses socialistes qui avait rejoint les trotskistes,Hal Draper, étaient plus affirmés théoriquement et Shachtman eut tendance à les suivre. Mais son prestige en tant que porte-parole dirigeant du mouvement trotskiste aux USA et à l’étranger força à prendre en considération sérieusement ce nouveau mouvement. Et de plus, Shachtman fut toujours un brillant polémiste et popularisateur et sa personnalité énergique fit de lui un formidable opposant.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale et la période MacCarthiste, les adhérents de la tendance du « Troisième Camp » jouèrent un rôle éminent hors de proportion avec leur nombre dans les syndicats, dans les mouvements pour les droits civils, pour les libertés civiles et anti-guerre. En particulier, durant la Seconde Guerre Mondiale, quand les libéraux de concert avec le Parti communiste et sa périphérie devinrent des apologistesacritiques de l’administration Roosevelt et de ses attaques contre l’indépendance syndicale et contre les droits civils, attaques qui jetèrent les bases pour la période MacCathy qui devait venir ensuite, Shachtman et ses camarades furent parmi les rares forces efficaces de dissidence. (1)

Malheureusement, il y a une triste note à la carrière de Shachtman. Au début des années 50, il amorça une évolution vers la droite en réponse au climat décourageant de la Guerre froide. Il termina en tant que supporter de la Guerre froide (Cold Warrior) et en apologiste de l’aile Meany de l’AFL-CIO. Mais ceci ne saurait diminuer la valeur de ses contributions antérieures au mouvement.

Ernest Haberkern (2)
Source : http://www.marxists.org/archive/shachtma/intro.htm

Notes :

1) Le livre de Nelson Lichtenstein
Labor’s War at Home constitue le seul compte-rendu détaillé et sérieux de cette histoire importante en grande partie occultée.

2) Ernest Haberkern est le responsable du Center for Socialist History de Berkeley Sur le web : http://csh.gn.apc.org/

A la veille du premier tour, les sans-papiers prennent la Bastille

Communiqué de collectifs de sans papiers de la région parisienne
COMMUNIQUE 19 avril 2007


A LA VEILLE DU PREMIER TOUR, LES SANS PAPIERS ET LEURS SOUTIENS PRENNENT LA BASTILLE ET (RE)INSTALLENT LEUR Q.G. DE CAMPAGNE


Après avoir inauguré leur premier Q.G. de campagne le vendredi 13 avril et en avoir été expulsés par la police le jour même, les sans papiers et leurs soutiens réinstallent leur Q.G. de campagne à la Bastille à la veille du premier tour des élections présidentielles.

C'est de ce lieu, symbole des grands principes révolutionnaires de liberté, d'égalité et de fraternité, que les sans papiers interpellent les citoyen(ne)s et les candidat(e)s à la présidentielle pour exiger leur régularisation globale.

Les sans papiers doivent être régularisés pour ne plus servir de gibier électoral privilégié permettant à des politiciens démagogues de récupérer les voix anti républicaines et pour sortir une bonne fois pour toutes du carcan de la répression, des discriminations et de l'exploitation.

Les sans papiers doivent être régularisés car leur lutte est l'épicentre de la lutte pour l'égalité des droits et ne peut rester la chasse gardée du ministère de l'intérieur et de son cadre pénal, répressif et gestionnaire.

Les sans papiers doivent être régularisés globalement pour tarir ce réservoir de main-d'œuvre bon marché qui permet au patronat et au gouvernement de déréglementer et flexibiliser par la mise en concurrence de travailleurs sans droits avec d'autres travailleurs toujours plus précarisés.

Les sans papiers doivent être régularisés car ils sont, dans leur écrasante majorité, les petits enfants de celles et ceux, nés sous la colonisation, qui construisirent la France et périrent par dizaines de milliers pour la sauvegarde de sa liberté.

La détermination des sans papiers est intacte.

Cette action en cours comme celles qui suivront doivent faire comprendre au prochain gouvernement que les sans papiers ne lâcheront rien jusqu'à ce qu'il prenne la seule résolution humaine, politique et économique qui redonne sens à un état de droit :

LA REGULARISATION GLOBALE DE TOUS LES SANS PAPIERS.

C'est pourquoi nous, sans papiers, appelons les citoyen(ne)s à agir, comme l'ont déjà fait des dizaines de milliers d'autres, pour préserver les valeurs de la République en soutenant cette exigence.


MAINTENANT, MONSIEUR OU MADAME LE (LA) PRESIDENT(E),
REGULARISEZ !

RASSEMBLEMENT PLACE DE LA BASTILLE (Devant l'Opéra)
SAMEDI 21 AVRIL A 17 H 00


Appel est lancé à tous les collectifs de sans papiers en France pour organiser une action nationale coordonnée pendant l'entre deux tours


LE Q.G. DE CAMPAGNE DES SANS PAPIERS

Contacts : 06.07.80.99.59 - 06.24.65.30.83 - 06.98.48.58.25 - 06.13.77.17.09

Email : qg-des-sans-papiers@no-log.org

Scènes de la vie ordinaire au Sarkozyland...

...ou pourquoi il faut battre la droite le 22 avril et le 6 mai !

La question des sans-papiers va revenir sur le devant de la scéne d'une façon brutale et tragique si la droite gagne les élections de mai-juin 2007. Déjà, dans certaines agglomérations, les directions de foyers de travailleurs immigrés reçoivent des demandes pressantes de la part des préfectures exigeant les listes nominatives exactes de tous leurs locataires. A n'en pas douter, certains préparent déjà des rafles de masse.

Il faut rappeler avec insistance que le but des législations anti-immigrés, celles qui créent des sans-papiers à la chaîne, n'ont pas vocation à arrêter l'immigration comme le prétendent leurs initiateurs. Elles ont comme but de créer toujours plus d'insécurité judirique et policière à l'encontre de la fraction la plus vulnérable de la classe ouvrière, afin d'exercer une pression à la baisse sur le salaire global en tirant vers le bas une fraction incompressible de la classe ouvrière de tous les pays. Vérité valable aussi bien à Aubervilliers qu'à New-York, Lagos ou Tokyo.

C'est pourquoi la responsabilité du mouvement ouvrier est d'assurer la défense de cette couche de travailleurs et de leurs familles et d'obtenir l'égalité des droits pour tous.

La rédaction.



RAFLE BRUTALE DANS UN ATELIER CLANDESTIN A AUBERVILLIERS
Des parents et des enfants arrétés.

APPEL AU RASSEMBLEMENT DE PROTESTATION
vendredi 20 avril 2007 à partir de 17 heures
au métro Quatre chemins à Aubervilliers.

Les faits:
Lundi 16 avril, vers 15 heures, plusieurs dizaines de gendarmes arrivés dans une armada de fourgons sont intervenus de façon extrêmement brutale dans un atelier clandestin de textile rue André Karman à Aubervilliers : portes défoncées, hurlements, cavalcades, poursuites et interpellation violente de ceux qui tentaient d’échapper sous les yeux des enfants du centre de loisirs.

Une femme qui tentait de s’échapper par une échelle est tombée et a dû être hospitalisée. Au moins une vingtaine de personnes, dont plusieurs parents d’enfants scolarisés ont été placés en garde à vue puis en rétention. Deux enfants (10 ans et 1 an) qui habitaient un logement contigu à l’atelier ont été eux aussi arrêtés. Ils sont actuellement au centre de rétention de Oissel avec leurs parents. Deux autres enfants dont les parents ont été placés en rétention ont été recueillis par des amis.

Un bébé de deux mois dont la chambre jouxtait l’atelier est décédé.
Aucun lien n'’est établi pour l’heure entre ce décès et l’intervention de la gendarmerie. La famille demande qu’une enquête médicale détermine de façon certaine les causes du décès de cette fillette.

Appel au rassemblement :
Ce n’est pas la première fois que les forces de l'ordre interviennent "façon rodéo" contre des ateliers clandestins à Aubervilliers. Déjà en septembre dernier, les forces de l'ordre avaient investi un atelier clandestin avec la plus grande brutalité rue Henri Barbusse, faisant plusieurs blessés, dont un tombé d’un toit dans la cour d’une école alors qu’il était poursuivi.

La lutte contre les négriers qui organisent le travail non déclaré et les entreprises ayant pignon sur rue qui en profitent parfois, ne justifie pas de telles méthodes contre les victimes de cette exploitation : les travailleurs clandestins ne sont pas des gangsters contre qui il faut un tel déploiement de forces de l'ordre, l’arme au poing.

La première mesure contre le travail non déclaré serait la régularisation des travailleurs sans papiers que leur condition place sans défense entre les mains de leurs exploiteurs.

Le Comité de vigilance d’Aubervilliers contre les expulsions des élèves et familles sans papiers et le Réseau Education sans frontières demandent :

* La libération immédiate de toutes les personnes interpellées le 16 avril à Aubervilliers et particulièrement celle des enfants retenus à Oissel. La place des enfants est à l’école, pas dans une prison qui ne dit pas son nom.

* La vérité sur les circonstances du décès du bébé.

* Que la lutte nécessaire contre le travail clandestin ne soit pas le prétexte à des reconduites à la frontière et alimente la politique du chiffre.

Ils appellent à un rassemblement de protestation vendredi 20 avril à partir de 17 heures au métro Quatre chemins à Aubervilliers.

Repris de http://www.auber-sans-la-peur.org/index.html

15 avril 2007

Une déclaration de Karel Kostal, militant de Solidarité Socialiste de Prague

Nous publions une contribution de Karel Kostal, militant socialiste tchèque, sur la question de l'Europe, alors que dans l'actuelle campagne présidentielle, rien n'est dit par les "grands" candidats sur ce sujet après le rejet du TCE lors du référendum du 29 mai 2005. Quelque soit le résultat des élections françaises, présidentielles et législatives, la question européenne, celles des alliances avec les USA, de la présence militaire US dirigée contre la Russie et la Chine, vont revenir sur le devant de la scéne et exiger une réaction commune des travailleurs d'Europe, contre les dangers de guerre et contre les attaques sur les droits sociaux et démocratiques.
La rédaction.



DES BASES AMERICAINES DE MISSILES
EN RÉPUBLIQUE TCHÈQUE ET EN POLOGNE !
CONFIRMATION DU BIEN FONDÉ DU « NON »
AU TRAITÉ CONSTITUTIONNEL !


Des fusées américaines en Europe !
Plusieurs informations concernant l’avenir de l’Europe, soigneusement cachées à ses citoyens, ont attiré mon attention depuis quelques jours. Elles concernent la future présidence tchèque de l’Union Européenne de 2009. Ses préparatifs démarrent sur les chapeaux de roues.

Le Premier ministre ultralibéral du gouvernement de la République Tchèque, Mirek Topolanek, chef du Parti civique démocratique (ODS), s’est rendu cette semaine au siège de l’OTAN, à Bruxelles pour dire au Haut Commandement que son gouvernement « répondait favorablement » à la demande de Bush d’installer une base bouclier anti-missiles sur le territoire de la République Tchèque, elle sera la « première tête de pont américaine » de la future Europe.

Il n’est pas superflu de relever que plus de 70% des citoyens tchèques y sont opposés et qu’aucun pays de l’Union Européenne n’a été consulté ni informé. Mirek Topolanek ne s’embarrasse pas de ce genre de détails. Il affirme qu’après l’installation de la base américaine, « l’Europe deviendra une oasis de paix ». Il a également « offert » à la direction de l’OTAN des soldats tchèques pour des « missions » en Afghanistan et au Kosovo. Il a également informé le président de la Commission européenne José Barroso de la création de la « fraction commune » constituée par l’ODS et le Parti conservateur britannique au Parlement européen. Cette future coalition ultralibérale et…« europessimiste » tchéco britannique prêchera à Strasbourg « la concurrence libre et non faussée » ainsi qu’ « une politique étrangère européenne compatible avec l’OTAN ». Ce sera aussi l’occasion entre autre d’expliquer devant l’Assemblée du Parlement que « l’argent sale, ça n’existe pas » et que « l’écologie est une pseudo science ».

Scheffer, secrétaire général de l’OTAN, et Solana, responsable de la diplomatie de l’Union Européenne, affirment tous les deux : « le problème de la base militaire américaine relève exclusivement de la République Tchèque et des Etats-Unis». En d’autres termes, l’Union Européenne ne s’opposera pas à l’installation de bases militaires américaines dans les pays de l’Europe. Ceci signifie que les gouvernements des nouveaux pays membres de l’UE sont désormais « libres » d’établir des « accords bilatéraux » avec les Etats-Unis par-dessus la tête des peuples d’Europe. Ils sont libres également d’ouvrir toutes grandes les portes aux fauteurs de guerre et aux lobbies des fabricants d’armes.

Nous sommes pour une Europe indépendante dont les membres sont solidaires et construisant ensemble leur destinée. La politique internationale et de défense en est un de ses axes majeurs, c’est bien la position que nous avons défendue lors de la campagne référendaire de 2005 et que les Français ont majoritairement soutenue jusque dans les urnes.

En attendant les citoyens chèques sont fermement invités à se taire et à attendre que le ciel leur tombe sur la tête. La presse fait savoir que la Russie se dit menacée par le futur dispositif militaire américain en République Tchèque et en Pologne, et qu’en vertu de la doctrine militaire russe, « les frappes nucléaires préventives » sont d’ores et déjà envisagées et planifiées contre ces deux pays. Face à ces menaces bien réelles, le silence et du gouvernement Chirac et des candidats à la présidentielle française me laisse rêveur.

Il y a quelque temps encore, les citoyens tchèques, épris de paix et de démocratie, tournaient leurs regards vers l’Europe. A présent, l’Union Européenne les regarde avec un œil morne, l’air absent. D’une manière atone et monocorde, les dirigeants européens leur annoncent que le projet américain « ne relève que des relations bilatérales entre les Etats-Unis et les différents pays sollicités par des installations ». Les chefs européens répondent par des pirouettes : les citoyens tchèques, eux n’ont pas été sollicités, aucun pays d’Europe n’a été consulté. C’est cela désormais la construction européenne : des accords bilatéraux entre la droite belliciste de la « nouvelle Europe » et les marchands de canons étatsuniens.

Un Traité constitutionnel qui a la faveur de la droite ultralibérale !

Au sujet de la constitution européenne, le premier ministre tchèque se veut « rassurant ». Il déclare : « La République Tchèque n’a pas l’intention de bloquer le Traité Constitutionnel ». Exclamation de surprise dans les rangs des chefs de la Commission européenne. Le parti du président Klaus a toujours considéré la constitution européenne comme un document inutile, plein de clauses sociales nuisibles. Obnubilés par leur propre brio, les chefs de l’ODS qualifient parfois le traité constitutionnel de document cryptobolchevique (sic) ! Du reste, la droite tchèque considère l’U.E. comme étant sous le contrôle des communistes, des socialistes et des autres syndicalistes.

Alors, pourquoi ce revirement ? Pourquoi le traité constitutionnel serait-il aujourd’hui acceptable ? Pourquoi l’U.E. deviendrait-elle enfin fréquentable? Pourquoi la droite dite eurosceptique est-elle en train de s’accrocher aux wagons des « amis de la constitution » ?

La constitution européenne est certes aux yeux de la droite capitaliste tchèque et européenne encore selon eux « encombrée de clauses sociales inutiles et nuisibles », mais elle est susceptible d’être améliorée, c’est-à-dire rendue plus libérale. Aux yeux du gouvernement Klaus-Topolanek, le document contient aussi quelques valeurs inestimables, par exemple l’article 1-41, qui prévoit que la politique de défense de l’Union Européenne devra être compatible avec la politique de défense arrêtée dans le cadre de l’OTAN. Cette possibilité de soumettre la construction européenne à l’OTAN et aux USA, par l’intermédiaire de la Constitution européenne, n’a assurément pas échappé au gouvernement belliciste de Prague.

La ratification de ce traité ferait basculer par voie de conséquence l’Europe dans la dépendance des USA par la voie de l’OTAN. C’est précisément ce que souhaite la droite ultralibérale de la « nouvelle Europe ». Elle se servira avantageusement, d’une manière ou d’une autre, du traité constitutionnel actuel, pour poursuivre et réaliser ses propres visées bellicistes aux côtés d’un Bush en Europe. Les dirigeants européens couvrent ces activités d’un silence pesant.

Une étape inquiétante : la présidence tchèque de l’Union en 2009

La droite tchèque régnante souhaite ardemment la présence massive de mercenaires américains en République Tchèque d’abord, dans l’Union Européenne ensuite. Elle veut être protégée par les USA et l’OTAN. Le Parti civique démocratique (ODS) est une association de nouveaux riches, parvenus qui se sont enrichis avec les privatisations souvent frauduleuses, par prévarication, vols, malversations qui n’ont pas connu de précédent dans l’histoire de ce pays.

Avec cette coterie au pouvoir, la société tchèque est livrée quotidiennement au pillage et à toutes les horreurs de la corruption généralisée. Cette nouvelle couche sociale, extrêmement soucieuse de son aisance matérielle, veut se placer sous la protection de l’armée américaine et les forces de l’OTAN. La « menace terroriste » iranienne et nord-coréenne vient à propos. Le drapeau américain flottant au-dessus de la base anti-missiles à quelques dizaines de kilomètres de Prague, symboliserait aux yeux de tous les nouveaux possédants de la République Tchèque « la victoire finale du capitalisme » et « la fin de l’Histoire ».

La grande majorité des citoyens tchèques est contre les bases américaines chez eux. Les manifestants, eux, de plus en plus nombreux, exigent que cette question soit soumise à un référendum. Les autorités de Prague nous font savoir « qu’il est trop tard » car le gouvernement et la majorité de droite au Parlement ont eux-mêmes déjà décidé. Si le gouvernement Klaus-Topolanek peut traiter avec un tel mépris l’avis majoritaire des citoyens tchèques, il entendra demain mépriser aussi bien l’opinion des peuples d’Europe lorsqu’il exercera la présidence de l’U.E. en 2009.

Les masques tombent. La présidence tchèque de l’U.E. sera dangereuse pour la démocratie et pour les valeurs européennes, bien au-delà de ce que l’on peut imaginer. Nous ne pouvons et ne voulons effacer de tels faits de la conscience européenne. La droite tchèque, à l’instar de la droite de la « nouvelle Europe », souhaite à présent la désintégration politique du continent européen. Elle souhaite que ce qui peut exister d’Europe politique vole en éclats et que les pays de l’U.E., les uns après les autres, établissent des accords bilatéraux avec les USA. L’Europe des Lumières, de la paix, de la justice sociale, des libertés démocratiques, est menacée par ce qui s’avère être une régression obscurantiste. Laisser à cette droite tchèque, ultralibérale, antidémocratique, antisociale et belliciste, la présidence de l’Union en 2009 est un acte politique grave. Les « élites libérales » européennes vont assurément permettre à la droite tchèque de compromettre gravement la construction de l’U.E. à laquelle aspire la grande majorité des peuples.

Avec le bouclier antimissile américain, à deux étapes de course cycliste de Strasbourg, la construction d’une Europe pacifique et démocratique serait sacrément compromise, je n’hésite pas à le dire.

Se préparer aux nécessaires affrontements à venir : solidarité avec la résistance du peuple tchèque !

Nous, le 29 mai 2005, nous nous sommes prononcés pour une autre Europe. Nous devons encore expliquer ce choix et dire encore sa nécessité. Nous avons le devoir de dire partout et clairement que nous ne voulons pas d’une présidence qui menace la paix en Europe et dans le monde. Sur ce point, je crois utile de rappeler combien le peuple français qui a rejeté ce projet de Traité constitutionnel est parfaitement fondé à manifester un tel refus.

Face à cette droite tchèque qui poussera durant sa présidence, à la domination des USA et à la vassalisation de l’Europe, il faut se préparer lucidement à poser la question de l’illégitimité de la future présidence tchèque, en supposant que l’actuelle coalition de va-t-en guerre soit encore au pouvoir à Prague en 2009. Cette bataille sera obligatoirement une campagne en direction des citoyens français, épris de paix et de démocratie, désemparés aujourd’hui par l’atonie de la gauche du « non ». Agissons donc plutôt que d’attendre qu’un nouvel abîme nucléaire s’ouvre sur nos frontières !

En République tchèque nous assistons à un premier véritable réveil citoyen depuis la chute du mur de Berlin. Tout revient à savoir à présent comment opérer la jonction entre le « non » massif des peuples français et hollandais et le « non » tout aussi massif du peuple tchèque aux fauteurs de guerre en Europe.

Une première rencontre européenne pour une Assemblée Constituante a eu lieu les 23 et 34 février à Paris, à l’initiative de Jean-Luc Mélenchon et de nos amis de PRS. Cette première démarche a posé les jalons d’un durable rapprochement des peuples d’Europe. Notre délégation, venue de Prague, a été reçue fraternellement.

La bataille contre les bases militaires américaines en République Tchèque se présente donc en fait à nous comme une étape vers une prise de conscience authentiquement européenne, en rupture avec la construction européenne antidémocratique actuelle. Les citoyens tchèques doivent s’emparer de cette initiative, mais ils ne peuvent parvenir à leur objectif sans l’appui des autres peuples d’Europe, dans ce qui est finalement l’affaire de tous.

Karel KOSTAL, Solidarité Socialiste Prague, PRS Isère 38
Le 15 mars 2007

22 avril,vote pour battre Sarkozy-Bayrou-Le Pen !

A la veille du premier tour de l’élection présidentielle, nous vous invitons à venir débattre pour s'organiser en vue des prochains combats. Pour un gouvernement de défense des travailleurs et de la jeunesse, qui nous représente réellement, nous voulons chasser les Sarkozy, Bayrou, Le Pen... Beaucoup vont voter Royal pour infliger une première défaite à notre ennemi commun. Beaucoup vont voter Besancenot, Bové, Buffet, Laguiller, Schivardi pour marquer leur volonté d'être réellement représentés. Tous se préparent à un affrontement social central car nous connaissons le programme du patronat et nous savons qu'il tentera de le faire appliquer par le prochain gouvernement. Nous voulons un gouvernement qui combatte ce programme et applique le nôtre, celui des travailleurs, dont il nous faut discuter.

Samedi 21 avril 14h-18h réunion-débat à Paris,
AGECA, 177 rue Charonne (métro Alexandre Dumas)

28 mars 2007

De la rue Rampal à la Gare du Nord

Les faits qui se sont déroulés à une semaine d’intervalle à la sortie de l’école maternelle de la rue Rampal dans le 19ème arrondissement de Paris et à la Gare du Nord, ce mercredi soir, sont significatifs de la situation en France.

Certes au regard des plus de 60 millions d’habitants que compte ce pays, les quelques dizaines de personnes dans la rue Rampal, et les quelques centaines à la Gare du Nord sont une poignée. Néanmoins, dans ces deux cas, sans la moindre préparation, sans la moindre concertation préalable, des gens se sont opposés spontanément à l’arbitraire policier et ont provoqué un effet politique qui vise directement le pouvoir en place.

Ni les mères de famille venant chercher leur progéniture à une sortie de maternelle, ni les banlieusards harassés par une journée de boulot ne sont des révoltés par destination. Et pourtant, il a suffi d’interventions policières musclées pour provoquer des réactions spontanées de la part de gens qui, au préalable, n’étaient nullement liés par un projet commun et qui avaient bien d’autres soucis en tête en quittant leur domicile ou leur travail que d’aller s’opposer à la police.

« Laisser les grandir ici », « Sarkozy enculé », « transports gratuits », « non aux expulsions », en quelques slogans, beaucoup de la politique gouvernementale se retrouve massivement vomi par un échantillon de la population.

Malgré les dissimulations et distorsions de la grande presse, on finit par comprendre que la Gare du Nord a été le lieu d’affrontements ou d’une grande tension pendant plus de trois heures. Le candidat Schivardi, entendu sur France Inter ce jeudi soir, a dit que la Gare d’Austerlitz était anormalement bourrée de flics ce même mercredi soir, alors que, provincial, il était de passage dans la capitale.

Le reportage sonore de France Inter rapportant le passage de Sarkozy dans la même Gare du Nord ce jeudi matin, sous les huées, pour aller prendre le TGV Nord apporte un supplément à ce tableau. Le pouvoir actuel est largement, majoritairement impopulaire mais tous les partis d’opposition de gauche n’en tirent rien. Pire, les sondages donnent la gauche, tous candidats confondus, à un niveau terriblement bas.

Les déclarations de Royal, suite aux incidents de la gare du Nord, ont consisté à se lancer dans la course sécuritaire. Et la gauche hors PS se contente de dénoncer les actes du régime et de sa police mais n’appelle pas à s’en débarrasser.

Le communiqué de la LCR, paru le 28 mars, en est un exemple typique. La politique gouvernementale est stigmatisée, mais aucune issue politique n’est indiquée. Pourtant, la seule façon de mettre un coup d’arrêt aux actuelles pratiques policières consiste tout simplement à virer ce gouvernement qui est le chef de cette police.

PS, PCF, LO, LCR, PT, Collectifs anti-libéraux, chacun à leur manière, chacun dans son registre, tous ont le regard porté sur la même ligne bleu horizon du pouvoir UMP. Ligne indépassable, ligne destinée à demeurer éternellement sous nos yeux tandis que « les luttes, les luttes » se suivraient pour « résister » jusqu’à la fin des temps.

Aujourd’hui, en France, le pouvoir UMP, ses hommes, sa politique, son candidat sont discrédités mais Sarkozy ..ou Bayrou sont donnés vainqueurs au deuxième tour. Ce paradoxe doit être combattu en réunissant les conditions d’un passage de la mobilisation défensive à la recherche offensive d’une issue se fixant comme objectif conscient d’en finir avec Sarko, Bayrou, Le Pen et de Villiers, et de se débarrasser de la majorité UMP-UDF à l’assemblée.

Il faut aider ce rejet massif et spontané de cette politique et de ce régime à se transformer en une force irrésistible. A défaut, les conditions pourraient être réunies par ce pouvoir minoritaire pour museler impitoyablement toute révolte, toute opposition à sa politique. Il est encore temps d’inverser le cours des choses.

Pour discuter et s’organiser sur cette orientation, plusieurs groupes (CLSRD, Le Militant, le CCI(T), La Commune* ) appellent à une réunion le samedi 21 avril de 14h à 18H, à l’AGECA à Paris. APS invite ses lecteurs à y participer.

* La Commune n'est pas signataire de l'appel référencé ici mais cherche à poursuivre avec les trois autres groupes, comme avec tous les militants disponibles à cet effet, dans la recherche d'un débouché politique qui vise à virer la droite et aller vers un gouvernement des travailleurs.

Un nouveau blog en soutien aux travailleurs d'Irak

Allez visiter et mettez dans vos favoris le site suivant :

IRAQ UNION SOLIDARITY SCOTLAND

Ce blog est réalisé par la campagne écossaise de soutien aux travailleurs et aux syndicalistes irakiens en butte à l'occupation impérialiste et aux attaques des forces réactionnaires islamistes (aussi bien gouvernementales que de "résistance").

24 mars 2007

Les Irakiennes sont les cibles n°1 des milices

Les Irakiennes sont les cibles n°1 des milices

Houzan Mahmoud, porte-parole de l’Organisation pour la libération des femmes en Irak. Elle vit à Londres depuis 1996 et a été menacée de mort en février par un groupe lié à Al-Qaida.

Interview parue dans l'édition du 15 mars 2007 du journal gratuit "20 Minutes" distribué en région parisienne.

A quoi peut ressembler la vie quotidienne des femmes en Irak ?

Elles n'ont pas de vie quotidienne à proprement parler. Elles ne peuvent pas se réveiller le matin en se disant : « Je vais faire ça et ça », car il peut y avoir un attentat à tout instant. Elles doivent batailler pour réussir à tenir leur foyer, vu la pénurie de ressources comme l'eau ou l'électricité. Et elles redoutent d'envoyer leurs enfants à l'école, parce qu'ils peuvent se faire enlever contre une forte somme d'argent, que les parents n'ont pas la plupart du temps.

Vous dénoncez la dégradation de leur condition depuis 2003...

Les femmes ont été les cibles privilégiées des milices islamistes dès le début de l'occupation américaine en 2003. La guerre et la criminalité ont favorisé la multiplication de ces milices armées, dont le premier message fut : « Les femmes doivent rester à la maison, s'occuper des enfants, faire la cuisine et le ménage. Elles ne peuvent pas travailler et doivent sortir voilées. » Aujourd'hui, les femmes sont victimes de viols, d'enlèvements, d'assassinats, parfois en public, et de crimes d'honneur.

Qu’advient-il des femmes violées ou kidnappées ?

Elles seront tuées de toute façon pour ces questions d'« honneur ». Je me souviens d'une femme qui avait été kidnappée. Ses ravisseurs avaient demandé une rançon au père pour la relâcher. Il leur a répondu : « Vous savez, il vaut mieux la tuer, parce qu'on devra le faire de toute façon pour laver l'honneur de notre famille. » Non seulement les femmes sont victimes, mais elles sont punies au lieu d'être soutenues. Environ cent femmes sont victimes chaque mois de crimes d'honneur à Bagdad. Imaginez à l'échelle du pays. C’est aussi pour ça que les familles ne viennent pas chercher ou reconnaître les corps des femmes retrouvées mortes, souvent décapitées, mutilées, et déposées à la morgue. Elles ne veulent pas que cela se sache. Nous avons ouvert deux centres d’accueil, à Bagdad et Kirkouk, pour accueillir ces femmes menacées de crimes d’honneur.

Vous avez découvert que de nombreuses femmes peuplaient les prisons…

En 2006, notre organisation a effectivement révélé, grâce à une enquête menée dans des conditions difficiles dans la prison de Al Kazamiah, que des femmes et leurs enfants sont détenus en prison soit parce qu’elles ont un lien, même très vague, avec des insurgés, soit sans aucun motif. Elles n’ont aucun avocat ni recours légal. Certaines nous ont montré des marques de tortures qu’elles ont subies pendant leur enfermement, où elles sont maltraitées et violées par des gardiens ou des soldats irakiens.

Qu’en est-il des mariages dits « de plaisir » ?

Ils ont été initiés par l'Armée du Mehdi, du milicien chiite Al-Sadr, dans le sud de l'Irak. Sadr a demandé ouvertement à des femmes chiites de rejoindre son armée pour quelques jours pour distraire ses hommes. C'est de la prostitution version islamique. Humiliées, elles risquent là encore d'être tuées si la famille l'apprend. Mais ces miliciens ont la force et les armes, donc ils peuvent imposer ce qu'ils veulent. Sous Saddam Hussein, ce n'était évidemment pas idéal, mais au moins les femmes ne subissaient pas toutes ces violences arbitraires. Avant, nous avions un seul dictateur, donc on savait contre qui on luttait. Désormais nous en avons des centaines.

Comment était-ce sous Saddam Hussein ?

Les femmes pouvaient travailler, aller à l’école, divorcer, des droits acquis grâce à un mouvement de défense des femmes datant des années 1950. Aujourd’hui, elles peuvent se faire tuer pour rien. Nous assistons à une « brutalisation » de la société, à laquelle participe l’Etat.

Le président américain Bush avait notamment argué de la situation des femmes en Irak pour justifier l’invasion en 2003…


Bush ne s’est jamais préoccupé de la situation des Irakiennes. C’était un prétexte. Aujourd’hui, les femmes sont encore plus cloîtrées chez elles. Mon opinion, c’est que l’administration américaine est responsable des violences qui leur sont faites, car les miliciens terrorisent les femmes sous la supervision des Etats-Unis. Les Irakiennes pâtissent d’une radicalisation de la société et d’un virage réactionnaire, tribal et sectaire qu’accroît la présence des troupes étrangères. Il faut que les Etats-Unis partent. J’étais contre la guerre, je suis contre l’occupation.

La société civile tente-t-elle de résister aux violences des milices ?

Oui. La solidarité du peuple est capitale. Par exemple, quand en 2005 le pont que traversaient des milliers de chiites en pèlerinage s’est effondré, les sunnites du voisinage ont accouru pour les sauver de la noyade. Le problème, c’est que les milices et le gouvernement tentent de politiser les religions. Je m’élève contre cela. Je suis athée, je veux avoir le droit de critiquer la religion. Les gens essayent de lutter contre l’islamisation. C’est pour ça que les milices nous persécutent.

Cette lutte vous a valu des menaces de mort…

Au Kurdistan (nord de l’Irak), d’où je viens, un projet de loi visait à introduire la charia. Je m’y suis opposée. Cela rendrait la situation plus difficile encore pour les femmes. En février dernier, j’ai reçu un mail, intitulé « kill » (« meurs ») du groupe djihadiste Ansar al-Islam, lié à al-Qaida. Il me menaçait de mort pour « faire campagne contre l’islam ». Mais ce n’est ni une surprise, ni un obstacle pour nous empêcher de poursuivre notre combat.

Recueilli par Faustine Vincent

18 mars 2007

Appel de militants trotskistes "historiques"

Nous reproduisons à titre de document cet appel de vieux militants du trotskisme en France. Bien que doutant que le problème de la présidentielle de 2007 soit réductible à de l'échec de la candidature Bové, nous pensons que cet appel illustre en quoi la LCR est devenue plus préoccupée par sa boutique que par les intêrets supérieurs des travailleurs.

L'issue politique en France pour commencer à résoudre les problèmes des travailleurs est d'en finir avec ce régime, de battre Sarkozy, Bayrou et Le Pen et de virer la majorité UMP-UDF de l'Assemblée nationale. APS appelle les militants et électeurs de Royal, Bové, Besancenot, Buffet, Laguiller, Schivardi à agir ensemble selon l'orientation de l'appel référencé ici.
La rédaction.



Rappel à l’unité de classe !

Nous sommes des "vétérans" du trotskisme qui n’ont jamais quitté la lutte pour " transformer le monde”, ayant dans le passé appartenu à des tendances différentes et se retrouvant dans une compréhension commune du caractère de la crise mondiale du système capitaliste qui est entré, avec le libéralisme, dans une nouvelle barbarie menaçant jusqu’à l’existence de l’humanité elle-même.

De même nous nous retrouvons dans l’engagement pour l’altermondialisme, qui s’est largement développé en France à l’occasion de la lutte contre le projet de Constitution libérale de l’Europe en 2005.

C’est un large mouvement de collectifs, avec un haut niveau de démocratie et d’organisation, qui, avec d’autres forces, a permis de réaliser une victoire dans la lutte contre le libéralisme.

Ces collectifs se sont retrouvés en avant-garde pour les élections présidentielles en posant d’emblée la question de l’unité des forces antilibérales et plaçant ainsi les enjeux de cette bataille à un niveau supérieur.

Ils se sont maintenus en dépit de ceux qui les niaient et des diverses manœuvres pour les instrumentaliser ou pour réduire leur indépendance et la démocratie qui s’y manifestait. Ils ont ainsi révélé l’espoir que l’on peut mettre en eux.

Malgré ces réactions de santé politique, ils sont l’objet de diverses menaces. A l’échelle d’un tel enjeu, les calculs politiciens sont dérisoires et misérables.

De ce point de vue, l’engagement de toute notre vie nous rend particulièrement et douloureusement attentifs au rôle que la LCR a joué cette dernière année.

À l’inverse de la politique d’unité dans la lutte de classes, qui est celle de l’enseignement de Léon Trotski, et que nous pensions acquise, la LCR s’est tout à coup retirée sur elle même devant l’échéance de l’élection présidentielle.

Elle tenta de justifier son refus d’être partie prenante du mouvement pour des candidatures unitaires par l’ambiguïté des textes adoptés quant à la nécessité d’un engagement net à ne participer en aucun cas à une alliance et à la participation de nos futurs élus à un gouvernement social-libéral du PS.

Cette exigence était juste, mais se placer en marge du mouvement ne lui permettait pas de l’imposer.

Ce sont les collectifs eux-mêmes qui ont empêché l’opération "hégémonie" du PCF. En bloquant ce hold-up organisé par le PCF et en appelant à la candidature de José Bové, ils ont reconstruit une perspective unitaire et déjoué les opérations de ceux qui tentaient de les manipuler.

La LCR, après son refus de prendre une part active dans le rassemblement unitaire des Collectifs post-29 mai et son retrait complet de ce rassemblement en décembre 2006 (après St Ouen) et après son refus de revenir au sein de la nouvelle Coordination nationale (après Montreuil en janvier 2007), la LCR apparaît, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, comme le parti qui :

  • a déserté le champ de bataille sans combattre ;
  • a divisé le Front uni des antilibéraux lorsque ceux-ci refusaient de se soumettre à l’OPA du PCF sur le mouvement des Collectifs ;
  • comme le PCF, a cherché seulement à renforcer sa propre organisation, dans une stratégie aux antipodes d’une volonté proclamée de recomposition à la gauche du PS et de construction à terme d’une Force nouvelle.
En engageant la campagne de son porte-parole Besancenot, elle a durcit sa position, manifestant à la fois un mépris suicidaire pour le mouvement des collectifs, leur déniant leur caractère politique et la netteté de leur rejet radical du social-libéralisme, et en niant la représentativité unitaire de José Bové.

Cette politique de division place la LCR sur le même plan que le PCF. Nous ne pouvons l’accepter.

La construction d’un appareil qui met de côté les éléments essentiels du programme ne peut qu’aboutir à un échec comme appareil.

Ce n’est pas ici le lieu d’expliquer le pourquoi d’une telle dérive. Ce qui importe est d’en montrer les possibles conséquences désastreuses.

Si la candidature de José Bové échouait, le mouvement des collectifs, privé d’un pôle, risquerait une dispersion pour toute une période, dont les conséquences s’étendraient jusqu’au-delà de nos frontières françaises.

L’espoir serait mis à mal par cette dispersion et par les combinaisons politiciennes, régionales et locales, qui déjà esquissent leur mise en place.

Nous sommes dans une de ces époques où chaque succès propulse en avant tandis que chaque erreur se paie très cher. Les responsabilités de la division sont donc énormes.

La pratique du Front unique combiné à une stratégie transitoire adaptée aux réalités de l’époque a été l’apport majeur de notre mouvement.

De ce fait nous en appelons à tous les militants, et d’abord à ceux de la LCR, de ne pas se laisser entraîner dans des voies sans issue mais à faire montre du courage politique en préférant l’intérêt général que manifeste l’ampleur sociale du mouvement des collectifs à celle des cocons partidaires, ou au repli sur les causes partielles.

Jean-René Chauvin (ex-déporté à Mathausen, Auschwicz, Buchenwald), Michel Lequenne, Pierre Avot-Meyers, Jean Baummgarten, Gilbert Dalgalian, Claude Koval, Roland Vacher.

15 mars 2007

8 mars 2007 : tract commun

Le 8 Mars Journée internationale des femmes

Depuis le 19eme siècle, les femmes se battent pour acquérir le droit de travailler, le droit de se syndiquer, le droit de vote, le droit de faire de la politique.

En février 1917, ce sont les ouvrières russes de Saint-Pétersbourg qui en manifestant en masse pour le pain et la fin de la guerre ont déclenché la première étape de la révolution russe. On a cependant souvent oublié le caractère révolutionnaire de ce jour particulier, en en faisant une manifestation uniquement féministe.

Aujourd'hui le capitalisme déclinant s'attaque dans le monde entier aux travailleurs des deux sexes, mais ce sont les femmes, au travail et dans leur vie privée qui en souffrent le plus.

Dans les pays “ avancés ” comme la France, les gouvernements qui se sont succédés ces dernières années, en s'attaquant à TOUTES les conquêtes sociales ont mis à mal particulièrement celles qui touchaient les femmes : travail de nuit pour les femmes comme pour les hommes, destruction progressive des centres de Protection Maternelle et Infantile, des crèches, 83% des emplois à temps partiels sont occupés par des femmes qui ne les ont pas choisis, les femmes représentent 57¨% des chômeurs non indemnisés, 60% des emplois aidés ou en CDD, 80% des salariés pauvres (en dessous du SMIC).

Dans le même temps, les femmes subissent des violences conjugales ( 20 000 femmes en France vivent dans la rue pour fuir un conjoint violent), des viols, des mariages forcés, des mutilations sexuelles. Le développement du chômage et de la misère entraînent la violence, la prostitution, le retour en force du machisme, de l'obscurantisme religieux dont les premières victimes sont toujours les femmes et les enfants.

Dans les pays où règne l'islamisme politique, c'est un véritable apartheid sexuel qui est imposé aux femmes qui sont interdites d'études, de travail, de droits élémentaires, dans ces pays la résistance des femmes rencontre la répression la plus barbare : lapidations, projections d'acide...

Cette journée a lieu cette année en France moins de deux mois avant les élections : le représentant direct de la bourgeoisie, Sarkozy, l'a annoncé, son élection (ou celle de Bayrou ou de LePen) signifierait des coups redoublés contre les salariés, les chômeurs, les immigrés.

Le combat pour les revendications des droits des femmes est inséparable du combat pour chasser les représentants des partis bourgeois et de l'organisation des travailleurs pour un gouvernement ouvrier.

En effet nous voulons :

  • un emploi stable à plein temps pour tous ceux et celles qui le souhaitent
  • la défense de l'IVG, de plus en plus mise en cause dans les hôpitaux publics
  • un service public de la petite enfance, le développement des crèches et leur gratuité.
  • le remboursement par la sécurité sociale de tous les moyens de contraception
  • le droit d'asile pour les femmes persécutées dans les pays sous la domination de l'islamisme politique en raison du seul fait d'être femme

    Le combat pour ces revendications est inséparable du combat de l'ensemble des travailleurs pour défendre leurs droits au travail, au logement, à des salaires décents, à la santé, aux études pour leurs enfants, à vivre où ils le souhaitent.

    Ce combat nécessite de s'attaquer au capitalisme, en France comme dans les pays où il a pris la forme d'états religieux pour mieux combattre les masses.

    Seule la prise du pouvoir par la classe ouvrière rendra aux femmes leurs droits, leur liberté, leur dignité.

    Signataires :
    CCI (T) – Comité Communiste Internationaliste (Trotskiste)
    PCOI-H – Parti Communiste Ouvrier d’Iran - Hekmatiste
    CLSRD – Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie