27 février 2007

Préparation du 8 mars en Iran

Alors que vous lisez ce blog, des dizaines de femmes attendent en prison d’être exécutées en Iran.

Les femmes en Iran constituent une réelle force en faveur d’un changement radical et progressiste. Leurs droits humains et civils les plus élémentaires sont violés par le régime islamique en Iran. Elles demandent l’égalité, la liberté, l’abolition de l’apartheid fondé sur le genre, la fin des discriminations et l’établissement d’une société laïque.

Aidez-nous à réaliser ces buts ! Soutenez notre blog et nos revendications. Envoyez-nous vos lettres de soutien ! Ensemble, nous pouvons faire la différence. Les droits des femmes sont universels. L’humanité ne connaît pas de frontière !

A l’occasion du 8 Mars, le mouvement pour la libération des femmes en Iran revendique :

1. Abolition de toutes les lois discriminatoires dans les domaines économique, social, politique et culturel.
2. Une complète égalité des droits économiques, sociaux, politiques et culturels entre les hommes et les femmes.
3. Les droits égaux pour les femmes dans les domaines de la famille, du mariage, du divorce, de la garde des enfants et d’héritage.
4. La liberté de l’habillement.
5. Abolition de l’apartheid de genre.
6. Le droit de participer à tous les sports aux niveaux national et international.
7. Combattre la violence domestique et étatique contre les femmes.
8. Non à la guerre, non aux bombes nucléaires !

Nous cherchons à organiser des meetings publics pour lever la bannière de la liberté et de l’égalité. Soutenez-nous ! Rejoignez-nous !

Sources :
En langue anglaise : http://8march-ir.blogspot.com/
En langue farsi : http://8march.blogfa.com/

Bon anniversaire à l'APE !

10ème ANNIVERSAIRE DE L’ASSOCIATION POPULAIRE D’ENTRAIDE

SAMEDI 10 MARS
Salle de l’Indépendance
48 rue Duhesme 75018 Paris
Métro Jules Joffrin

20h : MEETING
avec Alexis CORBIERE (PRS Pour la République sociale), Raymond DEBORD (secrétaire de l’Association populaire d’entraide), Stéphane FUSTEC (secrétaire adjoint de l’US CGT commerce et services de Paris), John REIMANN (ouvrier charpentier, Chicago – USA), Ali TOLU (ouvrier du bâtiment syndiqué CGT, militant de l’immigration)...

22h : SOIREE CONVIVIALE
Buffet, musique orientale avec DJ Farid

L’Association populaire d’entraide a été fondée en 1997 dans le prolongement du Comité de soutien aux résidents du 61 rue Myhra, un immeuble « réquisitionné » par des mal-logés du 18ème.

Aidant principalement les mal-logés, l’association a élargi ses préoccupations à toutes les injustices : situation des sans-papiers, conflits du travail, violences institutionnelles subies de la part de l’école, des services sociaux etc.

Depuis sa création et malgré sa taille modeste, l’association a un bilan impressionnant dans les divers secteurs dans lesquels elle s’est investie : relogement de dizaines de mal-logés, régularisation de sans-papiers, etc.

Elle a développé un grand nombre d’initiatives visant à tisser du lien social dans les quartiers populaires : distribution de livres aux enfants, distribution de vêtements aux parents d’enfants en bas âge, repas conviviaux, journées à la mer en été. En juillet 2006 encore, elle emmenait 55 personnes des quartiers populaires parisiens passer une journée à Trouville.

Toutes ces activités ont été menées de manière totalement indépendante, en refusant tout assistanat et en étant financées par les contributions volontaires de ses membres et de ses amis. L’Association a également développé un certain nombre d’initiatives d’éducation populaire et organisé de nombreux débats publics où la parole n’était pas confisquée par des spécialistes.

Mais elle n’a jamais oublié que des résultats tangibles ne peuvent être obtenus que par la mobilisation : elle l’a prouvé par ses cortèges dans les manifestations pour le droit au logement, la régularisation des ouvriers sans papiers, le 1er mai, etc. Souhaitant agir sur les causes des inégalités, elle refuse l’approche caritative et s’inscrit dans le mouvement global pour un changement social radical. Aujourd’hui plus que jamais la misère est en hausse dans notre pays.

L’association fait face, dans la limite de ses moyens matériels mais surtout humains. Les animateurs de l’Association populaire d’entraide sont particulièrement fiers d’avoir sû résister, y compris dans des moments difficiles et des périodes de creux où les gens étaient démoralisés.

Ils sont également fiers d’être entièrement restés sur une base de solidarité de classe, refusant d’un côté les sirènes de l’ethnicisme et de l’autre celles de l’intégration dans les dispositifs institutionnels et de la dé-politisation. Venez les rencontrer à l’occasion du 10ème anniversaire !

http://www.le-militant.org/ape/assopop.htm




APS souhaite un bon anniversaire aux camarades de l'APE et du Militant et leur adresse le voeu de rencontrer plein de succés dans l'oeuvre de mobilisation, d'organisation et d'auto-éducation de ceux d'en bas dans la lutte pour l'émancipation humaine.

20 février 2007

L’autre histoire du trotskisme américain

Workers' Liberty Numéro 3/8

L’autre histoire du trotskisme américain

(Introduction du numéro 3/8 de novembre 2006 de la revue Workers’ Liberty qui reproduit quatre textes de Max Shachtman : Quel est le rôle de l’organisation révolutionnaire ? paru dans New International d’Avril 1945, Vingt ans du trotskisme américain et La fondation du Workers’ Party, parus dans New International de janvier - février 1954, L’accusa tion de Natalia Trotsky contre la Quatrième Internationale de Cannon de 1951. Ce numéro reproduit aussi la lettre de rupture de Natalia Sedova Trotsky du 9 mai 1951 adressée au comité exécutif de la QI et au comité politique du SWP.)

La photo en première page de ce numéro de Workers’ Liberty montre James P. Cannon et Max Shachtman posant à l’entrée d’une impasse en cul-de-sac, dénommée Impasse des Deux Anges (1). Ce cliché fut pris au moment de la conférence de fondation de la Quatrième Internationale à Paris, en septembre 1938. Ainsi est illustré habilement, même si involontairement, le rôle que les deux dirigeants trotskistes joueront dans la « narration » de ses propres origines proclamées par le « Trotskisme Orthodoxe » post-Trotsky.

Dans ce conte mythique, Shachtman a joué le rôle de l’ange maléfique, Lucifer, le lieutenant autrefois lumineux qui s’est révolté contre Trotsky, et contre « le programme de la Quatrième Internationale » ; et qui fut expulsé du mouvement trotskiste « officiel » pour mener une vie d’apostat, de pêcheur et de renégat.

Cannon se vit attribuer le rôle de l’Archange fidèle, le Gabriel du trotskisme, le combattant incorruptible en faveur de Trotsky et de la classe ouvrière, le parangon de Cannon a écrit une telle histoire ! Cannon a attribué le rôle de Lucifer à Shachtman, et à lui-même le rôle de Gabriel, le mauvais et le bon anges de Trotsky et du trotskisme. Cannon a fait plus que quiconque pour façonner le « trotskisme » après Trotsky.

Ses ouvrages, la Lutte pour le Parti Prolétarien et Histoire du Trotskisme Américain(2), et la sélection partiale et trompeuse des articles de Trotsky, publiée dans En Défense du Marxisme (1942) et inspirée par Cannon, sont les textes fondateurs du « trotskisme après Trotsky ». Ils sont le Nouveau testament du « trotskisme » post-Trotsky

Cannon et ceux qu’il a influencés ont aussi façonné le “Trotsky” du trotskisme après-Trotsky. Ce « Trotsky » qui a été révélé à une vaste audience mondiale par Le Prophète Hors la Loi d’Isaac Deutscher – Trotsky, le tragique dirigeant soviétique injustement banni, le patriote soviétique inflexible et inébranlable qui « défendit l’Union soviétique » jusqu’à son dernier souffle de vie.

Il y a une plus grande part de mythe que de vérité dans ce portrait.

La part de vérité dans ce portrait est qu’effectivement, il y a eu une lutte fractionnelle dans l’organisation trotskiste américaine, le SWP, sur la question de savoir si la Quatrième Internationale devait continuer à être pour « la défense inconditionnelle de l’URSS en toutes circonstances ». Ce qui voulait dire se ranger du coté de l’URSS sans tenir compte de la politique qu’elle poursuivait, « malgré Staline ».

La lutte fractionnelle fut déclenchée par l’invasion russe et nazie de la Pologne, puis l’invasion ultérieure de la Finlande par la Russie.

La Pologne fut occupée par l’Allemagne et la Russie à la suite d’actions foudroyantes. L’Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939 ; l’URSS envahit la Pologne le 17 septembre. La guerre fut terminée à la fin septembre. Politiquement, cela constitua très vite un fait accompli. Le 30 novembre, la Finlande fut envahie après avoir rejeté des demandes soviétiques de cession de territoires finlandais. Les finlandais résistèrent, au début avec un succès inattendu. La guerre s’éternisa sur quatre mois avant que les finlandais consentent à suffisamment de concessions pour apaiser Staline.

Le secteur de l’organisation trotskiste américaine dirigé par Shachtman (environ la moitié des adhérents plus l’organisation de jeunesse) refusa de se ranger du coté de l’URSS contre la Finlande.

Trotsky dénonça nettement l’invasion de la Finlande par la Russie, comme il avait dénoncé l’invasion de la Pologne. Néanmoins, il expliqua que l’invasion de la Finlande ne pouvait pas être considérée comme un incident isolé, en relation duquel une orientation politique pouvait être basée uniquement sur les enjeux locaux entre l’URSS et la Finlande. Elle devait être considérée comme un élément de la guerre mondiale en cours. Et dans cette guerre, en dernière instance, les trotskistes devaient être pour la défense de l’URSS, tout en travaillant simultanément à la préparation d’une révolution ouvrière contre la bureaucratie staliniste.

La polémique fractionnelle au sein du parti américain fut aussi alimentée par le conflit sur le « régime [organisationnel] de Cannon ».

Contrairement à la version arrangée de l’histoire qui fut racontée (entre autres par Isaac Deutscher), cela ne prit pas la forme d’une discussion sur la nature de classe de l’URSS, entre Trotsky et des gens qui soutenaient que l’URSS était une nouvelle forme distincte de société de classe exploiteuse. Shachtman et une très grosse majorité de ceux qui se rangèrent de son coté dans la lutte fractionnelle, continuaient d’être d’accord avec Trotsky sur le fait que l’URSS était un « Etat ouvrier dégénéré ». Seule une petite poignée de personnes parmi l’opposition pensait que la Russie n’était pas un Etat ouvrier dégénéré, et ils restèrent silencieux.

Pour autant que l’on puisse dire que cela a été une discussion sur la nature de classe de l’URSS, en 1939-40, celle-là avait été menée par Trotsky lui-même. Il exposa les deux points de vue, tout en rejetant l’un d’eux provisoirement !

Trotsky argumenta contre le seul Bruno Rizzi. Rizzi ne disait rien de neuf (et politiquement, il était partisan d’une unité entre fascisme et stalinisme pour créer une nouvelle forme « progressiste » de société de classe qu’il dénommait « collectiviste bureaucratique »). Trotsky utilisa Rizzi comme un contradicteur commode dans cette polémique. Dans l’Urss dans la guerre – septembre 1939- (3), Trotsky présenta l’affaire pour considérer l’URSS comme une nouvelle forme de société de classe.

Il acceptait, pour la première fois, de considérer que l’URSS, telle qu’elle était, sous la direction présente des staliniens, en l’absence d’une contre-révolution anti-stalinienne ultérieure, pourrait être réinterprétée comme une forme distincte nouvelle et historique de société de classe exploiteuse, le « collectivisme bureaucratique ». C’était une rupture majeure avec le point de vue qu’il avait défendu jusqu’à présent.

Il argumenta contre le fait de procéder à cette réinterprétation immédiatement. Il serait ridicule, soutenait-il, d’apposer à l’URSS le label d’une nouvelle forme de société de classe à seulement un an ou deux avant qu’elle ne s’effondre sous les coups d’une invasion militaire ou qu’elle ne soit « régénérée » par une révolution ouvrière qui renverserait la bureaucratie.

Essentiellement, Trotsky argumenta qu’il était trop tôt pour réinterpréter la nature de l’URSS. Il affirma que le test pratique des points en discussion, Etat ouvrier dégénéré ou nouvelle forme de société de classe, serait tranché par le destin de l’URSS dans la guerre mondiale.

Plus que cela ! Contre ses propres supporters au sein du SWP américain, qui répondirent d’une façon caractéristique à l’évolution ébauchée par Trotsky dans l’URSS dans la guerre, en s’écriant que l’idée même de soutenir que l’URSS puisse être une nouvelle forme de société de classe était « anti-marxiste », Trotsky soutint qu’une théorie qui postulait que le stalinisme en tant que nouvelle forme de société de classe, «collectivisme bureaucratique », si elle était en accord avec la réalité, était entièrement compatible avec le marxisme. (Encore et encore une fois sur la nature de l’URSS, 18 octobre 1939). Ce n’était pas “anti-marxiste”, contrairement à ce que ses supporters avaient soutenu.

Cannon et ceux qu’il éduquera vont soutenir pendant des décennies que les théories du stalinisme comme Collectivisme bureaucratique, développées par Shachtman et d’autres, étaient “révisionnistes”, “anti-marxistes”, et “contre le programme de la Quatrième Internationale ».

Envers ceux, comme Shachtman, Martin Abern (deux des trois fondateurs du mouvement trotskiste américain, le troisième étant Cannon) et d’autres, qui s’opposèrent politiquement à lui sur la question de l’URSS, tout en partageant sa position théorique que c’était un « Etat ouvrier dégénéré », Trotsky fut plus violent dans sa polémique.

Il dit que les “doutes” admis ouvertement par Shachtman, sur la caractérisation de l’URSS comme “Etat ouvrier dégénéré”, indiquaient une évolution irresponsable de son ancienne position …vers une nouvelle qui était encore, pour l’instant, non développée. Mais il en allait de même pour les « doutes » de Trotsky lui-même, tels qu’il les avait exprimés dans ses spéculations dans l’article l’URSS dans la guerre.

Shachtman décida finalement, en décembre 1940, que l’URSS était une forme distincte de société de classe (voir l’article La Russie est-elle un Etat ouvrier ? dans le recueil Fate of the Russian Revolution). Trotsky était mort alors et ne pouvait pas commenter cette prise de position.

Après la mort de Trotsky, Cannon et ses camarades firent de la position finale de Trotsky sur ces questions un dogme rigide. Trotsky lui-même avait insisté contre les amis de Cannon que pour un marxiste, qui ne soit pas un dogmatiste, toutes ces questions devaient être soumises au test de l’expérience pratique. Cannon, en tant que dirigeant le plus autorisé de la Quatrième Internationale affaiblie, soutint que l’opposition aux vues de Trotsky à la date du 20 août 1940, quand l’assassin aux ordres de Staline le frappa mortellement, était le fait d’un renégat « anti-trotskiste », « révisionniste » et « anti-marxiste ».

Cannon inspira en 1942 la production d’une sélection non représentative et partiale des écrits polémiques de Trotsky sur l’URSS en 1939-40. Ils créèrent un « Trotsky » très différent du vrai Trotsky à la fin. (Essayez de lire les écrits de Trotsky sur l’URSS de 1938, 1939, 1940, y compris ceux repris dans En défense du marxisme, dans un ordre séquentiel. Le Trotsky qui apparaît est très différent du « Trotsky » fourni par Cannon et ses amis pour les trente années suivantes, durant lesquelles les articles de Trotsky autres que ceux repris dans En défense du marxisme, furent inaccessibles en dehors de quelques librairies spécialisées.)

Ils transformèrent leur compte-rendu de la lutte fractionnel de 1939-40 en un mythe qui glorifiait leur propre “Trostkisme orthodoxe” (qui, sur des questions clés, était à l’opposé de Trotsky). Les anges maléfiques « petit-bourgeois » dirigés par Lucifer-Shachtman s’étaient révolté et les légions « orthodoxes » des « meilleurs disciples » de Trotsky les avaient mis en déroute.

Un culte de la personnalité fut bâti autour de Cannon. (Dans l’encart publicitaire reproduit en page 5 de ce numéro de Workers’ Liberty, la triste histoire de la naissance du « Trotskisme Orthodoxe » est comptée par cette illustration. Les trois livres (Histoire du Trotskisme américain de Cannon + La Lutte pour le Parti Prolétarien de Cannon + En défense du Marxisme de Trotsky) sont vendus en un seul lot.)

Cannon était persuadé de faire du mieux qu’il pouvait pour nourrir le “trotskysme”. En fait, il créa un « trotskisme » de secte (4) qui, certes, a préservé certains éléments de politique et de culture marxistes, mais qui devint à moitié aveugle politiquement et stérile sur le plan théorique.

The History of American Trotskyism, comme prélude à l’histoire de la grande lutte fractionnelle de la fin de la vie de Trotsky, racontée par Cannon dans La Lutte Pour un Parti Prolétarien et puis par Défense du Marxisme, a eu une influence à travers le monde entier partout où il y avait des trotskistes. Ces livres furent utilisés comme sources politiques premières, et Cannon et ses camarades comme des modèles et des sources d’inspiration, par des gens débutants en politique, des gens qui possédaient une bien moindre culture politique que celle de Cannon et de son Trotskisme Orthodoxe.

The Other History of American Trotskyism de Max Shachtman devrait être rendu plus connu aussi, comme élément du travail de refaçonnage d’un « trotskisme » valide pour le 21ème Siècle. Dans leurs écrits, comme dans certains aspects de leurs vies, évalués et assimilés de façon critique, aussi bien Cannon que Shachtman peuvent encore beaucoup contribuer à ce travail.

Sean Matgamna

Source URL:
http://www.workersliberty.org/node/7234

Notes:
1) Ce cliché figure aussi en page de couverture de l’ouvrage “Dog Days: James P. Cannon vs. Max Shachtman in the in the Communist League of America, 1931-1933”, publié chez Prometheus Research Library.
2) L’Histoire du trotskysme américain, 1928-1938, rapport d’un participant, de James P. Cannon a été publié pour la première fois en français en 2002 par Pathfinder, la maison d’édition liée au SWP américain devenu depuis pro-castriste.
3) L’Urss dans la guerre, 25 septembre 1939, Léon Trotsky Œuvres Tome 22.
4) Nous signalons la difficulté de traduction du terme anglais « sectist » qui ne doit pas être confondu avec « sectarian ». Ce dernier donne sectaire en français, par opposition à unitaire. Tandis que le premier renvoie à la vision du monde, étroite et propre à elle d’une secte.
5) Les textes de Max Shachtman auxquels il est fait référence ici sont disponibles pour partie en langue anglaise sur le chapitre Shachtman des Archives Internet des Marxistes ou dans le chapitre New International de ce même site. Le recueil des textes de Trotsky, En défense du marxisme, fut conçu par Joseph Hansen.

17 février 2007

Arrêter les déportations vers l'Irak !

COALITION TO STOP DEPORTATIONS TO IRAQ

Communiqué de presse du 13 février 2007

Plusieurs informations sont au moins parvenues sur le sort des demandeurs d’asile renvoyés de force en Irak le 12 février depuis la base de la RAF de Brize Norton.

Nous comprenons d’après des sources en provenance d’Erbil que l’avion a atterri non pas au terminal habituellement destiné aux voyageurs mais dans une zone destiné au fret et que les journalistes ainsi que la plupart des employés de l’aéroport ont été tenus à l’écart de cette zone.

Dashty Jamal, représentant de la Fédération Internationale des Réfugiés Irakiens, a téléphoné à deux des déportés ce soir. Les déportés ont dit qu’ils avaient été accueillis à leur arrivée par de nombreux agents de la police spéciale du PDK (Parti démocratique du Kurdistan) (les Asayish) qui cernaient l’avion. Plusieurs des déportés ont été frappés par les gardes présents dans l’avion lors de leur descente puis dans le car où ils sont montés. Ils ont ensuite été emmenés dans un hôtel qui était sous le contrôle des Asayish. Quelques uns ont été autorisés à quitter l’hôtel avec leur famille, mais ceux qui n’avaient pas de familles les attendant à l’arrivée sont toujours consignés dans l’hôtel. On nous a rapporté que les agents des forces spéciales du PDK interdisent à quiconque de rendre visite aux déportés présents dans l’hôtel.

La Fédération Internationale des Réfugiés Irakiens et la Coalition pour l’arrêt des déportations en Irak sont très inquiets de la volonté du gouvernement britannique de maintenir les déportations de personnes vers le Kurdistan où celles-ci seront renvoyées de force par des avions militaires. Les familles de ces personnes à Erbil n’ont pas su pendant plusieurs heures où se trouvaient leurs proches. Nous sommes aussi inquiets que le Gouvernement Régional du Kurdistan a facilité l’atterrissage de cet avion et a permis que les déportés soient battus, même si la presse au Kurdistan est remplie de démentis de l’UPK et du PDK depuis plusieurs jours, ces derniers niant avoir passé un accord avec le gouvernement britannique pour accepter le retour de personnes renvoyées de force.

Nous craignons que ces démentis, en plus du secret et de l’embargo à l’encontre des médias à l’aéroport d’Erbil, soient destinés au moins pour partie à décevoir le peuple du Kurdistan sur la politique vraiment suivie concernant les personnes rapatriées de force. Nous comprenons aussi d’après une lettre du Home Office adressée aux juges le 2 février, que le Home Office s’est en fait inquiété d’une possible attaque terroriste à l’aéroport d’Erbil, ce qui contredit leur affirmation que les trois provinces du nord de l’Irak sont des endroits surs permettant le renvoi de personnes.

Pour plus d’informations au fur et à mesure de leur arrivée, prendre contact avec
Dashty Jamal au 0785-603-2991 ou d.jamal@ntlworld.com, ou Sarah Parker au 0208-809-0633.

Lire le tract de compte-rendu des manifestations en Grande Bretagne des 9 et 10 février contre les déportations ici

14 février 2007

La Seconde Guerre Mondiale et l’Union Soviétique

The New International, mars 1940

La Seconde Guerre Mondiale et l’Union Soviétique
(Résolution soumise le 1er mars 1940 par la Minorité du Comité Politique du SWP)

Tiré de New International, Volume 6 Numéro 2, Mars 1940, page 64.
Traduction à partir du texte en ligne : http://www.marxists.org/history/etol/newspape/ni/vol06/no02/minority.htm


1. La présente guerre, qui a commencé avec l’invasion de la Pologne par l’armée allemande le 1er septembre de l’année dernière, est une nouvelle lutte entre les grandes puissances pour le re-partage de la Terre ; pour l’hégémonie sur le continent européen, et en particulier pour la domination sur la majorité de l’humanité opprimée, vivant dans les colonies et semi-colonies d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, et d’Amérique Latine. Ainsi, dans ses aspects décisifs, la présente guerre a le même caractère général que la guerre de 1914-18, en apparaissant cette fois sur la base d’un conflit et d’une dégénérescence sociale bien plus aiguës et désespérés. Toutes les tentatives de décrire cette guerre, du point de vue d’un quelconque des participants, comme étant menée pour les droits à l’autodétermination nationale (Pologne, Finlande), dans l’intérêt de « la démocratie contre le fascisme »(Grande Bretagne, France), pour « briser la mainmise de la ploutocratie capitaliste » (Allemagne), pour « la libération socialiste » ou « la défense de la révolution prolétarienne russe » (Union Soviétique), sont seulement des moyens social-patriotiques pour cacher aux masses le caractère véritable de la guerre, pour enrôler les masses dans le soutien à l’un ou l’autre participant ou groupe de participants.

2. Du caractère socialement réactionnaire de la guerre, il découle la stratégie que les socialistes révolutionnaires ont l’obligation d’adopter en ce qui la concerne. L’orientation révolutionnaire peut être résumée comme LA STRATEGIE DU TROISIEME CAMP. Cette stratégie envisage la lutte à l’échelle mondiale contre la guerre, contre tous les gouvernements belligérants et toutes les armées belligérantes, et pour la révolution socialiste internationale. Les troupes de l’armée potentielle du troisième camp se trouvent parmi les travailleurs et les paysans pauvres, les femmes et les jeunes, dans tous les pays, parmi la population asservie des colonies, semi-colonies, nations soumises, à travers le monde, tous ceux qui n’ont que la souffrance, la faim et la mort comme perspective dans la guerre, et pour lesquels seule la révolte socialiste contre la guerre peut offrir la solution.

Les rangs de l’armée du troisième camp seront forgés par le rejet de tout soutien à l’un quelconque des gouvernements et armées en guerre, par la poursuite résolue de la lutte de classe dans tous les pays, sans tenir compte de son influence sur la fortune des fronts militaires, et par le combat pour la libération des peuples des colonies et semi-colonies.
Les slogans qui guident le troisième camp peuvent se résumer ainsi :
CONTRE LA GUERRE !
POUR LA PAIX PAR LE SOCIALISME !
POUR L’INDEPENDANCE NATIONALE DES PEUPLES OPPRIMES PAR LE MOYEN DES ETATS-UNIS SOCIALISTES D’EUROPE !
POUR DES ETATS-UNIS SOCIALISTES DES AMERIQUES !
POUR UNE AFRIQUE LIBRE !
POUR UNE ASIE LIBRE !
POUR UNE FEDERATION MONDIALE DES REPUBLIQUES SOCIALISTES !

3. L’Union Soviétique participe intégralement à la guerre impérialiste mondiale pour le re-partage de la planète. Les révolutionnaires russes et les masses russes en général ne désirent ni n’accueillent favorablement la guerre de Staline. Les travailleurs et les paysans soviétiques et les peuples opprimés nationalement d’URSS exprimeront leur mécontentement et leur haine de la bureaucratie contre-révolutionnaire et de sa guerre prédatrice par un mouvement d’opposition contre la guerre – la seule base réelle pour le renversement révolutionnaire de Staline dans la guerre actuelle. Le caractère réactionnaire de sa participation à la guerre est également démontrée par :
- la politique et les buts du gouvernement et de l’armée soviétiques- l’expansionnisme bureaucratique- qui, en aucune façon, ne font pas avancer ou défendre les intérêts du prolétariat russe ou mondial, mais au contraire sont uniquement dans l’intérêt de la préservation et de l’extension des pouvoirs, privilèges et revenus de la bureaucratie ;
- le caractère de l’alliance avec l’Allemagne ;
- et par les effets de cette participation qui ne favorisent aucunement les conditions préalables à la révolution socialiste – par-dessus tout, la lutte indépendante du prolétariat et des peuples coloniaux pour le pouvoir, la liberté et le socialisme- mais qui, au contraire, éliminent ces conditions.

La guerre actuelle de Staline n’est pas plus une « guerre de défense de la propriété nationalisée » que celle de Daladier n’est en « défense de la démocratie ».

4. Les socialistes révolutionnaires sont donc obligés de réviser leur conception antérieure de « défense inconditionnelle de l’Union Soviétique » qui, dans les conditions de la guerre actuelle, mène à une stratégie qui est en opposition directe avec les intérêts de la révolution socialiste mondiale. La stratégie générale du troisième camp s’applique au gouvernement et à l’armée soviétiques comme aux autres puissances belligérantes. Dans certains cas concrets comme, par exemple, celui de l’invasion de la Finlande, nous mettons en avant des slogans tels que « Retrait de l’Armée Rouge de Finlande !», « Stop à la guerre ! » etc. …Les slogans POUR UNE UKRAINE SOVIETIQUE LIBRE !, et pour la liberté des autres nationalités non russes au sein de l’Union soviétique qui le souhaitent, POUR LE CONTROLE OUVRIER SUR L’INDUSTRIE ! POUR LA DEMOCRATIE OUVRIERE ! A BAS LES PRIVILEGES ! POUR LE RENVERSEMENT DE LA BUREAUCRATIE ! et la lutte pour telle ou telle autre revendication économique ou sociale des travailleurs et des paysans, sans égard pour ses effets sur les opérations militaires, combinés avec l’orientation internationale proposée par les mots d’ordre généraux appliqués à la guerre, cette orientation seule répond aux besoins des masses russes, y compris la défense véritable de la propriété nationalisée et son utilisation pour un développement socialiste, et elle fusionnera leur lutte avec celle des masses du monde entier pour la PAIX PAR LE SOCIALISME.

5. Il n’est pas possible de donner par avance une réponse détaillée à toutes les hypothèses variées sur les développements futurs de la guerre. Mais, par exemple, si les ennemis actuels de l’Allemagne devaient affronter l’Armée Rouge sur le sol russe ou non russe, comme extension de leur opposition à l’aide russe fournie à l’Allemagne et à l’expansion bureaucratique stalinienne – c'est-à-dire, si le caractère de la participation de la Russie à cette guerre devait rester le même (tel que décrit au point 3), notre position présente resterait inchangée. Néanmoins, si le caractère de la guerre change d’un conflit inter impérialiste, dans lequel l’Armée Rouge agit comme un pion au service de l’une des puissances impérialistes et comme l’instrument de l’expansion bureaucratique, à une guerre déterminée par une politique impérialiste et capitaliste de destruction de la propriété d’Etat soviétique et par la réduction de la Russie au rang de colonie – c'est-à-dire, si elle est déterminée par l’antagonisme mondiale entre l’impérialisme capitaliste et l’économie nationalisée soviétique- notre position devrait changer en accord avec le changement dans le caractère de la guerre. Dans une telle guerre, la bureaucratie stalinienne, en dépit du fait qu’elle continuerait à défendre, à sa manière propre, son pouvoir et ses revenus, mènerait une guerre progressiste.

La classe ouvrière révolutionnaire devrait dans ce cas adopter la position de défense de l’Union Soviétique. Notre position serait dictée par les intérêts du prolétariat mondial qui coïncident avec la lutte pour la défense de la propriété nationalisée soviétique contre sa liquidation par une quelconque puissance impérialiste. La défense de l’Union Soviétique serait menée par nous d’une manière indépendante, sans abandonner à aucun moment la lutte politique contre la bureaucratie contre-révolutionnaire.

6. Aux Etats-Unis, notre ennemi principal demeure chez nous. La tache spéciale du Socialist Workers Party est celle de la résistance à toutes les tentatives de la bourgeoisie et de son gouvernement, et de la bureaucratie ouvrière et des social-patriotes, d’exploiter les crimes du stalinisme pour l’identifier au socialisme révolutionnaire, et pour stimuler un état d’esprit en faveur de la guerre impérialiste parmi les masses et entraîner le pays dans la guerre.


For english speaking comrades

Introduction
The following political platform was written and agreed by 3 little left groups in France in last January. Translation realised by Raymond Debord .


For a programme to defend workers and youth

For a government truly representing the workers

We must begin by beating Sarkozy and throwing out the the UMP-UDF* members of the National Assembly.

Starting with the mobilisation to defend the pensions of public employees and against decentralisation, in the regional elections of 2004 and the No-victory in the referendum on the EU constitution right up to Spring 2006 against the CPE legislation*, the working class and the youth have shown that they wanted to throw Chirac, Sarkozy, Villepin and their allies out of power, to rout their deputies and so finish with their policies at the service of capital.

On each occasion, the leaders of the PS - Socialist Party - and of the PCF - French Communist Party - have refused to fight with this perspective, raising instead the presidential election of 2007. This election will take place in April/May 2007 and will be followed by the legislative elections. Everyone understands the importance of the impending battle:

How to defeat Sarkozy, the candidate of capital, whose declared programme is to redouble the fight against wages, the unemployed, the youth, immigrants.

How to block the road to the bosses' parties?
But how also, if we do defeat Sarkozy, to prevent a government presided over by S. Royal from retaining all of those reactionary laws which we have been fighting against all these past years and from trying to pursue the same antisocial policies in the same way as the "Gauche plurielle" did?

Is it actually possible without taking steps which are radically opposed to capitalism and which struggle against it to do any of the following:
- raising millions of workers out of poverty
- preventing all redundancies, factory closures and decentralisations which set worker against worker the world over
- raising wages for a decent standard of living, recreating those tens of thousands of jobs which have been destroyed in order to ensure the efficient running of schools, hospitals and public services
- giving decent jobs to millions of unemployed, youth in deprived districts, graduates dooomed by the tens of thousands to work in dead-end jobs and suffer loss of skills.
- housing homeless families
- putting an end to the ravaging of our environment etc etc.

The capitalist will always find arguments justifying the cruellest attacks on workers and youth in the name of profit and competitiveness.

It is impossible to prevent these attacks without breaking with the principle of the system and the state which defends it. It is essential to begin by defeating Sarkozy, his party and his UMP majority in the Assembly.

How?

It is perfectly legitimate for every group to defend its own programme. But all the parties which have emerged from the historical struggle of the workers' movement - the PS, the PCF, LO, LCR, PT*** - and including all the trade unions since they are in daily conflict with the government, must clearly declare as from today: Do everything to defeat Sarkozy and the UMP majority in the Assembly!

To achieve this :
- vote for the workers' party of your choice in the first round of the elections
- unite behind the best-placed candidate in the second round against the bosses' candidate.

For the legislative elections, follow the same procedure.

The Socialist Party candidate, probably the best placed for the second round, expressly declared her intention of retaining reactionary laws and thus to pursue, even sharpen, the orientation which we have experienced under Mitterand and Jospin, even going so far as to embrace some of Sarkozy's ideas.

What is to be done?

Organise for an immediate mobilisation of the working class and the youth around a programme to defend wages, defend the youth, defend other layers of the population including tradesmen, farmers, small shopkeepers whose fate is closely bound up with theirs.

Whatever the outcome of the elections, this defence will demand in effect
- the repeal of the laws brought in by Balladur, Juppé, Fillon and Douste-Blazy against the social security system and pensions, Raffarin's decentralisation laws, Sarozy's anti-immigrant laws, the LOLF****, all of the decrees, administrative measures and reactionary laws passed by preceding governements on pensions, social security, labour laws, education, privatisations and immigrants etc.
- regaining purchase power and pay linked to the inflation index; a stop to redundancies, to "social plans" to ease sackings, to production plants moving away; an opening of public offices to examinations, credits for public education according to need, reopening of classes and essential jobs, repeal of anti-secular laws; requisition of empty dwellings and a rent freeze; an amnesty for illegal immigrants; withdrawal of French troops from Afghanistan, Lebanon and sub-Saharan Africa; rejection of all measures, directives, laws and treaties of capitalist Europe.

These demands can only be met by :
A government representative of the working class, that is, consisting only of the parties and organisations of the working class movement and controlled by the workers and the youth.

These demands can only be met by putting on the government agenda a programme of breaking with the capitalist system on the basis of:
- the expropriation of the big industrialists, financiers and bankers;
- control by the workers themselves of the accounts and financial movements of the capitalists;
- democratic organisation and control of a plan of production which meets social needs, needs of labour and consumption, a rational and conscious management of the environment, the only remedy for the damages wrought by the profit system;
- active support for workers and the exploited of the whole world in their struggles and an appeal to unify our common struggle against the oppression, pillage and barbarism of the imperialist system.

Let us immediately organise for such a government and raise discussion about its programme!

CCI-T, CLSRD, Militant


Notes
*UMP Chirac's conservative party
http://encyclopedia.thefreedictionary.com/Union+for+a+Popular+Movement
UDF a more liberal grouping
http://encyclopedia.thefreedictionary.com/Union+for+French+Democracy
** CPE - Le Contrat Première Embauche - was intended to abolish safeguards for youth first entering employment
*** LO - Lutte Ouvrière, LCR - the Mandelist Ligue Commmuniste Revolutionnaire, PT - Parti des travailleurs - these groups won three million votes in 2002.
****LOLF (Organic Act on Finances) The LOLF divides expenses according to identifiable "missions" (which can be subdivided into sub-missions etc.). The performance of the administration and public bodies will be evaluated with respect to these missions.
http://en.wikipedia.org/wiki/Government_of_France

Un logement accessible, pour tous !!!

La loi pour le Droit opposable au Logement est présentée à l’Assemblée nationale le 15 février. La version actuelle ne règle pas le drame quotidien enduré par les 3 millions de mal-logés et de sans logis du pays, ni les difficultés de plus en plus importantes que rencontrent tout ceux et celles qui ne peuvent se loger convenablement car les loyers et l’immobilier n’ont jamais été aussi chers ...

Pour :
- Un vrai droit au logement opposable, pour tous ;
- Un service public du logement doté de moyens financiers et juridiques pour le mettre en œuvre ;
- Contre le logement cher : baisse et contrôle des loyers et de la spéculation immobilière ;
- La production massive de logements sociaux, y compris dans les villes bourgeoises ;
- L’arrêt de la marchandisation du logement social ;
- Des mesures d’urgences ;
- Application de la loi de réquisition ;
- Arrêt des expulsions sans relogement ;
- Arrêt des démolitions de HLM à caractère spéculatif.


Tous ensemble devant l’Assemblée nationale,
Jeudi 15 février, à 17h Place Edouard Herriot
Métro Assemblée nationale – ligne 12


Premiers signataires : Comité des Sans Logis, DAL, MACAQ, Solidaires, CGT Paris, Association Bagagérue, coordination anti-démoltion des quartiers populaires HLM, jeudi noir, Ministère de la crise du logement, ATF, IPAM France, AITEC, ANECR ...
Avec le soutien de : LCR, PCF, AL

Qui veut faire taire les MIA ?

En janvier 2007, à plusieurs reprises, les serveurs des Marxists Internet Archives / Archives Internet des Marxistes ont subi des attaques dont l’origine a pu être formellement identifiée (voir à ce sujet l’article http://www.marxists.org/incidents.htm ). Il s’agit d’une tentative venant de services de l’Etat chinois. On comprend aisément que les staliniens chinois reconvertis en ardents businessmen n’aient de cesse de maintenir la classe ouvrière de leur pays dans un état de soumission et de domination absolue pour continuer à jouir de l’avantage concurrentiel que leur procure le régime totalitaire de la dictature du parti unique.

Le formidable développement de la classe ouvrière chinoise, en nombre et en qualification, aménera nécessairement celle-ci à se rebeller et à entrer en conflit avec cette classe d’exploiteurs qui usurpent le drapeau rouge et tous les symboles du mouvement ouvrier. Dans la préparation de ce soulévement, les éléments les plus avancés recherchent les outils théoriques et politiques permettant à tous les salariés de s’éclairer, de s’orienter, de réfléchir par eux-mêmes.

Dans cette quête, ces militants (re)trouveront les textes du marxisme, les débats et les combats du mouvement ouvrier depuis 1848. Ils pourront ainsi s’aider pour démasquer la supercherie du prétendu “marxisme” des tyrans staliniens.

Le développement depuis plusieurs mois du chapitre chinois des MIA a du procurer suffisamment d’inquiétudes aux capitalistes staliniens de Pékin pour pousser ces derniers à tenter de faire taire cette institution remarquable, patrimoine de tout le mouvement ouvrier internationale. Ce faisant, les capitalistes staliniens ont dévoilé leur peur du colosse enchaîné qui finira par exiger son du et sa liberté. Ce faisant, ils ont aussi démontré qu’ils faisaient partie du camp des exploiteurs aux côtés des Bush, Blair, Merkel, Poutine, Chirac.

Pour les contrer : soutenez les Archives Internet des Marxistes, achetez les CD des compilations des textes déjà en ligne, apportez votre contribution pratique : traductions, compétences informatiques. Apportez vos dons financiers selon vos possibilités.
http://www.marxists.org/francais/index.htm un signet à mettre dans vos favoris !

31 janvier 2007

Appel Politique Commun - Janvier 2007

POUR UN PROGRAMME DE DEFENSE DES TRAVAILLEURS ET DE LA JEUNESSE
POUR UN GOUVERNEMENT REPRESENTANT REELLEMENT LES TRAVAILLEURS
IL FAUT COMMENCER PAR BATTRE SARKOZY
ET CHASSER LES DEPUTES UMP-UDF

Depuis 2003 avec la mobilisation en défense des retraites des salariés du public et contre la décentralisation, jusqu’à celle du printemps 2006 contre le CPE, en passant par les élections régionales de 2004 et la victoire du Non au référendum de 2005, la classe ouvrière et la jeunesse ont montré qu'elles voulaient chasser Chirac, Sarkozy, Villepin et consorts du pouvoir, chasser leurs députés aux ordres et en finir ainsi avec leur politique au service du capital.

A chaque fois les dirigeants du PS, du PCF, des centrales syndicales ont refusé tout combat sur cette perspective en renvoyant la question aux élections présidentielles de 2007.

Celles-ci vont avoir lieu en avril mai 2007. Elles seront suivies d’élections législatives.

Chacun comprend l’importance de la bataille qui s’annonce :
Comment battre Sarkozy, candidat du capital, dont le programme déclaré signifie des coups redoublés contre les salariés, les chômeurs, les jeunes, les immigrés, et barrer la route aux partis du patronat ?

Mais comment aussi empêcher, si Sarkozy est battu, qu'un gouvernement présidé par S.Royal garde toutes les lois réactionnaires contre lesquelles nous avons combattu ces dernières années et tente de poursuivre, comme l’a fait la « gauche plurielle », la même politique anti-sociale ?


EST-IL POSSIBLE AUJOURD’HUI…
• de sortir de la misère des millions de travailleurs,
• d’empêcher tous les licenciements, les fermetures d’usines et les délocalisations qui organisent la concurrence entre les travailleurs du monde entier,
• d’augmenter les salaires pour vivre correctement, de recréer les dizaines de milliers de postes supprimés pour faire fonctionner les écoles, les hôpitaux, les services publics,
• de donner un travail décent aux millions de chômeurs, aux jeunes des banlieues, aux étudiants diplômés voués par dizaines de milliers aux petits boulots et à la déqualification,
• de loger les familles à la rue,
• d’en finir avec le saccage quotidien de notre environnement etc., etc.

…SI L’ON NE PREND PAS DES MESURES
QUI S’OPPOSENT RADICALEMENT AU CAPITALISME ET LE COMBATTENT ?

Les capitalistes trouveront toujours tous les arguments pour justifier au nom du profit et de la compétitivité indispensables que les attaques les plus dures soient portées contre les salariés et les jeunes.

On ne peut l’empêcher sans rompre avec ces principes, c’est à dire avec ce système, ses lois et l’État qui le défend.


POUR CE FAIRE, IL EST INDISPENSABLE DE COMMENCER PAR BATTRE SARKOZY, SON PARTI ET SA MAJORITE UMP A L'ASSEMBLEE.
COMMENT ?

Il est légitime pour chacun de se présenter pour défendre son programme, mais tous les partis issus du combat historique du mouvement ouvrier (PS, PCF, LO, LCR, PT ) et même tous les syndicats puisque les revendications des travailleurs se heurtent chaque jour au gouvernement, doivent dès aujourd’hui annoncer clairement la couleur : tout faire pour battre Sarkozy et la majorité UMP de l'Assemblée !

POUR CELA
• Au premier tour vote pour le candidat du parti de son choix issu du mouvement ouvrier.
• Au second tour, on fait bloc derrière le candidat du parti le mieux placé, contre le candidat du patronat. Pas une voix ne devra manquer.
• Aux législatives, même démarche.

La candidate du PS, vraisemblablement la mieux placée pour figurer au second tour, affiche clairement sa volonté de garder les lois réactionnaires et donc de poursuivre, et même d’aggraver, l’orientation qui fut celle des gouvernements Mitterrand, Jospin, en allant jusqu’à reprendre certaines des idées de Sarkozy.


ALORS QUE FAIRE ?

S’organiser dès maintenant en vue de la mobilisation de la classe ouvrière et de la jeunesse pour un programme de défense des salariés, des jeunes, des couches populaires (y compris les petits artisans, paysans, commerçants, dont le sort leur est étroitement lié).

Quel que soit le résultat des élections, cette défense exigera en effet :
• L’abrogation des lois Balladur, Juppé, Fillon, Douste-Blazy contre la Sécu et les retraites, des lois Raffarin de décentralisation, des lois anti-immigrés de Sarkozy, de la LOLF ... de tous les dispositifs, mesures et lois réactionnaires prises par les précédents gouvernements sur les retraites, la Sécurité sociale, le Code du travail, l’Ecole, les privatisations, les immigrés, etc.

• Le rattrapage de la perte du pouvoir d’achat et indexation des salaires sur l’évolution des prix ; l’arrêt des licenciements, des "plans sociaux", des délocalisations ; l’ouverture massive de places aux concours de la fonction publique ; des crédits pour l'instruction publique autant que de besoin, la réouverture des classes et des postes nécessaires, l’abrogation des lois anti-laïques ; la réquisition des logements vides et le blocage des loyers ; la régularisation massive des sans-papiers ; le retrait des troupes françaises d'Afghanistan, du Liban, d'Afrique noire ; le rejet de toutes les mesures, directives, lois et traités de l’Europe des capitalistes.


Satisfaire ces revendications exige :
UN GOUVERNEMENT REPRESENTATIF DES TRAVAILLEURS,
DONC UN GOUVERNEMENT DES SEULS PARTIS ET ORGANISATIONS ISSUS DU MOUVEMENT OUVRIER ET CONTROLE PAR LA MOBILISATION DES TRAVAILLEURS ET DES JEUNES.

Satisfaire ces revendications met en même temps à l’ordre du jour l’exigence pour ce gouvernement d’un programme de rupture avec le système capitaliste, sur la base de :
• l’expropriation des grands groupes industriels, financiers et bancaires ;
• le contrôle par les travailleurs eux mêmes des comptes des entreprises et des mouvements bancaires des capitalistes ;
• l’organisation et le contrôle démocratique d’un plan de production permettant à la fois de répondre aux besoins sociaux, en travail et en consommation, et une gestion consciente et rationnelle de l’environnement, seul remède aux dégâts engendrés par le système de profit ;
• le soutien actif des travailleurs et exploités du monde entier dans leurs luttes et l’appel à l’unification de notre combat commun contre l’oppression, le pillage et la barbarie du système impérialiste.


ORGANISONS NOUS DÈS MAINTENANT
POUR UN TEL GOUVERNEMENT
ET ENGAGEONS LA DISCUSSION SUR SON PROGRAMME !

Premiers Signataires :
CLSRD - Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie
Le Militant
CCI(T) - Comité Communiste Internationaliste (Trotskiste)


Le bulletin APS appelle tous ses lecteurs et amis à se joindre à cet appel et à le mettre en pratique en regroupant le maximum de militants et de travailleurs sur cette orientation. A cette fin, prenez contact avec les groupes initiateurs de cet appel.

23 janvier 2007

Sur l'abbé Pierre

L'abbé Pierre.

Aujourd'hui même l'abbé Pierre est décédé. Au risque de choquer, disons nettement que cette forte personnalité n'était pas des nôtres et ne l'a jamais été. Non pas en soi parce qu'il était catholique : il y a des militants ouvriers catholiques (ou adeptes d'autres religions), et aussi des combattants démocratiques et humanistes sincères mus entre autres par leur catholicisme, comme François-Xavier Verschave, inlassable dénonciateur de l'ordre post-colonial et de la responsabilité de la France et du ... Vatican dans le génocide commis au Ruanda, que nous pouvons considérer comme « des nôtres », ce « nôtre » étant le camp, le monde, la sphère, de ceux qui dans la lutte des classes se situent parmi ou avec les exploités, pour renverser les exploiteurs et abolir l'exploitation.

En ce sens, l'abbé Pierre n'était pas des nôtres car son combat reposait sur une pensée politique et religieuse cohérente et ancienne qui s'oppose clairement, et consciemment, à la lutte des classes : la doctrine sociale de l'église qu'il défendit d'abord comme député démocrate-chrétien dés 1946 puis, de manière plus efficace, comme défenseur des sans-abri et fondateur de l'association Emmaüs à partir de 1954.

L'abbé Pierre était un frère capucin, un ordre de « frères mineurs » se réclamant de François d'Assise, dit « saint » François. François d'Assise aurait pu, au début du XIII° siècle, être brûlé comme hérétique, mais un pape intelligent, Innocent III, le récupéra pour l'église : les thèmes de la communion universelle des créatures et l 'apologie de la pauvreté constituaient l'axe de sa prédication, et le pape en fit une milice -c'était le terme consacré- de conversion et d'encadrement des pauvres des villes montantes, et au besoin de répression des hérésies par l'Inquisition. Le mouvement franciscain occupe une place fondamentale dans l'histoire du catholicisme. De l'avis de l'historien Georges Duby, si l'Italie urbaine médiévale n'avait pas été sauvée pour l'Eglise et pour l'ordre féodal et marchand par les franciscains, elle serait toute entière devenue cathare et républicaine. L'ordre franciscain pour assumer son rôle de flanc-garde et de soupape (c'est le cas de le dire !) fut souvent aux lisières de l'hérésie et de la contestation sociale. Les capucins de l'abbé Pierre sont une aile franciscaine constituée au XVI° siècle après que le courant soit une fois de plus en grande partie passée aux hérétiques, en l'occurrence protestants. L'apologie de la pauvreté et sa pratique ostentatoire par les prédicateurs a pour fonction sociale et symbolique de leur donner l'autorité nécessaire pour encadrer les pauvres et moraliser les riches, de façon à ce que tous vivent ensemble dans une société réconciliée à l'image du corps mystique du Christ, les riches restant riches et les pauvres restant pauvres.

Tel fut bien le combat de toute sa vie de l'abbé Pierre. Des militants ouvriers pouvaient se retrouver avec lui sur l'exigence immédiate de loger des sans-abri, pas sur ses objectifs fondamentaux qui se sont toujours situés aux antipodes de tout combat émancipateur. Le fond d'antisémitisme qui produisit, voici quelques années, une chute de sa popularité, est en cohérence avec cette vision doctrinale dans laquelle la « bonté » est avec les « pauvres » et où de méchants « riches » font du mal aux chrétiens : les Juifs !

La trame franciscaine -et la logistique de l'ordre- se retrouve encore derrière le Forum Social Mondial qui se déroule en ce moment même à Nairobi. L'apologie de la pauvreté, réélaborée en termes de « libération » par le franciscain brésilien Frei Betto et l'intellectuel Leonardo Boff, fournit la trame idéologique de la « théologie de la libération » dont on oublie toujours qu'elle empêche bien des mouvements latino-américains, dont dernièrement les sandinistes vainqueurs des élections au Nicaragua, ou comme une partie de la direction du PSOL brésilien, de combattre pour le droit des femmes à disposer de leurs corps, donc à l'avortement ; et dont on oublie aussi de dire qu'elle a exercé directement le pouvoir dans un pays : la république haïtienne du père Aristide ... Ce ne sont plus les « prolétaires » qui doivent s'émanciper, ce sont les « pauvres » avec lesquels il faut communier. Sous une forme sophistiquée, cette antienne franciscaine se retrouve dans les théories de l'ultra-gauchiste italien Toni Negri avec le thème faussement machiavélien de la « multitude ».

Assurément, les pauvres en Amérique latine par exemple sont nombreux et ont des revendications, mais ils sont une armée de réserve du capital mondial, et à ce titre forment la classe de ceux qui pour vivre n'ont que leur force de travail à vendre, même quand ils ne peuvent pas la vendre : les prolétaires, et c'est en tant que tels qu'ils peuvent se libérer, par la prise du pouvoir, la socialisation des moyens de production et leur union internationale. Assurément aussi, bien des militants d'inspiration chrétienne, voyant le Christ dans la classe ouvrière et ne voulant pas la catéchiser de l'extérieur, sont devenus d'authentiques militants ouvriers, ou paysans. Mais les responsables et les idéologues de l'ordre franciscain, eux, n'ont jamais perdu le Nord : la communion des pauvres est toujours restée pour eux l'alternative à la lutte des classes. A ce poste de combat prenait position Henri Groués, alias l'abbé Pierre. Pour ce combat sera orchestrée sur sa tombe l'union nationale pour la bonne cause des bonnes âmes qui font des bonnes oeuvres. Nous compatissons au vieil homme décédé, mais nous n'en sommes pas !

Article paru dans la Lettre de Liaisons Numéro 204 du 22 janvier 2007

14 janvier 2007

Mal-Logés d'Alfortville : 14 janvier 2007

Communiqué du 14 janvier 2007

ADIME (Association pour le Développement et l’Intégration des Maliens à l’Extérieur)
Représentant : Sekou Fofana
CCSA (Comité Chômeurs et Salariés d’Alfortville)
Conseiller municipal : Daniel Petri

Alfortville, le 14 janvier 2007


Cérémonie d’ouverture de la médiathèque

MAL-LOGÉS : LA VIOLENCE POUR TOUTE RÉPONSE

Des familles mal-logées de la rue Paul Vaillant-Couturier (2, 2 bis, 4) demandaient depuis le 26 décembre au Maire de recevoir leur délégation à la suite de l’incendie de l’imprimerie de ce lotissement qui a mis en danger la vie et la santé de ces familles.

Le Maire n’a pas daigné répondre à leur courrier, refusant, de fait, de recevoir leur délégation.

En l’absence de dialogue démocratique élémentaire entre la Municipalité et des familles alfortvillaises de salariés qui vivent dans des logements insalubres et dangereux, ces dernières avaient décidé de se rendre à la cérémonie d’ouverture de la médiathèque avec une banderole où il était écrit « le droit au logement, c’est ici et maintenant », pour se faire enfin entendre, pacifiquement, du maire qui officiait cette cérémonie.

Les vigiles d’une société privée commandés par la municipalité ont agressé des mal-logés et le conseiller municipal qui les accompagnait, s'’emparant de leur banderole et la déchirant.

A la suite de quoi, le Maire a fait appel à la police pour empêcher les mal-logés de s’exprimer.

Au cours de cette altercation, les partisans et adjoints de Monsieur Rouquet ne cessaient de dire aux mal-logés : « allez à Saint Maur demander des logements ». Ignoreraient-ils que pour demander des logements dans une ville, quelle qu’elle soit, encore faut-il y résider ?

Les familles mal-logées d’Alfortville ont fait leur demande de logement à Alfortville, elles veulent un toit décent, à loyer modéré et aux normes de sécurité à Alfortville, quoi de plus normal ?

En tout état de cause, c’est le maire qui sort des cadres normaux de la démocratie communale,
- en refusant de recevoir les délégations de familles mal-logées,
- en refusant de mettre à l’ordre du jour des séances du conseil municipal des questions orales réglementaires posées par le conseiller municipal qui intervient en faveur des mal-logés.

De même,
- il ne reçoit pas les habitants,
- ne tient pas de permanences,
- ne répond pas aux courriers des administrés.

De même, il ne prend pas les arrêtés de péril nécessaires pour obliger légalement les bailleurs privés des logements insalubres à garantir la sécurité des locataires mal-logés.

Il est temps que ce maire revienne à la raison, c'est-à-dire au dialogue.
Monsieur le Député-Maire doit recevoir les familles mal-logées

Le droit au logement, c’est ici et maintenant
Le droit au logement, c’est pour tous

Pour tout contact : 1 bis, rue des épinoches 94140 Alfortville.
Téléphone-fax 01 43 68 31 65
Portable : 06 81 25 12 86

09 décembre 2006

Avant la réunion nationale des collectifs anti-libéraux des 9 et 10 décembre 2006.

Au moment où les délégués des collectifs issus du mouvement pour le Non de gauche au TCE vont se réunir pour désigner leur candidat à la présidentielle, le choix du candidat importe peu dans la mesure où l’ensemble des prétendants actuellement connus (Buffet, Autain, Salesse et Bové) ont participé à l’essoufflement de ce mouvement.

Au soir du 29 mai 2005, comme au soir des régionales de mars 2004, l’illégitimité de Chirac, de son gouvernement De Villepin – Sarkozy, de leur assemblée croupion était manifeste.

Ce régime, ce gouvernement, cet exécutif n’avaient aucune légitimité à mener tranquillement leur politique anti-sociale. Comme Chirac n’avait aucune légitimité à être élu le 5 mai 2002 alors qu’il frôlait à peine la barre des 20% au soir du 21 avril.

Le rejet majoritaire du libéralisme exprimé dans le vote du 29 mai aurait du trouver son expression dans l’exigence immédiate du départ du régime et de Chirac. Il n’en a pas été ainsi car les dirigeants du Non de gauche, aussi bien ceux du PS (Fabius, Emmanuelli) que ceux du PCF, de la LCR, de LO et du PT, ont été effrayés par cette perspective.

La première conséquence de cet effroi a été le ralliement des dirigeants du Non socialiste à la synthèse au congrès du PS. Ce faisant, Emmanuelli et Fabius distribuaient les verges pour se faire battre et offraient à Hollande les moyens de circonscrire l’effet du Non socialiste, composante déterminante de la victoire du NON.

Faute d’un appel à chasser Chirac et son gouvernement, nous avons eu droit au CNE en août 2005, puis à l’isolement des grèves de Marseille et de la RTM en septembre-octobre, puis à l’explosion des banlieues qui a incarné l’impasse d’une exaspération sociale profonde dépourvue d’organisation et d’orientation.

Heureusement, le mouvement de la jeunesse du printemps 2006 a pu et su entraîner le mouvement ouvrier dans le combat pour l’abrogation du CPE. Néanmoins, chacun à leur manière, les dirigeants politiques et syndicaux de toute la gauche ont tout fait pour que l’on en reste là et qu’on ne s’attaque pas au reste de cette politique libérale et surtout à son centre organisateur, le gouvernement.

Depuis, nous avons deux candidats de l’establishment en campagne (Sarkozy et Royal) mais toujours pas de candidat anti-libéral ni de campagne menée tambour battant sur le thème de chasser la droite pour défaire toutes les mesures prises contre les jeunes et les travailleurs.

Certes les collectifs disposent d’un « programme » mais celui-ci est bien mauvais surtout quand on commence à aborder la question européenne et mondiale : point de rupture avec l’UE !

Reste en guise de plat principal, la mère de toutes les batailles, celle pour la désignation du candidat du rassemblement anti-libéral. A partir du moment où le rassemblement se veut « programmatique » et où l’objectif dérive vers l’espoir d’un groupe parlementaire significatif, la question de rassembler les travailleurs pour chasser la droite ou ceux qui font une politique de droite n’est pas au centre de la discussion. Dés lors qui choisir ?

La méthode dite du « consensus » est employée. Cette méthode a surtout le désavantage de donner un droit de veto à toute minorité de blocage et de déporter la discussion sur le choix du candidat vers les tractations de couloir …non pas entre militants à égalité de droits dans ce choix mais entre appareils et micro-appareils, au-dessus des militants.

On rappellera au passage que le PCF dispose de près de 100.000 militants (contre environ 15 à 20.000 revendiqués par les collectifs) et surtout de la capacité à offrir (ou refuser..) les 500 signatures d’élus sans lesquelles il n’y a point de candidature valide.

Dès lors, la perspective d’une sélection de Marie-Georges Buffet comme candidate du rassemblement anti-libéral a toute légitimité d’un point de vue arithmétique.

Si les initiateurs des collectifs voulaient vraiment aider au rassemblement des jeunes et des travailleurs dans le prolongement du vote du 29 mai, ils pourraient aussi solliciter Jean-Luc Mélenchon, ce qui offrirait la possibilité de réunir les militants du Non socialiste n’ayant aucune intention de rallier la campagne blairiste de Ségolène Royal, avec les autres composantes du Non de gauche.

Une telle initiative mettrait aussi bien le PCF que Mélenchon au pied du mur en ce qui concerne l’unité du regroupement pour l’un, la rupture avec la synthèse assassine de l’élan du 29 mai pour l’autre. Mais une telle perspective ne peut se concrétiser que si une volonté de battre la droite et ceux qui veulent faire la politique de la droite à la place de la droite s’imposait vraiment.

Pour l’instant, ni la campagne de Sarkozy, ni celle de Royal…ni celle du rassemblement anti-libéral ne sont à l’abri d’une nouvelle vague sociale dans les cinq mois à venir. Un tel événement permettrait aux militants comme à de larges couches de travailleurs de rappeler fermement les revendications indispensables pour l’amélioration de la vie du plus grand nombre et offrirait l’occasion de la relance d’une organisation des travailleurs à partir de la base, soumettant les sommets à la pression et à la critique de cette base.

Seule l’organisation des travailleurs et des militants permettra d’avancer vers le rejet de la droite et l’imposition d’un gouvernement des organisations qui recueillent les suffrages des travailleurs, en rupture avec les institutions existantes, pour la satisfaction des revendications et des besoins du plus grand nombre.

20 octobre 2006

Anas El Jazouli et sa famille sauvés !

Informations du 19 octobre 2006 à 22h11

Bonjour,

Veuillez trouver ci-après les dernières communications concernant l'affaire Anas El Jazouli. Restons vigilants, nous ne sommes pas à l'abri d'un mauvais coup. Nous demandons l'arrêt des envois de courriels à la préfecture de seine-et-marne. Une fête aura lieu d'ici quelques jours et toutes les personnes ayant soutenu Anas El jazouli et sa famille y seront conviées.

Salut et Fraternité

Le Comité de soutien :
Sylviane Chavany ,Conseillère régionale (PCF 77), le RESF 77 et l'UFAL 77
contact@sauvons-eljazouli.info

Anas El Jazouli et sa famille sauvés

Le tribunal administratif vient de rendre son délibéré :

Anas El Jazouli et sa famille pourront continuer à résider en France…

Nous nous réjouissons de cette victoire contre l’arbitraire sarkoziste, si bien relayé en Seine et Marne par le Préfet, qui se promettait de les renvoyer dans leur pays d’origine malgré les graves menaces qui pesaient sur la vie d’Anas El Jazouli. Il aura fallu pour cela qu’Anas E J mette sa propre vie en danger par 39 jours de grève de la faim, que toute sa famille montre sa détermination à faire triompher la justice et qu’un élan de solidarité formidable se manifeste à Montereau et dans notre région.

Je tiens à saluer toutes les personnes qui se sont rassemblées spontanément autour de la famille: les voisins, les parents d’élèves, les enseignants, infirmières et médecins, Clotilde Gauthier et les militants de Réseau Education Sans Frontières, Nicolas Pomiès de l’UFAL, la municipalité de Varennes, le maire de Vaux le Pénil, le Sénateur maire Michel Billout, Jacques Gobillot conseiller municipal de Montereau, Michèle Guzman secrétaire départementale du PCF etc…

Mais je suis informée aujourd’hui que d’autres familles résidant à Montereau sont à leur tour menacées d’être reconduites à la frontière. Il faut donc continuer à agir contre l’esprit de cette circulaire Sarkozy.

Pour quelle raisons?

Celle-ci indique par exemple qu’une famille pourra demeurer en France à condition que des enfants soient nés sur notre territoire ou soient scolarisés. En réalité lorsqu’un recours est adressé au Tribunal Administratif sur cette base, on apprend alors par le Juge que la fameuse circulaire Sarkozy n’est pas en soi attaquable puisqu’elle ne remplit pas les conditions d’une loi. Dès lors, personne ne sait plus contre qui et contre quoi se retourner. Voilà le piège dans lequel Sarkozy et ses fidèles ont voulu enfermer des milliers de familles étrangères qui pensaient avoir le droit pour elles.

En réalité toutes les familles doivent savoir que leurs droits à demeurer sur le territoire français peuvent s’appuyer, non pas sur les critères exigés par la circulaire mais sur des textes fondamentaux et notamment:

* la convention internationale des droits de l’enfant
* l’article 8 de la Convention Européenne des droits de l’Homme, qui reconnaît pour chaque être humain le droit de vivre en famille.

Je trouve que c’est une magnifique leçon qui est donnée au ministre de l’intérieur, au Préfet de Seine et Marne, que celle qui consiste à s’appuyer sur des conventions internationales édictant des droits de l’enfant et de la famille pour leur donner juridiquement tort.

Sylviane Chavany
Conseillère régionale d’ Ile de France, PCF




15 octobre 2006

La famille El Jazouli convoquée au tribunal administratif

Repris de la liste d'information et de soutien à Anas El-Jazouli et sa famille, du 14 octobre 2006 :

La famille El Jazouli a reçu une convocation pour le tribunal administratif de Melun (77). L'affaire sera traitée mardi 17 octobre 2006 à 15 h 00.

Déjà, les soutiens locaux s'organisent pour un covoiturage afin d'accompagner Mme El Jazouli au Tribunal. Elle ira sans son époux, celui-ci poursuivant la grève de la faim commencée le 11 septembre. Le corps médical, constatant son état de faiblesse grandissante ,ne l'autorisera pas à quitter l'hôpital. Tiendra-t-il jusque là?

Le préfet de Seine et Marne peut, quant à lui, revenir sur sa décision à tout moment, et décider de régulariser la famille. Les médias se sont emparés de l'affaire, c'est dire si la situation est injustement ressentie par de nombreuses personnes. Restez tous mobilisés autour de la famille, c'est le souhait d'Anas.

Débat autour du livre de Nicolas Dessaux

Résistances irakiennes. Contre l'occupation, l'islamisme et le capitalisme

Un débat de Quilombo, co-organisé avec Solidarité Irak

le mercredi 25 octobre à 19h45
Au Cicp - 21ter rue Voltaire - 75011 Paris
M° Nation ou Rue des Boulets

Autour du livre de Nicolas Dessaux, membre de Solidarité Irak, en présence de l'auteur.

"Résistances irakiennes. Contre l'occupation, l'islamisme et le capitalisme", coordonné par Nicolas Dessaux, Paris, Éditions l'échappée. 124 pages / 10 euros.
A paraître le 2 novembre 2006

Dans un Irak déchiré par l'occupation militaire et la guerre civile, des hommes et des femmes, arabes et kurdes, athées et croyants, sunnites et chiites, chômeurs, ouvriers, syndicalistes et féministes cherchent à sortir du chaos.

Menacés par les islamistes, persécutés par les nationalistes, emprisonnés par les troupes d'occupation, ils tentent de répondre à ces questions :
Comment combattre l'impérialisme américain sans poser de bombes ? Quelles stratégies adopter pour empêcher la guerre civile de se propager dans les quartiers ? Comment défendre les droits des femmes alors que les islamistes participent au gouvernement et tiennent la rue ? Quelles luttes sociales mener pour défendre l'égalité et les droits des salariés ?

Ce livre leur donne la parole. Ces neuf entretiens nous font découvrir cette autre résistance, résolument laïque, féministe et anticapitaliste qu'Al-Qaeda considère " plus dangereuse que le Mossad ".

*Nicolas Dessaux, archéologue, est président de l'association Solidarité Irak, qui, depuis 2003 fait connaître et soutient les luttes féministes et sociales en Irak occupé.

Les Éditions l'échappée : http://www.lechappee.org/

Solidarité Irak : http://www.solidariteirak.org/

09 octobre 2006

Anas El Jazouli, hospitalisé d'urgence le 07 octobre malgré son état continue sa grève de la faim !

Repris de la lettre d'information numero 5 du comité de soutien à Anas

Anas El Jazouli militant laïque marocain réfugié en France pour fuir une fatwa lancée par des intégristes islamistes se trouve toujours aujourd'hui sous le coup d'une invitation à quitter le territoire.

Le retour au Maroc signifiant une mort certaine, Anas El Jazouli a décidé depuis plus de 30 jours une grève de la faim qui aujourd'hui après plus de 26 kilos perdus met ses jours en périls. Énormément diminué physiquement, Anas El Jazouli a été hospitalisé d'urgence samedi 07 octobre.

Nous ne pouvons supporter ni le mutisme des autorités face à ce dossier ni les déclarations médiatiques contradictoires du Maire de Montereau et nous nous demandons qui a intérêt à laisser mourir ainsi un militant laïque.

Nous appelons avec force et vigueur les autorités française à faire preuve d'humanisme conformément aux principes républicains en choisissant de garder sur notre territoire ce militants des droits de l"homme en lui permettant d'obtenir les papiers afin de lui permettre de vivre libre dans notre République.

* Michel Billout Senateur-Maire de Nangis (77)
* Gérard Delfau Sénateur-Maire de Saint-André de Sangonis (34)
* Sylviane Chavany Conseillère régionale Ile De France
* Lydie Benoist Conseillère régionale Ile De France
* Jean Brafman Conseiller régional Ile De France
* Tarek Ben Hiba Conseiller régional Ile De France
* Daniel Guerin Conseiller régional Ile De France
* Pierre Carassus Maire de Vaux Le Pénil (77) ancien député
* Jean Mitot Maire de Varennes-Sur-Seine (77)
* Ingrid Jaurais Maire-adjointe de Savigny-Le-Temple (77)
* Alain Vacheret Maire-adjoint de Roissy-En-Brie (77)
* Michele Guzman secrétaire départementale PCF 77 membre de l'exécutif PCF
* David Charpentier Secrétaire-général PRG 77
* Maurice Pollet UDF 77
* Clothile Gautier RESF 77
* Nicolas Pomiès Secrétaire UFAL 77
* Pierre-André Taguieff Philosophe et historien des idées
* Martine Cerf Secrétaire d'Egale
* Antoine Peillon Président France Radicale
* Serge-Maximillien Jaurais Président de Fraternité Franco-Chilienne

et les 976 signataires qui le 08 octobre avaient signé la pétition sur
http://sauvons-eljazouli.info/

Contacts presse :
Sylviane Chavany Conseillère Régionale Il De France: 06 30 81 16 88
Nicolas Pomiès Secrétaire UFAL 77 : 06 27 17 26 91


--> plus que jamais de faire pression auprès du préfet de Seine-Et-Marne en transmettant chaque jour le message suivant :

Monsieur le Préfet de Seine et Marne,

Je vous prie de bien vouloir examiner avec bienveillance la situation de monsieur Anas El Jazouli, militant laïque marocain, qui risque sa vie et celle de sa famille si vous persistez dans votre refus de régularisation de ses titres de séjour dans notre République Française.

Communication@seine-et-marne.pref.gouv.fr
isabelle-herve@seine-et-marne.pref.gouv.fr

tél : 01 64 71 77 77
fax: 01 64 71 76 51

Nous demandons aussi aux signataires de la pétition étrangers à la France d'envoyer un message de protestation aux ambassades française du pays dans lequel ils se trouvent.

Sylviane Chavany a été interrogée sur l'affaire El Jazouli par Radio Orient, son témoignage est passé vendredi à plusieurs moments sur les ondes de la station

04 octobre 2006

Droit d'asile pour Anas El Jazouli !

Repris du site sauvons-eljazouli.info

Après un séjour régulier de presque 4 années (autorisation de séjour renouvelable chaque 3 mois !) en France, Anas El Jazouli, président du Mouvement Laïc Marocain, président de l'Association des Opposants Marocains à l’Etranger, membre du Mouvement pour la Défense des Minorités au Maroc, membre du Manifeste des Libertés, ayant subi des menaces de mort de la part d'extrémistes islamistes dans son pays d'origine, a reçu ainsi que sa famille une invitation par le Préfet de Seine et Marne à quitter le territoire dans un délai d’un mois, suite à une demande déposée dans le cadre de la circulaire Sarkozy.

Outre le fait que cette décision ait été motivée par les conséquences d’un pseudo entretien à la préfecture qu’aurait subi la famille Jazouli, ce qui n’a jamais été le cas, le préfet ajoute des critères d’ancienneté (alors que ceux requis sont de deux années et que la famille Jazouli est en France depuis presque 4 ans et celui de la stabilité alors que la famille réside dans la même ville à la même adresse depuis 3 ans.

Il semblerait que d’autres motifs plus politiques liés aux activités militantes d’Anas Jazouli ainsi que certaines de ses prises de positions aient contribué à fausser un traitement objectif de son dossier.

Pour mettre fin à une situation insoutenable et protester contre certains éléments hostiles à la régularisation de sa famille, Anas Jazouli est en grève de la faim depuis le 12 septembre. il est déterminé à aller jusqu’au bout. Son état de santé se dégrade rapidement, son épouse et ses enfants tous mineurs (2 et 4 ans) se trouvent plongés dans une détresse insupportable.

Le comité de soutien composé de RESF, de l'UFAL, d'élus de Seine-Et-Marne, d'enseignants ainsi que d'autres citoyens de la ville de Montereau dans laquelle il réside en appelle aux autorités françaises pour mettre fin à cette situation et régulariser cette famille en faisant preuve d’humanité.

Vous aussi manifestez votre soutien à Anas El Jazouli en déposant votre signature dans le formulaire ci-dessous. Vous serez ainsi tenus au courant de l'évolution de son dossier et de sa situation.

Premiers Signataires:
Sylviane CHAVANY (Conseillère régionale d'Ile de France (PCF 77)) , RESF 77(Réseau Education Sans Frontière de Seine et Marne) , UFAL 77(Union des FAmilles Laïques de Seine et Marne)

APS invite les lecteurs du blog à soutenir ce militant laïque et à faire connaitre cet appel de soutien. Le barrage de la solidarité peut faire la différence et sauver la vie d'un militant scandaleusement menacé d'expulsion par les services de Sarkozy

01 octobre 2006

Manif du 30 septembre 2006 : tract commun

Tract commun diffusé à 6000 exemplaires à la manifestation parisienne du samedi 30 septembre 2006

ABROGATION DE LA LOI SARKOZY
ET DE TOUTES LES LOIS ANTI-IMMIGRES

REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS

Travail, santé, logement, école, MEMES DROITS à tous les travailleurs
A travail égal salaire égal - Un toit, un bail en HLM pour tous :
REQUISITION des 400 000 logements vides en région parisienne.

Pour tout cela :
DEHORS SARKOZY
et le gouvernement Chirac-De Villepin.

La majorité UMP-UDF de l'Assemblée nationale a voté la loi "Ceseda" de M.Sarkozy en juin 2006.

Cette loi supprime le droit à la régularisation au bout de dix ans et veut sélectionner les travailleurs et les étudiants les plus "rentables". Elle subordonne le titre de séjour au titre de travail : aux patrons de décider. Le but réel n'est pas de diminuer, mais bien d'augmenter le nombre de sans-papiers, afin qu'ils soient sans droits, pour les mettre en concurrence avec les travailleurs "en règle" et affaiblir ainsi l'ensemble des salariés.

Sarkozy et Villepin avaient annoncé qu'au 30 juin 2006 toutes les familles sans-papier avec des enfants scolarisés seraient expulsées. Alors qu'ils voulaient faire partir les charters au 30 juin, ILS N'Y SONT PAS ARRIVES.

Ils n'y sont pas arrivés, parce qu'après la victoire contre le CPE (Contrat Première Embauche), par centaines et par milliers, des parents d'élèves, des enseignants, des jeunes, des militants, se sont mobilisés avec notamment le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), écoles par écoles, collèges par collèges, lycées par lycées, préfectures par préfectures, tribunaux par tribunaux, centres de rétention par centre de rétention ... manifestant leur fermeté, leur volonté de combattre ce gouvernement, en s'engageant à protéger les jeunes, les élèves, les enfants, et à violer la "loi" si nécessaire.

Obligé de manœuvrer, Sarkozy a établi un quota, et en effet 6 924 familles seulement ont été "retenues" sur 33 538 dossiers déposés dans les Préfectures. A la défense au cas par cas, le gouvernement répond par la provocation contre tous, par l'angoisse du kidnapping policier dressé contre des milliers de familles et de travailleurs.

Par ailleurs, la place Beauvau (Ministère de l'Intérieur), en plein mois d'août, envoie ses commandos chasser de leur habitation qu'elles squattaient faute de logements décents des centaines de familles de travailleurs émigrés, à Cachan (dont la plupart ne sont absolument pas des sans-papiers). Les opérations commandos se succèdent, comme cette semaine à Aubervilliers contre des travailleurs chinois, donnant lieu à des scènes de chasse à l'homme, à la femme, à l'enfant.

Et pendant ce temps, c'est le Ministre de l'Intérieur qui, comme au temps des colonies, va signer au Sénégal un accord de trafic de main-d'œuvre et des cerveaux !

Le "cas par cas" est arrivé à ses limites. Bien sûr, il faut défendre chaque dossier, chaque famille, chaque personne, mais pour cela il faut une mobilisation centralisée contre ce gouvernement et contre Sarkozy.

Une première manifestation nationale est appelée le samedi 30 septembre par les collectifs de sans-papiers et de personnalités, la FSU, SUD, l'Union Départementale CGT de Paris, le PCF, la LCR, pour "des papiers, des logements, des écoles pour tous". Oui, il ne faut plus nous disperser, il faut centraliser notre combat, contre le gouvernement.

Pour cela ne faut-il pas l'unité de tous les travailleurs, donc de toutes les organisations ouvrières, syndicats et partis ? Face à un président et un gouvernement minoritaires, illégitimes, discrédités, et qui plus est divisés, l'unité peut et doit se réaliser.

Pourquoi les dirigeants de nos organisations n'appellent-il pas
A UNE GRANDE MANIFESTATION NATIONALE AU MINISTERE DE L'INTERIEUR ?

Nous appelons les lecteurs de ce tract à en discuter, à nous contacter et à s'organiser pour gagner.

Le Militant
La Commune (section française de l'UIT-IVeme Internationale)
Comité Communiste Internationaliste (Trotskyste)
Club Liaisons Socialisme Révolution Démocratie

20 septembre 2006

A gauche du PS, c'est comme au PS !

Avec la fête de l'Huma, cette confusion au sommet vient de s'accentuer. L'impression générale en effet est maintenant, explicitement, qu'à "gauche de la gauche", hé bien ... c'est "comme au PS" !

Cette impression est fondée, mais il est important de comprendre sur quoi. A gauche de la gauche comme au PS, après le 29 mai 2005, on a tout dit sauf que MM. Chirac, De Villepin et Sarkozy étaient illégitimes, devaient partir, et que le moment d'organiser la mobilisation pour les chasser et pour changer de régime, mobilisation possible comme l'ont montré le 29 mai et la lutte contre le CPE, mobilisation nécessaire car on ne fera pas l'économie d'une crise et d'une rupture, oui, dans le sens inverse de celui préconisé par M. Sarkozy. Tout sauf ça, telle a été l'orientation commune des ténors du Oui et de ceux du Non, des dirigeants du PS aux théoriciens du "jamais avec le PS". C'est cette acceptation du régime de la V° République et de ses règles qui conduit à la situation présente.

Sinon, la méthode théoriquement la meilleure pour aborder les élections était connue : que les travailleurs, les jeunes anti-CPE, les militants, se réunissent partout pour élaborer leur programme et désigner leurs candidats aux législatives, puis s'unissent pour chasser Sarkozy, Chirac, De Villepin ...

Au PCF, dans les "comités du Non" qui n'ont plus grand chose à voir avec le mouvement de fond de 2005, sans parler des convulsions bureaucratiques d'ATTAC, c'est donc "comme au PS", finalement. Voila qui ne peut que pousser les uns et les autres à résoudre les choses tous ensemble. Dans les "comités du Non", une pression militante s'exerce pour que le ou la candidat(e) qu'ils soutiendraient, et qui devraient avoir le soutien, estiment-ils, du PCF et de la LCR, soient désignés sur la base d'un programme et non pas pré-désigné par les appareils en place. Cette réaction est tardive et manifeste un sentiment d'urgence. Nous reproduisons ci-dessous l'appel issu de leur réunion du 10 septembre.

Mais de tout façon, tout ne sera que des mots, si, pour commencer, maintenant et ici, l'on n'engage pas la bataille pour stopper la politique gouvernementale.

Ce n'est pas en faisant l'éloge de la politique étrangère de Chirac qui ne serait pas, lui, un "caniche de Bush", ni en espérant un réflexe gaullien pour sauver GDF, que l'on mènera ce combat. Le dit réflexe gaullien avait déjà été manipulé par Sarkozy en 2003, on a vu ce qu'il en a été. En fait, c'est beaucoup plus simple.

Tiré de la Lettre de Liaisons Numéro 191 du 19 septembre 2006

11 septembre 2006

Irak : Troupes US contre Congrès des libertés

Reçu de Solidarité Irak

Grève dans le pétrole en Irak : les troupes US s'acharnent sur le Congrès des Libertés

[vous pouvez faire parvenir vos message de soutien à ifcongress@gmail.com,
copie à contact@solidariteirak.org]

Ces mercredi 6 et jeudi 7 septembre 2006, à deux reprises, les forces américaines ont chargé et mis à sac les locaux du Congrès des libertés en Irak (IFC) à Bagdad.

Déjà, le 12 août, les forces américaines avaient attaqué le local du Parti communiste-ouvrier d'Irak, l'un des composantes de l'IFC, à Kirkouk, en raison du rôle joué par ce parti dans les manifestations et mouvement sociaux contre le gouvernement régional du Kurdistan.

Ces assauts répétés ne sont pas le fruit du hasard. L'IFC, qui dispose d'une forte base syndicale, est à l'initiative de la grève dans le secteur pétrolier iraquien. Le Syndicat général des ouvriers du pétrole et son leader Hassan Jumaa, la Fédération générale des syndicats en Irak et la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak sont tous membres de l'IFC et soutiennent concrètement le mouvement. Le 2 août dernier, la grève a commencé à Bassora en bloquant les centres de production, mais aussi le port industriel de Bassora - principal lieu d'exportation du pétrole irakien.

Elle s'est ensuite étendue à la région de Bagdad, où, à l'appel de la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak, vient de se tenir la rencontre des syndicalistes des différentes secteurs en grève (pétrole, cimenteries de Sulaymania, employés municipaux de Bagdad) et où a été discutée l'extension de la grève du pétrole.

Le Congrès des libertés en Irak (IFC), dont le slogan est « Construire une alternative démocratique, laïque et progressiste contre l'occupation US et l'Islam politique en Irak », est en train de devenir la principale force de résistance civile de gauche dans ce pays. Elle doit lancer, dans les semaines qui viennent, sa propre chaîne de télévision par satellite.

Nous attendons plus d'informations sur ce qui s'est passé, mais il y a tout lieu de penser que les forces américaines ont décidé de lancer une campagne d'intimidation contre cette force capable de bloquer la production pétrolière.

Plus d'informations :

Solidarité Irak,
www.solidariteirak.org

Congrès des libertés en Irak
www.ifcongress.com