27 avril 2007

BARRONS LA ROUTE A SARKOZY !

Après les résultats du 1er tour, rien n’est encore joué.

Aucune voix de bourgeois, aucune voix de patron ne va manquer pour faire élire le candidat Sarkozy, pour porter les coups les plus durs aux salariés, à la jeunesse, aux chômeurs, aux immigrés. Aucune de leur voix ne va manquer pour organiser le renforcement de la police et la restriction des libertés publiques en vue de l’affrontement contre la classe ouvrière.

En face, aucune voix de salarié, de jeune, de tous ceux que la crise du capitalisme entraîne dans la misère ne doit manquer pour barrer la route à Sarkozy.

Pour cela, tous les partis se réclamant du mouvement ouvrier, tous les syndicats, toutes les organisations défendant les droits et libertés publiques doivent appeler clairement, sans hésitation et dans l’unité à la mobilisation générale et au vote pour la candidate du Parti Socialiste.

Ce n’est pas en passant des accords avec l’UDF, en donnant des garanties à la bourgeoisie, mais en dressant le front uni de tous les travailleurs, de toute la jeunesse, avec leurs organisations, que l’on pourra l’emporter.

Malgré l’orientation et malgré le programme défendus par Ségolène Royal, battre Sarkozy signifiera le rejet clair et net de la politique de la bourgeoisie par la classe ouvrière et la jeunesse.

Battre Sarkozy signifiera la volonté de la classe ouvrière, de la jeunesse et de larges couches de la population d'arrêter les attaques et d'obtenir satisfaction sur toutes les revendications.

Parce qu'aucune de ces revendications ne pourra être durablement satisfaite, aucun problème ne sera réglé tant que toute la société sera gérée dans l'intérêt d'une minorité amassant les profits capitalistes contre l'intérêt de la majorité, satisfaire ces revendications exige de s’attaquer au capitalisme qui nous conduit à la misère.

Seul un gouvernement qui représente réellement la classe ouvrière pourra le faire, contrôlé et appuyé par la mobilisation des travailleurs et des jeunes.

POUR UN PROGRAMME DE DEFENSE DES TRAVAILLEURS ET DE LA JEUNESSE !
POUR UN GOUVERNEMENT QUI S’ATTAQUE AU CAPITALISME !

TOUS DANS LA RUE LE 1ER MAI :
A BAS SARKOZY !


Comité Communiste Internationaliste (trotskiste)

Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie

Le Militant

Le 26 avril 2007

25 avril 2007

A bas Sarkozy !

Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaurès.

A BAS SARKOZY !
Brève analyse et perspectives après le vote du 22 avril.

LA PARTICIPATION.
Ce dimanche 22 avril, les différentes classes et couches sociales ayant le droit de vote en France se sont toutes fortement mobilisées, engendrant le taux de participation le plus élevé de l'histoire de la V° République.

Celui-ci est pour partie du à la mobilisation de la classe ouvrière (les salariés, actifs, chômeurs, retraités) et des jeunes qui se sont inscrits sur les listes électorales après les émeutes des banlieues de l'automne 2005 et le mouvement contre le CPE du printemps 2006. Mais il est aussi causé par la mobilisation du ban et de l'arrière-ban de l'électorat bourgeois et de l'électorat populaire de la droite, de l'extrême-droite et du "centre".

DEUX VOIES ...
Toutes les classes, toutes les couches de la population, sentent que les enchères montent, que les enjeux sont lourds, qu'il va falloir trancher, en France, dans un sens ou dans l'autre :

- dans le sens des intérêts de la majorité, le sens de la démocratie, abrogeant les lois antisociales des dernières décennies : cette direction a été indiquée par les grèves de 2003, par les élections de 2004, par la victoire du Non à la constitution capitaliste européenne en 2005, par le mouvement contre le CPE en 2006 : s'y engager signifierait rompre avec le capitalisme. C'est la voie de l'intérêt réel de la majorité, la voie du réalisme et de la vraie rupture !

- ou alors on va dans le sens des besoins de l'ordre capitaliste existant, en brisant le Code du travail par le contrat précaire et le licenciement tout au long de la vie, brisant ce qui demeure debout des régimes de retraites par répartition, de la fonction publique et des services publics, maniant la matraque, l'expulsion et le racisme pour constituer des couches surexploitées et effrayer les autres couches de salariés.

... MAIS UNE SEULE CLAIREMENT FORMULEE : CELLE DU CAPITAL, CELLE DE LA DROITE.
La seconde voie, à "droite", la voie de Bush et de Thatcher, a été clairement indiquée par Nicolas Sarkozy, donnant ainsi une perspective à sa classe, la classe capitaliste, malgré une grande inquiétude dans ses propres rangs sur les risques d'affrontement au cas où il serait élu, inquiétude qui a initialement nourri la candidature de F. Bayrou.

Par contre, à "gauche" la première voie, celle de l'issue pour la majorité, allant vers un gouvernement qui représente réellement celle-ci, n'a pas été dessinée ni par S. Royal, candidate investie par le Parti socialiste mais sur une orientation d'union nationale proche de celle de F. Bayrou, ni par les autres candidats de la LCR, du PCF, de LO, de la Gauche antilibérale ou du PT.

Dans ces conditions, la confusion entretenue a favorisé un transfert de voix vers F. Bayrou de secteurs de l'électorat du PS et même de la "gauche de la gauche". Ces électeurs plongés dans la confusion peuvent constater qu'ils ont involontairement fait le jeu de N. Sarkozy qu'ils croyait contrecarrer : en effet, la faiblesse du total "gauche" apparaît comme le principal facteur susceptible de faire gagner celui-ci (précisons que nous ne confondons naturellement pas ces électeurs qui ont été, en somme, trompés, avec les dirigeants tels que Rocard, Kouchner et compagnie qui recherchent sciemment la coalition PS-Verts-UDF).

LA VOIE DE LA VICTOIRE EST TRACEE MALGRE TOUT !
Néanmoins, le fait majeur pour la classe ouvrière, pour l'électorat populaire, pour l'électorat "de gauche", est sa capacité de résistance et de contre-attaque qui s'est manifestée malgré tout avec puissance dans les conditions politiques défavorables de ce premier tour.

En effet, le vote Royal ne correspond pas, ni sociologiquement ni politiquement, à ce que recherchaient à l'origine les promoteurs de sa candidature : ce fut un vote "ouvrier" clair et net, contre Sarkozy, contre Le Pen, contre Bayrou. Alors qu'elle perdait les voix des "bobos" dont l' "opinion" dans les sondage avait servi à la faire investir par le PS, un regroupement de classe s'opérait qui seul lui a permis et d'être au second tour et de réaliser un score conséquent à plus de 25 % :
- celui de l'électorat socialiste traditionnel, composé de travailleurs, de fonctionnaires, d'enseignants, de retraités ...
- celui d'électeurs qui auraient bien aimé pouvoir voter "plus à gauche" mais qui, devant le danger Sarkozy et aussi le danger Bayrou, ont voté Royal dés le 1° tour,
- et celui des jeunes et des familles issues de l'immigration, à Argenteuil, dans le 18°, à Clichy, dans le 93 ... qui considèrent que voter Royal c'est se défendre contre la brute qui veut matraquer leurs enfants et expulser leurs parents et amis.

A ce mouvement, à ce regroupement, s'ajoute le vote d'une partie de la jeunesse pour Olivier Besancenot dont le score, en nombre de voix, dépasse nettement celui de 2002.

La voie de la victoire est ainsi dessinée par le comportement du coeur de la classe ouvrière, de la jeunesse anti-CPE, de l'électorat de gauche.

LA VICTOIRE EST POSSIBLE, EN AVANT !
La victoire contre Sarkozy est naturellement nécessaire : Sarkozy tentera de briser le salariat, de précariser totalement la jeunesse, de rétablir pleinement le régime de la V° République. Sans soutenir le programme de Royal, tous les travailleurs qui savent où est leur intérêt doivent élargir le début de regroupement opéré au 1° tour. Au lieu de se rapprocher de Bayrou, comme S.Royal semble essayer de le faire, la voie de la victoire est celle de la confrontation claire et nette, classe contre classe, "gauche" contre "droite". Les électeurs "de gauche" qui ont voté Bayrou au 1° tour, mais aussi d'autres électeurs du même Bayrou et des électeurs de Le Pen, notamment parmi les ouvriers et employés des petites entreprises et les travailleurs indépendants, agriculteurs et petits commerçants, rejoindront ce regroupement si et seulement si ils sentent une force montante.

PAS DE MAIN TENDUE AU CENTRE, PAS DE GRANDE COALITION AVEC LA DEMOCRATIE-CHRETIENNE !

La voie de la victoire c'est la voie du combat social : que le 1° mai soit une journée anti-Sarkozy, que les organisations syndicales prennent leur responsabilité en indiquant clairement qui il faut battre : ils nous ont bien dit de voter Chirac en 2002, alors qu'ils s'engagent contre Sarkozy cette fois-ci, explicitement, et il sera battu.

A BAS SARKOZY !
Déclaration du 24 avril 2007.

Retrouvez la Lettre de Liaisons et nos publications sur : http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/index.html

Paris : appel à la grande marche de l'amitié...

CONTRE SARKOZY, CONTRE LA GUERRE ENVERS LES ETRANGERS, LES JEUNES ET LES HABITANTS DES QUARTIERS POPULAIRES

TOUS A LA GRANDE MARCHE POUR L’AMITIE AVEC LES ETRANGERS ET LES GENS DES CITES


Paris - Samedi 28 avril 2007 à 15 h métro Belleville

Voir le tract d'appel de l'Association d'Entraide Populaire

Déclaration du 20 avril 2007 du CLSRD

Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie.


A tous les travailleurs, actifs, en formation, au chômage ou à la retraite,

le 22 avril, VOTEZ pour les candidats soutenus par les partis et organisations issus du mouvement ouvrier (Royal, Laguiller, Besancenot, Buffet, Bové, Schivardi).


Nous le savons : aucune de ces candidatures n'est pleinement satisfaisante par les perspectives qu'elle offre et par son programme. Toutes se situent peu ou prou dans le cadre imposé par la V° République qui est toujours le plus malfaisant à l'occasion des élections présidentielles, antidémocratiques par nature.

Mais nous le savons aussi : NOUS SOMMES LA MAJORITE à rejeter massivement la politique des Chirac, du MEDEF, de Sarkozy, de Bayrou, de Le Pen (candidat tout aussi institutionnel que Sarkozy et Bayrou) et NOUS L'AVONS PROUVE :

- par les grèves de 2003,

- par notre vote, déjà, en 2004,

- par le Non à Chirac et à la constitution capitaliste "européenne" en 2005,

- par le mouvement contre le CPE dont nous imposions à Chirac la non-mise en oeuvre voici un an exactement.

Au moyen de l'orientation d'union nationale "gagnant-gagnant" que cherche à imposer Ségolène Royal et de la division des candidatures situées à sa gauche, on veut nous convaincre que nous serions en minorité, que nous serions battus, que nous n'aurions plus qu'à voter tout de suite pour la droite et le patronat en votant Bayrou, etc. Depuis des semaines, cette tentative d'intoxication est à l'oeuvre pour essayer de transformer le souhait du patronat et des médias en réalité ce 22 avril.

Les ouvriers de Citroën à Aulnay qui ont fait grève pendant deux mois pour une hausse de salaires de 300 euros pour tous, les caissières des supermarchés qui vomissent le temps partiel imposé avec des salaires partiels eux aussi, les femmes, les jeunes et les hommes issus de l'immigration dans la classe ouvrière en ont assez du racisme policier et des expulsions, les professeurs qui veulent le retrait des lois et décrets du gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy et le rétablissement des postes supprimés, savent où est leur intérêt :

balayer la droite, toute la droite, tous les candidats du patronat, de la réaction et de la discrimination.

Donc, ce 22 avril, deux objectifs :

1) faire que Ségolène Royal, en tant que candidate présentée par le Parti socialiste et malgré l'orientation qu'elle a cherché à développer tout au long de la campagne, soit au second tour, forte d'un bon score battant Sarkozy, Le Pen et Bayrou dés le 1° tour !

2) faire que le total des voix des candidats présentés par des partis ou organisations issus du mouvement ouvrier fasse mentir les sondages et dépasse le total des voix des candidats que le patronat veut voir en tête.

Ces deux objectifs ne se contredisent pas à partir du moment où les travailleurs, la jeunesse des cités et des quartiers pauvres, la jeunesse qui a manifesté il y a un an contre le CPE, la population laborieuse, vont massivement voter !

C'est au contraire dans le même mouvement que nous placeront Ségolène Royal en tête et Sarkozy-Le Pen-Bayrou-De Villiers en minorité, de façon à écraser l'ennemi Sarkozy, l'homme du licenciement tout au long de la vie, l'homme de la chasse au faciès, l'homme de la pédophilie héréditaire et génétique, le 6 mai, puis à balayer l'assemblée UMP-UDF en juin et engager le combat pour notre programme à nous, nos revendications, à commencer par :

- l'abrogation de toutes les lois anti-sociales de la droite et celles qui lui ont frayé la voie,

- la hausse générale des salaires, l'arrêt des licenciements et le rétablissement des postes supprimés dans la fonction publique,

- la régularisation de tous les sans-papiers.


22 avril 2007

Une introduction à Max Shachtman

Max Shachtman a été l’un des deux plus éminents porte-parole et représentants du mouvement trotskiste aux Etats Unis de la fin des années 20’ au début des années 60. L’autre était James P. Cannon. Mais Shachtman est plus connu pour son rôle dans la scission qui survint dans le mouvement trotskiste au début de la Seconde Guerre Mondiale.

Tandis que les historiens académiques et les journalistes rabaissent de façon routinière les opposants au New Deal de Roosevelt et en particulier à la politique vers la guerre de celui-ci, au rang de « conciliateurs », d’« isolationnistes », de profascistes ou tout simplement de fêlés, en ce temps-là, l’opposition la plus ouverte et la plus efficace à cette administration est venue de la gauche.

Les Partis socialiste et communiste, nouvellement revigorés par la catastrophe de la Grande Dépression, les militants des nouveaux syndicats d’industrie du CIO, les dirigeants de la campagne pour les droits civils des Afro-américains, et même de nombreux libéraux de gauche virent le New Deal comme seulement une tentative pour sauver le capitalisme de la banqueroute en faisant le minimum de réformes nécessaires pour décapiter la révolte. Et les préparatifs de guerre de ce même régime furent vus par ces mêmes forces comme une sinistre tentative de détournement de la révolte anticapitaliste croissante en une répétition sanglante et démoralisante de la Première Guerre Mondiale.

Les trotskistes, bien que peu nombreux, exercèrent une influence considérable sur la gauche parce qu’ils combinèrent un engagement féroce pour la révolution avec un rejet méprisant des chants et de la brutalité du régime de Staline, comme de ses tentatives évidentes de parvenir à des accommodements avec les états capitalistes au moment même où il liquidait non seulement les gains réalisés par la Révolution d’Octobre mais aussi les révolutionnaires eux-mêmes. Les talents de polémiste et d’écrivain deShachtman contribuèrent grandement à cette cause. Son exposé des Procès de Moscou fut l’un des moments phares de la campagne contre la chasse aux sorcières déclenchée contre les dirigeants de la Révolution d’Octobre.

Le pacte Hitler-Staline de 1939 jeta la confusion parmi toutes les tendances politiques mais il fut dévastateur pour le mouvement trotskiste. Trotsky lui-même avait anticipé la possibilité d’une telle alliance avec l’un ou l’autre des grands blocs. Savoir si Staline choisirait l’Axe ou les Alliés serait déterminé par des considérations du moment mais pas de principe. Mais Trotsky avait aussi espéré que cette alliance s’accompagnerait de concessions majeures envers le capitalisme quelque soit l’allié choisi parStaline. Néanmoins, le pacte Hitler-Staline fut accompagné d’une campagne agressive contre la classe capitaliste en Pologne et des tentatives de faire de même en Finlande.

La question devint alors : devons-nous, nous les trotskistes, soutenir ou non ce régime qui exproprie la classe capitaliste et incorpore de nouvelles régions au sein du nouvel ordre collectiviste. Ce régime est-il encore, d’une certaine façon, de «notre côté » ? Shachtman se mit à la tête de ceux qui optèrent pour un «Troisième camp » de la classe ouvrière et des opprimés en général à la fois contre les vieux états capitalistes et contre la nouvelle classe exploiteuse engagée dans la lutte pour la puissance.

Shachtman lui-même n’était pas un innovateur ou un éclaireur dans ces développements politiques. Le vieux trotskiste Joseph Carter et le dirigeant des Jeunesses socialistes qui avait rejoint les trotskistes,Hal Draper, étaient plus affirmés théoriquement et Shachtman eut tendance à les suivre. Mais son prestige en tant que porte-parole dirigeant du mouvement trotskiste aux USA et à l’étranger força à prendre en considération sérieusement ce nouveau mouvement. Et de plus, Shachtman fut toujours un brillant polémiste et popularisateur et sa personnalité énergique fit de lui un formidable opposant.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale et la période MacCarthiste, les adhérents de la tendance du « Troisième Camp » jouèrent un rôle éminent hors de proportion avec leur nombre dans les syndicats, dans les mouvements pour les droits civils, pour les libertés civiles et anti-guerre. En particulier, durant la Seconde Guerre Mondiale, quand les libéraux de concert avec le Parti communiste et sa périphérie devinrent des apologistesacritiques de l’administration Roosevelt et de ses attaques contre l’indépendance syndicale et contre les droits civils, attaques qui jetèrent les bases pour la période MacCathy qui devait venir ensuite, Shachtman et ses camarades furent parmi les rares forces efficaces de dissidence. (1)

Malheureusement, il y a une triste note à la carrière de Shachtman. Au début des années 50, il amorça une évolution vers la droite en réponse au climat décourageant de la Guerre froide. Il termina en tant que supporter de la Guerre froide (Cold Warrior) et en apologiste de l’aile Meany de l’AFL-CIO. Mais ceci ne saurait diminuer la valeur de ses contributions antérieures au mouvement.

Ernest Haberkern (2)
Source : http://www.marxists.org/archive/shachtma/intro.htm

Notes :

1) Le livre de Nelson Lichtenstein
Labor’s War at Home constitue le seul compte-rendu détaillé et sérieux de cette histoire importante en grande partie occultée.

2) Ernest Haberkern est le responsable du Center for Socialist History de Berkeley Sur le web : http://csh.gn.apc.org/

A la veille du premier tour, les sans-papiers prennent la Bastille

Communiqué de collectifs de sans papiers de la région parisienne
COMMUNIQUE 19 avril 2007


A LA VEILLE DU PREMIER TOUR, LES SANS PAPIERS ET LEURS SOUTIENS PRENNENT LA BASTILLE ET (RE)INSTALLENT LEUR Q.G. DE CAMPAGNE


Après avoir inauguré leur premier Q.G. de campagne le vendredi 13 avril et en avoir été expulsés par la police le jour même, les sans papiers et leurs soutiens réinstallent leur Q.G. de campagne à la Bastille à la veille du premier tour des élections présidentielles.

C'est de ce lieu, symbole des grands principes révolutionnaires de liberté, d'égalité et de fraternité, que les sans papiers interpellent les citoyen(ne)s et les candidat(e)s à la présidentielle pour exiger leur régularisation globale.

Les sans papiers doivent être régularisés pour ne plus servir de gibier électoral privilégié permettant à des politiciens démagogues de récupérer les voix anti républicaines et pour sortir une bonne fois pour toutes du carcan de la répression, des discriminations et de l'exploitation.

Les sans papiers doivent être régularisés car leur lutte est l'épicentre de la lutte pour l'égalité des droits et ne peut rester la chasse gardée du ministère de l'intérieur et de son cadre pénal, répressif et gestionnaire.

Les sans papiers doivent être régularisés globalement pour tarir ce réservoir de main-d'œuvre bon marché qui permet au patronat et au gouvernement de déréglementer et flexibiliser par la mise en concurrence de travailleurs sans droits avec d'autres travailleurs toujours plus précarisés.

Les sans papiers doivent être régularisés car ils sont, dans leur écrasante majorité, les petits enfants de celles et ceux, nés sous la colonisation, qui construisirent la France et périrent par dizaines de milliers pour la sauvegarde de sa liberté.

La détermination des sans papiers est intacte.

Cette action en cours comme celles qui suivront doivent faire comprendre au prochain gouvernement que les sans papiers ne lâcheront rien jusqu'à ce qu'il prenne la seule résolution humaine, politique et économique qui redonne sens à un état de droit :

LA REGULARISATION GLOBALE DE TOUS LES SANS PAPIERS.

C'est pourquoi nous, sans papiers, appelons les citoyen(ne)s à agir, comme l'ont déjà fait des dizaines de milliers d'autres, pour préserver les valeurs de la République en soutenant cette exigence.


MAINTENANT, MONSIEUR OU MADAME LE (LA) PRESIDENT(E),
REGULARISEZ !

RASSEMBLEMENT PLACE DE LA BASTILLE (Devant l'Opéra)
SAMEDI 21 AVRIL A 17 H 00


Appel est lancé à tous les collectifs de sans papiers en France pour organiser une action nationale coordonnée pendant l'entre deux tours


LE Q.G. DE CAMPAGNE DES SANS PAPIERS

Contacts : 06.07.80.99.59 - 06.24.65.30.83 - 06.98.48.58.25 - 06.13.77.17.09

Email : qg-des-sans-papiers@no-log.org

Scènes de la vie ordinaire au Sarkozyland...

...ou pourquoi il faut battre la droite le 22 avril et le 6 mai !

La question des sans-papiers va revenir sur le devant de la scéne d'une façon brutale et tragique si la droite gagne les élections de mai-juin 2007. Déjà, dans certaines agglomérations, les directions de foyers de travailleurs immigrés reçoivent des demandes pressantes de la part des préfectures exigeant les listes nominatives exactes de tous leurs locataires. A n'en pas douter, certains préparent déjà des rafles de masse.

Il faut rappeler avec insistance que le but des législations anti-immigrés, celles qui créent des sans-papiers à la chaîne, n'ont pas vocation à arrêter l'immigration comme le prétendent leurs initiateurs. Elles ont comme but de créer toujours plus d'insécurité judirique et policière à l'encontre de la fraction la plus vulnérable de la classe ouvrière, afin d'exercer une pression à la baisse sur le salaire global en tirant vers le bas une fraction incompressible de la classe ouvrière de tous les pays. Vérité valable aussi bien à Aubervilliers qu'à New-York, Lagos ou Tokyo.

C'est pourquoi la responsabilité du mouvement ouvrier est d'assurer la défense de cette couche de travailleurs et de leurs familles et d'obtenir l'égalité des droits pour tous.

La rédaction.



RAFLE BRUTALE DANS UN ATELIER CLANDESTIN A AUBERVILLIERS
Des parents et des enfants arrétés.

APPEL AU RASSEMBLEMENT DE PROTESTATION
vendredi 20 avril 2007 à partir de 17 heures
au métro Quatre chemins à Aubervilliers.

Les faits:
Lundi 16 avril, vers 15 heures, plusieurs dizaines de gendarmes arrivés dans une armada de fourgons sont intervenus de façon extrêmement brutale dans un atelier clandestin de textile rue André Karman à Aubervilliers : portes défoncées, hurlements, cavalcades, poursuites et interpellation violente de ceux qui tentaient d’échapper sous les yeux des enfants du centre de loisirs.

Une femme qui tentait de s’échapper par une échelle est tombée et a dû être hospitalisée. Au moins une vingtaine de personnes, dont plusieurs parents d’enfants scolarisés ont été placés en garde à vue puis en rétention. Deux enfants (10 ans et 1 an) qui habitaient un logement contigu à l’atelier ont été eux aussi arrêtés. Ils sont actuellement au centre de rétention de Oissel avec leurs parents. Deux autres enfants dont les parents ont été placés en rétention ont été recueillis par des amis.

Un bébé de deux mois dont la chambre jouxtait l’atelier est décédé.
Aucun lien n'’est établi pour l’heure entre ce décès et l’intervention de la gendarmerie. La famille demande qu’une enquête médicale détermine de façon certaine les causes du décès de cette fillette.

Appel au rassemblement :
Ce n’est pas la première fois que les forces de l'ordre interviennent "façon rodéo" contre des ateliers clandestins à Aubervilliers. Déjà en septembre dernier, les forces de l'ordre avaient investi un atelier clandestin avec la plus grande brutalité rue Henri Barbusse, faisant plusieurs blessés, dont un tombé d’un toit dans la cour d’une école alors qu’il était poursuivi.

La lutte contre les négriers qui organisent le travail non déclaré et les entreprises ayant pignon sur rue qui en profitent parfois, ne justifie pas de telles méthodes contre les victimes de cette exploitation : les travailleurs clandestins ne sont pas des gangsters contre qui il faut un tel déploiement de forces de l'ordre, l’arme au poing.

La première mesure contre le travail non déclaré serait la régularisation des travailleurs sans papiers que leur condition place sans défense entre les mains de leurs exploiteurs.

Le Comité de vigilance d’Aubervilliers contre les expulsions des élèves et familles sans papiers et le Réseau Education sans frontières demandent :

* La libération immédiate de toutes les personnes interpellées le 16 avril à Aubervilliers et particulièrement celle des enfants retenus à Oissel. La place des enfants est à l’école, pas dans une prison qui ne dit pas son nom.

* La vérité sur les circonstances du décès du bébé.

* Que la lutte nécessaire contre le travail clandestin ne soit pas le prétexte à des reconduites à la frontière et alimente la politique du chiffre.

Ils appellent à un rassemblement de protestation vendredi 20 avril à partir de 17 heures au métro Quatre chemins à Aubervilliers.

Repris de http://www.auber-sans-la-peur.org/index.html

15 avril 2007

Une déclaration de Karel Kostal, militant de Solidarité Socialiste de Prague

Nous publions une contribution de Karel Kostal, militant socialiste tchèque, sur la question de l'Europe, alors que dans l'actuelle campagne présidentielle, rien n'est dit par les "grands" candidats sur ce sujet après le rejet du TCE lors du référendum du 29 mai 2005. Quelque soit le résultat des élections françaises, présidentielles et législatives, la question européenne, celles des alliances avec les USA, de la présence militaire US dirigée contre la Russie et la Chine, vont revenir sur le devant de la scéne et exiger une réaction commune des travailleurs d'Europe, contre les dangers de guerre et contre les attaques sur les droits sociaux et démocratiques.
La rédaction.



DES BASES AMERICAINES DE MISSILES
EN RÉPUBLIQUE TCHÈQUE ET EN POLOGNE !
CONFIRMATION DU BIEN FONDÉ DU « NON »
AU TRAITÉ CONSTITUTIONNEL !


Des fusées américaines en Europe !
Plusieurs informations concernant l’avenir de l’Europe, soigneusement cachées à ses citoyens, ont attiré mon attention depuis quelques jours. Elles concernent la future présidence tchèque de l’Union Européenne de 2009. Ses préparatifs démarrent sur les chapeaux de roues.

Le Premier ministre ultralibéral du gouvernement de la République Tchèque, Mirek Topolanek, chef du Parti civique démocratique (ODS), s’est rendu cette semaine au siège de l’OTAN, à Bruxelles pour dire au Haut Commandement que son gouvernement « répondait favorablement » à la demande de Bush d’installer une base bouclier anti-missiles sur le territoire de la République Tchèque, elle sera la « première tête de pont américaine » de la future Europe.

Il n’est pas superflu de relever que plus de 70% des citoyens tchèques y sont opposés et qu’aucun pays de l’Union Européenne n’a été consulté ni informé. Mirek Topolanek ne s’embarrasse pas de ce genre de détails. Il affirme qu’après l’installation de la base américaine, « l’Europe deviendra une oasis de paix ». Il a également « offert » à la direction de l’OTAN des soldats tchèques pour des « missions » en Afghanistan et au Kosovo. Il a également informé le président de la Commission européenne José Barroso de la création de la « fraction commune » constituée par l’ODS et le Parti conservateur britannique au Parlement européen. Cette future coalition ultralibérale et…« europessimiste » tchéco britannique prêchera à Strasbourg « la concurrence libre et non faussée » ainsi qu’ « une politique étrangère européenne compatible avec l’OTAN ». Ce sera aussi l’occasion entre autre d’expliquer devant l’Assemblée du Parlement que « l’argent sale, ça n’existe pas » et que « l’écologie est une pseudo science ».

Scheffer, secrétaire général de l’OTAN, et Solana, responsable de la diplomatie de l’Union Européenne, affirment tous les deux : « le problème de la base militaire américaine relève exclusivement de la République Tchèque et des Etats-Unis». En d’autres termes, l’Union Européenne ne s’opposera pas à l’installation de bases militaires américaines dans les pays de l’Europe. Ceci signifie que les gouvernements des nouveaux pays membres de l’UE sont désormais « libres » d’établir des « accords bilatéraux » avec les Etats-Unis par-dessus la tête des peuples d’Europe. Ils sont libres également d’ouvrir toutes grandes les portes aux fauteurs de guerre et aux lobbies des fabricants d’armes.

Nous sommes pour une Europe indépendante dont les membres sont solidaires et construisant ensemble leur destinée. La politique internationale et de défense en est un de ses axes majeurs, c’est bien la position que nous avons défendue lors de la campagne référendaire de 2005 et que les Français ont majoritairement soutenue jusque dans les urnes.

En attendant les citoyens chèques sont fermement invités à se taire et à attendre que le ciel leur tombe sur la tête. La presse fait savoir que la Russie se dit menacée par le futur dispositif militaire américain en République Tchèque et en Pologne, et qu’en vertu de la doctrine militaire russe, « les frappes nucléaires préventives » sont d’ores et déjà envisagées et planifiées contre ces deux pays. Face à ces menaces bien réelles, le silence et du gouvernement Chirac et des candidats à la présidentielle française me laisse rêveur.

Il y a quelque temps encore, les citoyens tchèques, épris de paix et de démocratie, tournaient leurs regards vers l’Europe. A présent, l’Union Européenne les regarde avec un œil morne, l’air absent. D’une manière atone et monocorde, les dirigeants européens leur annoncent que le projet américain « ne relève que des relations bilatérales entre les Etats-Unis et les différents pays sollicités par des installations ». Les chefs européens répondent par des pirouettes : les citoyens tchèques, eux n’ont pas été sollicités, aucun pays d’Europe n’a été consulté. C’est cela désormais la construction européenne : des accords bilatéraux entre la droite belliciste de la « nouvelle Europe » et les marchands de canons étatsuniens.

Un Traité constitutionnel qui a la faveur de la droite ultralibérale !

Au sujet de la constitution européenne, le premier ministre tchèque se veut « rassurant ». Il déclare : « La République Tchèque n’a pas l’intention de bloquer le Traité Constitutionnel ». Exclamation de surprise dans les rangs des chefs de la Commission européenne. Le parti du président Klaus a toujours considéré la constitution européenne comme un document inutile, plein de clauses sociales nuisibles. Obnubilés par leur propre brio, les chefs de l’ODS qualifient parfois le traité constitutionnel de document cryptobolchevique (sic) ! Du reste, la droite tchèque considère l’U.E. comme étant sous le contrôle des communistes, des socialistes et des autres syndicalistes.

Alors, pourquoi ce revirement ? Pourquoi le traité constitutionnel serait-il aujourd’hui acceptable ? Pourquoi l’U.E. deviendrait-elle enfin fréquentable? Pourquoi la droite dite eurosceptique est-elle en train de s’accrocher aux wagons des « amis de la constitution » ?

La constitution européenne est certes aux yeux de la droite capitaliste tchèque et européenne encore selon eux « encombrée de clauses sociales inutiles et nuisibles », mais elle est susceptible d’être améliorée, c’est-à-dire rendue plus libérale. Aux yeux du gouvernement Klaus-Topolanek, le document contient aussi quelques valeurs inestimables, par exemple l’article 1-41, qui prévoit que la politique de défense de l’Union Européenne devra être compatible avec la politique de défense arrêtée dans le cadre de l’OTAN. Cette possibilité de soumettre la construction européenne à l’OTAN et aux USA, par l’intermédiaire de la Constitution européenne, n’a assurément pas échappé au gouvernement belliciste de Prague.

La ratification de ce traité ferait basculer par voie de conséquence l’Europe dans la dépendance des USA par la voie de l’OTAN. C’est précisément ce que souhaite la droite ultralibérale de la « nouvelle Europe ». Elle se servira avantageusement, d’une manière ou d’une autre, du traité constitutionnel actuel, pour poursuivre et réaliser ses propres visées bellicistes aux côtés d’un Bush en Europe. Les dirigeants européens couvrent ces activités d’un silence pesant.

Une étape inquiétante : la présidence tchèque de l’Union en 2009

La droite tchèque régnante souhaite ardemment la présence massive de mercenaires américains en République Tchèque d’abord, dans l’Union Européenne ensuite. Elle veut être protégée par les USA et l’OTAN. Le Parti civique démocratique (ODS) est une association de nouveaux riches, parvenus qui se sont enrichis avec les privatisations souvent frauduleuses, par prévarication, vols, malversations qui n’ont pas connu de précédent dans l’histoire de ce pays.

Avec cette coterie au pouvoir, la société tchèque est livrée quotidiennement au pillage et à toutes les horreurs de la corruption généralisée. Cette nouvelle couche sociale, extrêmement soucieuse de son aisance matérielle, veut se placer sous la protection de l’armée américaine et les forces de l’OTAN. La « menace terroriste » iranienne et nord-coréenne vient à propos. Le drapeau américain flottant au-dessus de la base anti-missiles à quelques dizaines de kilomètres de Prague, symboliserait aux yeux de tous les nouveaux possédants de la République Tchèque « la victoire finale du capitalisme » et « la fin de l’Histoire ».

La grande majorité des citoyens tchèques est contre les bases américaines chez eux. Les manifestants, eux, de plus en plus nombreux, exigent que cette question soit soumise à un référendum. Les autorités de Prague nous font savoir « qu’il est trop tard » car le gouvernement et la majorité de droite au Parlement ont eux-mêmes déjà décidé. Si le gouvernement Klaus-Topolanek peut traiter avec un tel mépris l’avis majoritaire des citoyens tchèques, il entendra demain mépriser aussi bien l’opinion des peuples d’Europe lorsqu’il exercera la présidence de l’U.E. en 2009.

Les masques tombent. La présidence tchèque de l’U.E. sera dangereuse pour la démocratie et pour les valeurs européennes, bien au-delà de ce que l’on peut imaginer. Nous ne pouvons et ne voulons effacer de tels faits de la conscience européenne. La droite tchèque, à l’instar de la droite de la « nouvelle Europe », souhaite à présent la désintégration politique du continent européen. Elle souhaite que ce qui peut exister d’Europe politique vole en éclats et que les pays de l’U.E., les uns après les autres, établissent des accords bilatéraux avec les USA. L’Europe des Lumières, de la paix, de la justice sociale, des libertés démocratiques, est menacée par ce qui s’avère être une régression obscurantiste. Laisser à cette droite tchèque, ultralibérale, antidémocratique, antisociale et belliciste, la présidence de l’Union en 2009 est un acte politique grave. Les « élites libérales » européennes vont assurément permettre à la droite tchèque de compromettre gravement la construction de l’U.E. à laquelle aspire la grande majorité des peuples.

Avec le bouclier antimissile américain, à deux étapes de course cycliste de Strasbourg, la construction d’une Europe pacifique et démocratique serait sacrément compromise, je n’hésite pas à le dire.

Se préparer aux nécessaires affrontements à venir : solidarité avec la résistance du peuple tchèque !

Nous, le 29 mai 2005, nous nous sommes prononcés pour une autre Europe. Nous devons encore expliquer ce choix et dire encore sa nécessité. Nous avons le devoir de dire partout et clairement que nous ne voulons pas d’une présidence qui menace la paix en Europe et dans le monde. Sur ce point, je crois utile de rappeler combien le peuple français qui a rejeté ce projet de Traité constitutionnel est parfaitement fondé à manifester un tel refus.

Face à cette droite tchèque qui poussera durant sa présidence, à la domination des USA et à la vassalisation de l’Europe, il faut se préparer lucidement à poser la question de l’illégitimité de la future présidence tchèque, en supposant que l’actuelle coalition de va-t-en guerre soit encore au pouvoir à Prague en 2009. Cette bataille sera obligatoirement une campagne en direction des citoyens français, épris de paix et de démocratie, désemparés aujourd’hui par l’atonie de la gauche du « non ». Agissons donc plutôt que d’attendre qu’un nouvel abîme nucléaire s’ouvre sur nos frontières !

En République tchèque nous assistons à un premier véritable réveil citoyen depuis la chute du mur de Berlin. Tout revient à savoir à présent comment opérer la jonction entre le « non » massif des peuples français et hollandais et le « non » tout aussi massif du peuple tchèque aux fauteurs de guerre en Europe.

Une première rencontre européenne pour une Assemblée Constituante a eu lieu les 23 et 34 février à Paris, à l’initiative de Jean-Luc Mélenchon et de nos amis de PRS. Cette première démarche a posé les jalons d’un durable rapprochement des peuples d’Europe. Notre délégation, venue de Prague, a été reçue fraternellement.

La bataille contre les bases militaires américaines en République Tchèque se présente donc en fait à nous comme une étape vers une prise de conscience authentiquement européenne, en rupture avec la construction européenne antidémocratique actuelle. Les citoyens tchèques doivent s’emparer de cette initiative, mais ils ne peuvent parvenir à leur objectif sans l’appui des autres peuples d’Europe, dans ce qui est finalement l’affaire de tous.

Karel KOSTAL, Solidarité Socialiste Prague, PRS Isère 38
Le 15 mars 2007

22 avril,vote pour battre Sarkozy-Bayrou-Le Pen !

A la veille du premier tour de l’élection présidentielle, nous vous invitons à venir débattre pour s'organiser en vue des prochains combats. Pour un gouvernement de défense des travailleurs et de la jeunesse, qui nous représente réellement, nous voulons chasser les Sarkozy, Bayrou, Le Pen... Beaucoup vont voter Royal pour infliger une première défaite à notre ennemi commun. Beaucoup vont voter Besancenot, Bové, Buffet, Laguiller, Schivardi pour marquer leur volonté d'être réellement représentés. Tous se préparent à un affrontement social central car nous connaissons le programme du patronat et nous savons qu'il tentera de le faire appliquer par le prochain gouvernement. Nous voulons un gouvernement qui combatte ce programme et applique le nôtre, celui des travailleurs, dont il nous faut discuter.

Samedi 21 avril 14h-18h réunion-débat à Paris,
AGECA, 177 rue Charonne (métro Alexandre Dumas)

28 mars 2007

De la rue Rampal à la Gare du Nord

Les faits qui se sont déroulés à une semaine d’intervalle à la sortie de l’école maternelle de la rue Rampal dans le 19ème arrondissement de Paris et à la Gare du Nord, ce mercredi soir, sont significatifs de la situation en France.

Certes au regard des plus de 60 millions d’habitants que compte ce pays, les quelques dizaines de personnes dans la rue Rampal, et les quelques centaines à la Gare du Nord sont une poignée. Néanmoins, dans ces deux cas, sans la moindre préparation, sans la moindre concertation préalable, des gens se sont opposés spontanément à l’arbitraire policier et ont provoqué un effet politique qui vise directement le pouvoir en place.

Ni les mères de famille venant chercher leur progéniture à une sortie de maternelle, ni les banlieusards harassés par une journée de boulot ne sont des révoltés par destination. Et pourtant, il a suffi d’interventions policières musclées pour provoquer des réactions spontanées de la part de gens qui, au préalable, n’étaient nullement liés par un projet commun et qui avaient bien d’autres soucis en tête en quittant leur domicile ou leur travail que d’aller s’opposer à la police.

« Laisser les grandir ici », « Sarkozy enculé », « transports gratuits », « non aux expulsions », en quelques slogans, beaucoup de la politique gouvernementale se retrouve massivement vomi par un échantillon de la population.

Malgré les dissimulations et distorsions de la grande presse, on finit par comprendre que la Gare du Nord a été le lieu d’affrontements ou d’une grande tension pendant plus de trois heures. Le candidat Schivardi, entendu sur France Inter ce jeudi soir, a dit que la Gare d’Austerlitz était anormalement bourrée de flics ce même mercredi soir, alors que, provincial, il était de passage dans la capitale.

Le reportage sonore de France Inter rapportant le passage de Sarkozy dans la même Gare du Nord ce jeudi matin, sous les huées, pour aller prendre le TGV Nord apporte un supplément à ce tableau. Le pouvoir actuel est largement, majoritairement impopulaire mais tous les partis d’opposition de gauche n’en tirent rien. Pire, les sondages donnent la gauche, tous candidats confondus, à un niveau terriblement bas.

Les déclarations de Royal, suite aux incidents de la gare du Nord, ont consisté à se lancer dans la course sécuritaire. Et la gauche hors PS se contente de dénoncer les actes du régime et de sa police mais n’appelle pas à s’en débarrasser.

Le communiqué de la LCR, paru le 28 mars, en est un exemple typique. La politique gouvernementale est stigmatisée, mais aucune issue politique n’est indiquée. Pourtant, la seule façon de mettre un coup d’arrêt aux actuelles pratiques policières consiste tout simplement à virer ce gouvernement qui est le chef de cette police.

PS, PCF, LO, LCR, PT, Collectifs anti-libéraux, chacun à leur manière, chacun dans son registre, tous ont le regard porté sur la même ligne bleu horizon du pouvoir UMP. Ligne indépassable, ligne destinée à demeurer éternellement sous nos yeux tandis que « les luttes, les luttes » se suivraient pour « résister » jusqu’à la fin des temps.

Aujourd’hui, en France, le pouvoir UMP, ses hommes, sa politique, son candidat sont discrédités mais Sarkozy ..ou Bayrou sont donnés vainqueurs au deuxième tour. Ce paradoxe doit être combattu en réunissant les conditions d’un passage de la mobilisation défensive à la recherche offensive d’une issue se fixant comme objectif conscient d’en finir avec Sarko, Bayrou, Le Pen et de Villiers, et de se débarrasser de la majorité UMP-UDF à l’assemblée.

Il faut aider ce rejet massif et spontané de cette politique et de ce régime à se transformer en une force irrésistible. A défaut, les conditions pourraient être réunies par ce pouvoir minoritaire pour museler impitoyablement toute révolte, toute opposition à sa politique. Il est encore temps d’inverser le cours des choses.

Pour discuter et s’organiser sur cette orientation, plusieurs groupes (CLSRD, Le Militant, le CCI(T), La Commune* ) appellent à une réunion le samedi 21 avril de 14h à 18H, à l’AGECA à Paris. APS invite ses lecteurs à y participer.

* La Commune n'est pas signataire de l'appel référencé ici mais cherche à poursuivre avec les trois autres groupes, comme avec tous les militants disponibles à cet effet, dans la recherche d'un débouché politique qui vise à virer la droite et aller vers un gouvernement des travailleurs.

Un nouveau blog en soutien aux travailleurs d'Irak

Allez visiter et mettez dans vos favoris le site suivant :

IRAQ UNION SOLIDARITY SCOTLAND

Ce blog est réalisé par la campagne écossaise de soutien aux travailleurs et aux syndicalistes irakiens en butte à l'occupation impérialiste et aux attaques des forces réactionnaires islamistes (aussi bien gouvernementales que de "résistance").

24 mars 2007

Les Irakiennes sont les cibles n°1 des milices

Les Irakiennes sont les cibles n°1 des milices

Houzan Mahmoud, porte-parole de l’Organisation pour la libération des femmes en Irak. Elle vit à Londres depuis 1996 et a été menacée de mort en février par un groupe lié à Al-Qaida.

Interview parue dans l'édition du 15 mars 2007 du journal gratuit "20 Minutes" distribué en région parisienne.

A quoi peut ressembler la vie quotidienne des femmes en Irak ?

Elles n'ont pas de vie quotidienne à proprement parler. Elles ne peuvent pas se réveiller le matin en se disant : « Je vais faire ça et ça », car il peut y avoir un attentat à tout instant. Elles doivent batailler pour réussir à tenir leur foyer, vu la pénurie de ressources comme l'eau ou l'électricité. Et elles redoutent d'envoyer leurs enfants à l'école, parce qu'ils peuvent se faire enlever contre une forte somme d'argent, que les parents n'ont pas la plupart du temps.

Vous dénoncez la dégradation de leur condition depuis 2003...

Les femmes ont été les cibles privilégiées des milices islamistes dès le début de l'occupation américaine en 2003. La guerre et la criminalité ont favorisé la multiplication de ces milices armées, dont le premier message fut : « Les femmes doivent rester à la maison, s'occuper des enfants, faire la cuisine et le ménage. Elles ne peuvent pas travailler et doivent sortir voilées. » Aujourd'hui, les femmes sont victimes de viols, d'enlèvements, d'assassinats, parfois en public, et de crimes d'honneur.

Qu’advient-il des femmes violées ou kidnappées ?

Elles seront tuées de toute façon pour ces questions d'« honneur ». Je me souviens d'une femme qui avait été kidnappée. Ses ravisseurs avaient demandé une rançon au père pour la relâcher. Il leur a répondu : « Vous savez, il vaut mieux la tuer, parce qu'on devra le faire de toute façon pour laver l'honneur de notre famille. » Non seulement les femmes sont victimes, mais elles sont punies au lieu d'être soutenues. Environ cent femmes sont victimes chaque mois de crimes d'honneur à Bagdad. Imaginez à l'échelle du pays. C’est aussi pour ça que les familles ne viennent pas chercher ou reconnaître les corps des femmes retrouvées mortes, souvent décapitées, mutilées, et déposées à la morgue. Elles ne veulent pas que cela se sache. Nous avons ouvert deux centres d’accueil, à Bagdad et Kirkouk, pour accueillir ces femmes menacées de crimes d’honneur.

Vous avez découvert que de nombreuses femmes peuplaient les prisons…

En 2006, notre organisation a effectivement révélé, grâce à une enquête menée dans des conditions difficiles dans la prison de Al Kazamiah, que des femmes et leurs enfants sont détenus en prison soit parce qu’elles ont un lien, même très vague, avec des insurgés, soit sans aucun motif. Elles n’ont aucun avocat ni recours légal. Certaines nous ont montré des marques de tortures qu’elles ont subies pendant leur enfermement, où elles sont maltraitées et violées par des gardiens ou des soldats irakiens.

Qu’en est-il des mariages dits « de plaisir » ?

Ils ont été initiés par l'Armée du Mehdi, du milicien chiite Al-Sadr, dans le sud de l'Irak. Sadr a demandé ouvertement à des femmes chiites de rejoindre son armée pour quelques jours pour distraire ses hommes. C'est de la prostitution version islamique. Humiliées, elles risquent là encore d'être tuées si la famille l'apprend. Mais ces miliciens ont la force et les armes, donc ils peuvent imposer ce qu'ils veulent. Sous Saddam Hussein, ce n'était évidemment pas idéal, mais au moins les femmes ne subissaient pas toutes ces violences arbitraires. Avant, nous avions un seul dictateur, donc on savait contre qui on luttait. Désormais nous en avons des centaines.

Comment était-ce sous Saddam Hussein ?

Les femmes pouvaient travailler, aller à l’école, divorcer, des droits acquis grâce à un mouvement de défense des femmes datant des années 1950. Aujourd’hui, elles peuvent se faire tuer pour rien. Nous assistons à une « brutalisation » de la société, à laquelle participe l’Etat.

Le président américain Bush avait notamment argué de la situation des femmes en Irak pour justifier l’invasion en 2003…


Bush ne s’est jamais préoccupé de la situation des Irakiennes. C’était un prétexte. Aujourd’hui, les femmes sont encore plus cloîtrées chez elles. Mon opinion, c’est que l’administration américaine est responsable des violences qui leur sont faites, car les miliciens terrorisent les femmes sous la supervision des Etats-Unis. Les Irakiennes pâtissent d’une radicalisation de la société et d’un virage réactionnaire, tribal et sectaire qu’accroît la présence des troupes étrangères. Il faut que les Etats-Unis partent. J’étais contre la guerre, je suis contre l’occupation.

La société civile tente-t-elle de résister aux violences des milices ?

Oui. La solidarité du peuple est capitale. Par exemple, quand en 2005 le pont que traversaient des milliers de chiites en pèlerinage s’est effondré, les sunnites du voisinage ont accouru pour les sauver de la noyade. Le problème, c’est que les milices et le gouvernement tentent de politiser les religions. Je m’élève contre cela. Je suis athée, je veux avoir le droit de critiquer la religion. Les gens essayent de lutter contre l’islamisation. C’est pour ça que les milices nous persécutent.

Cette lutte vous a valu des menaces de mort…

Au Kurdistan (nord de l’Irak), d’où je viens, un projet de loi visait à introduire la charia. Je m’y suis opposée. Cela rendrait la situation plus difficile encore pour les femmes. En février dernier, j’ai reçu un mail, intitulé « kill » (« meurs ») du groupe djihadiste Ansar al-Islam, lié à al-Qaida. Il me menaçait de mort pour « faire campagne contre l’islam ». Mais ce n’est ni une surprise, ni un obstacle pour nous empêcher de poursuivre notre combat.

Recueilli par Faustine Vincent

18 mars 2007

Appel de militants trotskistes "historiques"

Nous reproduisons à titre de document cet appel de vieux militants du trotskisme en France. Bien que doutant que le problème de la présidentielle de 2007 soit réductible à de l'échec de la candidature Bové, nous pensons que cet appel illustre en quoi la LCR est devenue plus préoccupée par sa boutique que par les intêrets supérieurs des travailleurs.

L'issue politique en France pour commencer à résoudre les problèmes des travailleurs est d'en finir avec ce régime, de battre Sarkozy, Bayrou et Le Pen et de virer la majorité UMP-UDF de l'Assemblée nationale. APS appelle les militants et électeurs de Royal, Bové, Besancenot, Buffet, Laguiller, Schivardi à agir ensemble selon l'orientation de l'appel référencé ici.
La rédaction.



Rappel à l’unité de classe !

Nous sommes des "vétérans" du trotskisme qui n’ont jamais quitté la lutte pour " transformer le monde”, ayant dans le passé appartenu à des tendances différentes et se retrouvant dans une compréhension commune du caractère de la crise mondiale du système capitaliste qui est entré, avec le libéralisme, dans une nouvelle barbarie menaçant jusqu’à l’existence de l’humanité elle-même.

De même nous nous retrouvons dans l’engagement pour l’altermondialisme, qui s’est largement développé en France à l’occasion de la lutte contre le projet de Constitution libérale de l’Europe en 2005.

C’est un large mouvement de collectifs, avec un haut niveau de démocratie et d’organisation, qui, avec d’autres forces, a permis de réaliser une victoire dans la lutte contre le libéralisme.

Ces collectifs se sont retrouvés en avant-garde pour les élections présidentielles en posant d’emblée la question de l’unité des forces antilibérales et plaçant ainsi les enjeux de cette bataille à un niveau supérieur.

Ils se sont maintenus en dépit de ceux qui les niaient et des diverses manœuvres pour les instrumentaliser ou pour réduire leur indépendance et la démocratie qui s’y manifestait. Ils ont ainsi révélé l’espoir que l’on peut mettre en eux.

Malgré ces réactions de santé politique, ils sont l’objet de diverses menaces. A l’échelle d’un tel enjeu, les calculs politiciens sont dérisoires et misérables.

De ce point de vue, l’engagement de toute notre vie nous rend particulièrement et douloureusement attentifs au rôle que la LCR a joué cette dernière année.

À l’inverse de la politique d’unité dans la lutte de classes, qui est celle de l’enseignement de Léon Trotski, et que nous pensions acquise, la LCR s’est tout à coup retirée sur elle même devant l’échéance de l’élection présidentielle.

Elle tenta de justifier son refus d’être partie prenante du mouvement pour des candidatures unitaires par l’ambiguïté des textes adoptés quant à la nécessité d’un engagement net à ne participer en aucun cas à une alliance et à la participation de nos futurs élus à un gouvernement social-libéral du PS.

Cette exigence était juste, mais se placer en marge du mouvement ne lui permettait pas de l’imposer.

Ce sont les collectifs eux-mêmes qui ont empêché l’opération "hégémonie" du PCF. En bloquant ce hold-up organisé par le PCF et en appelant à la candidature de José Bové, ils ont reconstruit une perspective unitaire et déjoué les opérations de ceux qui tentaient de les manipuler.

La LCR, après son refus de prendre une part active dans le rassemblement unitaire des Collectifs post-29 mai et son retrait complet de ce rassemblement en décembre 2006 (après St Ouen) et après son refus de revenir au sein de la nouvelle Coordination nationale (après Montreuil en janvier 2007), la LCR apparaît, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, comme le parti qui :

  • a déserté le champ de bataille sans combattre ;
  • a divisé le Front uni des antilibéraux lorsque ceux-ci refusaient de se soumettre à l’OPA du PCF sur le mouvement des Collectifs ;
  • comme le PCF, a cherché seulement à renforcer sa propre organisation, dans une stratégie aux antipodes d’une volonté proclamée de recomposition à la gauche du PS et de construction à terme d’une Force nouvelle.
En engageant la campagne de son porte-parole Besancenot, elle a durcit sa position, manifestant à la fois un mépris suicidaire pour le mouvement des collectifs, leur déniant leur caractère politique et la netteté de leur rejet radical du social-libéralisme, et en niant la représentativité unitaire de José Bové.

Cette politique de division place la LCR sur le même plan que le PCF. Nous ne pouvons l’accepter.

La construction d’un appareil qui met de côté les éléments essentiels du programme ne peut qu’aboutir à un échec comme appareil.

Ce n’est pas ici le lieu d’expliquer le pourquoi d’une telle dérive. Ce qui importe est d’en montrer les possibles conséquences désastreuses.

Si la candidature de José Bové échouait, le mouvement des collectifs, privé d’un pôle, risquerait une dispersion pour toute une période, dont les conséquences s’étendraient jusqu’au-delà de nos frontières françaises.

L’espoir serait mis à mal par cette dispersion et par les combinaisons politiciennes, régionales et locales, qui déjà esquissent leur mise en place.

Nous sommes dans une de ces époques où chaque succès propulse en avant tandis que chaque erreur se paie très cher. Les responsabilités de la division sont donc énormes.

La pratique du Front unique combiné à une stratégie transitoire adaptée aux réalités de l’époque a été l’apport majeur de notre mouvement.

De ce fait nous en appelons à tous les militants, et d’abord à ceux de la LCR, de ne pas se laisser entraîner dans des voies sans issue mais à faire montre du courage politique en préférant l’intérêt général que manifeste l’ampleur sociale du mouvement des collectifs à celle des cocons partidaires, ou au repli sur les causes partielles.

Jean-René Chauvin (ex-déporté à Mathausen, Auschwicz, Buchenwald), Michel Lequenne, Pierre Avot-Meyers, Jean Baummgarten, Gilbert Dalgalian, Claude Koval, Roland Vacher.

15 mars 2007

8 mars 2007 : tract commun

Le 8 Mars Journée internationale des femmes

Depuis le 19eme siècle, les femmes se battent pour acquérir le droit de travailler, le droit de se syndiquer, le droit de vote, le droit de faire de la politique.

En février 1917, ce sont les ouvrières russes de Saint-Pétersbourg qui en manifestant en masse pour le pain et la fin de la guerre ont déclenché la première étape de la révolution russe. On a cependant souvent oublié le caractère révolutionnaire de ce jour particulier, en en faisant une manifestation uniquement féministe.

Aujourd'hui le capitalisme déclinant s'attaque dans le monde entier aux travailleurs des deux sexes, mais ce sont les femmes, au travail et dans leur vie privée qui en souffrent le plus.

Dans les pays “ avancés ” comme la France, les gouvernements qui se sont succédés ces dernières années, en s'attaquant à TOUTES les conquêtes sociales ont mis à mal particulièrement celles qui touchaient les femmes : travail de nuit pour les femmes comme pour les hommes, destruction progressive des centres de Protection Maternelle et Infantile, des crèches, 83% des emplois à temps partiels sont occupés par des femmes qui ne les ont pas choisis, les femmes représentent 57¨% des chômeurs non indemnisés, 60% des emplois aidés ou en CDD, 80% des salariés pauvres (en dessous du SMIC).

Dans le même temps, les femmes subissent des violences conjugales ( 20 000 femmes en France vivent dans la rue pour fuir un conjoint violent), des viols, des mariages forcés, des mutilations sexuelles. Le développement du chômage et de la misère entraînent la violence, la prostitution, le retour en force du machisme, de l'obscurantisme religieux dont les premières victimes sont toujours les femmes et les enfants.

Dans les pays où règne l'islamisme politique, c'est un véritable apartheid sexuel qui est imposé aux femmes qui sont interdites d'études, de travail, de droits élémentaires, dans ces pays la résistance des femmes rencontre la répression la plus barbare : lapidations, projections d'acide...

Cette journée a lieu cette année en France moins de deux mois avant les élections : le représentant direct de la bourgeoisie, Sarkozy, l'a annoncé, son élection (ou celle de Bayrou ou de LePen) signifierait des coups redoublés contre les salariés, les chômeurs, les immigrés.

Le combat pour les revendications des droits des femmes est inséparable du combat pour chasser les représentants des partis bourgeois et de l'organisation des travailleurs pour un gouvernement ouvrier.

En effet nous voulons :

  • un emploi stable à plein temps pour tous ceux et celles qui le souhaitent
  • la défense de l'IVG, de plus en plus mise en cause dans les hôpitaux publics
  • un service public de la petite enfance, le développement des crèches et leur gratuité.
  • le remboursement par la sécurité sociale de tous les moyens de contraception
  • le droit d'asile pour les femmes persécutées dans les pays sous la domination de l'islamisme politique en raison du seul fait d'être femme

    Le combat pour ces revendications est inséparable du combat de l'ensemble des travailleurs pour défendre leurs droits au travail, au logement, à des salaires décents, à la santé, aux études pour leurs enfants, à vivre où ils le souhaitent.

    Ce combat nécessite de s'attaquer au capitalisme, en France comme dans les pays où il a pris la forme d'états religieux pour mieux combattre les masses.

    Seule la prise du pouvoir par la classe ouvrière rendra aux femmes leurs droits, leur liberté, leur dignité.

    Signataires :
    CCI (T) – Comité Communiste Internationaliste (Trotskiste)
    PCOI-H – Parti Communiste Ouvrier d’Iran - Hekmatiste
    CLSRD – Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie
  • Iran : échos du 8 mars 2007

    Rapport de l’Organisation pour la Libération des Femmes – Iran (Extraits)

    Un 8 mars historique en Iran
    Les forces de sécurité attaquent les rassemblements de la Journée Internationale des Femmes
    Assemblées dans différentes villes pour la liberté et l’égalité en 2007

    Les gens ont accueilli favorablement la journée du 8 Mars cette année en Iran en organisant de nombreux événements dès avant le jour même à travers tout le pays. Cela a culminé par des rassemblements le jeudi, Jour International des Femmes. Les gens se sont passionnés par cette journée, ont préparé des manifestes, des résolutions, des banderoles, demandant l’égalité, condamnant l’apartheid de genre et l’oppression des femmes. Comme d’habitude, le régime islamique a tout essayé pour arrêter et prévenir ces initiatives. En dépit de la présence massive des paramilitaires et de la police secrète, de nombreux piquets et rassemblements ont eu lieu.

    Téhéran
    Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées autour de l’Université de Téhéran vers 16H pour commencer le rassemblement appelé par le comité d’organisation pour le 8Mars, soutenu par l’OLFI. Néanmoins, ce rassemblement fut empêché par les forces de sécurité. La République Islamique avait décidé d’empêcher toute célébration ici du 8 Mars. La présence massive des flics dans et autour de l’Université et du Parc Daneshjoo, là où ce rassemblement devait se clore, a entravé toute tenue de meeting. Toute personne qui tentait de lancer des slogans était immédiatement attaquée et arrêtée. Des témoins ont rapporté au siège de l’OLFI avoir vu près de 25 personnes ainsi arrêtées à l’Université ou au square Vali-e-asr.

    Certains des manifestants ont alors décidé de tenter à un autre endroit. Vers 18H, on rapporte qu’il y a eu un grand rassemblement au square Mohseni au nord de Téhéran, Les forces de sécurité l’ont attaqué aussi.

    Un autre meeting pour le 8 Mars a été organisé près du Parlement pour 14H. Environ 200 personnes ont tenté de se rassembler avant de subir l’attaque des forces de sécurité, quelques personnes ont été arrêtées. Les organisateurs du rassemblement ont cherché à lire leur déclaration. La foule rassemblée a exigé la libération des militantes féministes arrêtées le dimanche 4 Mars.


    Université de Téhéran, 8 Mars 2007
    Environ 1000 à 1500 personnes se sont rassemblées dans l’université pour protester contre la ségrégation et l’apartheid, basés sur le genre, contre la dictature et l’Etat policier. Les gens chantaient « le socialisme viendra ». Quelques orateurs ont pris la parole pour les revendications des femmes et lu une résolution clarifiant celles-ci. Des portraits de Mansoor Hekmat, le dirigeant du Parti Communiste-ouvrier, ont été exhibés, et les participants ont clos le rassemblement en chantant l’Internationale.

    Environ 300 personnes se sont rassemblées au square Vali-Asr. Elles furent empêcher de démarrer la célébration du 8 Mars par les services secrets qui étaient massivement présents dans la foule. Les manifestants durent attendre pour trouver une occasion de lire leur déclaration mais ils furent stoppés.


    Université Allameh, 4 Mars 2007
    Plus de 700 personnes se sont rassemblées pour s’opposer au niveau code vestimentaire pour les étudiantes qui a été introduit à l’université. Les étudiants chantaient des slogans condamnant les méthodes fascistes de contrôle de l’université. Une étudiante a déclaré « nous ne vous laisserons pas transformer l’université en une arène du fascisme et de la réaction ». Un étudiant a déclaré « ce nouveau code vestimentaire encore plus contraignant n’est pas seulement dirigé contre les femmes, mais aussi contre nous (les hommes) et l’humanité entière ». Les principales revendications portaient sur les restrictions aux libertés individuelles.

    Tout en chantant des chants protestataires, les étudiants sont sortis du campus. Les slogans étaient « Non à la réaction ! », « Ils veulent nous habiller encore en noir ! ». Les paramilitaires étaient tout le temps présents dans la foule et filmés la scène. Une certaine tension régnait.


    Cinéma et Thêatre de la faculté, 5 Mars2007
    Les étudiants rassemblés à la faculté pour protester contre les limitations imposées par le nouveau code vestimentaire au moment des inscriptions. En dépit des conditions imposées aux étudiantes refusant de se soumettre au code vestimentaire revu à la hausse, de ne pouvoir être réinscrites à l’université, les étudiants ont cherché à lui résister. Ils ont porté leurs vêtements habituels (à l’opposé du code vestimentaire) à l’université.

    Université de Sharif, 4 Mars 2007
    Cet événement à l’université a été rempli de banderoles. Les protestataires ont chanté des chansons progressistes et déployé des banderoles proclamant « Liberté, Egalité », « La liberté des femmes est celle de la société », « Les femmes sont les principales victimes de la guerre, de la pauvreté et de la violence », « Non à l’apartheid de genre ! », « Nous défendons les luttes de enseignants et des travailleurs ! », « Le mouvement étudiant uni aux cotés du mouvement des femmes et du mouvement ouvrier ! ».

    Des discours ont été prononcés par des étudiants et des étudiantes dénonçant la menace de guerre et soulignant l’importance de s’unir avec les autres mouvements sociaux pour une société libre et égalitaire. La cérémonie s’est déroulée en dépit de la pression policière. Les espions dans la foule tentaient d’interrompre les discours mais ils ont été isolés. Un des organisateurs du rassemblement leur a dit qu’ils ne pouvaient ramener l’horloge de l’histoire aux années 80’ quand des dizaines de milliers de personnes étaient exécutées.

    Un manifeste en défense des droits des femmes a été lu à la fin et ainsi 150 ans de lutte internationale pour les droits des femmes et pour la liberté et la libération de l’humanité ont été célébrés.


    Esfahan, 8 Mars2007
    Deux initiatives se sont déroulées dans la ville d’ Esfahan. L’une au « Parc Boostan » et l’autre à la principale bibliothèque. Des femmes ont enlevé leur voile pendant plusieurs minutes pour exprimer leur haine des lois islamiques. Elles ont exprimé leur revendication d’obtenir la liberté vestimentaire et ont condamné l’apartheid de genre.

    Sanandaj, 8 Mars 2007
    Historiquement, Sanandaj est connue comme une « ville rouge » en raison des traditions du mouvement radical et progressiste. Chaque année, des séminaires sont organisés le 8 Mars. Cette année, la police et les services secrets ont attaqué la cérémonie et arrêté de nombreuses personnes. Un rassemblement au principal centre de la ville a été attaqué par les Gardes islamiques, des personnes ont été arrêtées et certaines blessées.

    Les noms des personnes arrêtées : Asoo Saleh, Peyman Nemati, Akoo Kord-Nasab, Sooran Hoseini, Voorya Tdayon, Parviz Poorrezaee, Fateme Zamani, Soraya Mohamadi, Sima Alikhani, et Salah Zamani. Il a été rapporté au siège de l’OLFI que tous les arrêtés d’hier ont été relâchés à l’exception de Peyman Nemati and Salah Zamani.

    Kamyaran, 8 Mars 2007
    Dans cette ville aussi, la présence policière était forte. Des dizaines de personnes se sont rassemblées pour célébrer cette journée, autour des tombes des femmes victimes des crimes d’honneur ou suicidées, proclamant leur résolution à défendre les droits des femmes.

    Sagez, 8 Mars 2007
    Dans cette autre ville du Kurdistan, il y avait beaucoup de monde pour célébrer cette journée internationale des femmes. Des femmes ont pris la parole pour dénoncer leur condition et exprimer le besoin de changement. La lutte pour les droits des femmes et l’abolition de l’apartheid de genre ont été les thèmes principaux des cérémonies.

    Université de Tafrash, 6 Mars 2007
    Un rassemblement s’est tenu à la faculté du génie électrique auquel de nombreux étudiants ont pris part. Une étudiante a parlé au sujet des limites imposées par la société aux femmes, en particulier à l’université. L’assemblée a adopté une résolution stipulant notamment : « la liberté dans une société se mesure à celle accordée aux femmes », « Nous continuerons dans la tradition du 8 Mars jusqu’à que toutes les discriminations soient abolies », « Je suis un être humain avant d’être une femme » et « Liberté, égalité ».

    Le lundi 5 mars, environ 100.000 enseignants ont fait grève. Le 8 mars, 10.000 enseignants ont participé à un piquet autour du Parlement pour exiger la justice et de meilleurs salaires. Le régime a refusé de satisfaire leurs revendications. Le 8 mars, de nombreux étudiants et le mouvement des femmes ont exprimé leur solidarité avec les enseignants. De nombreux tracts consacrés au 8 Mars ont été distribués parmi les manifestants. Il y a eu des discussions au sujet du 8 Mars parmi les manifestants à l’Université de Téhéran.

    Le lundi 5 mars, plusieurs milliers de salaries d’entreprise ont rejoint les enseignants pour exiger le versement des salaries impayés. De nombreux comités de travailleurs ont publié des messages le 8 mars pour célébrer la Journée Internationale des Femmes.

    Traduction reprise du Numero 210 de la Lettre de Liaisons

    05 mars 2007

    Solidarité avec Houzan Mahmoud !

    Houzan Mahmoud, militante socialiste et féministe irakienne, représentante à l’étranger de l’Organisation pour la Liberté des femmes en Irak, a reçu des menaces de mort des fondamentalistes islamistes.

    Le 26 février 2007, Houzan a reçu un e-mail signé de Ansar al-Islam, le célébre groupe jihadiste notoirement brutal, basé au Kurdistan d’Irak. Cette menace de mort contenue dans ce mail disait :
    « Avec la permission de Dieu Tout puissant, nous te tuerons aussi bien en Irak qu’à Londres à la mi-mars car tu fais campagne contre l’Islam. Tu recevras le châtiment de Dieu ».

    Houzan Mahmoud, 34 ans, qui réside à Londres, est originaire du Kurdistan irakien où elle a récemment dirigé une campagne contre l’instauration de la Sharia, la loi islamique, dans le projet de constitution. Houzan est déterminée à poursuivre son travail, en dépit du fait d’être une cible désignée par Ansar al-Islam.

    Houzan déclare : "Je continuerai à faire ce que je fais maintenant, à aller à travers le monde pour développer le soutien aux femmes d’Irak et du Kurdistan comme pour dénoncer la violence et l’apartheid basé sur le genre que les Islamistes imposent à des millions de femmes de cette région du monde."

    La camarade Houzan a besoin de notre soutien. Adressez-lui vos messages de soutien et de sympathie à l’adresse suivante: houzan73@yahoo.co.uk



    La rédaction d'APS appelle tous les militants et organisations ouvrières, laïques, démocratiques ou féministes à manifester leur sympathie auprès de la camarade Houzan Mahmoud et à s'opposer à ces menaces d'assassinat en prenant publiquement position pour les droits de femmes en Irak comme ailleurs, pour le respect des libertés démocratiques fondamentales.

    La survie et la croissance d'un mouvement ouvrier, féministe, laïque et démocratique en Irak, capable de faire face aux forces d'occupation comme aux forces intégristes réactionnaires, sont conditionnées par l'appui qu'il pourra trouver auprès du mouvement ouvrier international



    A l’invitation de l’association Nisaba (www.nisaba.eu), Houzan Mahmoud, représentante internationale de l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak sera présente au colloque Genre et développement à Lille les 30 et 31 mars 2007.
    Vendredi 30 mars 9 h 30 à 11 h30 : Table ronde Genre et développement, quels enjeux ?

    Voir aussi sur le site de Solidarité Irak l'article suivant

    27 février 2007

    Préparation du 8 mars en Iran

    Alors que vous lisez ce blog, des dizaines de femmes attendent en prison d’être exécutées en Iran.

    Les femmes en Iran constituent une réelle force en faveur d’un changement radical et progressiste. Leurs droits humains et civils les plus élémentaires sont violés par le régime islamique en Iran. Elles demandent l’égalité, la liberté, l’abolition de l’apartheid fondé sur le genre, la fin des discriminations et l’établissement d’une société laïque.

    Aidez-nous à réaliser ces buts ! Soutenez notre blog et nos revendications. Envoyez-nous vos lettres de soutien ! Ensemble, nous pouvons faire la différence. Les droits des femmes sont universels. L’humanité ne connaît pas de frontière !

    A l’occasion du 8 Mars, le mouvement pour la libération des femmes en Iran revendique :

    1. Abolition de toutes les lois discriminatoires dans les domaines économique, social, politique et culturel.
    2. Une complète égalité des droits économiques, sociaux, politiques et culturels entre les hommes et les femmes.
    3. Les droits égaux pour les femmes dans les domaines de la famille, du mariage, du divorce, de la garde des enfants et d’héritage.
    4. La liberté de l’habillement.
    5. Abolition de l’apartheid de genre.
    6. Le droit de participer à tous les sports aux niveaux national et international.
    7. Combattre la violence domestique et étatique contre les femmes.
    8. Non à la guerre, non aux bombes nucléaires !

    Nous cherchons à organiser des meetings publics pour lever la bannière de la liberté et de l’égalité. Soutenez-nous ! Rejoignez-nous !

    Sources :
    En langue anglaise : http://8march-ir.blogspot.com/
    En langue farsi : http://8march.blogfa.com/

    Bon anniversaire à l'APE !

    10ème ANNIVERSAIRE DE L’ASSOCIATION POPULAIRE D’ENTRAIDE

    SAMEDI 10 MARS
    Salle de l’Indépendance
    48 rue Duhesme 75018 Paris
    Métro Jules Joffrin

    20h : MEETING
    avec Alexis CORBIERE (PRS Pour la République sociale), Raymond DEBORD (secrétaire de l’Association populaire d’entraide), Stéphane FUSTEC (secrétaire adjoint de l’US CGT commerce et services de Paris), John REIMANN (ouvrier charpentier, Chicago – USA), Ali TOLU (ouvrier du bâtiment syndiqué CGT, militant de l’immigration)...

    22h : SOIREE CONVIVIALE
    Buffet, musique orientale avec DJ Farid

    L’Association populaire d’entraide a été fondée en 1997 dans le prolongement du Comité de soutien aux résidents du 61 rue Myhra, un immeuble « réquisitionné » par des mal-logés du 18ème.

    Aidant principalement les mal-logés, l’association a élargi ses préoccupations à toutes les injustices : situation des sans-papiers, conflits du travail, violences institutionnelles subies de la part de l’école, des services sociaux etc.

    Depuis sa création et malgré sa taille modeste, l’association a un bilan impressionnant dans les divers secteurs dans lesquels elle s’est investie : relogement de dizaines de mal-logés, régularisation de sans-papiers, etc.

    Elle a développé un grand nombre d’initiatives visant à tisser du lien social dans les quartiers populaires : distribution de livres aux enfants, distribution de vêtements aux parents d’enfants en bas âge, repas conviviaux, journées à la mer en été. En juillet 2006 encore, elle emmenait 55 personnes des quartiers populaires parisiens passer une journée à Trouville.

    Toutes ces activités ont été menées de manière totalement indépendante, en refusant tout assistanat et en étant financées par les contributions volontaires de ses membres et de ses amis. L’Association a également développé un certain nombre d’initiatives d’éducation populaire et organisé de nombreux débats publics où la parole n’était pas confisquée par des spécialistes.

    Mais elle n’a jamais oublié que des résultats tangibles ne peuvent être obtenus que par la mobilisation : elle l’a prouvé par ses cortèges dans les manifestations pour le droit au logement, la régularisation des ouvriers sans papiers, le 1er mai, etc. Souhaitant agir sur les causes des inégalités, elle refuse l’approche caritative et s’inscrit dans le mouvement global pour un changement social radical. Aujourd’hui plus que jamais la misère est en hausse dans notre pays.

    L’association fait face, dans la limite de ses moyens matériels mais surtout humains. Les animateurs de l’Association populaire d’entraide sont particulièrement fiers d’avoir sû résister, y compris dans des moments difficiles et des périodes de creux où les gens étaient démoralisés.

    Ils sont également fiers d’être entièrement restés sur une base de solidarité de classe, refusant d’un côté les sirènes de l’ethnicisme et de l’autre celles de l’intégration dans les dispositifs institutionnels et de la dé-politisation. Venez les rencontrer à l’occasion du 10ème anniversaire !

    http://www.le-militant.org/ape/assopop.htm




    APS souhaite un bon anniversaire aux camarades de l'APE et du Militant et leur adresse le voeu de rencontrer plein de succés dans l'oeuvre de mobilisation, d'organisation et d'auto-éducation de ceux d'en bas dans la lutte pour l'émancipation humaine.

    20 février 2007

    L’autre histoire du trotskisme américain

    Workers' Liberty Numéro 3/8

    L’autre histoire du trotskisme américain

    (Introduction du numéro 3/8 de novembre 2006 de la revue Workers’ Liberty qui reproduit quatre textes de Max Shachtman : Quel est le rôle de l’organisation révolutionnaire ? paru dans New International d’Avril 1945, Vingt ans du trotskisme américain et La fondation du Workers’ Party, parus dans New International de janvier - février 1954, L’accusa tion de Natalia Trotsky contre la Quatrième Internationale de Cannon de 1951. Ce numéro reproduit aussi la lettre de rupture de Natalia Sedova Trotsky du 9 mai 1951 adressée au comité exécutif de la QI et au comité politique du SWP.)

    La photo en première page de ce numéro de Workers’ Liberty montre James P. Cannon et Max Shachtman posant à l’entrée d’une impasse en cul-de-sac, dénommée Impasse des Deux Anges (1). Ce cliché fut pris au moment de la conférence de fondation de la Quatrième Internationale à Paris, en septembre 1938. Ainsi est illustré habilement, même si involontairement, le rôle que les deux dirigeants trotskistes joueront dans la « narration » de ses propres origines proclamées par le « Trotskisme Orthodoxe » post-Trotsky.

    Dans ce conte mythique, Shachtman a joué le rôle de l’ange maléfique, Lucifer, le lieutenant autrefois lumineux qui s’est révolté contre Trotsky, et contre « le programme de la Quatrième Internationale » ; et qui fut expulsé du mouvement trotskiste « officiel » pour mener une vie d’apostat, de pêcheur et de renégat.

    Cannon se vit attribuer le rôle de l’Archange fidèle, le Gabriel du trotskisme, le combattant incorruptible en faveur de Trotsky et de la classe ouvrière, le parangon de Cannon a écrit une telle histoire ! Cannon a attribué le rôle de Lucifer à Shachtman, et à lui-même le rôle de Gabriel, le mauvais et le bon anges de Trotsky et du trotskisme. Cannon a fait plus que quiconque pour façonner le « trotskisme » après Trotsky.

    Ses ouvrages, la Lutte pour le Parti Prolétarien et Histoire du Trotskisme Américain(2), et la sélection partiale et trompeuse des articles de Trotsky, publiée dans En Défense du Marxisme (1942) et inspirée par Cannon, sont les textes fondateurs du « trotskisme après Trotsky ». Ils sont le Nouveau testament du « trotskisme » post-Trotsky

    Cannon et ceux qu’il a influencés ont aussi façonné le “Trotsky” du trotskisme après-Trotsky. Ce « Trotsky » qui a été révélé à une vaste audience mondiale par Le Prophète Hors la Loi d’Isaac Deutscher – Trotsky, le tragique dirigeant soviétique injustement banni, le patriote soviétique inflexible et inébranlable qui « défendit l’Union soviétique » jusqu’à son dernier souffle de vie.

    Il y a une plus grande part de mythe que de vérité dans ce portrait.

    La part de vérité dans ce portrait est qu’effectivement, il y a eu une lutte fractionnelle dans l’organisation trotskiste américaine, le SWP, sur la question de savoir si la Quatrième Internationale devait continuer à être pour « la défense inconditionnelle de l’URSS en toutes circonstances ». Ce qui voulait dire se ranger du coté de l’URSS sans tenir compte de la politique qu’elle poursuivait, « malgré Staline ».

    La lutte fractionnelle fut déclenchée par l’invasion russe et nazie de la Pologne, puis l’invasion ultérieure de la Finlande par la Russie.

    La Pologne fut occupée par l’Allemagne et la Russie à la suite d’actions foudroyantes. L’Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939 ; l’URSS envahit la Pologne le 17 septembre. La guerre fut terminée à la fin septembre. Politiquement, cela constitua très vite un fait accompli. Le 30 novembre, la Finlande fut envahie après avoir rejeté des demandes soviétiques de cession de territoires finlandais. Les finlandais résistèrent, au début avec un succès inattendu. La guerre s’éternisa sur quatre mois avant que les finlandais consentent à suffisamment de concessions pour apaiser Staline.

    Le secteur de l’organisation trotskiste américaine dirigé par Shachtman (environ la moitié des adhérents plus l’organisation de jeunesse) refusa de se ranger du coté de l’URSS contre la Finlande.

    Trotsky dénonça nettement l’invasion de la Finlande par la Russie, comme il avait dénoncé l’invasion de la Pologne. Néanmoins, il expliqua que l’invasion de la Finlande ne pouvait pas être considérée comme un incident isolé, en relation duquel une orientation politique pouvait être basée uniquement sur les enjeux locaux entre l’URSS et la Finlande. Elle devait être considérée comme un élément de la guerre mondiale en cours. Et dans cette guerre, en dernière instance, les trotskistes devaient être pour la défense de l’URSS, tout en travaillant simultanément à la préparation d’une révolution ouvrière contre la bureaucratie staliniste.

    La polémique fractionnelle au sein du parti américain fut aussi alimentée par le conflit sur le « régime [organisationnel] de Cannon ».

    Contrairement à la version arrangée de l’histoire qui fut racontée (entre autres par Isaac Deutscher), cela ne prit pas la forme d’une discussion sur la nature de classe de l’URSS, entre Trotsky et des gens qui soutenaient que l’URSS était une nouvelle forme distincte de société de classe exploiteuse. Shachtman et une très grosse majorité de ceux qui se rangèrent de son coté dans la lutte fractionnelle, continuaient d’être d’accord avec Trotsky sur le fait que l’URSS était un « Etat ouvrier dégénéré ». Seule une petite poignée de personnes parmi l’opposition pensait que la Russie n’était pas un Etat ouvrier dégénéré, et ils restèrent silencieux.

    Pour autant que l’on puisse dire que cela a été une discussion sur la nature de classe de l’URSS, en 1939-40, celle-là avait été menée par Trotsky lui-même. Il exposa les deux points de vue, tout en rejetant l’un d’eux provisoirement !

    Trotsky argumenta contre le seul Bruno Rizzi. Rizzi ne disait rien de neuf (et politiquement, il était partisan d’une unité entre fascisme et stalinisme pour créer une nouvelle forme « progressiste » de société de classe qu’il dénommait « collectiviste bureaucratique »). Trotsky utilisa Rizzi comme un contradicteur commode dans cette polémique. Dans l’Urss dans la guerre – septembre 1939- (3), Trotsky présenta l’affaire pour considérer l’URSS comme une nouvelle forme de société de classe.

    Il acceptait, pour la première fois, de considérer que l’URSS, telle qu’elle était, sous la direction présente des staliniens, en l’absence d’une contre-révolution anti-stalinienne ultérieure, pourrait être réinterprétée comme une forme distincte nouvelle et historique de société de classe exploiteuse, le « collectivisme bureaucratique ». C’était une rupture majeure avec le point de vue qu’il avait défendu jusqu’à présent.

    Il argumenta contre le fait de procéder à cette réinterprétation immédiatement. Il serait ridicule, soutenait-il, d’apposer à l’URSS le label d’une nouvelle forme de société de classe à seulement un an ou deux avant qu’elle ne s’effondre sous les coups d’une invasion militaire ou qu’elle ne soit « régénérée » par une révolution ouvrière qui renverserait la bureaucratie.

    Essentiellement, Trotsky argumenta qu’il était trop tôt pour réinterpréter la nature de l’URSS. Il affirma que le test pratique des points en discussion, Etat ouvrier dégénéré ou nouvelle forme de société de classe, serait tranché par le destin de l’URSS dans la guerre mondiale.

    Plus que cela ! Contre ses propres supporters au sein du SWP américain, qui répondirent d’une façon caractéristique à l’évolution ébauchée par Trotsky dans l’URSS dans la guerre, en s’écriant que l’idée même de soutenir que l’URSS puisse être une nouvelle forme de société de classe était « anti-marxiste », Trotsky soutint qu’une théorie qui postulait que le stalinisme en tant que nouvelle forme de société de classe, «collectivisme bureaucratique », si elle était en accord avec la réalité, était entièrement compatible avec le marxisme. (Encore et encore une fois sur la nature de l’URSS, 18 octobre 1939). Ce n’était pas “anti-marxiste”, contrairement à ce que ses supporters avaient soutenu.

    Cannon et ceux qu’il éduquera vont soutenir pendant des décennies que les théories du stalinisme comme Collectivisme bureaucratique, développées par Shachtman et d’autres, étaient “révisionnistes”, “anti-marxistes”, et “contre le programme de la Quatrième Internationale ».

    Envers ceux, comme Shachtman, Martin Abern (deux des trois fondateurs du mouvement trotskiste américain, le troisième étant Cannon) et d’autres, qui s’opposèrent politiquement à lui sur la question de l’URSS, tout en partageant sa position théorique que c’était un « Etat ouvrier dégénéré », Trotsky fut plus violent dans sa polémique.

    Il dit que les “doutes” admis ouvertement par Shachtman, sur la caractérisation de l’URSS comme “Etat ouvrier dégénéré”, indiquaient une évolution irresponsable de son ancienne position …vers une nouvelle qui était encore, pour l’instant, non développée. Mais il en allait de même pour les « doutes » de Trotsky lui-même, tels qu’il les avait exprimés dans ses spéculations dans l’article l’URSS dans la guerre.

    Shachtman décida finalement, en décembre 1940, que l’URSS était une forme distincte de société de classe (voir l’article La Russie est-elle un Etat ouvrier ? dans le recueil Fate of the Russian Revolution). Trotsky était mort alors et ne pouvait pas commenter cette prise de position.

    Après la mort de Trotsky, Cannon et ses camarades firent de la position finale de Trotsky sur ces questions un dogme rigide. Trotsky lui-même avait insisté contre les amis de Cannon que pour un marxiste, qui ne soit pas un dogmatiste, toutes ces questions devaient être soumises au test de l’expérience pratique. Cannon, en tant que dirigeant le plus autorisé de la Quatrième Internationale affaiblie, soutint que l’opposition aux vues de Trotsky à la date du 20 août 1940, quand l’assassin aux ordres de Staline le frappa mortellement, était le fait d’un renégat « anti-trotskiste », « révisionniste » et « anti-marxiste ».

    Cannon inspira en 1942 la production d’une sélection non représentative et partiale des écrits polémiques de Trotsky sur l’URSS en 1939-40. Ils créèrent un « Trotsky » très différent du vrai Trotsky à la fin. (Essayez de lire les écrits de Trotsky sur l’URSS de 1938, 1939, 1940, y compris ceux repris dans En défense du marxisme, dans un ordre séquentiel. Le Trotsky qui apparaît est très différent du « Trotsky » fourni par Cannon et ses amis pour les trente années suivantes, durant lesquelles les articles de Trotsky autres que ceux repris dans En défense du marxisme, furent inaccessibles en dehors de quelques librairies spécialisées.)

    Ils transformèrent leur compte-rendu de la lutte fractionnel de 1939-40 en un mythe qui glorifiait leur propre “Trostkisme orthodoxe” (qui, sur des questions clés, était à l’opposé de Trotsky). Les anges maléfiques « petit-bourgeois » dirigés par Lucifer-Shachtman s’étaient révolté et les légions « orthodoxes » des « meilleurs disciples » de Trotsky les avaient mis en déroute.

    Un culte de la personnalité fut bâti autour de Cannon. (Dans l’encart publicitaire reproduit en page 5 de ce numéro de Workers’ Liberty, la triste histoire de la naissance du « Trotskisme Orthodoxe » est comptée par cette illustration. Les trois livres (Histoire du Trotskisme américain de Cannon + La Lutte pour le Parti Prolétarien de Cannon + En défense du Marxisme de Trotsky) sont vendus en un seul lot.)

    Cannon était persuadé de faire du mieux qu’il pouvait pour nourrir le “trotskysme”. En fait, il créa un « trotskisme » de secte (4) qui, certes, a préservé certains éléments de politique et de culture marxistes, mais qui devint à moitié aveugle politiquement et stérile sur le plan théorique.

    The History of American Trotskyism, comme prélude à l’histoire de la grande lutte fractionnelle de la fin de la vie de Trotsky, racontée par Cannon dans La Lutte Pour un Parti Prolétarien et puis par Défense du Marxisme, a eu une influence à travers le monde entier partout où il y avait des trotskistes. Ces livres furent utilisés comme sources politiques premières, et Cannon et ses camarades comme des modèles et des sources d’inspiration, par des gens débutants en politique, des gens qui possédaient une bien moindre culture politique que celle de Cannon et de son Trotskisme Orthodoxe.

    The Other History of American Trotskyism de Max Shachtman devrait être rendu plus connu aussi, comme élément du travail de refaçonnage d’un « trotskisme » valide pour le 21ème Siècle. Dans leurs écrits, comme dans certains aspects de leurs vies, évalués et assimilés de façon critique, aussi bien Cannon que Shachtman peuvent encore beaucoup contribuer à ce travail.

    Sean Matgamna

    Source URL:
    http://www.workersliberty.org/node/7234

    Notes:
    1) Ce cliché figure aussi en page de couverture de l’ouvrage “Dog Days: James P. Cannon vs. Max Shachtman in the in the Communist League of America, 1931-1933”, publié chez Prometheus Research Library.
    2) L’Histoire du trotskysme américain, 1928-1938, rapport d’un participant, de James P. Cannon a été publié pour la première fois en français en 2002 par Pathfinder, la maison d’édition liée au SWP américain devenu depuis pro-castriste.
    3) L’Urss dans la guerre, 25 septembre 1939, Léon Trotsky Œuvres Tome 22.
    4) Nous signalons la difficulté de traduction du terme anglais « sectist » qui ne doit pas être confondu avec « sectarian ». Ce dernier donne sectaire en français, par opposition à unitaire. Tandis que le premier renvoie à la vision du monde, étroite et propre à elle d’une secte.
    5) Les textes de Max Shachtman auxquels il est fait référence ici sont disponibles pour partie en langue anglaise sur le chapitre Shachtman des Archives Internet des Marxistes ou dans le chapitre New International de ce même site. Le recueil des textes de Trotsky, En défense du marxisme, fut conçu par Joseph Hansen.