29 août 2006

AWL : Comment unifier les prolétaires arabes et juifs

Présentation :
la publication de notre précédent billet intitulé "de droles de marxistes" a provoqué, ces drniers jours, sur le Forum des Amis de LO, des réactions de militants ahuris par les faits rapportés et d'autres présentant les camarades de l'AWL comme des "trotsko-sionistes". Afin de pouvoir donner à nos lecteurs la possibilité de juger de cette caractérisation, nous reproduisons un texte de l'AWL présentant leur position sur le conflit Israël/Palestine et l'orientation à développer pour unifier les travailleurs juifs et arabes dans la région.

Nous reviendrons ultérieurement sur certains points de ce texte.
La rédaction d'APS

Comment unifier les prolétaires arabes et juifs
Alliance for Workers Liberty

Pour les militants de la classe ouvrière, la question de la Palestine est déterminée par les principaux éléments suivants :

a) En 1948, des immigrés originaires d’Europe, d’Amérique et des pays arabes ont créé un nouvel État juif, Israël. Le noyau de ces immigrés était constitué par des réfugiés qui fuyaient l’antisémitisme européen, y compris par des hommes et des femmes qui avaient survécu au pire crime raciste commis jusqu’alors, le massacre hitlérien de six millions de Juifs.

L’État juif dépend fortement de subventions financières extérieures, et il joue aujourd’hui le rôle d’un État satellite de l’impérialisme américain, bien qu’il ait ses propres intérêts et des projets autonomes.

b) La majorité des Palestiniens ont été victimes de déplacements forcés. Une partie d’entre eux sont devenus des réfugiés et souvent des apatrides, en dehors de Palestine. Le reste est constitué par une minorité opprimée qui vit soit dans les frontières de l’État d’Israël avant 1967, soit sous occupation militaire israélienne en Cisjordanie et à Gaza.

c) Il existe un conflit national chronique entre le prolétariat juif israélien et le prolétariat arabe dans la région, ainsi qu’entre les travailleurs juifs et arabes en Israël et dans les Territoires occupés. Cet antagonisme paralyse la classe ouvrière dans toute la région depuis des dizaines d’années.

d) Notre tâche est d’expliquer et d’analyser ces différents facteurs, et nous demander quel programme les révolutionnaires doivent-ils proposer pour résoudre le conflit judéo-arabe en Palestine et dans la région.

Il faut rejeter la théorie des « bonnes » et des « mauvaises » nations Assimilant totalement le sionisme à l’impérialisme, la plus grande partie de l’extrême gauche considère le projet sioniste comme le fruit d’un « complot ». La condamnation absolue du « sionisme » et des « sionistes » implique que ces militants ne reconnaissent aucun droit aux « sionistes » en Palestine, sauf peut-être des droits individuels.

À une analyse de classe, ils substituent donc une analyse en termes de nation et de communauté. Certes, l’extrême gauche admet généralement que les classes dirigeantes arabes ont maintes et maintes fois massacré les Palestiniens et qu’elles les condamnent délibérément à être des pions sur l’échiquier politique du Moyen-Orient, mais elle tient également les États arabes pour des forces « progressistes ». L’extrême gauche considère souvent le conflit judéo-arabe comme partie prenante d’une lutte mondiale entre les camps « progressiste » et réactionnaire, entre le bien et le mal, et elle le réduit quasiment à un conflit entre les « bons » et les « méchants » peuples. À ce type d’analyse, nous opposons les principes marxistes fondamentaux. Les conflits de classes sont pour nous décisifs. Nous abordons toutes les questions des conflits nationaux et communautaires du point de vue de la lutte des classes et du programme prolétarien qui entend résoudre de tels conflits par la démocratie intégrale.

Une nation juive existe en Palestine

Les Arabes palestiniens sont cruellement opprimés, mais une nation juive existe en Palestine. Les Juifs israéliens ne sont pas une caste exploiteuse, comme les Blancs d’Afrique du Sud, mais une nation à part entière. La classe ouvrière israélienne est principalement juive. La plupart des Juifs israéliens habitent le pays parce qu’ils y sont nés. On ne peut leur nier ni leur droit de rester là-bas, ni leur droit de s’estimer une nation, ni le droit de cette nation à une existence nationale, c’est-à-dire à un territoire national. Nous soutenons la lutte des Arabes palestiniens contre l’oppression et contre tout déplacement de population, mais nous nous opposons à toute atteinte, implicite ou explicite, aux droits des Juifs. Nous préconisons des compensations financières pour les Palestiniens, la division des territoires que se disputent les protagonistes du conflit, et la conciliation entre les deux peuples. Nous soutenons la création immédiate d’un État arabe palestinien aux côtés d’un État juif-israélien (une version modifiée d’Israël). Nous appelons à mettre fin à toute discrimination contre les Arabes vivant sous autorité israélienne. Nous exigeons l’égalité totale des droits civiques pour les Arabes palestiniens d’Israël et soutenons le droit pour les régions à majorité arabe en Israël de faire sécession.

Les militants révolutionnaires doivent aborder la question des deux points de vue en même temps, et fusionner ces deux perspectives en une seule. Nous luttons contre le chauvinisme et l’exclusivisme national partout, que ce soit en Grande-Bretagne, en Irlande du Nord, ou en Palestine ; or, les Juifs israéliens sont effectivement chauvins et veulent bénéficier de droits exclusifs en Palestine. Nous soutenons donc tous ceux qui, en Israël, en Cisjordanie et à Gaza, luttent pour l’égalité entre Arabes et Juifs. Mais les droits des Juifs en Palestine ne peuvent être soumis à aucune condition préalable : on ne peut leur demander notamment de se débarrasser immédiatement de tout chauvinisme et de tout exclusivisme national. Les Juifs ont droit à une portion de territoire national en Palestine parce qu’ils y habitent et que la majorité d’entre eux y sont nés. Leurs droits ne peuvent dépendre de leur conduite dans ce territoire. De même que toute nation a le droit d’exister, quelles que soient les politiques racistes ou discriminatoires de son gouvernement.

Nous affirmons le droit à l’autodétermination des Juifs israéliens ; nous soutenons ceux qui, en Israël, luttent contre le chauvinisme et l’exclusivisme et pour l’égalité totale des droits des citoyens juifs et arabes ; nous souhaitons que le maximum de biens et de terres soient restitués aux Arabes palestiniens, à condition que ne soient pas niés les droits des Juifs, c’est-à-dire nous soutenons leur droit à jouir d’un État palestinien indépendant. Tous ces éléments doivent être intégrés dans un point de vue cohérent, socialiste et prolétarien.

La formule d’une Palestine unie, démocratique et laïque ne marche pas

1. Nous sommes généralement pour les Palestiniens opprimés contre l’État oppresseur : Israël. Nous souhaitons une solution qui donne aux Arabes palestiniens et aux Juifs israéliens le droit à une vie nationale.

2. La proposition (avancée dans les années soixante par l’OLP et largement reprise par l’extrême gauche) d’unifier les deux nations palestiniennes, les Arabes et les Juifs, dans un État unique, laïc et démocratique, est malheureusement utopique. Une telle fédération est impossible dans l’immédiat.

3. On ne peut pas escamoter les problèmes posés par l’identité nationale, et encore moins par l’oppression nationale et les conflits nationaux. On ne peut fusionner, de façon administrative, deux nations hostiles. Là où règne l’oppression nationale, l’exigence d’ « oublier les différences nationales » est généralement une façon déguisée pour l’oppresseur de faire valoir sa volonté. Dans un futur proche, une Palestine unie qui se créerait sans intervention extérieure serait un État dans lequel les Juifs israéliens opprimeraient les Arabes palestiniens : en clair, un Grand Israël. Inversement, les amis des Palestiniens qui proposent une « Palestine laïque et démocratique » souhaitent en réalité que les États arabes conquièrent les territoires où habitent actuellement les Juifs israéliens. Quelle que soit la sincérité des partisans de ce slogan mis en avant par la propagande nationaliste arabe, sa mise en œuvre ne représenterait pas une solution démocratique. Elle n’aboutirait, au mieux, qu’à inverser la situation actuelle, à transformer les Juifs israéliens d’oppresseurs en opprimés.

La revendication d’une « Palestine laïque et démocratique » ne répond pas au problème national immédiat. Elle représente une perspective souhaitable, dans un avenir forcément lointain, lorsque la question nationale aura commencé à disparaître, car elle aura été résolue par d’autres moyens, quand les préjugés nationaux et les identités nationales auront commencé à disparaître définitivement.

En ce qui concerne l’oppression dont sont actuellement victimes les Palestiniens, ce slogan ne leur propose aucune perspective progressiste. Dans sa version utopique, il leur demande de rejeter tous leurs préjugés nationaux, et ensuite de convaincre leurs oppresseurs de faire la même chose.

Dans sa version nationaliste arabe, il leur propose, en termes codés, d’attendre l’élimination des Juifs israéliens par les États arabes. La Cisjordanie, la Bande de Gaza et les Arabes en Israël

4. Dans l’immédiat, nous exigeons la création d’un État palestinien indépendant en Cisjordanie et à Gaza, en conformité avec le droit à l’autodétermination du peuple de ces territoires.

5. Un « mini-État » en Cisjordanie et à Gaza pourrait certes alléger un peu la situation, mais le conflit national entre les Arabes palestiniens et les Juifs israéliens perdurerait. La solution définitive de ce conflit exige un programme de bien plus grande envergure.

Pour un territoire national abritant quatre millions et demi de Palestiniens, la grandeur et les ressources de ces zones situées aux marges de l’État israélien sont très limitées. Elles ne peuvent offrir aux Palestiniens une patrie aux dimensions suffisantes.

6. En même temps, 600 à 700 000 Arabes continueraient à vivre sous la férule de l’État israélien. Les Arabes israéliens estiment - avec raison - qu’ils appartiennent à la nation arabe palestinienne. Ils pensent qu’ils ont des droits dans les zones où ils habitent (et ont habité depuis des siècles), et que le territoire d’Israël ne peut être la propriété exclusive des Juifs. La question des Arabes israéliens n’est pas une question séparée qui ne concernerait qu’une « minorité » ; elle fait partie intégrante du conflit judéo-arabe global. Les zones majoritairement arabes d’Israël doivent donc pouvoir se séparer d’Israël et se joindre à un État arabe palestinien.

Plus d’un million de Palestiniens vivent en Jordanie, où ils forment au moins la moitié de la population. Ils sont soumis à l’autorité d’une monarchie artificiellement créée par l’impérialisme britannique, puis soutenue militairement et financièrement par la Grande-Bretagne, les États-Unis et les pétro-monarchies. Nous prônons le renversement de la monarchie jordanienne et la création d’une fédération, ou bien la fusion, entre le mini-État palestinien et une Jordanie démocratique.


Une fédération socialiste

7. S’il est possible de l’instaurer, une relation fédérale (forcément symbolique au départ) entre un État arabe palestinien et un Israël modifié - ou une fédération plus large - fondée sur des accords garantissant les droits de la minorité et des travailleurs arabes en Israël, serait une meilleure solution qu’un repartage complet.

a) Actuellement, les deux nations sont fortement entremêlées. Beaucoup d’Arabes vivent en Israël, et de nombreux habitants de Cisjordanie et de Gaza travaillent en Israël. L’intégration complète des deux nations n’est pas possible à court terme, à cause de l’hostilité entre les deux nations. Pourtant nous devons essayer de réduire au minimum la période de séparation.

b) Économiquement, nous préférerions évidemment une unité plus grande entre les deux nations. L’isolement économique actuel d’Israël par rapport aux pays voisins est irrationnel d’un point de vue économique. Il conduit Israël à dépendre politiquement des États-Unis, etc. De façon plus générale, la division du Moyen-Orient en plusieurs États-nations, surtout de petite taille, intensifie l’étroitesse nationale et communautaire, le sous-développement économique et les risques de manipulation impérialiste. Un État combinant la Cisjordanie et Gaza, voire un État unifiant la Cisjordanie et la Bande de Gaza avec la Jordanie (où la moitié de la population est d’origine palestinienne), serait économiquement très faible et donc forcément dépendant d’États comme Israël (principal employeur des travailleurs de la Cisjordanie et de Gaza) ou l’Arabie Saoudite (patron de l’État jordanien actuel). Nous sommes favorables à une fédération socialiste du Moyen-Orient qui garantira l’autodétermination à toutes les minorités nationales (Juifs israéliens, Kurdes, etc.). Mais cela ne doit pas nous empêcher de soutenir la création de fédérations plus petites, comme dans le cas de la Palestine.


Sionisme et antisémitisme

Le sionisme historique, de 1897 (début du mouvement sioniste en Europe) à 1948 (création de l’État d’Israël) n’a absolument pas pris en compte les conséquences de la création d’un État juif pour le peuple arabe palestinien qui habitait déjà sur les territoires choisis pour fonder l’État juif. Ces conséquences se sont révélées catastrophiques. Pourtant, ni le sionisme historique ni le sionisme d’aujourd’hui (l’attachement des Juifs pour Israël, quelle que soit la forme qu’il prenne) ne peuvent être identifiés au racisme. L’État d’Israël est un État qui mène une politique raciste et s’est fondé sur des institutions racistes. Mais il n’est pas le produit, ni hier ni aujourd’hui, d’un complot raciste ; il résulte plutôt des efforts du peuple juif opprimé pour se défendre par des moyens nationalistes dans le monde de l’Holocauste, de l’impérialisme, de la guerre et des conflits nationaux.

On ne peut pas non plus tracer un trait d’égalité entre sionisme et impérialisme. Les sionistes ont créé l’État d’Israêl pour des raisons qui leur étaient propres (et parfaitement compréhensibles après l’Holocauste), et grâce à leurs propres efforts.

Ils se sont alliés à l’impérialisme britannique pendant une époque, mais l’ont ensuite combattu ; ils sont aujourd’hui les alliés des États-Unis, mais à l’époque de la guerre de 1948 c’est l’URSS, par l’intermédiaire de la Tchécoslovaquie, qui leur a fourni des armes. Certains groupes d’extrême gauche, en Grande-Bretagne, ont proposé d’ « interdire les organisations sionistes » (ou d’instaurer un embargo contre Israël), mais cela reviendrait à interdire le nationalisme spontané des masses juives - et ce serait donc une position antijuive. Au nationalisme juif israélien nous opposons l’internationalisme, au sectarisme religieux et à l’idéologie de la suprématie juive en Israël (ou dans tout autre État juif qui pourrait apparaître à la suite d’un repartage) nous opposons la démocratie. En Israël (aujourd’hui comme demain) nous défendons :

- l’égalité totale des droits individuels pour tous et le respect des droits de la minorité nationale arabe,
- l’emploi sans restriction des travailleurs arabes dans toutes les grandes industries,
- la cessation de l’alliance avec l’impérialisme américain et de la fourniture d’armes à l’Afrique du Sud, aux dictatures d’Amérique centrale, etc.
- la séparation entre la religion et l’État,
- la suppression des aspects spécifiquement « sionistes » de l’État, notamment la dissolution des organisations quasi étatiques comme l’Agence Juive et le Fonds National Juif, qui fournissent des fonds et des services exclusivement aux Juifs,
- la création d’un mouvement ouvrier indépendant à la fois de l’État et du patronat.

Le « droit au retour » des Palestiniens

Nous demandons que les États-Unis et Israël versent des compensations aux réfugiés pour assurer l’installation des Arabes palestiniens dans leur futur État. Il est aujourd’hui impossible que les Arabes palestiniens récupèrent la totalité de la Palestine sans réprimer le peuple juif. Et les droits nationaux des Juifs israéliens ne peuvent dépendre ni de la disparition de l’idéologie « sioniste » chez les Juifs, ni de leur acceptation d’un retour de tous les Arabes palestiniens dans toute la Palestine. Cependant, en Israël nous sommes favorables à des lois sur l’immigration permettant aux Arabes d’entrer et sortir librement d’Israël, ou d’aller y habiter s’ils le veulent. L’établissement de conditions d’entrée très souples pour les Arabes serait une contribution essentielle à la réconciliation nationale et à l’unité des travailleurs.

c) Nous expliquons aux Juifs israéliens qu’une nation qui en opprime une autre ne peut être libre ni vivre en sécurité. Si les Juifs israéliens veulent jouir de la paix, de la liberté et de la sécurité, ils ne pourront y parvenir qu’en ayant une attitude démocratique face aux peuples arabes.

De même nous expliquons aux Arabes palestiniens que toute solution qui aboutirait à réprimer les Juifs israéliens serait régressive et réactionnaire.

Israël et les États arabes

8. Bien que les États arabes aient été victimes d’attaques prédatrices de la part d’Israël, ce sont des États bourgeois ou bourgeois-féodaux et ils ont des ambitions expansionnistes et prédatrices. Ils ont cruellement opprimé et massacré les Arabes palestiniens plus d’une fois. Bien que nous nous rangions parfois aux côtés des États arabes lorsqu’ils sont attaqués par Israël, nous ne soutenons pas la destruction d’Israël par les forces militaires des États arabes.

Alliance for Workers Liberty


Traduction réalisée par Sans Patrie Nie Frontière
(
http://mondialisme.org/)

23 août 2006

Soutien à la grève des travailleurs du pétrole de Bassorah !

Sous la direction du syndicat du pétrole du Sud, les travailleurs de la Oil Pipes Company à Shoayba dans la ville du sud de l’Irak, Bassorah, ont commencé une grève générale le 22 août 2006 à 8 heures du matin. Cette grève a complètement paralysé tout pompage du pétrole dans tous les ports irakiens à Bassorah.

Cette grève survient après des mois de protestation des travailleurs contre la détérioration de leurs conditions de travail et contre les bas salaires. Les revendications des travailleurs sont les suivantes :
1. Les salaires doivent être payés en temps et en heure.
2. Les heures supplémentaires doivent être payées.
3. Augmentation des allocations sociales des travailleurs.
4. Fourniture d’ambulance sur les lieux de travail pour le transfert à l’hôpital des salariés malades.

Le gouvernement et son administration ont fermé les yeux devant ces revendications des salariés depuis des mois. Aussi, les travailleurs ont été contraints de faire usage de l’arme de la grève pour imposer leurs revendications au gouvernement et à la South Oil Company.

Nous exprimons notre soutien aux travailleurs et à leurs revendications. Nous demandons que le gouvernement et son administration satisfassent immédiatement ces revendications. Nous tenons les forces d’occupation et le gouvernement installé par celles-ci comme responsables des conséquences de cette grève.

Nous appelons toutes les organisations ouvrières, syndicats et tous les amoureux de la liberté à soutenir cette grève et à exercer une pression sur le gouvernement irakien pour que celui-ci satisfasse les revendications des travailleurs du pétrole de Bassorah.

Organisation à l’étranger du Worker-communist Party of Iraq.

21 août 2006

Défendons Ahmed Batebi !

Brève du 19 Août, 2006 - 15:18
Repris du site de l’AWL ( http://www.workersliberty.org/node/6796 )

Durant le soulévement étudiant de 1999 contre la République Islamique, le jeune Ahmed Batebi, âgé de 21 ans, fit la une du magazine The Economist et devint un symbole du mouvement pour la démocratie en Iran. A la suite de cela, il fut arrêté et soumis à une longue période de tortures dont ont résulté des nombreuses complications médicales. La conférence annuelle du NUS (National Union of Students – Syndicat National des Etudiants) de Grande Bretagne l’avait élu Vice-Président Honoraire en solidarité avec l’opposition étudiante à la dictature iranienne.

Ahmed a été relaché en janvier dernier puis ré-arrêté en juillet. Il est maintenant en grève de la faim pour protester contre son arrestation et les mauvais traitements. Le militant étudiant Akbar Mohammadi a été récemment tué dans la prison d’Evin, de sinistre réputation. Seule une pression massive militante de solidarité peut prévenir le meurtre d’Ahmed par la République Islamique.

Depuis que nous avons lance la campagne ENS (Education is Not for Sale), celle-ci a pris position fermement en solidarité avec les étudaints, les travailleurs et femmes d’Iran, à la fois contre les bruits de botte US et contre la dictature théocratique d’Iran. Depuis l’arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmedinejad, cette tache est urgente que jamais. Rejoignez la campagne de défense de Ahmed Batebi !

Envoyez vos mails de protestation à consulate@iran-embassy.org.uk et adressez nous une copie à sofie.buckland@nus.org.uk

25 juillet 2006

5000 manifestants à Tel-Aviv contre la guerre

Source : http://zope.gush-shalom.org/home/en

Le mouvement pacifiste israélien Gush Shalom annonce :

« Ils sont venus de tout le pays, Juifs et Arabes, des abris anti-aériens de Haifa et de Nazareth comme des banlieues encore sures de la métropole de Tel-Aviv. La troisième manifestation contre la guerre au Liban a attiré un nombre plus grand que les premières. Tandis que la première a compté 100 participants, et que la seconde a atteint environ 1000, cette fois –ci ( 22 juillet 2006) quelques 5000 ont défilé »

Lire le récit complet et voir les photos ici

22 juillet 2006

la Palestine aux côtés d’Israël ! Israël Hors des Territoires Occupés !

Comité pour 2 Etats : la Palestine aux côtés d’Israël
Israël Hors des Territoires Occupés !


Nous appelons les syndicalistes et autres militants à soutenir l’appel ci-dessous, à travailler avec le Comité pour 2 Etats, et à faire entendre la revendication de « Deux Etats : Israël hors des Territoires Occupés ! » au sein de vos propres organisations.

S’il vous plait : signer cette déclaration et rejoignez le Comité pour 2 Etats. Faites signer cette déclaration et retournez les signatures au Comité pour 2 Etats à l’adresse : PO Box 823, London SE15 4NA.
Tel : 07950 978083. Web : www.links-not-boycott.org.uk.

• Nous dénonçons à la brutalité de l’occupation israélienne dans les Territoires occupés.

• Nous nous opposons à la destruction de la vie économique et politique dans les Territoires occupés.

• Nous voulons le retrait immédiat de l’Etat israélien des Territoires occupés.

• Nous sommes opposés au ciblage et au meurtre de citoyens israéliens innocents par des militants palestiniens.

• Nous sommes opposés aux commandos-suicides islamistes qui se tuent en tuant des civils juifs, nous nous opposons politiquement au Hamas et au Djihad Islamique qui ne combattent pas seulement l’occupation israélienne mais qui visent la destruction d’Israël et l’instauration d’un état théocratique.

• Nous nous prononçons en faveur d’un Etat palestinien complètement indépendant sur la Rive Ouest, à Gaza et à Jérusalem Est, aux côtés d’Israël.

• Nous sommes en faveur d’un traitement généreux d’Israël envers les réfugiés palestiniens, basé sur un accord commun et un compromis entre les deux peuples.

• Nous sommes contre la vision communément répandue dans la gauche britannique qui tente de présenter comme un argument « raisonnable » la destruction d’Israël par la création d’un seul « Etat démocratique et laïque » (en fait arabe).

• Un tel Etat ne peut être créé que par la soumission forcée des Juifs israéliens. Ce qui n’est ni souhaitable, ni raisonnable.

• Un futur commun de ces nations, au sein d’une future fédération démocratique de toute la région, est à désirer. Mais de telles relations ne peuvent s’établir qu’au moyen d’un accord volontaire des peuples concernés. C’est à dire sur la base de la reconnaissance que tous les peuples ont droit à leur propre Etat et le droit de ne pas être incorporé de force dans un autre Etat.

• Nous sommes en faveur de deux Etats pour ces deux peuples car c’est la solution la meilleure et la plus équitable, la solution la plus démocratique possible. C’est le seul compromis concevable pouvant mener à la fin du conflit entre les Juifs israéliens et les Arabes palestiniens.

• Nous sommes pour la paix, la réconciliation et le compromis. Nous sommes contre le chauvinisme et la bigoterie.

• Nous sommes contre l’antisémitisme et la haine anti-musulmane. Rejoignez le Comité et aidez-nous !


Comité pour 2 Etats : www.links-not-boycott.org.uk.


Nom :
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Adresse :
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Syndicat /0rganisation :
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Email .............................................................

Téléphone : ...................................................

WAC : Arrêtez cette guerre destructrice !

Arrêtez cette guerre destructrice !
Ce sont les travailleurs de chaque côté qui en paient le prix !
Une déclaration du Centre de soutien aux travailleurs en Israël.

Une déclaration du Centre de soutien aux travailleurs (WAC, Workers Advice Center) en Israël sur l’attaque israélienne au Liban.

Depuis le 12 juillet, Israël mène une guerre meurtrière et disproportionnée au Liban. Il a tué des centaines de civils innocents, dont des familles entières. Il a détruit la plupart des infrastructures au sud du Liban, créant un désastre humanitaire. Ceux qui souffrent le plus de cette situation sont les travailleurs et les pauvres. En même temps, les IDF (Forces de Défense Israéliennes) continuent de matraquer Gaza, tuant ici aussi des civils innocents. Le but au-delà de toutes ces destructions est de restaurer un pouvoir de dissuasion pour ce pays. Il a besoin de ce pouvoir afin de pouvoir continuer à se comporter de manière unilatérale, sans concessions vis-à-vis des Palestiniens ou des Syriens.

Mais dans la guerre présente, Israël aussi a souffert de pertes civiles, des morts et des blessés, parmi le demi million d’habitants qui vit dans les localités juives ou arabes du nord. Les travailleurs de tous les camps de ce conflit n’ont rien à gagner à cette guerre, qu’elle qu’en soit l’issue.

Concernant les milices palestiniennes et libanaises, le WAC, qui représente les travailleurs progressistes arabes et juifs en Israël, ne voit aucune justification à leurs actions militaires, qu’elles ont entrepris sans consulter leur peuple, et qui donnent à Israël le prétexte tant désiré pour une démonstration de force tout en exploitant les divisions au sein du camp arabe.

Nous sommes inquiets de la passivité manifestée par la communauté internationale qui accepte l’usage inconsidéré de la force par les IDF. Nous appelons les partis et les organisations des travailleurs dont les syndicats du monde entier, à exiger un cessez-le-feu et le retrait des forces israéliennes en deçà de la frontière internationale.

Israël justifie ses destructions massives en arguant qu’il a été attaqué en premier. Mais s’il était vraiment intéressé par la paix, il aurait pu arriver à un traité depuis des années avec la Syrie, avec le Liban et, plus important encore, avec le peuple palestinien. Tout ce dont il avait besoin aurait été de se retirer des zones qu’il a conquises en 1967 et de reconnaître les droits légitimes de ces peuples.

Sans un tel retrait israélien, il n’y aura ni paix, ni stabilité. Il est temps d’arrêter les combats et de commencer les négociations sur la base de principes qui garantissent l’indépendance et le développement pour tous les peuples de la région.

Visitez le site www.workersadvicecenter.org

AWL : Arrêtez l'assaut israélien contre Gaza et le Liban !

Israël hors des territoires occupés ! Deux nations, deux Etats ! Laissez les Palestiniens avoir leur propre État indépendant aux côtés d’Israël !

Une fois encore, des actions de guérilla, provocatrices et insensées, à petite échelle, par les milices du Hamas et du Hezbollah contre Israël, ont déclenché une réponse énormément disproportionnée. A Gaza et au Liban, Israël a déployé des attaques militaires brutales entraînant des pertes civiles considérables.

Le gouvernement israélien agit comme s’il voulait rendre impossible tout règlement négocié. Il espère obtenir par la force ce qu’il ne pourrait obtenir par des négociations : l’annexion d’une partie non négligeable du territoire qu’il a conquis lors de la guerre provoquée par l’Égypte et d’autres pays en 1967 et la réduction de tout futur État palestinien à une collection de territoires morcelés.

Le gouvernement israélien tente d’exploiter l’opportunité qui lui a été donnée par la victoire du Hamas lors des élections palestiniennes. L’escalade israélienne a commencé peu après que le Hamas ai à moitié reconnu Israël, faisant marche arrière face à la proposition du président palestinien Mahmoud Abbas de tenir un référendum dans les territoires occupés sur la reconnaissance d’Israël et pour une politique de « Deux États ». Est-ce que le gouvernement israélien craignait que le succès d’Abbas le mette sous pression pour négocier?

Le gouvernement israélien veut agir unilatéralement pour réduire tout « État palestinien » à une série de bouts de territoires entourés par des positions militaires israéliennes – pour rendre impossible un État palestinien indépendant. Inversement, le Hamas ne pouvait que se douter de la réaction qu’il provoquerait par la capture d’un soldat israélien. Mais le Hamas préfère jouer avec la vie des Palestiniens plutôt que de poursuivre la réalisation d’un État palestinien. Pourquoi? Parce que le but explicite à long terme du Hamas est de détruire Israël et d’établir un État islamique gouverné par la loi de la Sharia. Ce but réactionnaire et absurde, s’il est réalisé grace à un pouvoir suffisant, signifierait le génocide des Juifs israéliens.

Le Hezbollah, le mouvement islamiste au Liban, est venu appuyer les purs et durs du Hamas en kidnappant des soldats israéliens. Une fois encore le gouvernement israélien a répondu avec un assaut extrêmement disproportionné contre le Liban, avec des pertes civiles nombreuses et considérables parmi la population libanaise en général.

Les victimes de cette offensive ont été jusqu’à maintenant le peuple du Liban et de Gaza, la classe ouvrière israélienne et la population de la Cisjordanie occupée qui voit le risque accru d’un dépeçage israélien imposé sur son territoire.

La Syrie et l’Iran ont battu les tambours en appui au Hezbollah et se sont révélés eux-mêmes comme les impérialistes régionaux qu’ils sont. Mais ici le pouvoir décisif de détruire, ou de préserver, les possibilités de paix est entre les mains du gouvernement israélien.

Nous appuyons le mouvement pour la paix en Israël et ses manifestations contre cette nouvelle guerre. Nous appuyons les forces laïques et démocratiques dans les territoires occupés et au Liban qui résistent aux attaques israéliennes au nom d’un règlement qui garantirait à chaque nation dans la région – les Arabes palestiniens comme les Juifs israéliens – le droit à l’autodétermination dans la paix.


  • Pour la fin des attaques contre Gaza et le Liban !
  • Non à la réoccupation du Sud Liban !
  • Pour un État palestinien libre et indépendant aux côtés d’Israël !

Alliance for Workers'Liberty, 21 juillet 2006

16 juillet 2006

Guerre au Moyen Orient, un point de vue irakien

Arrêt immédiat des attaques terroristes !

Transmis par Solidarité Irak

Les attaques israéliennes sur le Liban sont un dangereux développement de la guerre entre les deux camps du terrorisme international.

Dans une grave escalade militaire au Moyen-Orient, l'aviation israélienne a, aujourd'hui, jeudi 13 juillet 2006, bombardé la ville de Beyrouth, causant ainsi des dizaines de morts et de blessés parmi les civils et la destruction de routes, de ponts, et de l'aéroport international de la capitale.

Cette escalade militaire se dit être une réponse à l'enlèvement de deux soldats israéliens par les milices paramilitaires du Hezbollah dans le Nord d'Israël et ses tirs de roquettes sur les villes et zones résidentielles. Israël et le Hezbollah continuent mutuellement et de façon barbare de prendre pour cible des villes et des zones d'habitation.

Cette événement dangereux coïncide avec l'invasion de Gaza qui a causé d'énormes destructions et des souffrances humaines, en particulier chez les femmes et les enfants, tout comme avec la terrible détérioration de la sécurité et le cercle vicieux de la guerre sectaire en Irak.

L'actuelle escalade militaire israélienne contre les peuples de Palestine et du Liban est le résultat du nouvel ordre mondial des USA et de sa guerre en Irak. C'est un nouveau front dans la guerre qui fait rage entre les deux pôles du terrorisme : le terrorisme d'Etat des USA et son allié local, l'Etat d'Israël, d'un côté, et les forces de l'Islam Politique du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, de l'autre.

Le terrorisme de l'Etat d'Israël contre les peuples du Liban et de Palestine n'a que faire de sa volonté affichée de libérer les soldats israéliens kidnappés. Son but est de terroriser le peuple de la région par le biais de la politique ignoble des attaques aériennes, semant ainsi la terreur pour des millions de gens, une politique qui a fréquemment été utilisée par l'infâme armée israélienne.

De l'autre côté, les milices et gangs de l'Islam Politique, soutenues par les régimes islamistes ultra-réactionnaires d'Iran et d'Arabie Saoudite, perpétuent leurs actions criminelles au nom du Djihad, de la résistance islamique, de la lutte contre les Juifs et tout l'arsenal idéologique hypocrite de l'Islam Politique afin de se justifier, de reproduire leur mouvement réactionnaire et de renforcer leur main mise sur les sociétés musulmanes par la terreur et le viol des droits humains élémentaires, des libertés et de l'égalité de millions de gens.

Notre parti condamne fermement ses agressions israéliennes et demande qu'elles soient immédiatement arrêtées. Nous condamnons aussi les actions militaires des milices islamistes contre des cibles civiles en Israël. Nous appelons à l'arrêt immédiat de la guerre et au cessez-le-feu. Nous rappelons notre position politique pour résoudre la crise du Moyen-Orient à propos de la question palestinienne, c'est-à-dire la nécessité urgente d'établir un Etat palestinien indépendant, laïque et non-nationaliste avec égalité des droits aux côtés de l'Etat d'Israël.

Nous appelons le peuple du Liban, de Palestine et d'Israël, tous les amis de la liberté, les laïques et progressistes du Moyen-Orient et du monde, à se lever fermement contre les actes terroristes des deux belligérants de ce conflit. Nous rappelons notre position que seul le camp de l'humanité, le troisième camp, peut stopper ce déchaînement de barbaries, résister à ces deux pôles du terrorisme international et les rejeter aux marges de la société.

A bas le terrorisme de l'Etat d'Israël !
A bas le terrorisme islamique !
Pour un Etat palestinien laïque et non-nationaliste !

Parti Communiste-ouvrier de Gauche en Irak, 13 juillet 2006

15 juillet 2006

Passions militantes et rigueur historienne, de Karim Landais est paru !!!

Reprise de Mondialisme.org

L’objectif de ce livre est avant tout de rendre hommage à un ami, Karim Landais, et à sa réflexion théorique et politique essentiellement centrée sur les mouvements trotskystes et libertaires. Cet ouvrage est forcément incomplet puisque l’auteur n’en était qu’au début de ses recherches. De plus, il n’a pu ni choisir les textes des deux volumes ni surtout apporter d’ultimes corrections à ceux qui étaient inédits ou inachevés. Soucieux de rigueur et de précision, peut-être aurait-il refusé que certains textes soient imprimés sous leur forme actuelle. Il nous a semblé néanmoins important que ses travaux universitaires aussi bien que ses articles politiques puissent circuler le plus largement possible, même lorsque ses réflexions étaient encore à l’état d’ébauche et auraient certainement évolué avec le temps et surtout la réflexion.

Ce livre rassemble des textes déjà publiés dans des revues, des brochures ou sur Internet, des articles inédits, des lettres échangées avec des amis - ou des « adversaires » - politiques, etc. Au total, l’ouvrage offre, en creux, un portrait intellectuel assez exact de Karim, du moins sur le plan politique. Ceux qui voudraient connaître d’autres facettes de sa personnalité peuvent consulter le site http://zemadeleines.free.fr Les textes de Karim sont ici regroupés de façon thématique et chronologique au sein de chaque partie. Trois personnes (Ariane Miéville, Nicolas Dessaux et moi-même) ont écrit des introductions plus ou moins longues aux différentes parties et/ou à certains textes. Et nous avons aussi inclus devant chaque texte de l’auteur les présentations de quelques lignes que Karim avait rédigées pour son site Internet personnel. L’objectif de ces différentes contributions extérieures était de présenter quelques aspects du parcours politique et intellectuel de Karim de façon critique. Nous souhaitions dialoguer brièvement avec certaines de ses opinions ou hypothèses, que nous ne partagions pas ou trouvions insuffisamment développées, tout comme l’a fait Ludovic Wolfgang dans son article sur Karim, placé au début du premier tome de Passions militantes et rigueur historienne. A notre sens, un hommage sincère à un historien militant anarchiste ne pouvait s’exprimer par des compliments ampoulés ou des discours complaisants. Sans chercher à polémiquer, il nous semblait nécessaire de saluer le travail réalisé par Karim, tout en indiquant l’énorme boulot qui restait à effectuer - ce dont il était d’ailleurs parfaitement conscient.

Au-delà des tâtonnements, des évolutions de Karim, ses textes montrent bien toute la difficulté aujourd’hui pour un jeune homme - il s’est donné la mort un mois avant son vingt-cinquième anniversaire - de concilier une activité militante « révolutionnaire » et une rigueur scientifique dans l’analyse, plus particulièrement dans le métier d’historien-chercheur qu’il aurait aimé exercer un jour.

Les brèves expériences militantes de Karim, de 1999 à 2005, n’ont pas répondu à ses formidables attentes de fraternité et de changement social. Pire, dans un certain sens, elles ont aggravé ses frustrations personnelles, théoriques et politiques, car son idéal profondément libertaire ne trouvait pas à s’incarner dans la fréquentation quotidienne de « camarades » ou de « compagnons » avec lesquels il aurait pu vraiment trouver un sens à sa vie.

D’un autre côté, sa révolte contre la société capitaliste ne l’a jamais abandonné, ni sa volonté de comprendre pourquoi l’extrême gauche trotskyste et le mouvement libertaire avaient tant de mal à se remettre en question, à avancer dans la compréhension du monde, et surtout à mettre fin à l’exploitation et à l’oppression capitalistes. Espérons que les textes de ce volume aideront un peu les lecteurs à se poser de nouvelles questions... et à trouver de nouvelles réponses pour changer le monde. Yves Coleman

Merci à tous ceux qui ont rendu la parution de ce livre possible, par leurs encouragements et leur aide matérielle, notamment : Ariane, Benjamin, Gianni, Gregory, Guy, J.C., Nadine, Nicole, Nicolas et Violante.

Ainsi que Charles Berg, Christian Béridel, (les héritiers de) Pierre Broué, Vera Daniels, Nicolas Dessaux, Boris Fraenkel, Alexandre Hébert, Charles Huard, Michel Lequenne, Marie-Cécile Plà, Vincent Présumey, Pierre Simon et Ludovic Wolfgang qui ont accepté que leurs interviews soient ici reproduites.

Table des matières du tome 1

Introduction 5

Quelques mots sur Karim Landais

Salut Karim 9 Karim Landais nous a quittés 11 Karim nous manque 20 Karim Landais 22 Une rencontre 24 Présentation du site personnel de Karim Landais 27

Sur le Parti des travailleurs et le trotskysme 31 Présentation du Cahier noir du CCI 33 Cahier noir du CCI 35 Correspondance de Karim avec des militants du PT 67 Eléments pour une socio-histoire des relations de pouvoir ; Introduction à une étude de l’OCI-PCI 99

Interviews Présentation : « Il ne faut pas faire le jeu de l’ennemi de classe » 277 Les trois sœurs du trotskysme français 282 Entretien avec Pierre Broué 291 Entretien avec Michel Lequenne 329 Entretien avec Boris Fraenkel 355 Entretien avec Alexandre Hébert 375 Entretien avec Charles Berg 397 Entretien avec Pierre Simon 423 Entretien avec Vera Daniels 449 Entretien avec Christian Béridel 479 Entretien avec Vincent Présumey 521 Entretien avec Ludovic Wolfgang 565 Réponses de Nicolas Dessaux 613 Lettre de Karim Landais à Charlie Huard 637 Réponses de Charles Huard 638 Réponses de Marie-Cécile Plà 647

Etudes sur l’OCI-PCI Journalisme et histoire du trotskysme

Manipulations et pensée unique : propos sur la fonction du journalisme, Spartacus juin 2003 657 Au parti du mensonge déconcertant, inédit, avril 2005. 665 Le Pärti des travailleurs et l’Europe 672 Correspondance avec le CERMTRI 679 Le lambertisme à la croisée des chemins, février 2005, inédit 686 Présentation critique 711 Militantisme et individualité au sein de l’OCI-PCI, intervention dans le cadre de la Journée d’études du 10 novembre 2004, organisée par l’IHC-UMR CNRS 5605 de l’Université de Bourgogne, parue en octobre 2005 dans les Cahiers d’histoire (revue d’histoire critique) n° 97. 715 Projet de thèse : Autour d’une sociohistoire des relations de pouvoir dans les principales organisations trotskystes françaises 731

La question bureaucratique dans le mouvement ouvrier

Eléments d’une théorie de l’organisation, 2004 741 Prendre parti. Propos sur l’organisation des révolutionnaires (avril 2005). Inédit et incomplet. 785

Glossaire des personnes et organisations évoquées dans les entretiens 791 Bibliographie condensée 816 Table des matières du tome 1 819 Table des matières du tome 2 821 Table des matières du tome 2

Introduction 3

ANARCHIE, ANARCHISME, ANARCHISTES

Une rencontre manquée (Ariane Miéville) 7 Quel socialisme pour les hommes ? (1999-2000) 13 Marxisme libertaire ou théorie de l’aliénation (18 juillet 2000) 50 Mettre à bas nos préjugés sur l’anarchisme (Spartacus, novembre 2001) 54 Lionel Jospin, le capitalisme et l’anarchie (Spartacus, janvier-février 2002) 65 Chefs et liberté, récit d’une inimité (Spartacus, mars-avril 2002) 77 Bové : « Je suis un anarchosyndicaliste » - Pourquoi j’ai mouru de rire (Spartacus, mars-avril 2002) 87 Disperser les idées reçues sur l’anarchisme (septembre 2002) 89 Défendre la République : les anarchistes en première ligne 95 Restructurations à l’ombre des bons sentiments, lettre ouverte à la revue Contretemps (Spartacus n° 4, juin 2003) 98 Les communistes libertaires et le débat avec d’autres courants (réponse de G. d’Avranche) 103 Pour en finir avec la LCR 106 Le nationalisme anarchiste, un fruit des temps qui courent 111 Anarchisme, identité et culture. Essai sur les dérives multiculturelles des révolutionnaires (inédit), octobre 2004 123 Correspondance Lettre au journal francophone Alternative libertaire, été 2001 312 Lettre à la Fédération anarchiste de Lyon (25 mai 2003) 315 Lettre à La Gryffe (24 septembre 2004) 319 Lettre de rupture avec l’UAS(8 octobre 2004) 322 Lettre au Garas, avril 2005 327

SUR L’ALTERMONDIALISME La gauche de la gauche : de l’imposture révolutionnaire à l’utopie régulatrice, avril 2001 333 Millau, ATTAC ou l’imposture révolutionnaire, 2000, Jeunesse et révolution n° 2 385 A Porto Alegre, la « démocratie participative » c’est : 5% de démocratie, Spartacus n° 3, mars-avril 2002 389 RELIGION ET LAÏCITÉ Jacques Roux, un curé libre-penseur, L’Impertinent, février 2001 398 Quelques notes sur le phénomène religieux, novembre 2001 400 La menace musulmane, Spartacus n°3, mars-avril 2002 406

L’AVENTURE DE SPARTACUS (NOVEMBRE 2001-JUIN 2003)

Une revue bimestrielle anticonformiste 411 La revue Spartacus vient de naître 411 Editorial du numéro 1 de Spartacus 413 Sommaire du numéro 1 414 Le vrai visage de Maastricht 415 Considérations sur le problème de la drogue, et du cannabis en particulier 419 Un besoin urgent de théorie 429

Editorial du numéro 2 de Spartacus (janvier-février 2002) 431 Sommaire du numéro 2 433 Travail des enfants, congés maternité : deux exemples de déréglementation 434 En mai, abstention ou Conseil aux non-anarchistes 441 Brèves : De la tolérance à l’indifférence - Bouillie de haricots liquéfiés - Un système de voleurs - Parité et égalité - Du coq à l’âne - Le Grand Ardisson - Du nationalisme au socialisme 444 Faits et méfaits dans l’Education nationale 450 Le mythe de la démocratie lycéenne 454 Enseigner la Révolution française 459 Europe : Comment la démocratie nous échappe 464 Les lois scélérates. Une réponse au Prématuré 473

Editorial du numéro 3 de Spartacus (mars-avril 2002) Erections pestilentielles 476 Sommaire du numéro 3 477 Schtroumpfs verts et verts Schtroumpfs 478 Quel vocabulaire pour la contestation ? 480 La LCR a franchi le Rubicon 484

Editoriaux du numéro 4 de Spartacus (juin 2003) Dernier hommage à Richard 489 Se syndiquer, s’organiser 491 Lettre à une lectrice 494 En guise de conclusion 495 Où va Spartacus ? Dépasser Spartacus (juin 2003) 496 Sommaire du numéro 4................................................496

A PROPOS DU TERRORISME A qui la faute ? (novembre 2000) 500 Terrorisme : Questions et définitions (février 2005) 502 A propos de quelques textes marxistes sur le terrorisme (février 2005) 508 A propos de quelques textes anarchistes sur le terrorisme (février 2005) 510

TEXTES DIVERS

L’offensive de l’Islam politique, texte écrit pour Solidarité Irak 514 Projet de nouvelle plateforme pour Ni patrie ni frontières 518

ECRITS UNIVERSITAIRES

Histoire de la Russie 1880-1917 (2000) 531 Juifs et antisémites dans le Rhône, à la veille de l’affaire Dreyfus 555

Pour toute correspondance, critique ou commande de livres (40 euros les deux tomes, frais d’envoi compris), vous pouvez écrire à

Guy Landais La Bastide des capucins 84 240 Cabrières d’Aigues

La guerre qui rode ...en Europe aussi

Nous reproduisons un appel de militants tchèques relatif à l'installation de missiles US dans leur pays.

Vendredi 14 juillet 2006
Non aux missiles américains
COMMUNIQUE CONTRE LE PROJET D’INSTALLATION DES MISSILES AMERICAINS EN REPUBLIQUE TCHEQUE



L’opinion démocratique française et européenne sera bientôt étonnée d’apprendre que le gouvernement américain attend en septembre prochain la réponse du gouvernement tchèque, au sujet d’installation des bases militaires américaines sur le sol tchèque. Le gouvernement américain est d’ores et déjà persuadé que la réponse sera « positive », alors que l’opinion tchèque na savait même pas, il y a quinze jours, que les négociations étaient en cours entre le gouvernement Bush et la direction du Parti civique démocratique (ODS), alors dans l’opposition. Le vainqueur de justesse des élections législatives du 3 juin, l’ultralibéral chef de l’ODS et future premier ministre Mirek Topolanek, avait déjà dit oui à Bush et aux missiles antimissiles sur le territoire tchèque, avant même les élections. La République Tchèque est, semble-t-il, à l’heure qu’il est, menacée par les missiles iraniens. La distance entre Prague et Téhéran est de 3500 kilomètres. A la menace iranienne s’ajoute avantageusement depuis quelques jours la menace nord-coréenne. Les missiles nord-coréens visent l’Alaska et Honolulu, mais ils peuvent dévier de leurs trajectoires !


Pour les chefs du « parti du président Klaus » (ODS), la présence militaire américaine est « légitime » partout dans le monde, car elle est au service et au profit de la lutte contre les « rouges » et les « socialo-communistes » partout dans le monde. Du reste, la complicité de l’ODS avec les fauteurs de guerre américains en Europe et dans le monde est absolue et n’a aucun besoin des missiles iraniens ou nord-coréens pour se justifier.

L’ODS est le membre le plus pernicieux de la droite ultralibérale et antieuropéenne d’Europe de l’Est. Son mépris pour les droits de l’homme et les conquêtes démocratiques européennes est absolu, sa haine des conquêtes sociales est totale et fanatique. Les dirigeants de l’ODS, avec en tête le président Klaus, dénoncent l’Union Européenne comme un « repaire de rouges » et la constitution européenne comme un document « cryptobolchevik ». Dans l’Union Européenne, les lois sociales « poussent comme une mauvaise herbe », et la constitution est un document « encombré de clauses sociales inutiles » et qui « nuisent à la libre concurrence ». L’Union Européenne « socialo-communiste » et « infestée de syndicalistes » a donc besoin d’être « surveillée » par les bases militaires américaines. La droite ultralibérale totalitaire tchèque offre généreusement cette partie de l’Europe aux militaires américains, sans débat, sans referendum, sans consultation populaire.

Nous ne l’acceptons pas, et nous devons le dire !

Dès l’annonce de cette information, nous avons reçu de nos amis de Prague ce message : « Il faut agir vite, il y a péril en la demeure. Le temps presse. Amis, compagnons, camarades. Nous commémorons actuellement le quinzième anniversaire du départ des troupes soviétiques, et aujourd’hui, il y a des groupes de pression, des lobbys, qui veulent qu’un autre empire vienne s’installer chez nous. Si les Américains parviennent à installer leurs bases militaires chez nous, nous ne nous en débarrasserons jamais de notre vivant, quel que soit le futur gouvernement américain. Nous devons dire clairement que nous n’en voulons pas. Nous devons reprendre nos esprits de suite. Nous devons nous organises, nous devons organiser la résistance. Tous ensemble. Nous attendons vos propositions. Le temps presse. »

Apportons clairement notre soutien aux amis et camarades tchèques qui s’opposent à l’installation de missiles US sur leur sol, condamnons la mainmise de l’OTAN sur une Europe que nous voulons sociale, démocratique, pacifique et opposée à tous les impérialismes notamment US.

Nous sommes rassemblés depuis le 29 mai 2005 pour une autre Europe. Dans cette Europe-là, les fauteurs de guerre n’ont pas de place.

Karel Kostal
Cercle Socialiste de Prague
Merci de vos commentaires et de votre soutien

De droles de marxistes...

Chaque année, le SWP de Grande Bretagne organise une université d'été qui attire du monde en rapport avec la surface de cette organisation. On connait l'orientation stratégique poursuivie par le SWP en direction de l'islamisme, considérée comme une forme acceptable et déformée d'anti-impérialisme. En GB, cela se traduit par la construction de Respect, qui n'est nullement une alternative socialiste et ouvrière au blairisme, mais plutot un "front unique" (en langage vieux trotsk' on dirait plus précisément un Front Populaire, sans les virugules car c'est bien de cela qu'il s'agit...) avec des forces communautaristes islamistes. Respect a pour figure de proue le politicien aventurier Georges Galloway, un homme bien introduit auprès du défunt régime baasiste de Saddam Hussein. Un homme pour les beaux yeux de qui, le SWP a repoussé le mot d'ordre "un salaire moyen de salarié pour les députés" lors de sa discussion à la conférence de feu la Socialist Alliance, liquidée depuis au profit de Respect. Un homme qui porte haut ses convictions religieuses et se proclame adversaire de l'avortement. Un homme qui déclare que "Respect est le parti des musulmans". Un politicien qui spécule maintenant sur l'éclatement du SSP (Scottish Socialist Party), proposant à Tommy Sheridan de laisser tomber le SSP pour une variante écossaise de Respect ..

Ne reculant devant aucun sacrifice pour attirer un public pieux et pratiquant, cette année, à l'édition 2006 de Marxism, il y avait 2 salles de prière pour les croyants de confession musulmane : une pour les hommes et une pour les femmes !

Faut-il rajouter de longs commentaires sur ce fait et sa portée politique ?

Précision pour éviter tout faux débat :
- que des croyants, de quelque obédience religieuse, fassent leurs prières est une affaire qui relève de la stricte sphère privée et doit donc se dérouler dans la sphère privée.
- qu'un groupe se prétendant marxiste, révolutionnaire, déroule les tapis de prière pour un exercice publique d'une foi religieuse, qui plus est, en acceptant la ségrégation sexiste propagée par une religion particulière ...là ce n'est pas de la subversion de l'ordre ancien, c'est de la défense rapprochée d'une des forces réactionnaires contemporaines les plus sournoises !

09 juillet 2006

Le Congrès des libertés en Irak et les syndicats du pétrole appelent à la grève contre l’occupation


Communiqué repris du site de Solidarité Irak


A l’issue d’une rencontre le 1er juillet Le Congrès des libertés en Irak (IFC) et la direction du Syndicat du pétrole ont annoncé, en conclusion, que parler de sécurité n’a aucun sens tant que l’occupation et son régime fantoche continuent.

Cette rencontre a réuni Samir Adil, président, ainsi que Saeed Nima, Ali Abbas, Abdalkareem Abdalsada, Abdalzahra Abdalhassan et Ryadh Kakasheen pour le bureau exécutif du Conseil central de l’IFC, le secrétaire du Syndicat du pétrole du sud, Falih Abood et le représentant du Syndicat des ouvriers du pétrole de Basra, Abdullah Almaliki.

Les participants ont également conclu que la « réconciliation nationale » n’était été ait une initiative états-unienne pour légitimer l’occupation et son gouvernement ethno-religieux. Ils ont insisté sur l’urgence de concentrer tous leurs efforts pour en finir avec la violence et construire des Forces de sécurité capable de protéger le peuple.

La situation de la société irakienne est telle que le gouvernement actuel est incapable de restaurer la loi et la sécurité. De nombreuses entreprises ont été contraintes de fermer, d’où un taux de chômage de plus de 65%. Le congrès des libertés en Irak (IFC), dont 40% de la direction est constituée de représentants ouvriers, préconise deux stratégies contre les meurtres d’ouvriers et le bain de sang quotidien.

1) La Force de sécurité doit être organisée et instruire les ouvriers pour leur autodéfense.

2) Le pétrole est le seul secteur de l’économie Irakienne qui fonctionne encore au maximum de ses capacités. Il est le nerf de l’économie d’occupation. Une grève dans ce secteur est un coup porté au cœur de l’occupation. Elle forcera les milices armées gouvernementales pro-occupation à battre en retraite et à cesser les massacres.

La discussion a porté sur l’organisation de la grève, son impact politique et social, et la logistique nécessaire. Les participants ont unanimement voté en faveur de la grève et demandé au Congrès des libertés en Irak (IFC) de mobiliser pour la grève.

Le bureau exécutif a aussitôt demandé aux organisations du Congrès et aux membres individuels de soutenir la grève par tous les moyens.

IFC Media Centre, 1er juillet 2006


Reproduction autorisée et bienvenue - Solidarité Irak, 99 rue du Molinel 59000 Lille - 03 28 36 41 86 - www.solidariteirak.org - contact@solidariteirak.org

08 juillet 2006

Pour en finir avec la V° République

Nous signalons à l'attention de nos lecteurs l'article de Gérard Combes paru dans Avanti Numero 34 de mai 2006 :
http://www.avanti-lcr.org/bulletin/html/34pourenfinir.html

Nous n'aurons qu'une remarque à formuler : comment dans la LCR les camarades d'Avanti font-ils pour, d'un côté, formuler la revendication juste du mot d'ordre d'assemblée constituante entendu comme "une consigne d’agitation pour tout de suite et pas comme un des volets institutionnels pour un catalogue électoral" et de l'autre, trouver un caractère positif au déroulement de la dernière conférence nationale de la LCR (24 et 25 juin 2006) dont la principale conclusion a été la décision de présenter Olivier Besancenot avec l'idée essentielle de "battre le libéralisme et le social-libéralisme" mais surtout pas "d'en finir avec la 5ème République" ?

Et ici, nous n'aurons même pas l'outrecuidance de rappeler le besoin d'un retour critique de la LCR sur son vote Chirac du 5 mai 2002...En l'état des discussions dans la LCR, rien ne préserve d'une consigne de 2ème tour "voter Sarko pour barrer la route à Le Pen" tandis que semble acquis le fait de "ne (surtout) pas voter pour le social-libéralisme".

Restons en au fait que les camarades d'Avanti sont les seuls dans la LCR à mettre en cause la légitimité du régime et à exiger le départ immédiat de Chirac, de son gouvernement et de sa majorité parlementaire UMP. Bon point pour eux.

02 juillet 2006

Quand Fillon intime à Hollande l’ordre de rompre avec l’extrême gauche.

Par sa contribution intitulée Complaisance zéro pour l’extrême gauche ! (Le Monde du 28 juin 2006), François Fillon nous donne un aperçu des craintes de la bourgeoisie française.

Fillon, gaulliste de toujours dans sa vie politique, a rompu avec Chirac et a choisi le camp de Sarkozy. Son actif gouvernemental compte notamment la réforme des retraites en 2003, portant tous les salariés à 40 annuités de cotisations alors que les fonctionnaires étaient encore au régime des 37,5 annuités. Cette victoire contre les travailleurs lui a été acquise grâce à la complicité des dirigeants syndicaux, Chérèque en tête, qui ont refusé d’organiser la grève générale jusqu’à satisfaction des revendications alors que les conditions le permettaient en avril-mai 2003. Puis en 2004, il s’est attaqué à une nouvelle réforme libérale de l’enseignement. Son ralliement à Sarkozy signe le choix de l’affrontement direct, sans faiblesse, avec la classe ouvrière.

Avec un tel capital d’expériences, Fillon sait très bien ce que la bourgeoisie française doit aux dirigeants de la gauche politique et syndicale. Il sait très bien que Jospin a souscrit avec Chirac à l’engagement de Barcelone en 2002 de porter à 65 ans l’age du départ en retraite. Il sait très bien ce que le gouvernement de la gauche plurielle sous la direction de Jospin, avec la participation du PS, du PCF, des Verts et du MDC, a réalisé en matière de privatisations, de flexibilité. Pourtant dans cette tribune, Fillon ordonne à François Hollande, premier secrétaire du PS, de rompre avec l’extrême gauche et de tenir une attitude hostile à son égard, la comparant à l’extrême droite.

Fillon rêve de rééditer la configuration de 2002, d’abord celle du 1er tour. Le gouvernement Jospin venait de passer 5 ans à appliquer le programme de la droite en tournant le dos aux espoirs de sa base sociale, de ceux qui l’avait élu en 1997 pour se débarrasser de Juppé. Ce faisant, la politique du gouvernement Jospin avait suscité une forte abstention dans l’électorat de gauche, un fort mécontentement chez ceux qui continuaient à voter pour la gauche et une montée des suffrages en faveur de l’extrême gauche. Ainsi, la politique de la gauche plurielle avait permis de détruire la représentation politique des travailleurs incarnée dans la majorité parlementaire de gauche issue des urnes en juin 1997.En faisant la politique de la droite, elle avait ramené Chirac.

On sait le succès de cette orientation pour la bourgeoisie qui avait abouti au recul de tous les candidats associés à la gestion gouvernementale de la gauche plurielle et à l’élimination de tout candidat de la gauche pour le 2ème tour.

Lorsque Fillon appelle à « un face à face décapant, transparent et constructif entre les deux formations susceptibles de gouverner la France : l’UMP et le PS » , c’est cela qu’il a en tête : avoir la garantie que le PS s’il revient au pouvoir, se maintienne dans sa tradition de gérant loyal du capitalisme mais surtout, l’espoir de Fillon, c’est que le PS se grille suffisamment vis-à-vis des espoirs populaires, alors qu’un très fort mécontentement social s’est accumulé contre la droite depuis 2002, afin que le candidat du PS soit éliminé dès le soir du premier tour.

Or le PS, n’en déplaise aux gauchistes, reste un parti ouvrier bourgeois. Certes le caractère bourgeois de celui-ci s’est clairement illustré et affirmé ces 25 dernière années, notamment lors des périodes de gouvernance PS, certes le personnel dirigeant des sommets du PS est de plus en plus issu de l’ENA et a de moins en moins le caractère de « lieutenants ouvriers de la bourgeoisie » qu’avaient les dirigeants sociaux démocrates d’antan, mais le PS reste un parti attaché au mouvement ouvrier, à la gauche par l’histoire et par ce qu’en font les salariés.

Lorsque les électeurs ont sanctionné la droite aux élections régionales et cantonales de mars 2004 et aux européennes de juin 2004, en votant massivement pour le PS, ils n’ont pas adhéré en masse au « social-libéralisme », ils n’ont pas été « intoxiqués » par les idées contre-réformistes des sociaux-libéraux, ils se sont servis de ce qu’ils pensaient être leur parti. De même, lorsque le PS fait des dizaines de milliers d’adhésions ces derniers mois, ce n’est pas qu’à cause de la cotisation au rabais à 20 euros, c’est d’abord parce que ces nouveaux adhérents espèrent disposer d’un outil contre la droite et ses attaques anti-sociales et anti-démocratiques.

Aussi lorsque Hollande rencontre Besancenot sur un plateau de télé et passe un long moment à dire que les aspirations des électeurs, telles que le facteur les porte, à sa façon avec un vocable radical, sont parfaitement légitimes, cela donne des frayeurs à Fillon.

Fillon rêve à voix haute : il évoque le Labour britannique qui « s’est approprié les réformes de Margaret Thatcher ». Le bilan de Jospin ne lui suffit pas, il veut un PS qui affronte les aspirations sociales maintenant. Fillon, en politicien bourgeois avisé, sait que le basculement de la majorité de l’électorat socialiste en faveur du NON malgré la campagne ouiouiste du sommet, tout comme le positionnement de la CGT au CCN de février 2005, en dépit des souhaits de Thibault-Le Duigou, a assuré la victoire du Non le 29 mai 2005. Fillon sait que la perspective du vote utile, du vote contre la droite menace l’UMP et la 5ème République, comme résultat de la haine et de la frustration sociale générées par les attaques anti-sociales du gouvernement UMP et du MEDEF.

En un mot, Fillon souhaite que le PS se détruise maintenant en tant que parti ouvrier. Pour cela, il y a Ségolène. La candidature Ségolène est le meilleur espoir de la droite de rayer la possibilité d’une présence d’un candidat de gauche au second tour de la présidentielle.

Mais Fillon sait aussi que rien n’est joué : Ségolène n’a pas encore gagné son titre de fossoyeur de la gauche dés le premier tour. Pour cela, il intime l’ordre à Hollande de rompre avec l’extrême gauche, de la traiter en pestiférée. Pourtant Fillon, en homme de Chirac et de l’UMP, sait combien la bourgeoisie doit à « l’extrême gauche », à la LCR pour son appel à voter Chirac le 5 mai 2002. Il sait combien il lui est redevable de sa tactique électorale refusant de se désister sans condition au deuxième tour pour le candidat de gauche restant face à la droite. Mais cela reste des moyens dont la bourgeoisie préfère n’avoir recours qu’en dernière instance. Ce que la bourgeoisie veut, c’est l’élimination de toute représentation politique, même très déformée, des espoirs des travailleurs dès le soir du premier tour.

Pour cela, la bourgeoisie a besoin de deux repoussoirs : une Ségolène ou son clone pour susciter le maximum de rejet du coté de la gauche « radicale » ou l’abstention de l’électeur populaire « lambda », et d’un effet repoussoir vis-à-vis de l’extrême gauche en la diabolisant.

Pour atteindre ce deuxième objectif, Fillon, diplômé de droit public et de sciences politiques, a recours aux moyens dont usaient les staliniens d’antan, l’amalgame et la calomnie. D’une part, Fillon amalgame le rejet de l’économie de marché à l’apologie de la terreur et de la dictature. Si tu es pour l’appropriation collective des moyens de production, tu n’es pas fréquentable !

Retournons à Fillon son mensonge grossier : le maintien du système capitaliste au vingtième siècle a nécessité deux guerres mondiales et leurs millions de morts, une crise économique et sociale terrible à partir du krach de 1929, l’arrivée au pouvoir du nazisme et l’extermination industrielle du peuple juif d’Europe, le développement de l’arme nucléaire, les guerres coloniales dont celle de la France en Indochine et en Algérie, la répression massive du mouvement ouvrier en Italie, en Espagne, au Portugal, en Allemagne et partout où les régimes réactionnaires et fascistes ont pu le faire et enfin, last but not least, l’extermination de l’avant-garde révolutionnaire par les staliniens : des procès de Moscou contre la vieille garde du parti bolchévik à l’élimination des trotskistes vietnamiens dont le gouvernement français, à participation socialiste et communiste, sous la houlette du général de Gaule n’a pas eu à se plaindre.

Fillon, tout comme l’ensemble de la bourgeoisie française, est orphelin du stalinisme, du bon vieux temps où Thorez, sur ordres de Moscou, proclamait « Un seul Etat, une seule armée, une seule police » et où de Gaulle pouvait lancer la reconstruction de l’Etat bourgeois avec toute garantie de paix sociale de la part du stalinisme.

Contrairement à Fillon et ses pairs qui ont reçu en héritage le sang des deux guerres mondiales, des guerres coloniales et de la répression anti-ouvrière du siècle passé, les misères sociales de générations de prolétaires, le mouvement trotskiste a, lui, un héritage bien plus digne : celui des Communards fusillés en masse par Thiers et Gallifet, celui de l’opposition internationaliste à la boucherie mondiale, incarnée par Lénine, Trotsky, Liebknecht, Rosa Luxembourg, Rosmer, l’opposition à l’oppression coloniale, la solidarité avec les combattants algériens et indochinois pour l’indépendance, le soutien et la participation à la grève générale de juin 1936, à celle de 1953, à mai-juin 1968, celui de l’opposition au stalinisme au prix des calomnies de la presse stalinienne, des coups du SO stalinien et des balles dans la nuque du NKVD.

Enfin, retournons à Fillon le dernier de ses mensonges, celui que ses prédécesseurs des années 30, 40, 50 partageaient avec les dirigeants staliniens, celui de l’assimilation de l’URSS sous la férule des bureaucrates avec le socialisme, le communisme. Ce gros mensonge arrangeait bien les capitalistes car il leur permettait d’effrayer certaines couches des travailleurs avec les horreurs du Goulag, et d’organiser la division entre travailleurs communistes et socialistes. Les staliniens, de leur coté, pouvaient claironner : la preuve par la propagande bourgeoise que « l’URSS c’est vraiment le communisme » permettait de faire avaler bien des couleuvres à des millions de prolétaires sincères qui aspiraient à changer le monde et se retrouvaient fourvoyés par des faussaires affublés de drapeaux rouges, de masques de Lénine, qui singeaient les mœurs et coutumes des origines du mouvement révolutionnaire né d’Octobre 1917.

Pour Fillon et les siens, les offres de bons services de l’appareil du PS ne paraissent pas suffisantes. Qu’un Hollande tente d’amadouer l’électorat d’extrême gauche en débattant avec le « facteur » n’apporte pas assez de garantie de sa capacité à sauvegarder le système.

Fillon veut gagner en 2007 dès le premier tour, tenons-nous le pour dit ! Ne laissons pas Ségolène Royal et François Hollande offrir ce plaisir à la droite, organisons-nous pour virer la droite le plus tôt possible et imposer une politique favorable aux travailleurs.

La solidité de cette organisation passera par son indépendance vis-à-vis de la course aux présidentiables au sein du PS comme vis-à-vis de l’imbroglio au sein de la « gauche antilibérale » entre les candidatures Arlette, Besancenot, Buffet, Bové…Mais qui dit indépendance ne dit pas nécessairement insouciance à l’égard de ce qui se passe dans les « organisations traditionnelles » PS, PC, LO, LCR…

90ème anniversaire de la bataille de la Somme

Ce samedi 1er juillet 2006 a été célébré le quatre-vingt-dixième anniversaire de la bataille de la Somme. Commencée le 1er juillet 1916 et achevée en novembre 1916, cette bataille aura coûté la vie ou la santé à près de 1,2 millions d’hommes. Un million et deux cent mille jeunes hommes ont été passés au hachoir de la boucherie capitaliste en quatre mois sur un territoire grand comme un département français !

Pour les militants ouvriers, il est bon de mettre sous le nez des dirigeants bourgeois les horreurs incontestablement produites par les crises du système capitaliste. Aussi quand un François Fillon tance sévèrement François Hollande (cf. Le Monde du 28 juin) pour cause de complaisance envers l’extrême gauche, au motif que celle-ci « s’inspire d’une idéologie qui a enfanté la terreur et la misère », nous nous faisons un plaisir de rappeler à la mémoire du sieur Fillon les grandes réalisations humaines du capitalisme au vingtième siècle.

L’extrême gauche peut et doit porter le souvenir de ces faits matériels et proclamait fièrement sa filiation avec l’aile internationaliste du mouvement ouvrier qui, loin de se vautrer dans la cohabitation, on disait alors « l’Union sacrée », pour la défense des intérêts capitalistes, a opposé le refus de la boucherie, la solidarité internationale des travailleurs contre tous les capitalistes.

Cette aile internationaliste, marginalisée au début de la guerre par la trahison des principaux dirigeants du mouvement ouvrier, sociaux démocrates et syndicalistes, gagnera en audience et en influence au fur et à mesure que les masses secoueront le carcan de la militarisation. Cette aile internationaliste sera le creuset de la Troisième Internationale. Elle tentera de changer le monde durant la vague révolutionnaire de 1917-1923.

01 juillet 2006

Pour la régularisation de tous les sans-papiers !

Appel pour une régularisation globale et immédiate de tous les sans papiers en France

Alors que des centaines de sans papiers, présents parfois depuis de longues années en France, revendiquent le droit de vivre dignement en situation régulière,

Alors que les politiques mises en œuvre par le Gouvernement à leur encontre ne sont faites que de répression, rafles, rétention, condamnations, expulsions, ce qui fait vivre des conditions inhumaines à de nombreuses familles,

Alors qu’en Europe l’Espagne, la Suède, l’Italie, l’Angleterre ont décidé ou annoncé des opérations de régularisation globale de sans papiers, que d’autres pays demain peut-être suivront cette voie et que de nombreuses personnalités, en France même, ont exprimé leur accord avec cette perspective,

Les associations, syndicats, partis, ci-après signataires, appellent à une régularisation globale et immédiate de tous les sans papiers en France.

Lancé le 21 juin 2006

Signatures : Association populaire d’entraide, Droits Devant !, Les Verts, MRAP, Ligue Communiste Révolutionnaire

Pour vous joindre à cet appel : voie.populaire@noos.fr

La rédaction d'APS appelle ses lecteurs à soutenir et répercuter cet appel.

28 juin 2006

Informations sur la conférence de solidarité avec les travailleurs d'Irak

A l'occasion de la tenue de la conférence de Londres du 1er juillet, les organisateurs de cettte initiative lance un blog qui donnera ultérieurement plus d'informations.

http://www.iraqconference.blogspot.com/

A mettre dans vos favoris !

20 juin 2006

Irak : Le compte bancaire du syndicat du pétrole sous séquestre !

Communiqué de Naftana du 20 juin 2006, diffusé par l’Iraqi Workers’ Solidarity Group
Le compte bancaire du syndicat du pétrole sous séquestre !
Le gouvernement irakien attaque les opposants à la privatisation du pétrole.

Nous venons juste d’avoir la confirmation que le régime irakien a gelé tous les comptes bancaires du syndicat des travailleurs du pétrole, à la fois à l’étranger et à l’intérieur de l’Irak.

Vague d’attaques anti-syndicales du gouvernement
Cette décision du régime irakien vient dans le prolongement d’une série de mesures anti-syndicales, dont le démantèlement du syndicat des avocats, le gel des comptes du syndicat des écrivains, et le décret de septembre 2005 qui rend illégale toute activité syndicale. Pour réaliser cette action anti-syndicale, le gouvernement se sert du prétexte de la promulgation d’une prochaine loi pour « réguler » les organisations syndicales et leurs activités.

Cette action suit les traces de l’administrateur US Paul Bremer.
En 2004, Paul Bremer, alors proconsul de l’occupation US en Irak, avait déclaré que l’activité syndicale dans le secteur public était illégale. Cette décision remettait en usage le décret de Saddam Hussein de 1987 qui interdisait les syndicats des travailleurs dans ce secteur en déclarant que ceux-ci étaient plutôt des « serviteurs de l’Etat » que des « travailleurs ».

Couper les jambes des opposants au pillage du pétrole
Les énormes réserves de pétrole de l’Irak sont en train d’être domestiquées par le Production Sharing Agreement qui va transférer le contrôle effectif sur tous les aspects de la politique, de la production et du commerce du pétrole aux compagnies pétrolières multinationales. Le syndicat des travailleurs du pétrole est l’un des opposants les plus efficaces à cette politique, il a organisé une conférence contre la privatisation l’an passé, et en prépare une autre pour cette année.

Ewa Jasiewicz, militante de Naftana, peut répondre à vos questions sur ce sujet. Vous pouvez l’appeler au 07749 421576.


Notes à l’intention des journalistes

Le GUOE organise plus de 23.000 travailleurs du pétrole et du gaz.
Naftana (en arabe : « notre pétrole ») a été lancé par des militants en Grande-Bretagne après des rencontres avec le GUOE. Nous sommes en contact régulièrement avec les dirigeants de ce syndicat. En aout 2003, le syndicat a bloqué les exportations de pétrole pendant deux jours en signe de protestation contre les bas salaires.

Le GUOE est indépendant de tout parti politique et de toute fédération syndicale.
Des membres du comité exécutif, dont son président, ont fait partie de l’opposition à la dictature de Saddam Hussein, et nombre d’entre eux ont été emprisonnés par ce régime. Le GUOE est opposé à l’occupation militaire de l’Irak et à la privatisation du pétrole et des secteurs industriels de l’Irak.

Le GUOE (General Union of Oil) est le successeur du Southern Oil Company Union, établi immédiatement après la chute du régime de Saddam. En octobre 2003, les militants syndicaux ont chassé la compagnie américaine KBR des installations industrielles du secteur pétrolier.

14 juin 2006

Conférence de Solidarité avec le mouvement des travailleurs d’Irak - Londres le 1 Juillet 2006

Iraq Union Solidarity
Email: iraqunionsolidarity@yahoo.com
Web: www.iraqunionsolidarity.org
Tel: (+44) 7798.754.927.

Le 8 juin 2006

Solidarité avec les mouvements des travailleurs et des femmes d’Irak
Conférence à Londres le 1 Juillet 2006.


Nous vous invitons à venir à la conférence en « solidarité avec le mouvement ouvrier en Irak » qui se déroulera le samedi 1 juillet 2006 de 13H à 18H à Londres au Ressource Centre, 356 Holloway Road, London N7.

L’objet de cette conférence est de rassembler différents groupes à travers l’Europe qui agissent en soutien aux mouvements des travailleurs et de femmes d’Irak qui combattent pour un politique laïque et égalitaire à la fois contre l’occupation US et britannique et contre les milices sectaires. Cette conférence est ouverte à tous les groupes qui partagent cette priorité de base.

Nous pourrons échanger les informations sur nos activités et campagnes respectives, nous discuterons des développements de la situation en Irak et établirons les points d’accord et de compréhension communs. Nous discuterons des initiatives et campagnes internationales possibles.

L’ordre du jour provisoire de la conférence est le suivant :
- 1) Rapports sur la situation en Irak par des militants de retour d’Irak ;
- 2) Rapports sur les activités des différentes campagnes qui seront représentées à la conférence, dont IUS (GB) et Solidarité Irak (France) ;
- 3) Présentation et discussion autour de l’initiative Iraq Freedom Congress (Congrés pour le Liberté en Irak) ;
- 4) discussion sur les prochaines actions dont la possibilité de convoquer une autre conférence plus grosse à une prochaine date ;
- 5) Echanges de vues sur la situation en Iran et les actions de solidarité avec les mouvements des travailleurs et des femmes en Iran, contre la menace de guerre US et contre le régime islamique.

Vous serez peut-être aussi intéressé d’apprendre qu’immédiatement après la conférence, au même endroit, à 18h30, le célèbre écrivain américain Greg Palast parlera de son dernier libre « Mad House » à propos des milieux d’affaires et de la guerre en Irak, qui se tiendra en tant que séance de l’Université d’été de l’AWL des 1 et 2 juillet.

Meilleures salutations,
David Broder, pour Iraq Union Solidarity
Nicolas Dessaux, pour Solidarité Irak
Houzan Mahmoud, pour l’organisation à l’étranger du Parti Communiste Ouvrier d’Irak
Martin Thomas, pour l’Alliance for Workers Liberty

04 juin 2006

Histoire du trotskisme : à vos magnetoscopes !

On nous signale le passage de deux documentaires bientot sur France 2 :

SUR FRANCE 2

Jeudi 8 Juin 2006 à 23H05 : « LE MONDE DES TROTSKYSTES »
Jeudi 15 Juin à 23H05 : « LES TROTSKYSTES DU MONDE »

Documentaire de GUY GIRARD
Sélectionné au FIPA 2006

Complément du samedi 3 juin 2006 :

Quand le supplément télé du Monde (dans les kiosques le samedi 3 juin) annonce la programmation du premier des deux documentaires susmentionnés, le 8 juin prochain sur France 2, c’est pour y adjoindre bien des bêtises en très peu de lignes.

Entre autre l’affirmation que « la classe ouvrière est plutôt en voie d’extinction » complétée par une autre affirmation qui nous dit que « parfois » la lutte des classes reste d’une actualité brûlante … « à Buenos Aires ou à Brasilia ». Et l’auteur de cette présentation de se demander dans ces conditions « qui, aujourd’hui, peut encore se dire trotskiste ? ».

On jugera au visionnage si le reproche du manque de fil conducteur dans la construction du documentaire est justifié. Avant même cet exercice, nous voulons réfuter énergiquement l’assertion de la soit disante extinction de la classe ouvrière et par la même souligner l’actualité de la lutte des classes à travers le monde entier et, par conséquent, l’actualité du trotskisme qui s’est développé dans l’histoire du 20ème siècle comme l’héritier et le continuateur du bolchevisme et du marxisme conséquent, contre la trahison social-démocrate et contre la contre-révolution stalinienne qui a été l’assurance-vie du capitalisme pendant prés de 65 ans.

Le développement de la classe ouvrière est au cœur de l’expansion mondiale sous la forme de l’apparition des dragons asiatiques, de la transformation de la Chine en « atelier du monde du 21ème siècle » comme l’Angleterre le fut lors de la première révolution industrielle, sous la forme de l’industrialisation de nombreux pays émergeants. Corée, Chine, Vietnam, Amérique latine, pays du golfe persique, Inde : la classe ouvrière directement industrielle ne cesse de croître ! Mais qu’en est-il des vieilles puissances industrielles d’Europe ? A la division du travail nationale puis continentale se substitue toujours plus une division du travail mondiale qui rend les travailleurs salariés encore plus objectivement liés à travers les méandres du processus mondialisé de la production matérielle asservie non à la satisfaction des besoins humains mais à la création de plus value.

La classe ouvrière, ce n’est pas que les métallos de Renault et de la Navale et les sidérurgistes de Lorraine, les mineurs, tous passés au laminoir de la restructuration. La classe ouvrière, c’est la « working class » que la langue anglaise exprime bien mieux que l’expression française.

Classe ouvrière : l’informaticien Bac + 5 de SSII que son patron met en concurrence avec l’ingénieur indien. Classe ouvrière : le médecin étranger, précaire méprisé du système hospitalier français, condamné à un moindre salaire à moins de repasser tous ses diplômes. Classe ouvrière : la travailleuse immigrée du nettoyage ou du commerce, que son patron rêve de serrer toujours plus, si possible avec la dernière législation que Sarkozy et l’UMP concoctent pour rendre la vie impossible à des centaines et des centaines de milliers d’étrangers résidents.

Nous pourrions assommer notre lecteur encore longtemps de cette sociologie mondiale, mais on peut faire plus court ! Chaque samedi, dans le même numéro du Monde on peut lire l’éditorial économique d’Eric Le Boucher. Cette chronique 200 % libérale ne cesse de nous parler de valorisation du capital, de performances économiques, de profits…ce qui suppose tout simplement qu’il y ait des travailleurs salariés qui produisent cette valorisation, cette plus-value… Chaque semaine, les appels à la baisse des effectifs de fonctionnaires, à la baisse des dépenses de Sécurité sociale, à la baisse des indemnités chômage, récurrents sous la plume de ce chroniqueur…ne sont que l’expression déformée de ce besoin de pressuriser toujours plus une classe de travailleurs salariés, toujours plus dépendante du salaire car incapable de subvenir à ses besoins autrement que par le recours au travail salarié…Pas besoin de courir à Brasilia pour rencontrer cette fameuse classe qui est la majorité sociale de tous les pays capitalistes avancés et qui le devient chaque jour un peu plus dans les nouveaux pays émergents.

Quant à la lutte de classe : quelques faits de l’actualité immédiate de la semaine suffisent à rappeler sa réalité. Cette semaine, lors de sa visite à Chartres, Galouzeau de Villepin n’a pas pu s’éviter de faire charger la police contre les manifestants qui le conspuaient, après avoir transformé l’agglomération en ville assiégée. Mercredi, le sénateur Jean Arthuis a réclamé dans les colonnes du Parisien une baisse drastique des effectifs de la Fonction publique. Et les salariés de la Sogerma ont maintenu leur mobilisation contre les licenciements. Si cela ne suffit pas comme illustration immédiate de l’existence de la lutte des classes dans un pays hautement développé et civilisé comme la France …laissons le chroniqueur de la rubrique télé du Monde a son parti pris idéologique et allons visiter le blog hébergé par le site du Monde, intitulé Carnet d’un inspecteur du travail qui narre, au jour le jour, les malheurs des salariés dans un monde du travail supposé délivré de la malédiction de la lutte des classes.

L’existence de cette classe se manifeste aussi à travers l’existence du mouvement ouvrier, notamment le syndicalisme. Lorsque Marx a publié le Capital en 1867, il y avait quelques 250.000 syndiqués en Grande Bretagne et quelques autres ailleurs. Aujourd’hui, il y a au moins 165 millions de syndiqués à travers le monde !

Même si ce mouvement ouvrier n’est pas orienté consciemment vers la lutte des classes de façon systématique et méthodique, il n’en demeure pas moins que le mouvement ouvrier, la classe des salariés se retrouvent contraints et forcés d’engager des luttes de classe, à Brasilia comme à Paris (encore un journaliste qui a oublié la lutte contre le CPE et la précarité de ces derniers mois ! Fait-on la sieste à la rédaction du Monde quand l’Histoire avance ?). Le résultat de cette lutte sera d’autant plus favorable à la classe ouvrière qu’une politique socialiste, communiste, révolutionnaire sera au poste de commande.

Et c’est ici que l’histoire des trotskistes, « le monde des trotskistes », se recoupe avec celle de la lutte de la classe ouvrière. Les idées clés développées par Léon Trotsky, lorsque celui-ci se retrouva quasiment seul de la génération des dirigeants bolcheviks qui avaient fait la révolution d’Octobre, à combattre la contre-révolution stalinienne et la réaction capitaliste, ont trouvé leur confirmation dans le cours de l’histoire mondiale.

Depuis que le piolet stalinien a interrompu le combat de Lev Davidovitch, l’ensemble des idées révolutionnaires, des idées du marxisme telles qu’elles avaient commencé à connaître quelque notoriété avec le Manifeste communiste de 1848 ont été confirmées par les faits.

Certes le capitalisme est capable de se développer, d’accroître la richesse matérielle partout à la surface de la planète, mais au prix d’un coût humain terrible, au prix de crises cycliques, de guerres et maintenant de la destruction de l’environnement menaçant la survie à terme de toute forme de vie sur Terre.

Marx et Engels avaient proclamé en jetant les bases de la philosophie matérialiste militante que l’Histoire était celle des luttes de classe, le 20ème siècle a été un siècle de luttes de classe terribles et le 21ème commence à apporter sa part de confirmation à cette loi sociale.

Le but de cette lutte de classe pour les travailleurs ne peut être que la transformation de la société par la conquête du pouvoir par l’immense majorité contre la minorité exploiteuse. Et pour réaliser ce but, il faut séparer le mouvement ouvrier des politiques qui l’enchaînent à la société bourgeoise et le paralysent dans la lutte quotidienne pour la défense immédiate de sa situation matérielle comme dans sa lutte pour de grandes réformes et l’accession au pouvoir de ses partis.

Voila pourquoi, en ce début d’un nouveau siècle, il y a des trotskistes partout sur la planète : de Brasilia à San Francisco, de Buenos Aires à Paris, du Cap à Hong-Kong, de Londres à Melbourne.

Si toutefois, ces « fils du prophète » sont minoritaires dans le mouvement ouvrier, s’ils sont divisés et fragmentés en une infinité de groupes et courants souvent rivaux, cela est le reflet des défaites subies par la classe ouvrière depuis que le stalinisme a clos en 1940 le chapitre de la Révolution russe. Le pullulement des groupuscules fait rire les ignares mais il est comme le processus moléculaire de la formation de la classe, de sa conscience. De l’expérience des luttes de classe viendra une décantation qui ira vers un regroupement conscient de la classe ouvrière, cela s’accompagnera de regroupements des éléments sains de cette multitude de groupuscules. La formation de nouveaux partis ouvriers indépendants de masse ira de pair avec la clarification politique au sein de la mouvance des « trotskistes du monde ».