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04 décembre 2010

Israel and Palestine Solidarity Delegation

Une initiative intéressante pour l'unité des travailleurs contre l'oppression nationale : une délégation de jeunes de l'AWL en Israel-Palestine pendant quelques jours fin novembre- début décembre.

Voir Israel and Palestine Solidarity Delegation.

Au programme : rencontres avec des militants pour la paix en Israël, des syndicalistes palestiniens ou israeliens, des militants socialistes internationalistes, dans un village palestinien faisant face aux désagréments du mur de la honte dressé par les autorités israeliennes...

A notre avis, ce genre de liens est beaucoup plus positif que le boycott...

21 juin 2007

Sur les événements de Gaza

Bande de Gaza : que se passe-t-il ?

Chacun comprend que c'est encore une tragédie que subit la nation palestinienne arabe. Mais un épais rideau de fumée empêche généralement de saisir le fil réel des évènements.

A écouter les principaux médias, "ils se battent entre eux" : ce serait la guerre civile entre le Fatah -le parti historique de Yasser Arafat, nationaliste arabe, ayant passé avec Israël les accords d'Oslo qui lui avait confié le gouvernement de Gaza et de lambeaux de la Cisjordanie- et le Hamas -parti islamiste sunnite, vainqueur sans appel des élections de 2006 parce qu'il apparaissait au peuple palestinien comme moins compromis avec Israël.

A les écouter encore, une "république islamique" serait installée dés à présent à Gaza -un terme qui prête complètement à confusion car, si le programme du Hamas est bien un programme islamiste réactionnaire prétendant voiler les femmes, etc. -alors que celles-ci ne se voilent pas plus depuis qu'elles ont voté pour lui- ce n'est absolument pas un mouvement religieux qui a motivé la prise de contrôle armée de Gaza par le Hamas.

A y regarder de plus prés, en consultant les sites pro-palestiniens, l'on constate que beaucoup d'entre eux, sans approuver le programme islamiste du Hamas, le soutiennent contre le Fatah en estimant que la direction du Fatah est devenue le bras armé des Etats-Unis et d'Israël, chargé de faire régner l'ordre dans le bantoustan palestinien. Un chef policier du Fatah, Mohammed Dalhan, est souvent désigné comme apprenti dictateur spécialisé dans la contre-insurrection (voir le site du Grand Soir qui recense des articles bien documentés développant ce point de vue: http://www.legrandsoir.info/).

D'après cette analyse, la victoire du Hamas à Gaza serait donc due au soutien populaire contre les valets de l'impérialisme. Il serait possible, notons-le, qu'il en soit ainsi même sans cautionner la politique du Hamas et sans se faire d'illusion sur ses propres capacités "anti-impérialistes" à moyen terme.

Il faut cependant compléter ces données par une constatation qui relève tellement du bon sens ... que beaucoup "oublient" de la faire : si les Etats-Unis et Israël avaient voulu donner au Fatah les moyens en armes lourdes d'écraser le Hamas dans la bande de Gaza, celui-ci aurait été écrasé même avec un soutien populaire massif (dans ce cas, par un bain de sang). Il est donc clair qu'ils ont laissé le Hamas prendre le contrôle de Gaza et qu'une situation où il y a maintenant, de fait, deux "Entités palestiniennes" aussi inviables, instables et croupion l'une que l'autre -l'une placée sous la terreur des milices du Hamas à Gaza, l'autre sous la terreur des milices du Fatah en Cisjordanie- est une situation qui fait le jeu des Etats-Unis et de l'Etat d'Israël qui vient d'évacuer Ehoud Olmert de la tête de son exécutif ...

C'est évidemment là une situation dans laquelle les dirigeants nord-américains et israéliens jouent avec le feu. Ils n'en sont plus à éteindre les incendies, cela fait déjà des années qu'ils ne font qu'allumer contre-feu sur contre-feu : la source du chaos, c'est eux.

Si l'on comprend cela, l'on voit alors que ce "jeu avec le feu" connaît d'autres points d'application dans la région.

Ainsi au Liban, les groupes al-qaïdistes qui ont fourni à l'armée libanaise le prétexte pour intervenir dans plusieurs camps palestiniens ont été discrètement soutenus par des secteurs gouvernementaux pro-américains.

Ainsi en Irak, selon le New York Times du 11 juin, l'armée nord-américaine a entrepris d'équiper en armes lourdes, dans la province d'Anbar puis dans plusieurs quartiers de Bagdad, des groupes "insurgés" sunnites opposés à la fois à al-Qaïda et au gouvernement collaborateur à majorité chiite. Remarquable "Résistance" directement armée par l'occupant ... qui sait d'ailleurs qu'une partie des balles qu'il fournit sera tirée sur lui, mais il en est là. Par contre, le gouvernement irakien est incité à réprimer par la force les grèves des ouvriers du pétrole à Bassora, à utiliser contre eux les milices chiites de Moqtada Sader, ancien "insurgé" anti-américain lui aussi, pendant que les forces US ont mis à sac le siège du Congrès des Libertés en Irak (un mouvement laïque à base ouvrière) à Bagdad.

De quoi s'agit-il pour le gouvernement nord-américain et, à sa suite, pour le gouvernement israélien ? De reprendre l'initiative et la fuite en avant vers la "guerre sans fin" contre le terrorisme. Cette fuite en avant avait connu un coup d'arrêt, en 2006, suite à l'échec de l'agression israélienne contre le Liban. Ils ont besoin de poser des mines, susciter des affrontements, des contre-feux, partout en Palestine, au Liban et en Irak, et trouvent des factions pour ce faire. Contre-feux préventifs partout pour prévenir le soulèvement des peuples.
Décidément, c'est bien l'insurrection généralisée qui serait la solution la plus raisonnable et la plus économique en vies humaines pour tous les peuples -arabes, palestiniens, irakiens, kurdes, judéo-israélien, libanais, américain ...

Repris de la Lettre de Liaisons Numéro 219 du 17 juin 2007



30 mai 2007

Unison: boycott avant le boycott

L’exécutif du syndicat des services publics UNISON [0] a rejeté une proposition d’une instance appropriée du syndicat de donner de l’argent au site Web syndical international LabourStart, sur la base qu’une des personnes impliquées dans le fonctionnement de Labourstart est un « sioniste ».

Cela constitue une sorte de “boycott avant le boycott”, une application préemptive de la motion 54 pour la conférence de l’UNISON [1], qui propose un boycott de toutes les institutions israéliennes.

Labourstart fournit une source incomparable d’informations sur les lutes des travailleurs et sur les organisations de travailleurs à travers le monde, y compris dans les Territoires Occupés [2].

A la réunion de l’Exécutif, personne n’a fait d’objection sur la couverture médiatique réalisée par Labourstart. L’objection était dirigée contre l’éditeur fondateur du site, Eric Lee. Eric est maintenant l’un seulement parmi les 79 contributeurs à l’échelle internationale de Labourstart.

Mais – et cela était suffisant pour condamner le projet tout entier aux yeux de l’Exécutif – Eric est un sioniste. Il est et a été associé avec des partis sionistes de gauche en Israël, comme le Mapam et le Meretz.

Personne n’a proposé de se pencher sur les opinions des 78 autres contributeurs de Labourstart.

L’argument de base est que le syndicat ne peut pas apporter de soutien à des projets, quelque soit leur intérêt, si les gens qui les animent sont Juifs. Des partisans du « boycott » de Labourstart répondront que l’objection ne porte pas sur le fait que des gens comme Eric Lee soient Juifs mais qu’ils sont « sionistes ». Mais marquer ainsi au fer rouge des sionistes de gauche comme Eric, comme extérieur au cercle des personnes avec lesquelles on peut travailler, revient à « boycotter » presque tous les Juifs à travers le monde.




Source URL:
http://www.workersliberty.org/node/8555


29 août 2006

AWL : Comment unifier les prolétaires arabes et juifs

Présentation :
la publication de notre précédent billet intitulé "de droles de marxistes" a provoqué, ces drniers jours, sur le Forum des Amis de LO, des réactions de militants ahuris par les faits rapportés et d'autres présentant les camarades de l'AWL comme des "trotsko-sionistes". Afin de pouvoir donner à nos lecteurs la possibilité de juger de cette caractérisation, nous reproduisons un texte de l'AWL présentant leur position sur le conflit Israël/Palestine et l'orientation à développer pour unifier les travailleurs juifs et arabes dans la région.

Nous reviendrons ultérieurement sur certains points de ce texte.
La rédaction d'APS

Comment unifier les prolétaires arabes et juifs
Alliance for Workers Liberty

Pour les militants de la classe ouvrière, la question de la Palestine est déterminée par les principaux éléments suivants :

a) En 1948, des immigrés originaires d’Europe, d’Amérique et des pays arabes ont créé un nouvel État juif, Israël. Le noyau de ces immigrés était constitué par des réfugiés qui fuyaient l’antisémitisme européen, y compris par des hommes et des femmes qui avaient survécu au pire crime raciste commis jusqu’alors, le massacre hitlérien de six millions de Juifs.

L’État juif dépend fortement de subventions financières extérieures, et il joue aujourd’hui le rôle d’un État satellite de l’impérialisme américain, bien qu’il ait ses propres intérêts et des projets autonomes.

b) La majorité des Palestiniens ont été victimes de déplacements forcés. Une partie d’entre eux sont devenus des réfugiés et souvent des apatrides, en dehors de Palestine. Le reste est constitué par une minorité opprimée qui vit soit dans les frontières de l’État d’Israël avant 1967, soit sous occupation militaire israélienne en Cisjordanie et à Gaza.

c) Il existe un conflit national chronique entre le prolétariat juif israélien et le prolétariat arabe dans la région, ainsi qu’entre les travailleurs juifs et arabes en Israël et dans les Territoires occupés. Cet antagonisme paralyse la classe ouvrière dans toute la région depuis des dizaines d’années.

d) Notre tâche est d’expliquer et d’analyser ces différents facteurs, et nous demander quel programme les révolutionnaires doivent-ils proposer pour résoudre le conflit judéo-arabe en Palestine et dans la région.

Il faut rejeter la théorie des « bonnes » et des « mauvaises » nations Assimilant totalement le sionisme à l’impérialisme, la plus grande partie de l’extrême gauche considère le projet sioniste comme le fruit d’un « complot ». La condamnation absolue du « sionisme » et des « sionistes » implique que ces militants ne reconnaissent aucun droit aux « sionistes » en Palestine, sauf peut-être des droits individuels.

À une analyse de classe, ils substituent donc une analyse en termes de nation et de communauté. Certes, l’extrême gauche admet généralement que les classes dirigeantes arabes ont maintes et maintes fois massacré les Palestiniens et qu’elles les condamnent délibérément à être des pions sur l’échiquier politique du Moyen-Orient, mais elle tient également les États arabes pour des forces « progressistes ». L’extrême gauche considère souvent le conflit judéo-arabe comme partie prenante d’une lutte mondiale entre les camps « progressiste » et réactionnaire, entre le bien et le mal, et elle le réduit quasiment à un conflit entre les « bons » et les « méchants » peuples. À ce type d’analyse, nous opposons les principes marxistes fondamentaux. Les conflits de classes sont pour nous décisifs. Nous abordons toutes les questions des conflits nationaux et communautaires du point de vue de la lutte des classes et du programme prolétarien qui entend résoudre de tels conflits par la démocratie intégrale.

Une nation juive existe en Palestine

Les Arabes palestiniens sont cruellement opprimés, mais une nation juive existe en Palestine. Les Juifs israéliens ne sont pas une caste exploiteuse, comme les Blancs d’Afrique du Sud, mais une nation à part entière. La classe ouvrière israélienne est principalement juive. La plupart des Juifs israéliens habitent le pays parce qu’ils y sont nés. On ne peut leur nier ni leur droit de rester là-bas, ni leur droit de s’estimer une nation, ni le droit de cette nation à une existence nationale, c’est-à-dire à un territoire national. Nous soutenons la lutte des Arabes palestiniens contre l’oppression et contre tout déplacement de population, mais nous nous opposons à toute atteinte, implicite ou explicite, aux droits des Juifs. Nous préconisons des compensations financières pour les Palestiniens, la division des territoires que se disputent les protagonistes du conflit, et la conciliation entre les deux peuples. Nous soutenons la création immédiate d’un État arabe palestinien aux côtés d’un État juif-israélien (une version modifiée d’Israël). Nous appelons à mettre fin à toute discrimination contre les Arabes vivant sous autorité israélienne. Nous exigeons l’égalité totale des droits civiques pour les Arabes palestiniens d’Israël et soutenons le droit pour les régions à majorité arabe en Israël de faire sécession.

Les militants révolutionnaires doivent aborder la question des deux points de vue en même temps, et fusionner ces deux perspectives en une seule. Nous luttons contre le chauvinisme et l’exclusivisme national partout, que ce soit en Grande-Bretagne, en Irlande du Nord, ou en Palestine ; or, les Juifs israéliens sont effectivement chauvins et veulent bénéficier de droits exclusifs en Palestine. Nous soutenons donc tous ceux qui, en Israël, en Cisjordanie et à Gaza, luttent pour l’égalité entre Arabes et Juifs. Mais les droits des Juifs en Palestine ne peuvent être soumis à aucune condition préalable : on ne peut leur demander notamment de se débarrasser immédiatement de tout chauvinisme et de tout exclusivisme national. Les Juifs ont droit à une portion de territoire national en Palestine parce qu’ils y habitent et que la majorité d’entre eux y sont nés. Leurs droits ne peuvent dépendre de leur conduite dans ce territoire. De même que toute nation a le droit d’exister, quelles que soient les politiques racistes ou discriminatoires de son gouvernement.

Nous affirmons le droit à l’autodétermination des Juifs israéliens ; nous soutenons ceux qui, en Israël, luttent contre le chauvinisme et l’exclusivisme et pour l’égalité totale des droits des citoyens juifs et arabes ; nous souhaitons que le maximum de biens et de terres soient restitués aux Arabes palestiniens, à condition que ne soient pas niés les droits des Juifs, c’est-à-dire nous soutenons leur droit à jouir d’un État palestinien indépendant. Tous ces éléments doivent être intégrés dans un point de vue cohérent, socialiste et prolétarien.

La formule d’une Palestine unie, démocratique et laïque ne marche pas

1. Nous sommes généralement pour les Palestiniens opprimés contre l’État oppresseur : Israël. Nous souhaitons une solution qui donne aux Arabes palestiniens et aux Juifs israéliens le droit à une vie nationale.

2. La proposition (avancée dans les années soixante par l’OLP et largement reprise par l’extrême gauche) d’unifier les deux nations palestiniennes, les Arabes et les Juifs, dans un État unique, laïc et démocratique, est malheureusement utopique. Une telle fédération est impossible dans l’immédiat.

3. On ne peut pas escamoter les problèmes posés par l’identité nationale, et encore moins par l’oppression nationale et les conflits nationaux. On ne peut fusionner, de façon administrative, deux nations hostiles. Là où règne l’oppression nationale, l’exigence d’ « oublier les différences nationales » est généralement une façon déguisée pour l’oppresseur de faire valoir sa volonté. Dans un futur proche, une Palestine unie qui se créerait sans intervention extérieure serait un État dans lequel les Juifs israéliens opprimeraient les Arabes palestiniens : en clair, un Grand Israël. Inversement, les amis des Palestiniens qui proposent une « Palestine laïque et démocratique » souhaitent en réalité que les États arabes conquièrent les territoires où habitent actuellement les Juifs israéliens. Quelle que soit la sincérité des partisans de ce slogan mis en avant par la propagande nationaliste arabe, sa mise en œuvre ne représenterait pas une solution démocratique. Elle n’aboutirait, au mieux, qu’à inverser la situation actuelle, à transformer les Juifs israéliens d’oppresseurs en opprimés.

La revendication d’une « Palestine laïque et démocratique » ne répond pas au problème national immédiat. Elle représente une perspective souhaitable, dans un avenir forcément lointain, lorsque la question nationale aura commencé à disparaître, car elle aura été résolue par d’autres moyens, quand les préjugés nationaux et les identités nationales auront commencé à disparaître définitivement.

En ce qui concerne l’oppression dont sont actuellement victimes les Palestiniens, ce slogan ne leur propose aucune perspective progressiste. Dans sa version utopique, il leur demande de rejeter tous leurs préjugés nationaux, et ensuite de convaincre leurs oppresseurs de faire la même chose.

Dans sa version nationaliste arabe, il leur propose, en termes codés, d’attendre l’élimination des Juifs israéliens par les États arabes. La Cisjordanie, la Bande de Gaza et les Arabes en Israël

4. Dans l’immédiat, nous exigeons la création d’un État palestinien indépendant en Cisjordanie et à Gaza, en conformité avec le droit à l’autodétermination du peuple de ces territoires.

5. Un « mini-État » en Cisjordanie et à Gaza pourrait certes alléger un peu la situation, mais le conflit national entre les Arabes palestiniens et les Juifs israéliens perdurerait. La solution définitive de ce conflit exige un programme de bien plus grande envergure.

Pour un territoire national abritant quatre millions et demi de Palestiniens, la grandeur et les ressources de ces zones situées aux marges de l’État israélien sont très limitées. Elles ne peuvent offrir aux Palestiniens une patrie aux dimensions suffisantes.

6. En même temps, 600 à 700 000 Arabes continueraient à vivre sous la férule de l’État israélien. Les Arabes israéliens estiment - avec raison - qu’ils appartiennent à la nation arabe palestinienne. Ils pensent qu’ils ont des droits dans les zones où ils habitent (et ont habité depuis des siècles), et que le territoire d’Israël ne peut être la propriété exclusive des Juifs. La question des Arabes israéliens n’est pas une question séparée qui ne concernerait qu’une « minorité » ; elle fait partie intégrante du conflit judéo-arabe global. Les zones majoritairement arabes d’Israël doivent donc pouvoir se séparer d’Israël et se joindre à un État arabe palestinien.

Plus d’un million de Palestiniens vivent en Jordanie, où ils forment au moins la moitié de la population. Ils sont soumis à l’autorité d’une monarchie artificiellement créée par l’impérialisme britannique, puis soutenue militairement et financièrement par la Grande-Bretagne, les États-Unis et les pétro-monarchies. Nous prônons le renversement de la monarchie jordanienne et la création d’une fédération, ou bien la fusion, entre le mini-État palestinien et une Jordanie démocratique.


Une fédération socialiste

7. S’il est possible de l’instaurer, une relation fédérale (forcément symbolique au départ) entre un État arabe palestinien et un Israël modifié - ou une fédération plus large - fondée sur des accords garantissant les droits de la minorité et des travailleurs arabes en Israël, serait une meilleure solution qu’un repartage complet.

a) Actuellement, les deux nations sont fortement entremêlées. Beaucoup d’Arabes vivent en Israël, et de nombreux habitants de Cisjordanie et de Gaza travaillent en Israël. L’intégration complète des deux nations n’est pas possible à court terme, à cause de l’hostilité entre les deux nations. Pourtant nous devons essayer de réduire au minimum la période de séparation.

b) Économiquement, nous préférerions évidemment une unité plus grande entre les deux nations. L’isolement économique actuel d’Israël par rapport aux pays voisins est irrationnel d’un point de vue économique. Il conduit Israël à dépendre politiquement des États-Unis, etc. De façon plus générale, la division du Moyen-Orient en plusieurs États-nations, surtout de petite taille, intensifie l’étroitesse nationale et communautaire, le sous-développement économique et les risques de manipulation impérialiste. Un État combinant la Cisjordanie et Gaza, voire un État unifiant la Cisjordanie et la Bande de Gaza avec la Jordanie (où la moitié de la population est d’origine palestinienne), serait économiquement très faible et donc forcément dépendant d’États comme Israël (principal employeur des travailleurs de la Cisjordanie et de Gaza) ou l’Arabie Saoudite (patron de l’État jordanien actuel). Nous sommes favorables à une fédération socialiste du Moyen-Orient qui garantira l’autodétermination à toutes les minorités nationales (Juifs israéliens, Kurdes, etc.). Mais cela ne doit pas nous empêcher de soutenir la création de fédérations plus petites, comme dans le cas de la Palestine.


Sionisme et antisémitisme

Le sionisme historique, de 1897 (début du mouvement sioniste en Europe) à 1948 (création de l’État d’Israël) n’a absolument pas pris en compte les conséquences de la création d’un État juif pour le peuple arabe palestinien qui habitait déjà sur les territoires choisis pour fonder l’État juif. Ces conséquences se sont révélées catastrophiques. Pourtant, ni le sionisme historique ni le sionisme d’aujourd’hui (l’attachement des Juifs pour Israël, quelle que soit la forme qu’il prenne) ne peuvent être identifiés au racisme. L’État d’Israël est un État qui mène une politique raciste et s’est fondé sur des institutions racistes. Mais il n’est pas le produit, ni hier ni aujourd’hui, d’un complot raciste ; il résulte plutôt des efforts du peuple juif opprimé pour se défendre par des moyens nationalistes dans le monde de l’Holocauste, de l’impérialisme, de la guerre et des conflits nationaux.

On ne peut pas non plus tracer un trait d’égalité entre sionisme et impérialisme. Les sionistes ont créé l’État d’Israêl pour des raisons qui leur étaient propres (et parfaitement compréhensibles après l’Holocauste), et grâce à leurs propres efforts.

Ils se sont alliés à l’impérialisme britannique pendant une époque, mais l’ont ensuite combattu ; ils sont aujourd’hui les alliés des États-Unis, mais à l’époque de la guerre de 1948 c’est l’URSS, par l’intermédiaire de la Tchécoslovaquie, qui leur a fourni des armes. Certains groupes d’extrême gauche, en Grande-Bretagne, ont proposé d’ « interdire les organisations sionistes » (ou d’instaurer un embargo contre Israël), mais cela reviendrait à interdire le nationalisme spontané des masses juives - et ce serait donc une position antijuive. Au nationalisme juif israélien nous opposons l’internationalisme, au sectarisme religieux et à l’idéologie de la suprématie juive en Israël (ou dans tout autre État juif qui pourrait apparaître à la suite d’un repartage) nous opposons la démocratie. En Israël (aujourd’hui comme demain) nous défendons :

- l’égalité totale des droits individuels pour tous et le respect des droits de la minorité nationale arabe,
- l’emploi sans restriction des travailleurs arabes dans toutes les grandes industries,
- la cessation de l’alliance avec l’impérialisme américain et de la fourniture d’armes à l’Afrique du Sud, aux dictatures d’Amérique centrale, etc.
- la séparation entre la religion et l’État,
- la suppression des aspects spécifiquement « sionistes » de l’État, notamment la dissolution des organisations quasi étatiques comme l’Agence Juive et le Fonds National Juif, qui fournissent des fonds et des services exclusivement aux Juifs,
- la création d’un mouvement ouvrier indépendant à la fois de l’État et du patronat.

Le « droit au retour » des Palestiniens

Nous demandons que les États-Unis et Israël versent des compensations aux réfugiés pour assurer l’installation des Arabes palestiniens dans leur futur État. Il est aujourd’hui impossible que les Arabes palestiniens récupèrent la totalité de la Palestine sans réprimer le peuple juif. Et les droits nationaux des Juifs israéliens ne peuvent dépendre ni de la disparition de l’idéologie « sioniste » chez les Juifs, ni de leur acceptation d’un retour de tous les Arabes palestiniens dans toute la Palestine. Cependant, en Israël nous sommes favorables à des lois sur l’immigration permettant aux Arabes d’entrer et sortir librement d’Israël, ou d’aller y habiter s’ils le veulent. L’établissement de conditions d’entrée très souples pour les Arabes serait une contribution essentielle à la réconciliation nationale et à l’unité des travailleurs.

c) Nous expliquons aux Juifs israéliens qu’une nation qui en opprime une autre ne peut être libre ni vivre en sécurité. Si les Juifs israéliens veulent jouir de la paix, de la liberté et de la sécurité, ils ne pourront y parvenir qu’en ayant une attitude démocratique face aux peuples arabes.

De même nous expliquons aux Arabes palestiniens que toute solution qui aboutirait à réprimer les Juifs israéliens serait régressive et réactionnaire.

Israël et les États arabes

8. Bien que les États arabes aient été victimes d’attaques prédatrices de la part d’Israël, ce sont des États bourgeois ou bourgeois-féodaux et ils ont des ambitions expansionnistes et prédatrices. Ils ont cruellement opprimé et massacré les Arabes palestiniens plus d’une fois. Bien que nous nous rangions parfois aux côtés des États arabes lorsqu’ils sont attaqués par Israël, nous ne soutenons pas la destruction d’Israël par les forces militaires des États arabes.

Alliance for Workers Liberty


Traduction réalisée par Sans Patrie Nie Frontière
(
http://mondialisme.org/)

25 juillet 2006

5000 manifestants à Tel-Aviv contre la guerre

Source : http://zope.gush-shalom.org/home/en

Le mouvement pacifiste israélien Gush Shalom annonce :

« Ils sont venus de tout le pays, Juifs et Arabes, des abris anti-aériens de Haifa et de Nazareth comme des banlieues encore sures de la métropole de Tel-Aviv. La troisième manifestation contre la guerre au Liban a attiré un nombre plus grand que les premières. Tandis que la première a compté 100 participants, et que la seconde a atteint environ 1000, cette fois –ci ( 22 juillet 2006) quelques 5000 ont défilé »

Lire le récit complet et voir les photos ici

22 juillet 2006

la Palestine aux côtés d’Israël ! Israël Hors des Territoires Occupés !

Comité pour 2 Etats : la Palestine aux côtés d’Israël
Israël Hors des Territoires Occupés !


Nous appelons les syndicalistes et autres militants à soutenir l’appel ci-dessous, à travailler avec le Comité pour 2 Etats, et à faire entendre la revendication de « Deux Etats : Israël hors des Territoires Occupés ! » au sein de vos propres organisations.

S’il vous plait : signer cette déclaration et rejoignez le Comité pour 2 Etats. Faites signer cette déclaration et retournez les signatures au Comité pour 2 Etats à l’adresse : PO Box 823, London SE15 4NA.
Tel : 07950 978083. Web : www.links-not-boycott.org.uk.

• Nous dénonçons à la brutalité de l’occupation israélienne dans les Territoires occupés.

• Nous nous opposons à la destruction de la vie économique et politique dans les Territoires occupés.

• Nous voulons le retrait immédiat de l’Etat israélien des Territoires occupés.

• Nous sommes opposés au ciblage et au meurtre de citoyens israéliens innocents par des militants palestiniens.

• Nous sommes opposés aux commandos-suicides islamistes qui se tuent en tuant des civils juifs, nous nous opposons politiquement au Hamas et au Djihad Islamique qui ne combattent pas seulement l’occupation israélienne mais qui visent la destruction d’Israël et l’instauration d’un état théocratique.

• Nous nous prononçons en faveur d’un Etat palestinien complètement indépendant sur la Rive Ouest, à Gaza et à Jérusalem Est, aux côtés d’Israël.

• Nous sommes en faveur d’un traitement généreux d’Israël envers les réfugiés palestiniens, basé sur un accord commun et un compromis entre les deux peuples.

• Nous sommes contre la vision communément répandue dans la gauche britannique qui tente de présenter comme un argument « raisonnable » la destruction d’Israël par la création d’un seul « Etat démocratique et laïque » (en fait arabe).

• Un tel Etat ne peut être créé que par la soumission forcée des Juifs israéliens. Ce qui n’est ni souhaitable, ni raisonnable.

• Un futur commun de ces nations, au sein d’une future fédération démocratique de toute la région, est à désirer. Mais de telles relations ne peuvent s’établir qu’au moyen d’un accord volontaire des peuples concernés. C’est à dire sur la base de la reconnaissance que tous les peuples ont droit à leur propre Etat et le droit de ne pas être incorporé de force dans un autre Etat.

• Nous sommes en faveur de deux Etats pour ces deux peuples car c’est la solution la meilleure et la plus équitable, la solution la plus démocratique possible. C’est le seul compromis concevable pouvant mener à la fin du conflit entre les Juifs israéliens et les Arabes palestiniens.

• Nous sommes pour la paix, la réconciliation et le compromis. Nous sommes contre le chauvinisme et la bigoterie.

• Nous sommes contre l’antisémitisme et la haine anti-musulmane. Rejoignez le Comité et aidez-nous !


Comité pour 2 Etats : www.links-not-boycott.org.uk.


Nom :
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Adresse :
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Syndicat /0rganisation :
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Email .............................................................

Téléphone : ...................................................

WAC : Arrêtez cette guerre destructrice !

Arrêtez cette guerre destructrice !
Ce sont les travailleurs de chaque côté qui en paient le prix !
Une déclaration du Centre de soutien aux travailleurs en Israël.

Une déclaration du Centre de soutien aux travailleurs (WAC, Workers Advice Center) en Israël sur l’attaque israélienne au Liban.

Depuis le 12 juillet, Israël mène une guerre meurtrière et disproportionnée au Liban. Il a tué des centaines de civils innocents, dont des familles entières. Il a détruit la plupart des infrastructures au sud du Liban, créant un désastre humanitaire. Ceux qui souffrent le plus de cette situation sont les travailleurs et les pauvres. En même temps, les IDF (Forces de Défense Israéliennes) continuent de matraquer Gaza, tuant ici aussi des civils innocents. Le but au-delà de toutes ces destructions est de restaurer un pouvoir de dissuasion pour ce pays. Il a besoin de ce pouvoir afin de pouvoir continuer à se comporter de manière unilatérale, sans concessions vis-à-vis des Palestiniens ou des Syriens.

Mais dans la guerre présente, Israël aussi a souffert de pertes civiles, des morts et des blessés, parmi le demi million d’habitants qui vit dans les localités juives ou arabes du nord. Les travailleurs de tous les camps de ce conflit n’ont rien à gagner à cette guerre, qu’elle qu’en soit l’issue.

Concernant les milices palestiniennes et libanaises, le WAC, qui représente les travailleurs progressistes arabes et juifs en Israël, ne voit aucune justification à leurs actions militaires, qu’elles ont entrepris sans consulter leur peuple, et qui donnent à Israël le prétexte tant désiré pour une démonstration de force tout en exploitant les divisions au sein du camp arabe.

Nous sommes inquiets de la passivité manifestée par la communauté internationale qui accepte l’usage inconsidéré de la force par les IDF. Nous appelons les partis et les organisations des travailleurs dont les syndicats du monde entier, à exiger un cessez-le-feu et le retrait des forces israéliennes en deçà de la frontière internationale.

Israël justifie ses destructions massives en arguant qu’il a été attaqué en premier. Mais s’il était vraiment intéressé par la paix, il aurait pu arriver à un traité depuis des années avec la Syrie, avec le Liban et, plus important encore, avec le peuple palestinien. Tout ce dont il avait besoin aurait été de se retirer des zones qu’il a conquises en 1967 et de reconnaître les droits légitimes de ces peuples.

Sans un tel retrait israélien, il n’y aura ni paix, ni stabilité. Il est temps d’arrêter les combats et de commencer les négociations sur la base de principes qui garantissent l’indépendance et le développement pour tous les peuples de la région.

Visitez le site www.workersadvicecenter.org

AWL : Arrêtez l'assaut israélien contre Gaza et le Liban !

Israël hors des territoires occupés ! Deux nations, deux Etats ! Laissez les Palestiniens avoir leur propre État indépendant aux côtés d’Israël !

Une fois encore, des actions de guérilla, provocatrices et insensées, à petite échelle, par les milices du Hamas et du Hezbollah contre Israël, ont déclenché une réponse énormément disproportionnée. A Gaza et au Liban, Israël a déployé des attaques militaires brutales entraînant des pertes civiles considérables.

Le gouvernement israélien agit comme s’il voulait rendre impossible tout règlement négocié. Il espère obtenir par la force ce qu’il ne pourrait obtenir par des négociations : l’annexion d’une partie non négligeable du territoire qu’il a conquis lors de la guerre provoquée par l’Égypte et d’autres pays en 1967 et la réduction de tout futur État palestinien à une collection de territoires morcelés.

Le gouvernement israélien tente d’exploiter l’opportunité qui lui a été donnée par la victoire du Hamas lors des élections palestiniennes. L’escalade israélienne a commencé peu après que le Hamas ai à moitié reconnu Israël, faisant marche arrière face à la proposition du président palestinien Mahmoud Abbas de tenir un référendum dans les territoires occupés sur la reconnaissance d’Israël et pour une politique de « Deux États ». Est-ce que le gouvernement israélien craignait que le succès d’Abbas le mette sous pression pour négocier?

Le gouvernement israélien veut agir unilatéralement pour réduire tout « État palestinien » à une série de bouts de territoires entourés par des positions militaires israéliennes – pour rendre impossible un État palestinien indépendant. Inversement, le Hamas ne pouvait que se douter de la réaction qu’il provoquerait par la capture d’un soldat israélien. Mais le Hamas préfère jouer avec la vie des Palestiniens plutôt que de poursuivre la réalisation d’un État palestinien. Pourquoi? Parce que le but explicite à long terme du Hamas est de détruire Israël et d’établir un État islamique gouverné par la loi de la Sharia. Ce but réactionnaire et absurde, s’il est réalisé grace à un pouvoir suffisant, signifierait le génocide des Juifs israéliens.

Le Hezbollah, le mouvement islamiste au Liban, est venu appuyer les purs et durs du Hamas en kidnappant des soldats israéliens. Une fois encore le gouvernement israélien a répondu avec un assaut extrêmement disproportionné contre le Liban, avec des pertes civiles nombreuses et considérables parmi la population libanaise en général.

Les victimes de cette offensive ont été jusqu’à maintenant le peuple du Liban et de Gaza, la classe ouvrière israélienne et la population de la Cisjordanie occupée qui voit le risque accru d’un dépeçage israélien imposé sur son territoire.

La Syrie et l’Iran ont battu les tambours en appui au Hezbollah et se sont révélés eux-mêmes comme les impérialistes régionaux qu’ils sont. Mais ici le pouvoir décisif de détruire, ou de préserver, les possibilités de paix est entre les mains du gouvernement israélien.

Nous appuyons le mouvement pour la paix en Israël et ses manifestations contre cette nouvelle guerre. Nous appuyons les forces laïques et démocratiques dans les territoires occupés et au Liban qui résistent aux attaques israéliennes au nom d’un règlement qui garantirait à chaque nation dans la région – les Arabes palestiniens comme les Juifs israéliens – le droit à l’autodétermination dans la paix.


  • Pour la fin des attaques contre Gaza et le Liban !
  • Non à la réoccupation du Sud Liban !
  • Pour un État palestinien libre et indépendant aux côtés d’Israël !

Alliance for Workers'Liberty, 21 juillet 2006